Manzana et Patxaran toujours aussi courtisés !

???????????????????????????????Tout le monde les veut, tout le monde les demande et nos deux policiers sont obligés d’aller discrètement boire des verres ensemble du côté de Saint-Palais pour avoir un peu de tranquillité, avant que le méchant Gaiztoa ne vienne les narguer à nouveau. Évidemment, cette semaine, Patxaran, le policier bayonnais, n’a pas raté son copain biarrot Manzana. Auparavant les Bayonnais se battaient contre les Biarrots sur les terrains de rugby. Maintenant, les Biarrots n’ont même plus besoin des Bayonnais pour échanger des marrons, comme nous l’apprend Sud Ouest : Lakafia et Harinordoquy, qui portent le même maillot rouge et blanc, en sont venus aux mains, lors d’un entraînement à Aguilera.

Le reportage que TVPI a consacré, début janvier, à Manzana et Patxaran a encore accru la notoriété des deux policiers. Pour ceux qui auraient loupé cette vidéo de six minutes, vous pouvez toujours la retrouver en suivant ce lien.

http://www.youtube.com/watch?v=fW4jcDX3fao

Les librairies sont désormais correctement achalandées et vous devriez pouvoir trouver sans difficultés l’album de leurs aventures.

Si vous souhaitez vous faire dédicacer ce livre, rappelons que Pierre George et Jean-Yves Viollier seront disponibles :

Le samedi 25 janvier, à la FNAC de Bayonne de 15h à 17h, avant de filer voir la rencontre de Top 14 Aviron-Clermont.

Le mercredi 12 février à partir de 16h, à la grande poste de Biarritz.

La vertu à géométrie variable de Midi Olympique

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À juste titre, Midi Olympique évoque « Les billets de la honte ». Mais la bible des fervents de l’ovale pourrait aussi parler des publicités plus que discutables émises par les clubs les jours de doublons.

Midi Olympique reprend dans son édition datée du 20 janvier, l’information révélée par Le Canard enchaîné sur un trafic de billets à la Fédération Française de Rugby, une information qui n’a guère étonné tous ceux qui ont essayé de se procurer quelques sésames, lors des matches du Tournoi : éditorial de Jacques Verdier sur  » Les valeurs du rugby « , papier de commentaire sur  » La boîte de Pandore est ouverte « , interview de René Hourquet, l’ancien trésorier. Comme d’habitude rien ne manque et la bible des amoureux de l’ovale a journalistiquement très bien traité ce sujet sur l’argent de la Fédération.

Pour être totalement crédible, on aimerait simplement que le journal soit aussi rigoureux en ce qui concerne ses propres rentrées d’argent et n’accepte pas des publicités, où des présidents peu scrupuleux cherchent à nous faire prendre des doublures pour des internationaux.

Quand Jacky Lorenzetti, en Une de notre hebdomadaire favori, annonce un Racing Métro-Toulouse avec Swarzewski, Machenaud, Médard, Dusautoir ou Huget à l’affiche, il prend visiblement les spectateurs pour des imbéciles. Et qu’on ne vienne pas invoquer des sélections surprise pour le Tournoi ou des délais de fabrication des affiches!

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Si ce n’est pas de la publicité mensongère, ça y ressemble fortement!

Même volonté de tromperie sur la marchandise de la part de Thomas Savare, en page 33 du Midol, à l’occasion du match Stade Français-Castres, avec une photo de Pascal Papé, qui n’est pas à proprement parler un perdreau de l’année ou un sélectionné inattendu de Philippe Saint-André.

Le rugby est un sport où il est vivement recommandé d’être coquin sur le terrain. En revanche, les petites tricheries de « gros pardessus » sur la billetterie, les mensonges délibérés sur la participation des joueurs les jours de doublons et toutes les petites arnaques qui entourent ce sport deviennent insupportables.

