III.-  » AU FAIT, VOUS ROULEZ POUR QUI ? « 

Photos Lucien Biarritz 2008 224

Bisque, bisque, basque est en mesure de vous le révéler : Viollier roule pour lui, comme le prouve cette photo…

Tout journaliste qui, à un moment de sa carrière, décide de sortir des sentiers battus et d’empêcher les notables de prospérer en rond, entend cette réflexion venant d’un élu malmené par quelques révélations : « Au fait, vous roulez pour qui? » Au Canard enchaîné, les mercredis matins étaient souvent des moments d’intense rigolade, car nous nous amusions à totaliser toutes les menaces de procès que l’on nous annonçait. Au final, après avoir montré leurs muscles, presque tous les mécontents baissaient pavillon. Merci donc à Michel Veunac. En m’interpelant publiquement sur sa page Facebook, il me permet d’expliquer à tous ma conception du journalisme et les raisons de l’existence du blog Bisque, bisque, basque!

 La transparence.- Désolé, Michel, je ne roule pour personne. Je mets au défi n’importe lequel des futurs candidats de cette prochaine élection municipale d’affirmer que j’ai formulé la moindre requête, demandé la moindre faveur. Je suis journaliste et non solliciteur! Plusieurs candidats m’ont proposé de faire partie de leur liste. Ce n’est pas ma place et je préfère mon rôle d’observateur de la vie publique. Tous les postulants savent d’ailleurs que si je me retrouve en possession d’un document qui  les met en cause, je le publierai, sans le moindre état d’âme après l’avoir vérifié… que le candidat soit de droite, du centre ou de gauche, parce que je suis journaliste et non supporter. Passionné de vie publique et curieux impénitent, il m’arrive de boire un verre ou déjeuner avec tel ou tel, en veillant scrupuleusement à payer les boissons ou les repas une fois sur deux. Ceux qui ont partagé ces moments avec moi savent que mes questions ne sont pas toujours tendres car l’on ne raconte pas de bonnes histoires en fermant les yeux ou en étant complaisant. Et je veille à ce que mes liens avec les candidats s’arrêtent là!

 La politique.- Quand on a été élevé par un grand-père paysan qui donnait la moitié de sa récolte à un châtelain ne bougeant pas ses fesses de son fauteuil, quand on a travaillé toutes ses études et vécu l’imagination sans limite des patrons pour vous exploiter, on a tendance à être de gauche. De 20 à 25 ans, de 1973 à 1978 pour être précis, j’ai été membre du parti communiste. Ce n’est pas paradoxal, mais j’en garde à la fois une horreur de l’embrigadement et… une belle tendresse pour les militants communistes, majoritairement sincères et soucieux des humains qui les entourent. Depuis cette date… « y’a qu’moi dans mon parti« , comme je l’écris sur mon blog. Un journaliste est un citoyen comme les autres, mais il ne peut être politiquement encarté, car il deviendrait un otage. Je me sens toujours viscéralement à gauche dans mes convictions, mais mes lectures m’ont amené à évoluer : tout bien réfléchi, il y a exactement la même proportion de cons à l’UMP et au PS. Et je ne vous parle pas du FN! De même, mon père était un antigaulliste viscéral ; les livres d’histoire me prouvent qu’il avait tort, même si mon père était totalement sincère.

 Biarritz.- J’habite cette ville depuis dix ans, après l’avoir fréquenté assidûment pendant trente-cinq ans. Au début, j’ai observé et je me suis tu. Surpris tout de même par le fonctionnement municipal, par les discutables habitudes prises au terme d’un long règne. En 2008, mon épouse s’est retrouvée élue d’opposition sous les couleurs du parti socialiste biarrot. Elle a dit ce qu’elle pensait et combattu avec d’autres opposants cette épine dans la palme que représente désormais la Cité de l’Océan, pendant que je me contentais de gribouiller dans mon hebdomadaire satirique favori. Scandalisée que Guy Lafite obtienne aux cantonales l’investiture du PS, mon épouse a décidé de démissionner. À partir de ce moment-là, je me suis senti très libre pour écrire sur la ville, dans La Semaine du Pays basque d’abord,  puis dans mon blog : Monsieur Didier Borotra est un homme charmant, mais j’estime qu’il a fait le mandat de trop et qu’il s’est totalement coupé de la population. Ce qui pose aussi le problème des actuels candidats issus de la majorité municipale et de leur action de 2008 à 2014. Est-ce par cécité, par incompétence  ou par lâcheté qu’ils ont laissé la Ville courir au désastre?

 L’inquisition.- J’ai beaucoup ri, cher Michel, en vous voyant parler d’inquisition. Je sais que votre ego n’est pas mince, mais vous n’êtes ni le premier… ni le dernier des candidats que j’interroge et vous n’êtes le bénéficiaire d’aucune attention particulière de ma part, ce qui serait vous faire beaucoup trop d’honneur. J’ai déjà posé des questions à Max Brisson sur le poste qu’il occupe au sein de l’Éducation nationale. Il m’a répondu de façon claire et précise. Le départ un peu précipité de Guy Lafite de son poste  de secrétaire général adjoint de la mairie de Pairs, en 2004, m’intriguait. Je l’ai aussi interrogé et j’ai pris en compte son récit. Il se trouve maintenant que je tombe sur des documents vous concernant qui me posent un vrai problème en tant que citoyen. Vos réponses publiques me laissant perplexes, je les mets donc en ligne pour que les Biarrots jugent par eux-mêmes. Doit-on parler d’inquisition ou d’exercice totalement naturel de la démocratie quand un contribuable interroge publiquement un élu? Mais il est vrai que vous pantouflez depuis si longtemps dans une mairie qui ne prend plus en compte les aspirations de ses citoyens que le sens du mot démocratie vous échappe peut-être un peu.

 Le journalisme.- Que l’immense directeur de publication du très percutant Biarritz Magazine mette sur sa page Facebook des guillemets à mon parcours de « journaliste professionnel »  ne me gêne nullement. Contrairement à vous, Michel Veunac, je n’ai travaillé que dans des petites publications confidentielles comme Ouest France, L’Équipe pendant vingt ans, où l’on m’a filé par inadvertance des galons de rédacteur en chef technique, ou Le Canard enchaîné, un journal où j’étais chargé de balayer la cour et accessoirement de faire un ou deux articles chaque semaine tout en ayant la responsabilité du bouclage de l’édition.

Vous affirmez ne pas avoir la même conception du journalisme que moi et j’en suis fort aise.

Car, après avoir longuement travaillé sur les documents que je publie, je n’ai pas, mais alors, absolument pas, la  même conception que vous de la vertu et de la morale en politique.

Ensuite, comme nous sommes en démocratie, les électeurs biarrots et eux seuls, décideront, en vous élisant ou en vous sanctionnant au suffrage universel, qui, de vous ou de moi, a raison.

Vivement le 23 mars! Vivement le 30 mars! Vivement une grande remise à l’heure des pendules municipales!

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