C’est en s’alliant à n’importe qui…

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La charte éthique de Guy Lafite, tout juste bonne à amuser la galerie au premier tour.

Le propos était somptueux et semblait gravé dans le marbre : « Je demanderai à chacun des élu(e)s de signer une charte d’éthique et de responsabilité l’engageant à :

– Respecter les valeurs qui fondent notre engagement,

– Traiter avec respect et équité les agents de la Ville comme les citoyens,

– S’interdire tout conflit d’intérêt avec l’action de la Ville et des organismes qui en dépendent. »

Guy Lafite est décidément un amuseur public qui a dû dans sa jeunesse un peu trop écouter le sketch de Coluche où un flic de base déplore les difficultés de son métier : dix avertissements, un blâme ; dix blâmes, une mise à pied.

La tête de file du parti socialiste a pu constater tout comme nous pendant la campagne que le deuxième adjoint à la mairie de Biarritz n’avait pas hésité à emprunter de l’argent à son principal fournisseur Jacques Darrigrand. Que, dans le cadre de l’Agglomération, il avait fragilisé les positions de la ville de Biarritz en devenant l’employé de Jean Grenet, et en bénéficiant d’une étude sociologique fort bien payée. Qu’il avait enfin encouragé ou au moins laissé faire un des ses lieutenants pour compléter la liste du Front national. Mais tout cela ne dérange visiblement pas le champion de l’éthique Guy Lafite, qui vient de décider de s’allier à Michel Veunac!

Même silence assourdissant du côté des socialistes : il est évident que le parti qui soutient François Hollande va prendre une rouste monumentale dimanche prochain et perdre plusieurs dizaines de villes, mais est-ce une raison pour fermer les yeux sur les alliances les plus improbables et les plus discutables? Pour ces raisons, le parti communiste, qui a annoncé qu’il refusait de voter pour une liste Lafite-Veunac mérite d’être salué pour son courage.

Une élection ne correspond jamais tout à fait à ses rêves. Au soir du premier tour, j’aurais adoré voir Mathieu Accoh, largement en tête, tendre la main aux communistes, offrir éventuellement un petit strapontin au représentant de la gauche cachemire Guy Lafite et intégrer les deux révélations de cette campagne, idées à foison et indiscutable amour de Biarritz, Richard Tardits et Guillaume Barucq. Mais entre le rêve et la réalité, le fossé peut-être immense. Force est de constater, comme le prouvent à chaque fois le résultat des élections présidentielles, que Biarritz est une ville qui vote majoritairement à droite.

Au premier tour, on se fait plaisir, au deuxième tour, on élimine, dit l’adage. Mardi, il était assez amusant de voir Max Brisson en compagnie d’une « pointure » comme Alain Juppé, pendant que le tandem Veunac-Lafite recevait le renfort d’un Didier Borotra, qui semble avoir peur que le trio Brisson-Saint-Cricq-Tardits ne s’intéresse de près à tout ce qui s’est passé à la mairie ces dernières années. Faute d’offre véritablement à gauche, entre une liste de droite qui a le mérite d’être cohérente et une alliance improbable, façon Borotra, qui va continuer à envoyer la Ville dans le mur comme par le passé, mon choix est vite fait. Lafite et Veunac main dans la main, Peio Claverie dans les bras de Destizon, Michel Poueyts en arbitre des élégances, c’est la reconduction assurée du système Borotra, les copinages et les coquinages garantis.

Tout plutôt que cela!

Biarritz : les faux nez de la liste FN

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Quatre grandes timides, au minimum, se cachent dans cette liste. Par peur d’être reconnues, elles ont repris leurs noms de jeunes filles, comme la loi les y autorise, et parfois leur deuxième prénom. Saurez-vous les retrouver?

«  Mon mari ? Le jour des élections, je l’enferme pour être sûre qu’il n’aille pas voter «  … Rama Yade, la brillante administratrice du Sénat devenue ministre de Sarkozy, avait mis les rieurs de son côté, avec cette boutade concernant son mari Joseph Zimet, militant du parti socialiste. On peut très bien en effet avoir des sentiments communs et faire bulletins séparés, le jour de l’élection.

Mais l’affaire devient autrement plus gênante quand l’épouse se souvient soudain qu’elle a été une jeune fille et exhume de la naphtaline son deuxième prénom et son patronyme originel pour avancer masquée.

