Les illusions de Mollasson II

Les illusions de Mollasson

Ce ne sont pas les questions de « Match » qui auront malmené la mèche bien ordonnée du châtelain de la Sarthe…

Si vous adorez le second degré, ne ratez pour rien au monde l’interview de François Fillon dans Match, où l’ex  » collaborateur  » de Nicolas Sarkozy, n’ayant pas la moindre question incisive à redouter, s’efforce de prendre une posture présidentielle dans l’optique de 2017 :  » Je ne vois pas d’acte de ma vie politique qui puisse étayer l’idée d’une quelconque indécision ou d’un caractère velléitaire « . Effectivement, la façon dont Jean-François Copé a piqué l’UMP, au nez et à la barbe du notable de la Sarthe, qui a couiné pour la forme avant de baisser piteusement pavillon, est tout à fait révélatrice de la combativité de celui qui s’imagine présidentiable.

François Fillon, en passionné de l’histoire politique qu’il est, devrait pourtant savoir que, sous la Ve République, les Français ont systématiquement pratiqué la rupture, d’une élection présidentielle à l’autre.

C’est la rondeur de Georges Pompidou qui a plu aux électeurs après la rigidité du général de Gaulle. Difficile à imaginer, mais, en 1974, Valéry Giscard d’Estaing incarne la modernité, avec sa façon de venir en pull au Conseil des ministres, de jouer de l’accordéon ou d’exhiber ses mollets maigrelets sur un terrain de football… On connait la suite et le pitoyable mandat de l’homme aux diamants. François Mitterrand s’est ensuite efforcé de redonner du sens à la République avant de devenir un sphinx hiératique et hautain. Logiquement, les Français ont alors choisi Jacques Chirac, bon vivant rigolard amateur de Corona, avant de se lasser, douze ans plus tard, du roi fainéant. Rupture encore avec le petit nerveux Nicolas Sarkozy, énergique en apparence, velléitaire en fait, qui court dans tous les sens sans même savoir où il va. Et nouvelle désillusion en 2012 avec François Hollande, les Français l’ayant imaginé volontaire, sous prétexte qu’il avait laissé en route trois kilos de bedaine.  Avant de découvrir que, derrière les fredaines de Mollasson 1er, à la ligne politique aussi hésitante que le personnage, se cachait un matraquage fiscal tous azimuts.

Difficile donc d’imaginer que les Français, sous prétexte d’alternance, vont s’infliger la même punition en 2017, avec l’indécis de droite Fillon. Ils vont vouloir du dur et du méchant, façon Jean-François Copé ou Marine Le Pen… Ce qui n’est pas franchement une bonne nouvelle.

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