Non au rugby colin-maillard !

???????????????????????????????

Pendant que l’arbitre vidéo fait interminablement joujou avec le réalisateur, joueurs et spectateurs s’ennuient gravement…

Les journalistes qui n’ont pas la présence d’esprit de quitter de temps en temps le confort douillet de leur tribune de presse pour aller vivre un match en tribune populaire, ne mesurent sans doute pas le mérite sans cesse croissant depuis dix ans des cochons de payants de spectateurs qui dépensent de 30 à 60 euros, à chaque rencontre du top 14, pour ne quasiment rien voir du match.

Si le rugby était encore une fête au XXe siècle, est-ce toujours le cas ? Entre les cameramen qui passent et repassent devant vous tout le match, les stadistes qui vous regardent dans les yeux comme si vous aviez une tête à aller balancer un marron à Pascal Papé pendant la rencontre et les notables friqués qui jettent un œil distrait au spectacle, du haut de leurs loges, la paupière lourde et la coupe de champagne à la main, il fallait déjà avoir la passion ovale chevillée au corps pour continuer à se rendre au stade comme une vieille dévote à confesse.

Mais cette année, avec les nouvelles règles sur l’arbitrage vidéo, autorisant les arbitres à remonter jusqu’à deux temps de jeu en arrière, les spectateurs ont vraiment le sentiment de venir voir les matches de top 14 avec des lunettes noires et une canne blanche.

Passons sur ces nouveautés merveilleuses comme seuls les têtes d’œuf du rugby savent en inventer. L’arbitre ne siffle plus les en-avant si le joueur avait l’intention de  passer la balle en arrière. Comprenne qui pourra et quotient intellectuel de moins de 150 s’abstenir!

Et, comme si ça ne suffisait pas, les malheureux spectateurs qui n’entendent pas les commentaires de l’arbitre, en cas d’actions litigieuses, doivent se contenter sur le grand écran de la mention « Arbitrage vidéo » pendant d’interminables minutes, la Ligue se refusant à ce que les images soient diffusées, de peur que l’arbitre ne soit sifflé.

Une attitude de rosière qui n’est pas sans me rappeler, dans les années soixante, ces grands-mères qui se précipitaient devant l’écran de la télévision pour que les chères têtes blondes ne soient pas traumatisées par le spectacle d’un baiser langoureux.

Avec ces nouvelles règles, toutes destinées à promouvoir le spectacle télévisuel, on arrive à ce constat que le spectateur du match, comme le cocu de la fable, est le dernier informé de ses multiples infortunes et en sait bien moins sur le match que n’importe quel amateur de bière vautré devant Canal+ sur son canapé.

Si la Ligue veut que les stades deviennent des arènes vides uniquement dévolues aux médias, c’est exactement ainsi qu’il faut s’y prendre.

En attendant, allez voir des matches de fédérale, tellement plus sympathiques et authentiques! Et quand volera un bourre-pif, afin de réapprendre la politesse à l’équipe adverse, il n’y aura pas de caméra pour le débusquer et vous aurez le délicieux sentiment de retrouver le rugby que vous aimez.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s