Les hédonistes du ponton G

Fête Raymond ponton G

Aucun doute n’est possible :
loin de leurs femmes,
ils ont du mal à survivre…

Sur la Côte basque, le royaume des hommes prend souvent la forme d’un bateau, utile pour se promener en mer ou pêcher, mais tellement pratique, une fois amarré au ponton pour servir d’habitat flottant idéal pour recevoir les copains. L’ordre qui règne à l’intérieur de la cabine est parfois un peu particulier, le ménage souvent très « masculin », mais le frigo rarement vide et le bar toujours garni d’abondance. Sous l’Ancien régime, le Pays basque était la seule région de France, où une fille, si elle était l’aînée, héritait des biens familiaux au même titre qu’un garçon. Aujourd’hui encore, même si bien évidemment quelques blagues viriles fusent toujours à propos des femmes, et si l’éternel féminin attise toujours les bonnes langues des pontons, le machisme est bien moindre que dans d’autres régions de France et le respect beaucoup plus grand. Hommes et femmes sont habitués à l’indépendance et à avoir chacun leur territoire. Et quand des femmes s’aventurent au port du Brise-lame, invitées à une sortie en mer par leurs hommes, elles ont conscience de pénétrer dans un royaume qui leur est presque aussi inaccessible que le vestiaire des hommes au rugby.

Au ponton G, les matches sont souvent animés, les sept jours de la semaine un peu justes pour organiser toutes les rencontres, les prolongations presque inévitables et les paroles de l’ami Brassens sur Les copains d’abord de rigueur, quand le clapot fait doucement tintinnabuler les glaçons dans les verres :

Fête Raymond ponton G 02

Au rendez-vous des copains,
personne ne monopolise la parole
et tout le monde sait écouter…

C´étaient pas des amis choisis

Par Montaigne et La Boétie

Sur le ventre ils se tapaient fort

Les copains d´abord…

Ce soir-là, le rendez-vous d’amitié est encore plus chaleureux que d’habitude, car Raymond, après avoir failli rater les championnats de France de pêche en mer pour cause de séjour aux urgences, a réussi à se classer premier de son club. Tous ses copains ont donc envie de se presser autour de lui et de le féliciter pour la force de caractère qu’il a manifestée. Bulots au piment d’Espelette, canapés maison et bonnes bouteilles, l’amitié et le bonheur d’être ensemble n’ont pas besoin de mots ni de gestes pour s’exprimer dans la douceur de la soirée d’automne.

Seul mystère qu’un alcoologue saurait sans doute expliquer : quand sonne l’heure de quitter les bateaux, quatre heures seulement après le début de cet apéro entre copains, le ponton G, qui surplombe les bassins, semble soudain avoir triplé de longueur  tandis que la largueur s’est, elle, divisée par trois et qu’au loin, très au loin, la voiture qui nous ramènera à la vie des terriens paraît véritablement inaccessible…

Le bon et le mauvais côté du bistouri

bistouri

Comme c’est curieux! Celui qui tranche et celui qui va être tranché
ne vont pas du tout avoir le même point de vue sur le bistouri…

La désinvolture avec laquelle, à propos de la Syrie et de l’utilisation d’armes chimiques, la presse française utilise le terme « frappes chirurgicales« , banalisant l’expression et la transformant en lieu commun comme « dernière extrémité » pour un mourant ou « longue maladie » pour un cancéreux, est proprement sidérante. Chaque journal fait assaut de langage fleuri pour rassurer le bon peuple, précisant qu’il n’y aura pas de combattants au sol, évoquant « une frappe chirurgicale et proportionnée » (« Libération », 26/8), ou comme notre bon président, le 15 septembre face à la diaphane Claire Chazal, «  des frappes pertinentes et graduées« …

Circonlocutions ou pas, des actions militaires impliquent des morts et, visiblement, pour la majorité de nos éditorialistes, un innocent syrien qui va se prendre une bombe sur le coin de la tête ne vaut pas le même prix qu’un brave militaire français tué en mission.

