L’Aviron s’est souvenu de Jean Dauger

Aviron-Toulouse

Spedding, après les entrées de Brett et Rouet et la sortie de Bustos Moyano, catastrophique, a décidé de contrer Toulouse sur son point fort, en relançant tous les ballons à la main. Pari réussi et grands frissons de bonheur pour les spectateurs!

Pour entrer en… fusion, lors de la venue du Stade Toulousain, les 16242 spectateurs présents au stade Jean Dauger, n’ont nullement eu besoin de leur voisin biarrot. Seule une banderole, dans la tribune Afflelou, « Bayonnais pour toujours« , était présente pour rappeler la tentative de drague de Serge Blanco et le monumental râteau qui s’ensuivit.

Le match débute suivant un scénario désormais classique en top 14. Bayonne se montre enthousiaste dès l’entame et l’équipe visiteuse guette la faute sans prendre le moindre risque, se contentant d’interminables dégagements au pied. O’Connor, à la 14e minute, se joue superbement de la défense toulousaine, faisant chavirer de bonheur le public, mais Toulouse engrange des points à chaque fois qu’il approche des poteaux bayonnais, avant que Louis Picamoles ne s’écroule dans l’en-but bayonnais à la 36e et qu’une fois de plus ne se déroule le film « Peur sur le stade« , si connu de tous ceux qui suivent l’Aviron.

Bustos Moyano, l’homme à qui l’Aviron doit tant de victoires inespérées grâce à sa botte précieuse, est méconnaissable, devenu entre les deux réveillons Bastos Mayonnaise tant il met de bonne volonté à rater toutes les pénalités à sa portée (1 réussite pour 6 échecs). 13-8 pour Toulouse à la mi-temps, un public qui s’ennuie sérieusement et pas grand monde pour croire à un sursaut possible, puisqu’à trois reprises l’Aviron a joué à la main des pénalités transformables, absence de buteur oblige, avant de se fracasser sur la défense toulousaine.

Et c’est là que le rugby se révèle une fois de plus le jeu le plus séduisant du monde, tant il nécessite d’adaptation aux circonstances et de mépris pour tout ce qui a pu être décidé au tableau noir par les entraîneurs! Mamans soucieuses de la présence de vos fils à l’école de rugby, gardez en mémoire ce match Aviron-Stade toulousain, un des plus beaux tactiquement de ces dernières saisons, et dites-vous que vos enfants en pratiquant le rugby, récolteront sans doute quelques bosses mais garderont de ce sport une intelligence des situations et des forces en présence qui leur servira pendant toute leur existence.

L’entame de la deuxième mi-temps est catastrophique pour l’Aviron, avec une nouvelle pénalité immanquable ratée par le tireur de pétards mouillés argentin. Lanta prend enfin la décision qui s’impose en sortant Bustos Moyana à la 49e, en décalant Rokococo à l’aile et en faisant jouer en numéro 10 Stephen Brett. Et comme Bélie, assez inexistant jusque-là se blesse et est remplacé par Guillaume Rouet, c’est une charnière inédite qui prend les clés du camion ciel et blanc. Une charnière qui a eu le temps d’observer sur le banc, les forces et faiblesses toulousaines et qui va oser un coup de poker incroyable, tandis que le meilleur public de France encourage son équipe comme jamais. Le jeu au pied est catastrophique, les avants peinent un peu à franchir la ligne d’avantage, qu’à cela ne tienne : on va convoquer l’âme du grand Jean Dauger, l’homme qui relançait dès ses vingt-deux mètres et aller défier le grand Toulouse sur son point fort.

Et dès lors, les mouches changent de pottok, comme le dirait un Pierre Salviac basque. O’Connor et Lovobalavu laissent leurs cartes de visite à, excusez du peu!-  Médard et Fickou avant que Brett, d’une merveille de coup de pied par dessus la défense n’envoie Rokococo en terre promise (66e). Et il suffit de voir la façon de s’étreindre de cette équipe, de voir son bonheur à communier avec le public pour comprendre qu’un sale quart d’heure attend les Toulousains qui jouent désormais les bouchons de champagne en mêlée.  Roumieu charge et fracasse Picamoles tandis que les lignes arrières avec un Spedding des grands jours se montrent intenables. Deux pénalités de Brett à la 69e et à la 80e accentuent la victoire et font perdre le point de bonus défensif à une équipe de Toulouse cul par dessus tête (21-13).