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Et, allez, pourquoi se gêner? Pascal Papé contre Castres, c’est à peu près aussi crédible que Thomas Savare au CAC 40…

Face à tant de désinvolture, Midi Olympique  s’honorerait d’adresser un  carton jaune à ses annonceurs en leur demandant un peu plus de fair-play. Car même s’il est particulièrement délectable, et de Bayonne évidemment !, les amoureux de l’ovale ont horreur d’être pris pour des jambons…

Un jour, peut-être, petit Lafite deviendra grand…

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Guy Lafite est trop débordé pour gérer son blog, mais il ne perd pas le sens des réalités. Si vous loupez la mention  » Je fais un don « , courez vite chez l’opticien…

À quelques semaines des municipales, la lecture de Sud Ouest s’avère décidément presque aussi délicieuse qu’une escapade nocturne en scooter dans la bien-nommée rue du Cirque…  présidentiel.

De tout temps, les enfants se sont efforcés de singer les grands pour se convaincre que le poil allait leur pousser aux pattes beaucoup plus vite. Dans ma génération, on ne révérait  que les frères Boniface, leurs feintes, leurs esquives, leurs passes croisées. Une autre génération n’a juré que par Chabal, s’efforçant de foncer droit et de tout fracasser sur son passage. En politique aussi, les petits candidats s’efforcent de singer les grands… même si, pour l’instant à Biarritz, on ne leur connait pas quelque enlèvement en motocyclette d’une des danseuses du ballet Malandain, à la sortie du théâtre de la gare du Midi.

Ainsi qu’apprend-on dans le Sud Ouest daté du 17 janvier, intitulé  » Ils surfent pour leur champion  » ? Que le candidat Guy Lafite est absolument DÉ-BOR-DÉ et qu’il est obligé de confier sa communication sur les réseaux sociaux à deux personnes, François Amigorena, le patron de l’agence IS décision, et Laurent Riberolles, qui avait fait campagne à ses côtés quand notre surfeur militait dans le sillage de Bertrand Delanoë.

Et si on en croit l’équipe communicante, c’est un plein temps que vivent ces deux esclaves du clavier d’ordinateur dans le sillage du sémillant homme de gauche : « Les bonnes pratiques nous conduisent à ne pas poster plus de deux messages par jour sur Facebook et pas plus de cinq ou six tweets »

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Capture d’écran effectuée le samedi 18 janvier à 15 heures : 420 signes, rédigés à deux en quatre jours, c’est effectivement insurmontable

Rappelons tout de même aux profanes qu’un tweet n’excède jamais 140 signes et que les messages sur Facebook ne sont guère plus longs et l’on mesurera mieux les cadences infernales. vécues par l’équipe communicante.

Les électeurs qui réfléchissent un peu avant de se décider pour qui voter, tomberont sans doute des nues après cet aveu, mais ils devront s’y faire : les tweets signés Guy Lafite sont à peu près aussi authentiques que la couleur noir corbeau des cheveux de François Hollande.

Heureusement le contenu sauve tout, avec des pensées lafitiennes de haute volée comme :  » Notre local est modeste. Et c’est un choix délibéré : décence et gestion rigoureuse...  » ou  » Ma carte de voeux pour 2014. Excellente année à toutes et à tous « . Mais où vont-ils chercher tout ça? On comprend désormais pourquoi l’homme qui a quitté précipitamment la mairie de Paris en 2004, a besoin de deux communicants pour l’aider à diffuser un programme aussi révolutionnaire!

Tout cela n’est tout de même pas très rassurant sur la résistance physique et morale du candidat. Si Guy Lafite est déjà « au taquet« , alors que la campagne vient à peine de commencer, qu’en sera-t-il si, par un hasard extraordinaire, il se retrouve maire de la ville avec trois dossiers à gérer dans la même journée? Il va prendre sa planche de surf et ramer, ramer jusqu’en Amérique pour ne pas avoir à affronter la réalité?