Depuis le 31 août que François Hollande montre ses petits muscles en suppliant Obama de lui prêter main forte, Bachar el-Assad et les dignitaires syriens ont largement eu le temps de mettre leurs proches à l’abri, ainsi que tout le matériel militaire d’importance. Resteront, pour se prendre un tapis de bombes, les familles démunies qui ont déjà goûté aux armes chimiques et qui vont avoir une nouvelle occasion de pleurer grâce aux occidentaux. Soyons clair, la guerre propre est une foutaise inventée par les militaires pour amuser les journalistes. Et, si vous avez le moindre doute sur le sujet, découvrez le témoignage de cet ancien pilote de drone, Brandon Bryant, qui tuait à distance pendant ses heures de bureau et qui, après avoir pulvérisé par erreur une petite fille, a décidé de changer de métier.

 http://www.courrierinternational.com/article/2013/01/03/un-ancien-pilote-americain-raconte

 En fait, en matière de guerre comme de chirurgie, la précision n’est pas toujours au rendez-vous et tout dépend de quel côté du bistouri vous vous situez. Pour avoir perdu définitivement une oreille après une opération garantie « banale et sans le moindre risque », pour avoir eu droit à plus de dix voyages au bloc opératoire, je sais d’expérience qu’il est infiniment plus facile d’être détendu et de se livrer à quelque plaisanterie quand on est du côté de celui qui va trancher que du côté de celui qui va être tranché.

Les souvenirs de la dernière guerre mondiale où les bombardiers américains, contrairement aux pilotes anglais, balançaient leurs engins de mort à cinq mille mètres d’altitude pour être sûrs de ne pas être touchés par les batteries anti-aériennes, et faisaient un travail de cochon, ratant parfois leurs objectifs de plusieurs kilomètres en semant la désolation dans la population française, devraient sérieusement refroidir les ardeurs de ceux qui se bercent d’illusions en évoquant une guerre propre.

Kockott n’a pas eu la tremblote

rory-kockott

Malgré tous les câlins du deuxième ligne toulonnais Botha, Rory Kockott, petit Poucet pas intimidé par l’ogre, a démontré un caractère de leader de jeu exceptionnel.

Alors que les caméras indiscrètes assurent aux joueurs du Top 14 à peu-près autant d’intimité qu’un candidat de la téléréalité enfermé dans un loft, le téléspectateur du match Castres-Toulon, samedi sur Canal +, a pu, grâce à la qualité des gros plans du réalisateur de service, vivre une scène de rugby tout à fait extraordinaire.

Premier ruck en faveur des Castrais : Rory Kockott s’apprête à transmettre à Rémi Talès, quand « Bakkies » Botha, le monstre des abîmes revêtu d’un maillot toulonnais, traverse la défense castraise et plaque méchamment, juste en dessous de la rotule le maître à jouer castrais. Le jeu imposait de plaquer le numéro neuf à hauteur de poitrine pour empêcher la libération du ballon et l’on ne fera pas insulte à ce seigneur du jeu qu’est Botha, aussi capable de réussir une passe sautée qu’un cadrage débordement, de croire une seconde qu’il a raté son geste défensif sur Kockott. La volonté était d’éliminer.

Sous le choc, la jambe du 9 castrais, qui hurle de douleur, se tord méchamment. Mais le sud-africain au physique de garçon de ferme est gaillard et sans une plainte, sans un regard pour son tortionnaire, il reprend le jeu. Deux fois encore, dans les minutes qui suivent, Kockott aura droit à un plaquage particulièrement appuyé de Botha. Quelques frissons agiteront le stade, quelques plumes volèteront dans l’air mais à chaque fois Lazare-Kockott reviendra aux commandes. Avant de profiter d’un arrêt de jeu pour ôter son protège-dents blanc et bleu et chambrer le deuxième ligne toulonnais dans le genre « Tu me gâtes aujourd’hui! » . Et la terreur du Top 14, l’homme qui, d’un seul regard, fait transpirer des oreilles et des genoux la plupart des joueurs, d’esquisser une petite moue d’excuse, l’air de dire « Ce n’est pas personnel! j’applique juste les consignes!« 

À ce moment-là, le match est gagné pour le Castres Olympique et je retrouve ce délicieux souvenir de matches de championnats régionaux quand notre entraîneur, cessant soudain de hurler, prenait le ton murmurant d’une vierge se décidant à avouer ses sentiments à son prétendant pour nous glisser : « Il joue bien, le 9« . Et miracle des basses œuvres inhérentes au ballon ovale, le numéro 9 adverse goûtait peu après aux joies de la civière à une époque où l’on n’avait pas le mauvais goût de sortir du banc de touche un joueur tout neuf pour le remplacer et le match basculait à notre avantage.