L’interminable tour d’honneur des joueurs, face à un public qui ne se décide pas à quitter le stade, prouve à tous qu’il ne manque à cette équipe qu’un soupçon de confiance pour jouer un rôle intéressant en top 14, et qu’il n’y a nul besoin de chausser des lunettes Afflelou pour comprendre qu’elle n’a rien à faire en pro D2.

Manzana et Patxaran dévalisés !

Manzana 001Et encore une boulette à mettre sur le compte de nos deux impayables ! Manzana, le flic biarrot, et Patxaran, le poulet bayonnais, ont tellement peur d’être vus ensemble, qu’ils ont profité des fêtes de Noël pour aller discrètement picoler du côté de Saint-Palais.

Il faut dire qu’ils avaient de quoi se réjouir, car toute la presse a salué leur exploit, de La Semaine du Pays basque (http://www.lasemainedupaysbasque.fr/2013/12/11/17561-mieux-que-l-aviron-et-le-bo-la-fusion-george-viollier) à Sud Ouest (http://www.sudouest.fr/2013/12/24/biarritz-la-bd-sur-l-aviron-et-le-bo-qui-fait-rire-le-bab-1411872-4018.php)  en passant par le blog Côte basque people (http://cotebasquepeople.blogs.sudouest.fr/archive/2013/12/10/la-bd-du-1013676.html). Même emballement du côté des radios, où on se dispute les deux policiers : NRJ Côte basque, France Bleu Manzana 002pays Basque et RTL2 Sud-Aquitaine les ont déjà accueillis et TVPI vient de tourner un sujet avec eux qui sera diffusé début janvier.

Tout ce tintamarre médiatique ne pouvait qu’agacer au plus haut point Gaiztoa, qui a dépêché ses sbires dans toutes les bonnes librairies du Pays basque pour rafler, au nez et à la barbe de tous ceux qui souhaitaient acheter Les aventures de Manzana et Patxaran, tous les albums disponibles. 25 déc 2013 033Sauf libraire particulièrement étourdi, plus un album ne peut être acheté pour le moment dans la région et les deux policiers sont assaillis de coups de téléphone d’amis, prêts à tout pour obtenir le si convoité récit.

Rassurez-vous, la maison Atlantica a de la ressource et, à l’image du Pays basque,  ne se laissera pas dicter sa loi par le méchant Gaiztoa. Un important retirage est en cours et début janvier, pour passer la gueule de bois d’après les fêtes, la lecture des aventures de Manzana et Patxaran sera idéale.

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Gaiztoa, dans le deuxième album ne rêve que de prendre sa revanche, mais heureusement le dessinateur Pierre George veille.

JBSC, alias Je Bataille Sans Cesse

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Bon orateur, métier oblige, Jean-Benoît Saint-Cricq réussit souvent à mettre la salle dans sa manche.

Si l’adage d’Audiard,  » la valeur d’un homme se mesure au nombre de cons qui le persécutent « , est exact, alors cet opposant mérite qu’on s’intéresse à lui. Depuis 2001, Jean-Benoît Saint-Cricq, à l’image du capitaine Haddock se débattant perpétuellement avec un sparadrap, a toujours une rumeur qui lui colle à la peau. On l’a dit sympathisant du FN, juriste impénitent ne pensant qu’à traîner la ville au tribunal et l’on soutient désormais que son véritable directeur de campagne est un curé… On en dit tellement sur les hommes singuliers!

Un jour, en plein conseil municipal, Didier Borotra, perdant totalement son flegme, coupe le micro de Jean-Benoît Saint-Cricq, surnommé Je Bataille Sans Cesse, avant de lui asséner : « Monsieur Saint-Cricq, tout le monde sait que vous perdez tous vos procès ». Venant de la part d’un élu dont les seuls titres de gloire professionnelle sont une collection de faillites, le propos fait sourire tous ceux qui ont vu à l’œuvre dans un tribunal le bouillant avocat.

