Un gouvernement fourmi, fourmidable!

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Ce sont les fourmis qui ont permis à la France de limiter la casse pendant la crise financière. Mais ce sont les cigales ayant tout dilapidé que le gouvernement encourage…

Pourquoi la France a-t-elle mieux résisté que la plupart des pays européens à la crise financière de 2008? Parce que nous sommes un pays d’épargnants, ce qui a rassuré les prêteurs, et qu’avec 15,8% de nos revenus économisés, contre 11% en moyenne pour le reste de l’Union européenne, nous sommes les champions du monde des petits ruisseaux qui font les grandes rivières, avec 17 000 milliards d’euros d’économies, près de huit fois le budget annuel de l’État.

Avec cette logique magnifique qui caractérise nos hommes politiques, il est donc parfaitement judicieux de récompenser les cigales, qui croquent tout au mois le mois, en ne les imposant qu’une fois, et d’appliquer la double peine aux laborieuses fourmis, qui, après avoir soustrait trois sous à la voracité sans limite de l’État, se retrouvent taxées une deuxième fois avec des prélèvements sociaux de 15,5% sur le produit de leur épargne.

En ce domaine, la gauche ne fait que réenfiler les chaussons de la droite, chaque parti au pouvoir jugeant soudain parfaitement légitime d’arracher les ailes des insectes qui passent à portée et de faire semblant de ne rien voir quand des cigales de haut vol vont se faire dorer tout l’hiver dans des paradis fiscaux.

La grande nouveauté consiste désormais à rendre rétroactive la loi. Imaginez que vous ayez emprunté pendant quinze ans pour acheter la petite fourmilière qui va abriter votre famille. Que diriez-vous, si votre banquier vous expliquait au bout de dix ans qu’il a fait de mauvaises affaires et que vous allez payer dix ans de plus. Vous hurleriez à l’escroquerie? Toute honte bue, c’est exactement ce que fait l’État en remontant à 1997 pour appliquer une hausse de 40% des prélèvements libératoires sur l’assurance vie, le placement favori des petits épargnants.

Jusque-là, les responsables des Finances en France se comportaient comme des bandits d’honneur, agaçants certes, mais toujours courtois et obéissant à une certaine logique. Ils vous vidaient les poches, mais avec le sourire.  Désormais, nous avons affaire à des voyous à la petite semaine, improvisant en permanence leurs méfaits en fonction de leurs incessants besoins financiers, quitte à détaler si la pression populaire devient trop forte, comme le prouve l’annonce puis la pitoyable et judicieuse volte-face sur une taxation possible des PEL ou de l’intéressement salarial.

Mais que fait Valls, notre si plastronnant ministre de l’Intérieur, face à toutes ces délinquants s’efforçant de s’emparer de tout ce qui nous appartient ? Car, contrairement à ce qu’affirment les sondages, ce n’est pas dans la rue que les Français développent un sentiment d’insécurité, mais quand Bercy ou Matignon annoncent de nouvelles mesures.

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