Pour avoir parié sur l’élimination du stratège de Castres, Toulon a perdu 22-15 et Rory Kockott, 17 points à son actif, a démontré une fois de plus quel joueur d’exception il est. Car il faut sacrément en avoir dans le pantalon pour toucher du bois lors d’une pénalité de plus de cinquante mètres, se retrouver avec le ballon dans les bras suite au dégagement adverse et, sans avoir le pied qui tremble, réussir un drop du milieu du terrain. Jacques Delmas, l’entraîneur des avants toulonnais, qui n’était sans doute pas tout à fait étranger à ce plan prévoyant des frappes chirurgicales sur le demi de mêlée castrais, a d’ailleurs tenu à lui rendre hommage : « Rory Kockott, encore une fois a fait un très grand match. C’est un match-winner« .

Jusqu’à la saison passée, Castres était l’équipe qui m’endormait devant la télévision aussi sûrement qu’un cachet de somnifères des laboratoires Fabre. Mais avec Kockott, déjà cité, Talès qui s’impose à l’évidence comme le 10 dont les Bleus ont besoin et Dulin, attaquant-né aux allures de lutin face au camionneur Bastareaud, c’est une bien séduisante équipe qui s’est montrée samedi, justifiant totalement son titre de champion de France.

Pas touche à nos manouches…

N'entre pas...Dans l’océan de mièvreries qui nous est actuellement infligé sous prétexte de rentrée littéraire, existe toujours une découverte qui va immédiatement nous faire oublier les heures perdues à avaler des stupidités aussi vite imprimées qu’oubliées.

« N’entre pas dans mon âme avec tes chaussures » est l’histoire de sans-grade, de négligés de l’histoire, en l’occurrence une troupe de manouches tentant péniblement de survivre, au printemps 1940, avec son cirque ambulant. La Kommandatur d’Angoulême, épaulée par des gendarmes français, toujours très zélés quand on leur ordonnait de malmener leur propre peuple, va regrouper au camp des Alliers à Sillac, tous ces gens épris de liberté et qui se souciaient de la moustache d’Hitler comme de leur premier panier en osier.

Alba, quatorze ans, française depuis de nombreuses générations, découvre l’enfermement dans des conditions absolument indignes et ne se doute pas qu’elle va y passer six ans, abandonner l’enfance, devenir femme puis mère. Heureusement, son âme gitane et sa force de caractère lui permettront de survivre. Profitant d’une brève sortie, « Alba reprend un instant sa part sauvage, celle que personne ne lui a enseignée. Il lui suffit d’être dans l’approche du cheval, du vent ou de l’oiseau pour posséder les forces s’élevant autour d’elle, grâce au seul savoir qui vaille chez les siens : avancer dans une vie où rien ne se perd où tout est donné dans l’instant.« 

La grande force de Paola Pigani, qui a passé sa jeunesse en Charente et recueilli cet épisode peu glorieux de l’histoire de France de la bouche d’une rescapée encore en vie, est d’arriver à raconter sans colère, avec nuances, dans une sorte d’empathie glacée et passionnée ce que la communauté gitane a enduré pendant six ans : les enfants déscolarisés, les roulottes envoyées sans autre forme de procès à la casse, les chevaux mourant de faim et bons pour l’équarrissage et, à la Libération, un gouvernement trop occupé à fusiller ses collaborateurs pour se soucier de quelques romanichels qui ne seront jamais indemnisés pour ce qu’ils ont enduré. Ce n’est qu’en 1946 que les rescapés, privés de tout bien, seront rendus à la liberté et n’auront d’autre recours que de se réfugier dans les grottes voisines de Puymoyen pour tenter de refaire leur vie avant de reprendre leurs errances.

Vous l’avez compris, c’est un livre exceptionnel, un hymne à l’amour et à la tolérance,  que vous tenez entre les mains et l’on a peine à croire que ce soit le premier roman de Paola Pigani, tant l’écriture témoigne d’une force et d’une maîtrise étonnantes. « N’entre pas dans mon âme avec tes chaussures » est un proverbe gitan qui signifie que l’on doit aborder ce peuple sans préjugés. Et l’on ne peut que se réjouir quand la volonté farouche des manouches aux semelles de vent triomphe enfin des gros sabots pétainistes. Comme elle triomphera, souhaitons-le, des polémiques imbéciles sur l’accueil des Roms qui ont agité la France cet été.