D’autres petites anecdotes montrent la crainte qu’il inspire. Le 23 novembre dernier, Sud Ouest publie « Saint-Cricq passe à l’offensive« , où il estime que « le mandat de Didier Borotra s’achève en eau de boudin« . Consultable par tous à six heures du matin sur Internet, l’article disparaîtra tout aussi mystérieusement quatre heures plus tard.

Lors de sa dernière réunion publique au Lutétia à Saint-Charles, le 13 décembre, force est de reconnaître que 200 personnes étaient présentes et que l’avocat a fait le show, passant sur écran géant des photos où Borotra, Brisson et Veunac se tiennent les côtes comme trois larrons en foire, sous les applaudissements ironiques de la foule.

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Encore un candidat à la mairie de Biarritz qui ne jure que par le ciel et blanc !

Tiraillé par une équation impossible, l’opposant qu’il a été devant prouver qu’il a la capacité de gouverner la ville, JBSC a décidé de ne rien faire comme les autres. Son site Internet (http://www.jbsaintcricq.fr/) semble être sponsorisé par la sécurité roumaine, tellement il est austère.  Sur facebook, il affirme son admiration pour… Jean-François Couperin : un peu de clavecin, au début du conseil municipal, ça a tout de suite une autre allure que les violons de Borotra! Son compte twitter demeure introuvable, mais l’avocat balaie la question des réseaux sociaux d’un revers de manche, estimant qu’ils ne joueront pas « un rôle important« .  Voulant sans doute imiter Tarditssse of Biarritssse et ses anglicismes, il ne jure que par le « phoning« , c’est à dire la relance par téléphone, où il affirme recevoir de ses interlocuteurs des encouragements enthousiastes. Et s’il est élu maire de la ville, il nous fera du « gouverning« ?

Petit détail amusant. Comme Michel Veunac, Jean-Benoît Saint-Cricq semble obsédé par une fusion éventuelle avec L’Aviron. C’est sans doute pour cette raison que son programme, de fort bonne facture, s’affiche en ciel et blanc, ce qui la fiche mal, vous en conviendrez pour Biarritz.

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Une équipe souriante d’une vingtaine de personnes… Les autres sont trop timides pour accepter d’être sur la photo ?

Quand on clique sur la rubrique « L’équipe » ou que l’on détaille la photo du groupe, on remarque aussi qu’ils ne sont que vingt à poser, ce qui semble indiquer que la liste n’est pas tout à fait prête. JBSC doit-il redouter une certaine « évaporation » de ses partisans, comme il l’avait vécue dès la première séance du Conseil municipal de 2008 où ses cinq colistiers emmenés par Patrick Destizon l’avaient trahi? L’avocat sourit : « Ce sont des petits chenapans qui avaient préparé leur coup de longue date, mais l’essentiel de ma liste m’est fidèle depuis deux mandats et ça ne se reproduira pas. »

Espérons pour lui qu’il n’aura pas à vérifier à nouveau la maxime qui veut que les cocus soient toujours les derniers informés de leur infortune!

Car Jean-Benoît en est convaincu, il n’a pas d’alliances à envisager avec Max,  Michel ou Guy. Au premier tour, il va arriver en tête très nettement, « voire être élu dès le premier tour!« , il est prêt à en mettre la main de Didier Borotra à couper. Les négociations pour le deuxième tour seront donc très simples pour lui : « Ma liste examinera démocratiquement le passé et le passif de tous ces beaux messieurs et on verra lequel je repêche et à qui j’offre un beau strapontin ».  Et quand on lui parle de son échec spectaculaire aux cantonales de 2011  (11,29%), il estime que cette élection était un « vote de politique nationale » et ne veut retenir que les 21,43% obtenus en 2001 et les 29,97% de 2008. Quant à la montée en puissance de Richard Tardits, il n’y croit pas une minute : « Il va jeter l’éponge rapidement, c’est un faux problème!« 

Vous l’avez compris, l’ancien cavalier, formé à Saumur, est droit dans ses bottes.

Et il pense à la mairie, tous les matins en se rasant?

Pas du tout ; « Ma détente, c’est de peindre. En ce moment, je suis en train de travailler sur un projet évoquant le nettoyage des écuries d’Augias » Avant de rajouter, malicieux : « Et j’ai bien l’intention d’accrocher cette toile dans l’entrée de l’hôtel de ville, lorsque je serai maire » … On se demande pourquoi.