C’est idiot, mais 140 signes de temps en temps écrits par Guy Lafite en personne, rassureraient tout le monde. Car rien n’empêche le candidat, à l’image de certains de ses rivaux, d’ignorer les réseaux sociaux au profit du terrain. Là au moins il n’y a pas tromperie sur la marchandise et, en politique plus encore qu’ailleurs, on ne se méfie jamais assez des contrefaçons…

Vie privée, deniers publics, presse hypocrite

Pieds lit

François Hollande est catégorique : Être président de la République, c’est le pied !

Même si la blague qui galope actuellement dans tout Paris, affirmant que Ségolène, ravie de l’affront infligé à son ex-rivale Valérie Trierweiler, distribue par brassées Closer à son entourage, peut prêter à sourire, le principe du respect de la vie privée de chacun, y compris pour le premier personnage de l’État, doit rester évidemment intangible. En définitive, peu nous importe que François Hollande passe ses nuits avec une actrice célèbre, avec Dominique Strauss-Kahn ou avec toute la troupe des Bluebell girls du Lido, du moment qu’il fait correctement son travail, qu’il n’entame pas la crédibilité de sa fonction et n’utilise pas à son profit les moyens de l’État.

Cette nouvelle incartade du président « normal« , qui nous avait promis en 2012 que, contrairement à son prédécesseur, il ne ferait pas les gros titres de la presse people, nous a valu en tout cas un bien beau numéro d’hypocrisie de la presse nationale. Ainsi donc, il y aurait d’un côté une presse voyeuriste aux mains des paparazzis et de l’autre une presse, dite sérieuse, qui ne consent à écrire sur le sujet qu’avec une pince à linge sur le nez ?  » François Hollande demande le respect de sa vie privée « , titre Le Figaro que l’on a connu plus mordant. Il est vrai que son propriétaire, Serge Dassault, suspecté de corruption à de nombreuses reprises, vient miraculeusement cette semaine d’échapper à la levée de l’immunité parlementaire. Tous les sénateurs de gauche jurent, le cœur sur la main avoir voté pour cette mesure, mais le compte n ‘y est pas et il est clair qu’il y a deux menteurs dans la bande. Même modération du côté de Libération, où Fabrice Rousselot déplore que la parution du magazine people Closer « efface un peu plus une frontière public-privé qui devrait rester étanche ». Si le directeur de Libération rendait public ses liens particulièrement privilégiés avec une des ministres du gouvernement, le lecteur lirait autrement certains articles, particulièrement déroutants pour les vieux habitués de Libé. Et défense de rire quand plusieurs hebdomadaires nationaux viennent nous expliquer que cet épisode « gaulois » va probablement faire remonter François Hollande de plusieurs points dans les sondages… Comme si le fait que « Pépère » soit encore capable d’être raide, derrière l’enveloppe mollassonne (  quinze kilos repris depuis son avènement!) allait changer quoi que ce soit au destin des licenciés de GoodYear !

La presse régionale beaucoup plus incisive

En fait, depuis quarante  ans, la presse nationale joue de la notion de respect de la vie privée en fonction de ses besoins. Prenez ce vénérable Canard enchaîné : il n’a eu aucun état d’âme à raconter comment Giscard, après avoir batifolé avec une actrice (lui aussi!) avait percuté un camion de laitier au petit matin. Il ne s’est pas gêné pour rappeler le surnom de Jacques Chirac  » Monsieur quinze minutes, douche comprise « , ou pour le montrer en photo avec quelqu’un d’autre que sa douairière, lors d’un séjour à l’île Maurice. Il n’a pas eu d’hésitation pour raconter comment Marie-Laure de Villepin, peu avant de divorcer, a giflé devant son mari une rivale lors d’une rencontre au très sélect Racing Club de France.

En revanche, de 1981 à 1995, il a strictement respecté la vie privée du président et s’est bien gardé de parler de Mazarine, la fille cachée de Mitterrand, alors qu’un château et des moyens considérables étaient mis à sa disposition… Et il n’y a que des mauvais esprits comme Karl Laske et Laurent Valdiguié pour rappeler dans Le vrai Canard, publié en 2008, que le père de l’actuel directeur de l’hebdomadaire satirique, Robert Gaillard s’est retrouvé à partager le stalag IX A avec un certain… François Mitterrand, très épargné par le volatile pendant quatorze ans !