 

 « N’entre pas dans mon âme avec tes chaussures », Paola Pigani, éditions Liana Levi, – 220 pages, 17,50 euros.

Liberté, laïcité, même combat

Charte de la laïcité

Rappeler quelques grands principes républicains comme la laïcité, n’est pas naïf… N’en déplaise aux bonnes consciences de gauche comme de droite.

Le prêtre, le rabbin et l’imam sont parfaitement respectables, tout autant d’ailleurs que les responsables des cultes sikhs, bouddhistes ou animistes, mais depuis 1905 en France, leur influence doit s’arrêter à la porte de l’école, creuset unitaire dans lequel doivent se fondre les différentes composantes de la République.

On ne félicitera donc jamais assez le ministre de l’Éducation nationale, Vincent Peillon, d’avoir fait distribuer, lors de cette rentrée scolaire, La Charte de la laïcité à l’école, car la confusion à ce sujet semble grande dans les esprits :   » La laïcité de l’École, rappelle le ministre,  n’est pas une entrave à la liberté, mais la condition de sa réalisation. Elle n’est jamais dirigée contre les individus ni contre leur conscience, mais elle garantit l’égalité de traitement de tous les élèves et l’égale dignité de tous les citoyens. Refusant toutes les intolérances et toutes les exclusions, elle est le fondement du respect mutuel et de la fraternité .« 

Les réactions entendues dans les jours qui ont suivi cet affichage, montrent bien à quel point il est urgent de revenir aux fondamentaux de notre République. Tel maire, de lin blanc vêtu, a multiplié les menus dans sa cantine, tel enseignant, belle âme de gauche, affirme que l’on risque d’exclure des enfants démunis de l’école si on ne ferme pas les yeux sur les voiles ou les kippas… Et l’on se souvient de la polémique née à Lille après que des horaires de la piscine municipale aient été réservées aux femmes!

L’école républicaine doit à chacun une égalité de traitement comme elle doit aux enfants qui mangent à la cantine un menu sain et équilibré. Les enseignants ont le devoir d’observer une neutralité idéologique de tous les instants, tout en veillant à ce que les signes religieux demeurent discrets et l’expression d’une conviction privée. Si l’on commence à prendre en compte dans les menus de la République les interdits culturels ou alimentaires de tel ou tel, pourquoi ne pas respecter aussi les végétariens, les végétaliens ou les inconditionnels de la lentille verte du Puy-en-Velay ?

Transiger avec ces règles, c’est ouvrir grand les portes du communautarisme, le pire ennemi de la République, quand chacun se replie sur ses pratiques, ses convictions, son calendrier sans accepter la différence et les règles communes qui caractérisent notre pays..

Quand on se rend dans un hôpital public, on accepte tacitement d’être ausculté par un médecin homme ou femme. Ou sinon, on décide de s’offrir une consultation privée. De la même façon, si l’enseignement offert par la République ne convient pas, les parents ont la possibilité d’envoyer leurs chères têtes blondes ou brunes dans une école confessionnelle et payante.

La laïcité, c’est pouvoir dire à l’autre qu’on n’est pas d’accord avec lui et que l’autre sache que le propos vise l’idée exprimée et n’est pas lié à une couleur de peau ou à des convictions religieuses. La laïcité c’est se révolter quand une police raciste multiplie les contrôles au faciès sur une partie de la population. La laïcité, c’est se battre contre les partis politiques dont le fonds de commerce est l’exclusion. La laïcité c’est la possibilité d’être heureux et de rire de tout avec tout le monde, de se réjouir de nos différences qui sont notre richesse parce que l’on appartient à une république une et indivisible et que les églises, les mosquées ou les synagogues ont parfaitement leur place dans le paysage français du moment qu’elles n’empiètent pas sur le territoire commun.

Je t’aime, donc je te cadenasse…

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(Photo Aïtana design)
C’est maintenant Biarritz qui est contaminée par la non-imagination au pouvoir…

Seuls les serruriers ayant pignon sur rue regretteront que la perle de la Côte basque ne soit pas encore Paris, où dégoter un emplacement pour poser son « cadenas d’amour » relève de la même performance que dénicher un espace pour sa serviette, le 15 août sur la grande plage de Biarritz.