L’im… permanence en politique

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Si vous passez rue du Helder, mettez un casque, car ça va flinguer sous peu !

François Hollande étant très occupé à tester ses rangers neuves en Centrafrique, on ne saurait trop conseiller au patron de l’agence immobilière « Côte d’Argent« , situé rue du Helder, de se procurer en urgence des casques bleus et des drapeaux blancs pour pouvoir intervenir en cas de conflit. Avec une imagination qui les honore, le premier et le deuxième adjoint, décidément inséparables même quand ils guerroient l’un contre l’autre, viennent d’ouvrir leurs permanences de part et d’autre de l’agence.

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Veunac la joue ciel et blanc

Petit duplex cosy pour le deuxième adjoint Veunac, qui a eu l’astuce de rallier à sa liste le général Michel Zeisser, un grand spécialiste de la gestion des conflits. Mais une erreur qui fait hurler de rire les Biarrots en ces temps de fusion improbable avec l’Aviron. Sur les kakemonos, on peut lire « Michel Veunac, mon parti c’est Biarritz » sur fond bleu et blanc, comme si celui qui souhaite devenir le maire de la ville était déjà prêt à accueillir Pottoka à bras ouverts. Eh, Michel, c’est à Biarritz que tu te présentes, pas à Bayonne!

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Brisson mise sur le dépouillement

Permanence plus simple et encore en chantier pour le premier adjoint Brisson qui a opté pour un pas de porte crème, de la couleur des façades de l’ancienne mairie, avant que Didier Borotra ne se décide à jouer du pinceau gris. Et des messages très clairs adressés à son équipe : le tube d’Aznavour, « Je m’voyais déjà en haut de l’affiche« , sera passé en boucle et la décoration de fils électriques et de cartons apparents derrière la vitrine indiquera la simplicité du candidat de l’UMP, décidé à la jouer très brut de décoffrage, avec ses simples affichettes « Ouverture de la permanence de Max Brisson ».

Max Brisson est visiblement un adepte de la numérologie puisqu’il a choisi le numéro 1, tandis que Michel Veunac optait pour le 5 de la rue, ce qui traduit, vous en conviendrez, un manque d’ambition flagrant pour quelqu’un qui veut devenir maire.

Pour rester dans la même logique, tandis que Richard Tardits, sur son beau vélo électrique ira d’un combattant à l’autre pour tenter de ramener tout le monde à la raison, le candidat Guy Lafite devrait louer de toute urgence le numéro 9 et Jean-Benoît Saint-Cricq installer sa permanence sur le trottoir d’en face, histoire de flinguer à son aise tous ces beaux messieurs de l’ancienne majorité.

Désormais, c’est double Max !

Max et son double_page_001

Finalement, vous préférez Marc ( à gauche) ou Max (à droite?)

Il paraît, mais allez savoir avec les rumeurs, que les jeunes mamans à Biarritz ont un truc imparable quand les gamins geignent sur leurs épinards ou tergiversent sur leurs tables de multiplication : « Si tu continues, je téléphone à Max Brisson » … Et là, force basque ou pas, il n’y a pas un gamin pour faire le fier. Il faut dire que les adultes, il y a peu encore, quand ils croisaient le premier adjoint, semblant porter sur ses épaules tous les soucis de la terre, préféraient eux aussi se tenir à l’écart, de crainte de se faire mordre. Comme le dit son pote Frédéric Domège, en s’efforçant d’arrondir les angles : « Qu’il soit colérique, pataud parfois, qu’il se fiche bien souvent de la bienséance guindée, lui attire au fil du temps plus de ralliements que de défaillances ». C’est beau l’optimisme!