Cette semaine, le décalage entre la presse nationale très proche du pouvoir et indulgente pour Hollande et la presse régionale, beaucoup plus sévère, a été frappant. Seule cette dernière a posé les véritables questions.

Encore une fois, Hollande peut bien papillonner avec qui il veut, c’est son problème, du moment qu’il ne fait pas Bunga bunga aux frais de l’État et ne nomme pas ses maîtresses au gouvernement, comme Silvio Berlusconi en son temps. Mais sa dernière frasque amoureuse pose la question du statut de Valérie Trierweiler. Si elle est une maîtresse parmi d’autres pourquoi des moyens considérables et du personnel sont-il mis à sa disposition à l’Élysée? François Hollande, lors des voyages officiels, ne devrait-il pas apparaître comme un homme célibataire au lieu de cautionner une mascarade ? Quel est le coût pour le contribuable de cette nouvelle liaison amoureuse avec l’actrice française, maman de deux adolescents qu’il faut sans doute désormais protéger?

François Hollande fait savoir qu’il n’évoquera pas, lors de sa conférence de presse de mardi, cette question qui, selon lui, relève de la vie privée. Il a tort et dévoie sa fonction.

Si la presse nationale, au lieu d’espérer quelques douceurs gouvernementales pour prix de sa docilité, avait un peu de cran, elle poserait ces questions qui intéressent tous les Français, ne faisant pas comme Le Journal du Dimanche, qui affirme en Une que « 77% des Français sont favorables au respect de la vie privée« … Le problème n’est pas là et, quand on pose les mauvaises questions, on on ne peut pas obtenir de bonnes réponses!

En 1997, Serge Halimi, à propos des médias trop complaisants avec le pouvoir, avait publié Les chiens de garde. Après cette semaine catastrophique pour l’image de marque des politiques, votant en douce au Sénat en faveur de Dassault, tout en se montrant incapables d’assumer leurs votes, ou prônant la rigueur pour la France sans se l’appliquer à eux-mêmes, le récent vaudeville hollandesque nous prouve que les chiens de garde de la presse parisienne sont toujours bien campés devant la niche élyséenne pour empêcher les citoyens de poser les bonnes questions. Pour combien de temps encore ?

Son Rachidada, c’est le toupet!

RachidadaC’est une amie parfaite, présente et attentionnée… du moins tant qu’elle a besoin de vous. Albin Chalandon, qui l’a aidée à faire ses premiers pas dans le grand monde, ou Simone Weil, qui lui a confiée sa robe d’avocate  le jour où elle a prêté serment, peuvent en témoigner. Si l’expression toupet d’airain ne vous est pas totalement familière, alors lisez Rachida ne meurt jamais d’Élisabeth Chavelet, rédactrice en chef de Paris Match et vous comprendrez.

Brice Hortefeux, qui ne l’aime guère et qui est un spécialiste des dérapages racistes, la résume ainsi : « Cette fille aurait dû voler des mobylettes dans la banlieue de Chalon. elle termine Garde des Sceaux de la cinquième puissance mondiale. Quand on voit le chemin qu’elle a fait, on est fasciné. Quand on voit comme elle l’a fait, on est atterré. » Il faut aussi préciser que l’ami Brice, dont le courage n’est pas la vertu première, s’est fait alpaguer à la sortie de l’Élysée par Rachida Dati qui lui a lancé, devant les photographes de presse médusés, « Tu veux que je te casse les tibias ? ».

Car cette crevette médiatique, qui pratique la boxe assidûment, n’a peur de rien, ce qui lui vaut autant d’inconditionnels que d’ennemis. Jean-Pierre Raffarin, Christian Jacob et Dominique Bussereau ne jurent que par elle, estimant que c’est la seule véritable star à l’UMP. François Fillon et une liste interminable d’UMP bon teint la détestent.

