Lafite n’a guère la frite

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Aucun doute n’est possible : comme l’indique le panneau, la voie va être étroite pour le candidat socialiste. (Capture d’écran réalisée le 24/11/2013)

Prétendre incarner l’avenir de Biarritz et poser avec sa future équipe municipale devant un panneau indiquant un rétrécissement de la chaussée et l’autre une impasse, il faut au minimum être énarque et avoir le moral bien en berne comme le candidat Guy Lafite pour le faire. Même si, en matière de communication visuelle, les candidats à cette élection municipale se surpassent. Récemment, on a pu contempler Richard Tardits en vélo électrique, ce qui, pour un ancien sportif de haut niveau, fait un peu mou du genou et l’on se souvient tous de Max Brisson, au club house du Biarritz Olympique, dissertant devant des boîtes de caviar. Une erreur que le candidat UMP ne semble plus capable de commettre, puisque ses dernières photos le montrent transformé, ressemblant presque, dans sa jeunesse et son enthousiasme, au petit-fils de Didier Borotra. (Message privé à Max Brisson : pourriez-vous me transmettre l’adresse de votre nouveau photographe ? Je suis bâti comme un petit tonneau d’Armagnac et je rêve de devenir svelte et élancé comme vous sur les photos…)

La politique a ceci de formidable qu’elle nous permet, en de rares périodes préélectorales, de nous sentir citoyens, vivant véritablement dans une démocratie ; les débats sont nombreux et les candidats prêts à discuter ; on les croise un peu partout dans la ville et, à les en croire, de beaux lendemains qui chantent attendent Biarritz. Profitez-en bien, car dès la fin du mois de mars, les vaincus remâcheront leur amertume, tandis que le vainqueur sera trop occupé à partager le gâteau municipal avec tous ceux qui affirmeront l’avoir soutenu, pour avoir encore du temps à consacrer aux citoyens de base.

Vous n’en avez peut-être pas pris conscience, mais nous sommes, pour quelques semaines encore, dans la peau d’un directeur des ressources humaines, chargé de désigner la recrue idéale pour l’entreprise Biarritz. Avec un avantage de taille : les candidats laissent désormais des traces sur les réseaux sociaux et nous pouvons donc regarder de près ce qu’ils proposent au lieu de nous contenter des envolées oratoires lors des réunions électorales.

Revenons donc au candidat Guy Lafite, qui affiche en page d’ouverture de son site (http://www.espritbiarritz.fr/les-actualit%C3%A9s/municipales-biarritz-2014-avec-guy-lafite) cette photo inénarrable, qui a tout de l’acte manqué. Même s’il exhibe, aux halles de Biarritz, ses petits pulls cachemire et ses costumes de bonne facture, propres à rassurer la grande bourgeoisie biarrote, l’adjoint chargé des Finances sait qu’il ne va pas être facile de porter les couleurs de la gauche en mars 2014, alors que le mécontentement contre François Hollande prend des proportions vertigineuses. Et à 64 ans révolus, Guy Lafite ne peut envisager de passer son tour. Un score plus faible que celui de Galery Gouret-Houssein en 2008 (14%) rendrait moins séduisante l’alliance qu’il mijote avec Michel Veunac, au second tour et le condamnerait au rôle de l’éternel second, voire de l’éternel comparse.

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(Capture d’écran réalisée le 24/11/2013)

En attendant, le candidat s’est armé sur les réseaux sociaux de la panoplie de tout candidat moderne et les occasions d’hilarité ne manquent pas. Peu présent sur facebook (http://www.facebook.com/guy.lafite) puisque son dernier post remonte au 15 septembre, Guy Lafite se montre beaucoup plus loquace sur twitter (https://twitter.com/GuyLafite). Si l’on a la curiosité de regarder dans ses abonnements, on découvre que notre candidat, toujours à la pointe de l’actualité, fait encore partie du comité de soutien à DSK et du mouvement « Les jeunes avec DSK« . Notre futur maire a peut-être prévu d’utiliser l’ancien patron du FMI comme animateur pour les soirées à L’hôtel du Palais, autrement plus tristes que celles du Carlton de Lille?