Après une enquête presque aussi minutieuse que celles que mène Le Canard enchaîné, Bisque, bisque, basque! est enfin en mesure de vous révéler le grand secret de Max Brisson. Vous savez tous que Didier Borotra a un frère jumeau? Les deux se ressemblent terriblement physiquement. Mais Franck, lui, après avoir été ministre, a su arrêter la politique et s’épargner le mandat de trop. Vous l’ignoriez sans doute mais Max Brisson lui aussi, a un frère jumeau, avec qui les relations sont parfois compliquées. Comme Marc, son jumeau, était un peu désoeuvré, Max l’a laissé s’installer à la mairie pendant que lui-même travaillait sur l’enseignement de l’histoire en tant qu’inspecteur général. Et comme Marc, le grognon, n’a aucune personnalité, il a tout accepté de Didier Borotra, les projets fous, le béton à tout va, la dictature d’un homme qui se soucie de son premier adjoint comme de son dernier mouchoir en papier et qui peint sa mairie en gris sans demander l’avis à personne.

Pour râler, Marc a râlé, a envisagé cent fois de faire rébellion, a bombé le torse devant sa glace pour se donner du courage, a sondé discrètement les élus pour voir s’ils refuseraient de voter le budget avec lui… Même le falot Guy Lafite s’est montré plus rebelle que lui, en s’abstenant sur le parking de la Côte des Basques!

Et soudain tout s’éclaire!

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Max, à ne pas confondre avec Marx, est même prêt à mettre une chemise rouge pour s’attirer les sympathies de la gauche…

Le candidat souriant et visiblement heureux de vivre, le candidat qui déborde de projets et semble avoir une vision cohérente du futur de la ville, le candidat qui met les bouchées doubles, c’est bien Max, qui s’est enfin décidé à faire preuve d’autorité et a demandé à son jumeau d’arrêter définitivement la politique à la fin de ce mandat.

Lorsqu’on regarde ce que propose le candidat Max Brisson sur les réseaux sociaux, on a véritablement le sentiment que le patron de l’UMP a passé le grand braquet quand ses rivaux moulinent encore. Contrairement aux autres, il ne semble pas avoir éprouvé le besoin de ratisser large, ne craint pas d’afficher son programme et, avec plus de 80 soutiens autour de lui, ne devrait pas connaître de difficultés à boucler sa liste. Éric Foucher, transfuge de la liste Destizon, et Corine Martineau, qui animait « Paroles de Biarrots » pour Jean-Benoît Saint-Cricq, l’ont rejoint. Des « prises de guerre » d’une toute autre dimension que les « recrues » de Michel Veunac.

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Pas de doute, on se bouscule autour de double Max!

En annonçant « Le temps des Biarrots« , ce qui prouve bien à quel point Didier Borotra, avait confisqué la ville à la population locale, et en estimant que le retour des classes moyennes dans Biarritz est fondamental pour l’avenir de la cité, Max Brisson pointe du doigt les vrais problèmes et ne se contente pas de promettre une écoute attentive des citoyens de la ville. Comme il le confie à Jean-Philippe Ségot dans La semaine du pays basque : « Je suis bien dans ma peau et je sens la relation avec les Biarrots forte« .

Que ce soit sur son site (http://www.maxbrisson2014.com), sur facebook ou sur son compte twitter, partout le programme affiché est solide et agrémenté de photos d’un homme que tout le monde découvre, souriant et visiblement  heureux de sortir enfin du bois. Seul petit détail qui la fiche mal pour un inspecteur général de l’Éducation nationale, un tweet avec une belle faute d’orthographe « François Fillon : Premier ministre, j’étais venu à Bayonne signé le contrat territorial. » L’émotion sans doute d’avoir fait marché commun avec un cador de la majorité ou la conséquence d’une dégustation d’Irouleguy un peu trop appuyée.

Fautre d'orthographe Brisson

C’est François Fillon qui me pousse à la faute!

Encore une fois, il n’y a pas de boule de cristal sur mon bureau, mais je suis de plus en plus persuadé que la prochaine élection va se jouer entre Max Brisson et Jean-Benoît Saint-Cricq (portrait dans ce blog, la semaine prochaine), les Biarrots hésitant entre celui qui a l’expérience de la gestion d’une ville et celui qui a combattu un système Borotra dont plus personne ne veut. Richard Tardits étant le seul trublion capable de bousculer le bel ordonnancement de ce jeu de quilles, puisque personne ne sait encore à qui il va piquer des voix.