Fidèle à sa famille, sur laquelle elle veille farouchement pour qu’ils ne manquent de rien, Rachida sait jouer comme personne de ses origines populaires pour se gagner le cœur du petit personnel, indispensable à sa réussite. À partir de 2007, elle multiplie les petits cadeaux destinés à Nathalie, l’assistante dévouée de Claude Guéant et peut ainsi connaître tous les rendez-vous de … Nicolas Sarkozy. Quand le couple Cécilia-Nicolas tangue, elle comprend tout de suite qu’elle doit devenir l’alliée de Cécilia partie vivre ses amours à New-York, pour avoir un accès privilégié à Nicolas en devenant l’intermédiaire indispensable du couple en plein naufrage. Et quand Sarkozy tombe raide dingue de Carla, qui prend tout de suite la mesure de l’intrigante, elle joue les petits oiseaux apeurés en Conseil des ministres, tout en sortant l’artillerie lourde auprès de la presse, au moment où Pierre Charon l’accuse de colporter des rumeurs sur les infidélités réciproques du couple avec Benjamin Biolay et Chantal Jouanno.

Démonstration que l’artillerie lourde est efficace, c’est Carla qui devra s’y coller au micro d’Europe 1, en rappelant que la garde des Sceaux est une amie, avant que Rachida n’annule tous les rendez-vous prévus avec les journalistes.

Rachida est ainsi faite que tout ce qui brille l’attire : Jamel Debbouze, Patrick Bruel et Jean-Claude Darmon l’adorent. Dany Boon, Gad Elmaleh et Johnny Halliday sont ses potes… et même Alain Delon, au compliment rarissime : « C’est une femme extraordinaire, explosive. Elle a un tempérament de hyène. Elle se bat comme un fauve, toujours sur ses gardes. » Un compliment vraiment ?

Multipliant les aventures amoureuses avec le grand patronat (… l’argent, il n’y a que ça de vrai!), Rachida vit son élection européenne comme une punition absolue. jusqu’au jour où elle oublie de fermer son micro devant les caméras de M6 : « Je n’en peux plus! Je n’en peux plus! Je pense qu’il va y avoir un drame avant la fin de mon mandat! ». Classée pour la présence 73e sur les 74 députés français et  727 e sur 736 député européen, Dati n’apparait que lorsque les caméras sont présentes et fuit comme la peste tout travail de fond… Ce qui  ne l’empêche pas de gagner au Parlement européen 3209 euros par journée de travail, de cumuler son mandat avec une lucrative activité d’avocate d’affaires et de chercher à obtenir du père putatif de sa fille une plus que conséquente pension alimentaire.

Rachida sera toujours Rachida. Et si, par malheur, Nicolas Sarkozy devait revenir dans le jeu en 2017, la petite beurette revisitée par Dior sera sur le porte-bagages de la mobylette présidentielle. Car ces deux-là en savent visiblement beaucoup trop l’un sur l’autre pour pouvoir se lâcher.

 « Rachida ne meurt jamais », Élisabeth Chavelet, éditions du Moment, – 190 pages, 16,5 euros.

Le rugby, un sport de Chababalle ?

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Soulagement pour tous les passionnés.
On reverra Sébastien Chabal avec un maillot de rugby.

Le rugby est un sport gaulois où la tricherie est inhérente au jeu. Se positionner malencontreusement sur la trajectoire du relanceur adverse pour le ralentir ( Monsieur l’arbitre, je n’avais pas vu le passage clouté…), avoir son pied qui traîne négligemment sur la chaussure de son vis-à-vis (Je suis d’une étourderie terrible!) ou mettre un peu plus de temps que prévu pour se relever (… Le grand âge que voulez-vous!) font partie de ces petites entourloupes que tout joueur de rugby doit posséder dans sa panoplie. Ainsi, Richie McCaw, l’emblématique capitaine des All Blacks, défie toutes les lois sur les probabilités en tombant systématiquement dans le camp adverse sur les plaquages, ralentissant les libérations de balle. Les arbitres ne sont pas dupes, le sanctionnent quelquefois, mais se font la plupart du temps abuser par l’air angélique qu’il prend si bien.