Lafite 2

(Capture d’écran réalisée le 24/11/2013)

D’autres grands moments nous attendent sur le site du candidat :  Lafite jouant au bateau à voiles, Lafite faisant du surf, Lafite moustachu, Lafite à Londres, nous avons droit à tout. Avec une certitude : ce n’est pas grâce à l’orthographe que le candidat a été admis à l’ENA. En 1995, il se décrit à  » Toulouse, au pied des Pyrénnées « … L’émotion, sans doute de revoir ces chères montagnes de son enfance.

Tout cela ne va pas très loin et est probablement à mettre en rapport avec le nom de sa liste « Esprit Biarritz« , qui sera, n’en doutons pas… pleine d’esprit.

Poursuivons notre métier de directeur des ressources humaines, en traquant les silences, les omissions dans le beau curriculum vitae qui nous est présenté. Guy Lafite a été incontestablement un brillant étudiant, admis à l’ENA en 1985, et suivant le parcours d’un énarque : conseiller à la chambre régionale des Comptes d’Aquitaine en 1987, secrétaire général adjoint à la mairie de Marseille en 1992, on en passe et des plus administratives, avant de devenir en 2001 secrétaire général adjoint de la mairie de Paris avec Bertrand Delanoë.

Et c’est là que tout se complique : car, d’un seul coup le candidat, avec une pudeur de rosière finalement assez logique pour un apparenté socialiste, devient très allusif : «  durant ces trois années auprès de Bertrand Delanoë, en tant que secrétaire général adjoint, j’engage les grands projets de sa mandature tout en maîtrisant le budget «  Soit un départ, pour le moins curieux en 2004, au beau milieu du mandat. Et d’enchaîner, comme si de rien n’était, sur 2008 : « Adjoint aux Finances à la mairie de Biarritz ».  Quatre ans à faire du surf, nous n’aurons qu’un mot : bravo!

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(Capture d’écran réalisée le 24/11/2013)

Comme maître Vergès, disparu quelques années sans explication, Guy Lafite a un « trou » dans sa carrière qui mérite, lui, quelques explications. En 2004, le brillant numéro trois de la mairie de Paris a 55 ans et n’a donc aucune raison de s’arrêter de travailler, avant de se décider à respirer le bon air de Biarritz. D’autant plus que Bertrand Delanoë n’est pas Rachida Dati, qui changeait de collaborateurs comme d’escarpins vernis.

Exerçant à l’époque au « Canard enchaîné« , j’ai eu une version très détaillée du départ  de Guy Lafite. L’homme étant considéré comme du menu fretin politique, nous n’avons pas jugé bon de la publier. Mais il serait à l’honneur du candidat qui prétend diriger Biarritz de faire toute la lumière sur les circonstances de son départ et sur le « trou d’air » de quatre ans qui s’ensuivit.

Guy, j’ai du respect pour la façon dont vous vous êtes opposé au maire sur les conditions de financement des parkings Vinci et, si vous le souhaitez, ce blog vous est largement ouvert pour que nous sachions enfin pour qui nous allons voter et pourquoi vous avez quitté Paris.

 AIDEZ-MOI ! La période électorale est trop favorable pour se priver du plaisir de passer tous les écrits des candidats à la mairie de Biarritz aux détecteurs de promesses. Si vous relevez quelques pépites, n’hésitez surtout pas à me les envoyer.- JYV