Après, en politique, on dit souvent que c’est celui qui a le plus envie qui l’emporte. En 2007, par exemple, Ségolène Royal, surprise elle-même par des sondages très favorables, n’était pas prête à accéder à la fonction suprême tandis que Nicolas Sarkozy ne pensait qu’à ça. Avez-vous  remarqué à quel point Max Brisson est rasé de près depuis quelques temps 

Le requiem d’un système

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Neuf heures de garde à vue, une peine possible de prison de dix ans… et à peine entamé !

Pour avoir quelques copains qui ont subi des gardes à vue, pour avoir déjà entendu des policiers se vanter de la façon dont « ils attendrissent la viande » en laissant le suspect mariner dans des cellules indignes de la République, je ne me permettrai ni ironie ni même un sourire sur les neuf heures de garde à vue qu’a subies Didier Borotra, le 11 décembre à Bayonne, et me garderai de tout commentaire sur l’affaire tant que la Justice n’aura pas terminé son travail.

Habitant depuis dix ans à Biarritz, j’ai parfois ressenti beaucoup d’agacement, ces derniers jours, en entendant les railleries de ceux qui, il y a si peu de temps, mangeaient encore dans la main de cet homme, désormais âgé de 76 ans, qui risque dans cette affaire dix ans de prison.

J’ai beaucoup combattu dans La Semaine du Pays basque et dans ce blog, les décisions prises par Didier Borotra, mais je n’ai jamais pensé qu’il était devenu maire de cette ville par hasard. L’homme est affable, habile et remarquablement intelligent. Et il a eu pas mal de bonnes idées pour la ville. Malheureusement, maire depuis 1991, il est l’incarnation même de ce qu’est le dévoiement en politique. Et illustre à merveille, cette notion du « mandat de trop ».

C’est toujours la même histoire : ce ne sont pas les imbéciles qui se lancent en politique, mais des gens généreux, altruistes, préoccupés des autres. Et puis, pour faire progresser leurs idées, ils commencent à accepter des compromis, des alliances improbables et finissent par se renier eux-mêmes, dans un système particulièrement corrupteur. Ainsi, l’écologie est une cause magnifique, qui devrait mobiliser tout le monde. Mais, au niveau national, les méandres empruntés par les Verts, les contradictions d’une Cécile Duflot, ont de quoi vous dégoûter à jamais de la politique.

En piquant le pouvoir à Bernard Marie, grâce à une alliance improbable, le centriste Didier Borotra a dégoupillé la grenade qui l’emporte aujourd’hui. Prenez la composition de l’actuel conseil municipal. Même une maman pottok n’y retrouverait pas ses petits! On trouve des socialistes de la majorité et des socialistes d’opposition, des abertzale qui suivent aveuglément le maire et d’autres qui s’opposent à lui, on a aussi des opposantes comme Maïder Arostéguy qui ne s’oppose à rien depuis qu’elle a intégré le conseil d’administration de L’hôtel du Palais, et des membres de la majorité qui s’égosillent à répéter que le vieux est devenu fou.

Et quel est le résultat à l’arrivée de ces basses manœuvres politiciennes ? Un autocrate qui décide de tout, seul, un adjoint, désormais candidat, qui n’a pas bougé une oreille pendant vingt ans et cherche à faire oublier sa soumission, un autre adjoint qui fait du sous-Borotra en rassemblant le plus large et improbable possible sur sa liste, tandis que le troisième, énarque frais arrivé de la capitale, ne veut surtout pas expliquer dans quelle condition il a quitté la mairie de Paris.

La vraie question à se poser, est de se demander comment ce système Borotra a pu tenir sans exploser pendant aussi longtemps. La réponse est simple : avec des hochets donnés aux élus pour pouvoir gouverner tranquille. L’hôtel du Palais (300 000 euros de factures non justifiées émises par la mairie chaque année!) et le Foro (… C’est bien connu, les voyages forment la jeunesse et enchantent les conseillers!) ont été des machines à corrompre les conseillers municipaux.

Étonnez-vous, ensuite, d’un désastre comme La Cité de l’océan! Didier Borotra était quasiment le seul à croire en ce projet. Témoin direct des débats qui ont précédé sa naissance, je peux certifier que la plus grande part de la majorité était défavorable, ou au minimum très sceptique. MAIS ILS ONT LAISSÉ FAIRE et, cela, les Biarrots ont du mal à leur pardonner.

