Le rugby, un sport de Chababalle ?

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Soulagement pour tous les passionnés.
On reverra Sébastien Chabal avec un maillot de rugby.

Le rugby est un sport gaulois où la tricherie est inhérente au jeu. Se positionner malencontreusement sur la trajectoire du relanceur adverse pour le ralentir ( Monsieur l’arbitre, je n’avais pas vu le passage clouté…), avoir son pied qui traîne négligemment sur la chaussure de son vis-à-vis (Je suis d’une étourderie terrible!) ou mettre un peu plus de temps que prévu pour se relever (… Le grand âge que voulez-vous!) font partie de ces petites entourloupes que tout joueur de rugby doit posséder dans sa panoplie. Ainsi, Richie McCaw, l’emblématique capitaine des All Blacks, défie toutes les lois sur les probabilités en tombant systématiquement dans le camp adverse sur les plaquages, ralentissant les libérations de balle. Les arbitres ne sont pas dupes, le sanctionnent quelquefois, mais se font la plupart du temps abuser par l’air angélique qu’il prend si bien.

Doté d’un physique inférieur à la moyenne, à une époque pourtant où le joueur dépassait rarement les cent kilos, et d’une agressivité… très supérieure à la moyenne, je dois avouer qu’en vingt-deux ans de carrière j’ai dû expérimenter en tant que talonneur à peu près tous les coups de vice que compte le rugby, du tirage de maillot au piétinage, involontaire bien sûr, d’un adversaire hors jeu, sans compter la torsion des attributs génitaux quand un adversaire refusait de me rendre ce ballon que je voyais si rarement. Mais il y avait deux fondamentaux qui faisaient l’unanimité quand on enfilait le maillot de notre club. L’arbitre est comme le vent et la pluie et ses décisions sont souveraines, s’il estime que l’on a bafoué l’esprit du jeu. Et puis, comme l’arbitre ne peut tout voir, c’est à chaque équipe de faire sa police. J’ai souvent été un joueur des mauvais coups, mais force est de reconnaître que j’ai pris plus que ma part de marrons sur le terrain, même s’ils étaient tous ô combien mérités. Je me souviens ainsi d’un match d’étudiants Limoges-Bordeaux (avec Lux et Dourthe en face tout de même!), arbitré par l’ancien pilier catalan Francis Palmade, l’un des premiers Français après Bernard Marie à avoir dirigé un match du Tournoi des V Nations. Le deuxième ligne adverse me balance en mêlée un coup de poing à tuer un bœuf. Et Francis Palmade, affable de m’aider à me relever en me glissant : « Depuis le temps que vous le cherchiez! je suis surpris que vos adversaires aient fait preuve d’une telle patience! » Allez réclamer une pénalité après cela !

Vendredi, ce raffut autour de Sébastien Chabal, convoqué à Paris devant la commission de discipline, m’a fait percevoir à quel point le rugby est en train de se dévoyer. Pour un marron totalement justifié, le grand Chabal risque de deux à cinquante-deux semaines de suspension et l’idée qu’il soit obligé de mettre fin à sa carrière me révolte.  Après une courte délibération,  Caveman, alias Sébastien Chabal, écope de trois matches de suspension. Le tarif minimum, en quelque sorte, plus un match pour la notoriété du client. Trois matches de trop à mon sens, le carton jaune récolté lors de ce Lou-Agen du 14 décembre suffisant largement. Ce jour-là, le troisième ligne agenais Marc Giraud tire le maillot du barbu fantastique au moment où il s’arrache d’un regroupement. Un magistral coup de poing plus tard, Giraud entame sa nuit prématurément, avant de retrouver ses esprits quelques minutes plus tard. Giraud saura désormais qu’il vaut mieux tirer le maillot de Parra que celui de Chabal ou Nallet. Et les tricheurs, fort de la mésaventure survenue à Chabal, qui a eu raison de se faire justice, auront retenu que dans le nouveau rugby, ils peuvent s’en donner à cœur joie.

Même spectacle pitoyable, le lendemain, lors de Toulon-Grenoble. A un quart d’heure de la fin, alors que le suspense est à son comble, l’arbitre Laurent Cardona fait appel à son assistant vidéo après une légère altercation  » pour voir s’il n’y a pas eu de coups de poing « . Et le public poireaute pendant trois minutes pour assister, filmé sous tous les angles, à un spectacle grotesque. Les joueurs se savent tellement espionnés à chaque seconde et sont tellement conscients de risquer gros si un coup de poing part, qu’ils MIMENT l’altercation! À l’image de ces collégiens qui veulent jouer aux hommes à la sortie des bals,  » Retenez-moi où je fais un malheur ! « , Toulonnais et Grenoblois se prennent par le col, se bousculent, s’invectivent, font des grimaces, roulent des yeux, sans jamais oser aller plus loin.  Il ne manque plus que les embrassades après les essais, patience, elles arrivent!, et notre beau sport, ravagé par l’argent et les caméras omnipotentes, ressemblera en tous points… au football!

C’est ce que vous souhaitez ?

Une réflexion sur “Le rugby, un sport de Chababalle ?

  1. Il est loin le temps ou, junior scufiste, tu m’apprenais à toujours savoir avant un regroupement ou était l’arbitre (la couleur de ses chaussettes). Les « sanctions » d’alors aux actes d’anti jeux étaient bien plus dissuasives qu’une pénalité à plus de 50 mètres de tes poteaux.

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