Les limites d’un mariage pour mousse

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Costumes bleus impeccables et coiffures au cordeau, les deux tourtereaux nous ont fait la grande scène de l’amour éternel sur TF1. Le concours de pronostics sur la date du divorce est ouvert…

On n’est jamais trop prudent en matière d’amour et ce ne serait pas le premier mariage improbable qui s’avérerait, à l’usage, durable. Mais l’image des deux centristes François Bayrou et Jean-Louis Borloo annonçant à la presse, puis sur TF1, leur mariage avait de quoi prêter franchement à sourire, ce qui n’est déjà pas si mal à une époque où le gouvernement nous donne le plus souvent envie de pleurer.

Même discours responsable, même air grave, même façon de faire beaucoup de mousse avec peu de savon, au moment d’échanger l’anneau nuptial, de ceux qui sont conscients de l’importance de l’engagement qu’ils prennent devant les Français, et mêmes polissonneries des deux complices…

N’ont-ils pas proposé sans aucun complexe, malgré les cris d’orfraie de Christine Boutin et des opposants désormais bien rancis au mariage pour tous, au jeune Hervé Morin de venir partager leur couche et de faire ménage à trois avec lui? Mais l’ancien ministre des armées, qui s’y connait pourtant en matière de fougue des étalons, a préféré renoncer, effrayé par la verdeur et l’appétit des deux sexagénaires (ils ont tous deux 62 ans), prêts à le dévorer tout cru.

Gilles Bouleau, en interviewant les deux tourtereaux, mardi 5 novembre sur TF1, nous a offert un grand moment de télé. Même costume bleu nuit pour les jeunes mariés, avec pour le Béarnais une chemise boutonnée au col, tandis que le Valenciennois s’était permis un soupçon de laisser-aller en desserrant son licol. Mais surtout une impatience palpable et la fumée qui sort des oreilles du partenaire dès que l’un d’eux se permet deux mots de plus que son conjoint. Voilà qui augure de joyeux lendemains qui déchantent pour leur mouvement, « L’Alternative », qui rassemble en théorie l’UDI et le MoDem!

Car l’alternative risque d’être particulièrement douloureuse pour l’un des deux époux qui, fatalement, va rester à quai, pendant que l’autre jouera son ultime ticket gagnant possible à l’occasion de la présidentielle de 2017. Clairement, le rapprochement de deux hommes politiques plutôt intelligents, certifiés atypiques, et d’une totale lucidité sur l’état de la France et la déliquescence de la classe politique est loin d’être idiot. Mais c’est compter sans les ego très affirmés de l’un et de l’autre. Tous deux, politiquement cultivés comme pas permis, pensent bien évidemment à l’UDF et au hold-up réussi par Giscard et sa bande en 1974. Le PS et l’UMP se sont tellement discrédités ces derniers temps que le pari est loin d’être absurde. À condition que l’un des deux, pour une raison ou une autre, se retrouve dans l’impossibilité d’être candidat en 2017.

Dans le cas contraire, gageons que l’impatience qui perçait sur TF1 entre les deux tourtereaux, dès les premières secondes de leur union, quand l’un avait l’outrecuidance de parler, obligeant l’autre à se taire, va faire sous peu le bonheur des bêtisiers télé de fin d’année et que la rubrique « les feux de l’amour » va s’enrichir d’un croquignolet divorce.

Qui se souvient encore qu’en 1999, Charles Pasqua et Philippe de Villiers s’étaient juré amour et fidélité au sein d’un surprenant Rassemblement pour la France? Même si à Biarritz, en matière d’alliances improbables, on en connait un rayon comme en témoigne la liste du candidat Michel Veunac.

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