L’affaire des procès-verbaux, qui fait tant causer dans les chaumières n’est pas aussi anodine qu’elle n’y paraît. Bien sûr, c’est sympathique, un maire qui, plus vite que le magicien Majax, fait disparaître les prunes! Selon Anne Kayanakis, procureur de la République, 5512 timbres amendes ont été irrégulièrement annulés pour un montant de 120 542 euros, entre le 1er janvier 2009 et le 1er juin 2013. Vous imaginez ce que cela représente sur vingt-deux ans de règne. Et pendant ce temps-là on rabotait consciencieusement les subventions des associations de la ville!

Tous les candidats en lice actuellement, très préoccupés par leurs petits jeux politiques –  » je t’aime, moi non plus, mais je vais te trouver très désirable au deuxième tour  » – seraient plutôt avisés de prendre en compte le ras le bol des électeurs Biarrots. Une rupture, une véritable rupture avec le système mis en place par Didier Borotra s’impose. Un conseil municipal, ce n’est pas une équipe qui marche au pas derrière son leader, par crainte de perdre sa gamelle. Ce sont des hommes et des femmes responsables et citoyens qui, même s’ils appartiennent  à la majorité, doivent pouvoir sans crainte s’opposer à tel ou tel projet. Sans qu’on leur refuse la parole, voire qu’on leur coupe le micro en pleine intervention, tandis que les rares citoyens présents aux séances du conseil municipal n’arrivent pas à capter quoique ce soit des échanges entre élus. La démocratie, alors qu’Internet est devenu un jeu d’enfants, serait au minimum de filmer les débats et de les mettre en ligne dans les jours qui suivent pour que chacun puisse en conscience juger du travail des élus.

Alors que l’on espère, chaque jour, que les candidats à la mairie vont affirmer haut et fort leur volonté de rompre avec les pratiques de l’époque Borotra et ne pas chausser les pantoufles de leur prédécesseur, plus que jamais, la célèbre citation de Lord Acton semble d’actualité à Biarritz :  » Le pouvoir tend à corrompre, le pouvoir absolu corrompt absolument. « 

And the boss is Tarditsse of Biarritsse…

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Réunion publique au Maitena café. Mes voisines sont en pâmoison :  » Quel beau mec ! « 

Richard Tardits fait partie de ces lions sur le terrain qui deviennent des agneaux à la maison. Voix douce et posée, le candidat inattendu à la mairie de Biarritz, parle au Maitena café, devant une quarantaine de Biarrots, de « Monsieur Borotra« , quand ses rivaux se contentent d’un laconique « Borotra » ou d’un rapide « Didier Borotra« .  Et il est clair que l’ancienne terreur des quaterback adverses, lorsqu’il était joueur professionnel de football américain, ne se permettra pas le moindre sack sur ses adversaires politiques. Il est là pour parler de sa vision de Biarritz et ne veut pas se soucier des projets adverses.

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Ma binette est photogénique, alors je ne recule devant aucun sacrifice…

Une tactique payante, puisqu’il n’y a pas dix minutes qu’il a commencé son exposé, lorsqu’il faut aller chercher les sels pour mes voisines « Quel bel homme! »  » Qu’est-ce qu’il est sympa »… Max, Michel, Guy et Jean-Benoît, ne vous mettez pas de toute urgence à la gymnastique et ne cherchez pas à rentrer le ventre, sur ce terrain, visiblement, vous ne pourrez pas lutter.

Alors que le premier adjoint est en lice pour les prochaines municipales, de même que le deuxième, le troisième et le quatrième, on ne reprochera surtout pas à Richard Tardits de vouloir renouveler le paysage politique local, même si quelques affirmations de débutant font sursauter la salle. Pour le patron du golf de Bagnères, qui met systématiquement en avant son expérience de chef d’entreprise, la situation financière de la ville est « plutôt saine« . Une remarque qui fait réagir nombre de Biarrots. Un  ange, avec les ailes siglées « Vinci » passe…

Richard Tardits explique ensuite comment il imagine son mandat. Il veut « densifier ce qui est densifiable » et « sauvegarder ce qui est vert »  en modifiant le PLU (Plan local d’urbanisme). Une solution qui permettrait à nombre de Biarrots âgés, dotés d’un grand terrain, de pouvoir revendre ou donner à leurs enfants une parcelle pour faire construire. Avec une formule que n’aurait pas désavouée Jean-Pierre Raffarin, il affirme vouloir apporter aux Biarrots « une dynamique de satisfaisance plus que de croissance » : redynamisation du port des pêcheurs avec des activités liées à la voile ou à la pirogue, création d’un véritable parc des Sports à Aguilera, prolongation d’une promenade le long de la Côte des Basques jusqu’à la Milady, et multiplication de petites navettes électriques pour désengorger la ville.

