La saison de cocagne

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(Photo Aïtana design)
Biarritz se libère de ses visiteurs en tongs tandis que ses habitants s’apprêtent à déguster la plus belle saison de l’année…

Pour un Biarrot, tout ce qui se situe au nord de l’Adour constitue une sorte de terre étrangère. Et bien souvent, en écoutant à la télévision Jean-Pierre Pernaut, avec son air de chien battu picard ne se souvenant même plus de son dernier soleil, en contemplant les mines chafouines et parisiennes de ceux qui ont exhumé dès septembre le manteau du placard, en se gaussant de l’air funèbre et désolé du préposé à la météo qui a l’air de croire que la France entière, à l’image de Paris, n’est plus qu’un gigantesque pot de chambre, l’envie vient à notre Biarrot de sortir son passeport pour vérifier s’il appartient bien au même pays que les gens qu’on lui montre dans l’étrange lucarne.

Car, ne le répétez surtout pas, mais l’automne est la saison favorite des Basques, tant la nature sait se montrer généreuse avec eux. Il fait toujours aussi bon vivre sur les terrasses ensoleillées à l’heure de l’apéritif, maintenant que les touristes ont retrouvé leurs nordiques latitudes. L’eau est encore à 21 degrés et le bain, jusqu’à mi-octobre, ne relève pas du moindre héroïsme.

En mer, les bancs d’anchois circulent le long de la côte poursuivis par les bonites, deux merveilles gustatives, tandis que les chipirons, ces petits calamars qui accompagnent si bien un verre de txakoli, se laissent aisément capturer. Dans le ciel, tout le monde guette le passage des palombes, et les palombières, si propices aux agapes entre copains, sont astiquées comme jamais. Sur terre, les premières pluies après le soleil, vont provoquer la ruée sur les cèpes dans les forêts d’Ustarritz ou sur les pentes des Aldudes.

«  Plus ce serait trop! « , comme le répète un de mes copains, à propos de l’automne basque.

La seule difficulté avec toutes ces sollicitations consiste à trouver encore un peu de temps disponible pour travailler. Et les médecins du cru de vous avouer, mi amusés mi réticents, qu’ils signent beaucoup d’arrêts de travail en octobre, périodes où des maladies locales et redoutables comme la grippe du chipiron, le rhume du cèpe ou l’angine de la palombe sévissent beaucoup. Comme quoi, l’air de la Côte basque n’est pas toujours aussi sain qu’il n’y paraît.

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