Dans la capitale, la préfecture, qui estime à 12 tonnes la ferraille ainsi accumulée aux balustrades du Pont-des-Arts, annonce qu’elle va cisailler tous ces souvenirs laissés par les touristes car ils menacent l’équilibre de l’édifice. Biarritz étant rarement la dernière quand il y a une bêtise à reconduire, les premiers cadenas viennent d’apparaître cette saison sur la passerelle qui mène au Rocher de la Vierge. Les amoindris du bulbe, ceux qui ont besoin des mots ou des idées des autres pour faire des déclarations d’amour à leur belle, pourront même trouver un blog spécialement consacré aux cadenas d’amour (http://www.cadenas-pont-des-arts.fr/).

Quant aux vrais romantiques, il reste à souhaiter qu’ils continuent à militer pour l’imagination au pouvoir et se distinguent définitivement de la meute moutonnière des touristes, jamais en reste, d’un été à l’autre, pour une lambada sautillante ou autre coutume imbécile. Difficile en effet de trouver un pire remède à l’amour que le cadenas : je t’aime, donc je t’emprisonne et je te maintiens sous ma coupe.

Si un ou une enragée du cadenas vous courtise, un seul conseil, sauvez-vous vite!

Panne d’or noir pour le BO

Géronimo aux halles

Fin connaisseur de sa ville, Géronimo a compris que le club de son cœur avait besoin de soutien populaire et a organisé avec quelques joueurs une séance de dédicaces samedi devant les halles…

Dans ce rugby français où les intérêts financiers occultent bien souvent le bon sens, la franchise du joueur du Stade Français, Pascal Papé, reste une salutaire bouffée d’oxygène :  » Ceux qui ont fait le calendrier n’ont jamais dû jouer au rugby « . Imposer à des athlètes de haut niveau trois matches en neuf jours, relève en effet de la pure folie.

Hypocritement la commission médicale de la Ligue avait « préconisé » que les joueurs ne dépassent pas les 160 minutes de temps de jeu en trois matches. Une préconisation à peu près aussi efficace que les radars pédagogiques pour les fous de l’accélérateur. Comme il n’y avait pas la moindre sanction à la clé, les clubs aux effectifs les plus pauvres se sont allégrement assis sur la consigne. 12 joueurs du Biarritz Olympique se sont ainsi retrouvés hors des clous, au risque de connaître la panne d’essence : Pietersen, Ngwenya, Baby, Traille, Waenga, Yachvilli, Guyot, Fono, Taele, Erik Lund, Broster et Genevois. On achève bien les Rouge et Blancs !

Le Biarritz Olympique a livré un magnifique match contre Toulon, offrant même aux spectateurs ravis le spectacle d’une mêlée toulonnaise mise sur le reculoir, mais comment lutter quand vous avez sur votre banc quelques remplaçants novices tandis que Toulon envoie sur le terrain, à l’heure de jeu, Palisson, Giteau, Rossouw, Castrogiovanni ou Noirot?

Si le défaitisme et la morosité sont de mise actuellement aux halles de la ville, là où les anciens refont le match inlassablement, personne n’a le moindre reproche à formuler aux joueurs sur le terrain même s’ils ont été lourdement étrillés (13-24) et se retrouvent derniers du Top 14.

Jacques Delmas, entraîneur adjoint du RC Toulon, après être passé par la Côte basque, a parfaitement saisi le problème :  » À Biarritz, il n’y a plus de pétrole « , allusion aux difficultés financières du club depuis le retrait de Serge Kampf. Même si, pendant ce temps, quelques marchands du temple s’efforcent de siphonner les dernières gouttes d’or noir au fonds du puits ( voir document ).

Avec Bayonne douzième et Biarritz quatorzième, sans grandes perspectives d’embellie notable, plus que jamais, au risque de faire hurler les intégristes des deux camps, se pose la question d’une entité basque adaptée aux exigences économiques du Top 14. Un rapprochement entre les deux clubs rivaux qui ferait presque autant jaser que la découverte de champs de pétrole inexploités sous les stades Aguilera ou Jean-Dauger!

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289 euros pour un match et un dîner avec les joueurs, c’est donné, non?