3 réflexions sur “Lafite n’a guère la frite

  1. Je trouve JYV un peu inquisiteur envers GL lorsqu’il s’acharne à vouloir lui faire dire ce qu’apparemment Guy n’a pas envie de dire sur son « parcours » parisien . En outre pourquoi essayer de savoir ce qu’il a fait à Paris alors que lui-même a volontairement quitté Paris, ses pompes et ses ors, au profit de notre chef lieu de canton préféré . Il en est des Enarques comme des rugbymen, tous ne jouent pas dans la même catégorie et il y aussi loin du Top 14 à la Promotion d’Honneur que de l’influence d’un Attali ou d’un Villepin à celle d’un conseiller municipal dans une ville de moins de 30000 habitants . Reconnaissons au moins à GL le mérite d’avoir appris à connaître ses limites et d’avoir essayé de proposer ses « compétences » à leur niveau et dans le lieu qu’il croit connaître le mieux , le Biarritz du surf et du rugby (il adore les deux…) . Là où je serais un peu plus sceptique c’est sur ce qu’il peut réellement apporter à notre ville , non pas au regard de ce qu’il a pu faire ailleurs, mais au regard de sa prestation ici et dans l’équipe de Borotra depuis 2008 . Son arrivée chez nous n’est pas passée inaperçue qui a fait l’objet d’une OPA « inamicale » du confidentiel PRG sur les restes d’une section Socialiste, laminée par les négociations d’appareil et les ententes les plus improbables . Cette arrivée a provoqué la démission d’une élue du PS et celle d’un candidat du même parti aux cantonales du canton Est , auxquelles s’ajoutent l’éclatement de la section et le rejet par les 3/4 des « survivants » socialistes de la candidature du nouvel arrivant . Les qualités de rassembleur que chacun cherche à mettre en avant en vue de l’élection de 2014 semblent faire furieusement défaut à notre cher Guy . Si j’ai dit « cher » ce n’est pas par un signe d’affection, qui serait suspect dans ma bouche, mais pour qualifier le « parcours » biarrot de notre spécialiste en Finances Publiques et en investissements « non toxiques » . Depuis 2008 en effet, et le remplacement du précédent Adjoint aux Finances qui avait géré la ville en « bon père de famille » et en faisant des choix heureux et nécessaires, la politique financière de notre ville a revêtu un caractère débridé , excessif et onirique qui a vu la création de la fameuse Cité désertique, la braderie de la Sogicoba, parc social de Biarritz, à des investisseurs marseillais dont on peu douter du caractère philantropique et la responsabilité avérée dans des projets ,aussi fumeux que mal ficelés, comme les parkings « Vinci » à venir ou la privatisation partielle annoncée d’Aguilera … Il est vrai qu’il n’était pas le décideur de tous ces avatars de gestion municipale mais au moins en porte-t-il la responsabilité au titre du « conseil » avisé et compétent que l’on était en droit d’attendre de lui .
    Ces limites éclaircies il est un autre éclairage sur la personnalité de GL qui me semble important et qui relève de son histoire personnelle : sur le site « espritbiarritz » nous avons pu apprécier l’historique abondamment illustré et un brin narcissique de notre candidat à la mairie ; parmi les 14 (excusez du peu) photos, celle qui me paraît la plus importante serait la première, celle de l’épicerie familiale dénommée « Epicerie Parisienne » car elle est le symbole de cette constante qui marquera la carrière de GL , sortir du provincialisme et être « parisien », comme a pu l’être Rastignac , et apporter à sa province profonde l’esprit qui lui manque tant car, vous l’aurez deviné, avec « espritbiarritz » c’est l’esprit « parisien » à Biarritz qu’il nous propose …

    • Un grand merci pour cette longue et pertinente intervention, où vous finissez par être plus dur sur l’homme que moi.. J’ai juste un doute sur la façon dont G.L. a quitté Paris. A-t-il volontairement quitté ses « pompes et ses ors », comme vous le suggérez, ou a-t-il pris un coup de pompe où je pense? C’est une bonne question et la réponse intéresserait beaucoup les Biarrots.. Quant à l’élue socialiste qui a démissionné, lorsque le PS a confié les clés du camion des cantonales à G.L., vous savez comme moi que je la connais parfaitement, puisqu’il s’agit de mon épouse. Amicalement.- JYV

  2. Bien sûr je savais et, hors de toute nostalgie d’ancien combattant, cette démission a été pour beaucoup d’entre nous le début de la fin d’une illusion et le choix d’une lutte contre un adversaire qui n’était pas celui auquel nous étions habitué mais quelqu’un qui prétendait être des nôtres …

    « Elle s’en va, et sa sortie est belle, mais nous restons avec, bientôt et même déjà, des choix à faire . Qui nous reste-t-il parmi tous ces gens qui « vont à la soupe » ? Un seul n’y va pas… Borotra… forcément c’est lui qui la sert ! Vous avez dit comique ??? »

    « Effectivement, en 2008, les représentants ELUS du PS étaient Galery Gourret Hussein et Françoise Viollier, accompagnés par Bernard Ithurbide pour le PCF . Le Sud Ouest local n’a jamais trop aimé parler des opposants à Didier Borotra et dans cette occurence il a rejoint les voeux d’une Fédération départementale PS, « à la botte », qui a tout fait pour disqualifier les élus légitimes et brader la section locale … Il fallait que cela fut dit avant la reprise d’une campagne pour les législatives que l’on espère plus unitaire que la précédente … »

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