Doté d’un physique inférieur à la moyenne, à une époque pourtant où le joueur dépassait rarement les cent kilos, et d’une agressivité… très supérieure à la moyenne, je dois avouer qu’en vingt-deux ans de carrière j’ai dû expérimenter en tant que talonneur à peu près tous les coups de vice que compte le rugby, du tirage de maillot au piétinage, involontaire bien sûr, d’un adversaire hors jeu, sans compter la torsion des attributs génitaux quand un adversaire refusait de me rendre ce ballon que je voyais si rarement. Mais il y avait deux fondamentaux qui faisaient l’unanimité quand on enfilait le maillot de notre club. L’arbitre est comme le vent et la pluie et ses décisions sont souveraines, s’il estime que l’on a bafoué l’esprit du jeu. Et puis, comme l’arbitre ne peut tout voir, c’est à chaque équipe de faire sa police. J’ai souvent été un joueur des mauvais coups, mais force est de reconnaître que j’ai pris plus que ma part de marrons sur le terrain, même s’ils étaient tous ô combien mérités. Je me souviens ainsi d’un match d’étudiants Limoges-Bordeaux (avec Lux et Dourthe en face tout de même!), arbitré par l’ancien pilier catalan Francis Palmade, l’un des premiers Français après Bernard Marie à avoir dirigé un match du Tournoi des V Nations. Le deuxième ligne adverse me balance en mêlée un coup de poing à tuer un bœuf. Et Francis Palmade, affable de m’aider à me relever en me glissant : « Depuis le temps que vous le cherchiez! je suis surpris que vos adversaires aient fait preuve d’une telle patience! » Allez réclamer une pénalité après cela !

Vendredi, ce raffut autour de Sébastien Chabal, convoqué à Paris devant la commission de discipline, m’a fait percevoir à quel point le rugby est en train de se dévoyer. Pour un marron totalement justifié, le grand Chabal risque de deux à cinquante-deux semaines de suspension et l’idée qu’il soit obligé de mettre fin à sa carrière me révolte.  Après une courte délibération,  Caveman, alias Sébastien Chabal, écope de trois matches de suspension. Le tarif minimum, en quelque sorte, plus un match pour la notoriété du client. Trois matches de trop à mon sens, le carton jaune récolté lors de ce Lou-Agen du 14 décembre suffisant largement. Ce jour-là, le troisième ligne agenais Marc Giraud tire le maillot du barbu fantastique au moment où il s’arrache d’un regroupement. Un magistral coup de poing plus tard, Giraud entame sa nuit prématurément, avant de retrouver ses esprits quelques minutes plus tard. Giraud saura désormais qu’il vaut mieux tirer le maillot de Parra que celui de Chabal ou Nallet. Et les tricheurs, fort de la mésaventure survenue à Chabal, qui a eu raison de se faire justice, auront retenu que dans le nouveau rugby, ils peuvent s’en donner à cœur joie.

Même spectacle pitoyable, le lendemain, lors de Toulon-Grenoble. A un quart d’heure de la fin, alors que le suspense est à son comble, l’arbitre Laurent Cardona fait appel à son assistant vidéo après une légère altercation  » pour voir s’il n’y a pas eu de coups de poing « . Et le public poireaute pendant trois minutes pour assister, filmé sous tous les angles, à un spectacle grotesque. Les joueurs se savent tellement espionnés à chaque seconde et sont tellement conscients de risquer gros si un coup de poing part, qu’ils MIMENT l’altercation! À l’image de ces collégiens qui veulent jouer aux hommes à la sortie des bals,  » Retenez-moi où je fais un malheur ! « , Toulonnais et Grenoblois se prennent par le col, se bousculent, s’invectivent, font des grimaces, roulent des yeux, sans jamais oser aller plus loin.  Il ne manque plus que les embrassades après les essais, patience, elles arrivent!, et notre beau sport, ravagé par l’argent et les caméras omnipotentes, ressemblera en tous points… au football!

C’est ce que vous souhaitez ?