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(Capture d’écran, le 8/12)

Quand on regarde d’un peu près la présence de Richard Tardits sur les réseaux sociaux, l’impression d’avoir affaire à un homme qui a été très marqué par son séjour aux States se confirme. Ainsi Antoine Doury, sur Twitter, n’est pas son directeur de campagne mais son « Campaign director« , tandis que le candidat s’annonce comme « Former football player, in the contest for mayor ».  Et quand il évoque dans un tweet, Microsoft, machinalement, il écrit « companie », à l’américaine, et non compagnie.

Aussi quelques sourires se dessinent, lorsqu’il affirme sa détermination à consacrer deux matinées chaque semaine, s’il est élu maire, à recevoir tous ceux qui se manifesteront. Les visiteurs devront-ils parler en américain ou un interprète a-t-il d’ores et déjà été retenu?

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(Capture d’écran, le 8/12)

Même petits sourires, lorsque l’entre deux tours est évoqué.  Très franc et très carré, Richard Tardits ne cache pas, s’il n’est pas en position d’être élu, qu’il se tiendra prêt à rejoindre un candidat qui serait « en accord avec ses idées« . Comme si quelqu’un susceptible de devenir maire, n’allait pas trouver  magnifiques et formidables toutes les idées du candidat Tardits… au moins jusqu’au deuxième tour! Pour la première fois de la soirée, la voix se fait ferme : « Je suis chef d’entreprise et je sais prendre mes responsabilités. Si je vois que je me fais promener par la majorité, je partirai immédiatement ».

 L’impression se confirme le lendemain, lors d’une rencontre informelle au Newquai. L’homme est franc, direct et chaleureux. Il ne fait pas mystère de ses convictions libérales, ne cache pas qu’il connaît quelques soucis avec les maisons qu’il a fait construire autour du golf de Bagnères, maisons qui se vendent mal avec la crise. Et il n’y a pas besoin de plus de cinq minutes d’échange pour être certain de sa véritable passion pour Biarritz.

Difficile d’imaginer pour l’instant jusqu’où peut aller Richard Tardits. Le dernier mandat de Didier Borotra a tellement soulevé la grogne des habitants, qu’un candidat qui amène un regard neuf peut réussir un score intéressant, s’il accepte de se montrer un peu plus mordant et s’engage à mettre fin aux pratiques qui ont eu cours à la mairie. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si c’est l’équipe de Jean-Benoît Saint-Cricq qui se montre la plus caustique avec le nouveau-venu. Alors que jusqu’à maintenant le fougueux avocat de l’opposition incarnait à lui seul le refus des méthodes Borotra, l’entrée en lice de Richard Tardits constitue une autre alternative pour les Biarrots, désireux d’exprimer par un vote leur lassitude des pratiques des dernières années. Et qu’incarnent, qu’ils le veuillent ou non, les trois principaux challengers, qui ont jusqu’à maintenant pratiquement toujours courbé l’échine et accepté les diktats du maire pour qui ils travaillaient. En s’efforçant désormais de faire oublier leur passivité et les erreurs commises.

N’ayant pas de boule de cristal sur mon bureau, je n’ai aucune idée du score final que réalisera Richard Tardits. Mais une chose est sûre : par son parcours atypique, par ses idées et sa personnalité, l’homme mérite d’être écouté et de rejoindre une majorité municipale à qui il apportera sans doute pas mal d’idées.

Et en plus, un peu de caractère n’ayant jamais nui en politique, mon petit doigt me dit qu’il ne doit pas falloir marcher trop longtemps sur les sabots de l’agneau avant qu’il ne redevienne un lion!