Dernière à s’inscrire en préfecture, la liste du front national intrigue beaucoup les Biarrots. Il est étonnant que dans une si petite ville, beaucoup de candidates soient totalement inconnues de tous. Le soupçon se renforce lorsqu’on effectue quelques recherches sur Internet, surtout quand on ne retrouve les noms de la liste ni sur google ni sur les pages blanches. Par chance pour le journaliste et par malchance pour l’intéressée, une des candidates, Dominique Girardi, a gardé son nom de jeune fille accolé à son nom de femme mariée sur sa page facebook, et il est donc aisé de déduire que Chantal Piton, et Dominique Girardi ne sont qu’une seule et même personne. Coup de téléphone à Madame Piton. Alitée, ce que j’ignorais, elle reconnait sa présence sur la liste FN avant de se cabrer : « Qu’est-ce que c’est que cette histoire? Chacun fait ce qu’il veut. Je n’ai rien à vous dire. Je ne vous demande pas ce que vous pensez du Front national ».  La dame est tellement paniquée que je préfère raccrocher. En effet, son mari, sur sa propre page facebook, affiche un soutien inconditionnel pour … Michel Veunac. Mais après tout, peut-être que le couple évite de parler politique!

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On en dit toujours trop sur sa page facebook…

Outre son incontestable amour de Biarritz, Frank Perrin, la tête de liste du Front national a une autre qualité : il sait que nous ne partageons absolument pas les mêmes idées mais il répond avec franchise à toutes les questions et, fidèle à la tactique de Marine le Pen, se montre très courtois avec les journalistes. «  Comme il y a une diabolisation du Front national, ce sont des gens qui souhaitent nous aider, mais qui ne veulent pas être reconnus. » Sur ses multiples sites de campagne, le Front national, n’oublie pas  de rappeler que les femmes ont le droit de se présenter sous leur nom de jeune fille et sous leur deuxième prénom. « C’est la loi, sourit Frank Perrin,  les hommes, eux, ne peuvent pas se cacher ». Merci pour le terme, c’est exactement celui que j’aurais employé. Le candidat du Front national ne dissimule pas qu’il a eu beaucoup de mal à boucler sa liste. « « Nous avons deux ou trois hommes sans étiquette, car ils partagent nos idées mais ne sont pas membres du Front national et quatre femmes, pas plus, qui ont utilisé leur nom d’origine ».

La photo intime de Marie-Claude Albanesi

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Pour Gérard Piton, le choix est clair…

Mais le plus savoureux reste à venir. Frank Perrin est bien conscient que sa présence dans la joute électorale arrange bien des candidats et que quelque lieutenant, avec ou sans l’accord de son grand chef, lui a donné un bon coup de pouce pour dénicher ces fameuses femmes qui manquaient à sa liste et la boucler dans les délais. Le candidat FN n’a pas du tout apprécié les dénégations de Marie-Claude Albanesi, numéro 10 sur la liste Veunac, et il sort tranquillement ses pétards : « Ma téléphonie est à la disposition de la presse. Elle prouvera que c’est cette dame qui m’a contacté la première pour me proposer des noms de femmes prêtes à rallier ma liste. » Frank Perrin se montre même plus précis. « Lorsque nous nous sommes rencontrés, à 18h30 un soir à La Coupole, un de mes amis se trouvait par hasard juste à la table à côté et il l’a vu sortir son téléphone et me montrer une photo où elle se trouvait aux côtés de Marine Le Pen. Cette dame a cherché à me mettre en confiance avec cette photo mais il ne faut pas qu’elle me prenne pour un imbécile. »

Appel à la permanence de Michel Veunac pour joindre Marie-Claude Albanesi. Celle-ci, sans doute trop prise par ses obligations, est introuvable, mais se fera sans doute un plaisir de s’expliquer dès qu’elle le voudra sur ce blog. C’est Jean-Philippe Viaud qui décroche et qui ne peut s’empêcher de lâcher du venin : « Je déteste la façon dont vous pratiquez le journalisme ». ça tombe bien, je déteste pour ma part les journalistes de clique et de claque, dont le principal titre de gloire est de s’être fait souffleter par William Leymergie, et je déteste encore plus les politiques qui se livrent à des petits jeux complaisants avec le Front national pour tenter de distancer un rival.-JYV

« On va te foutre à l’eau! »

Être journaliste à « Bisque, bisque, basque! » est décidément beaucoup plus dangereux qu’au « Canard enchaîné ». Trente minutes après mon bref échange téléphonique avec Chantal Piton, je reçois sur mon portable un appel haineux : « Tu vas arrêter ton cirque et cesser d’embêter ma femme, parce que, avec mes copains, on va te choper, te conduire au phare et te jeter à l’eau! »… Si vous pouviez attendre le mois de juin, ce serait sympa, car je ne suis vraiment pas un inconditionnel de l’eau froide.

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Copie de la main-courante déposée au commissariat de Biarritz aujourd’hui.

TVPI : un débat instructif… et désespérant!

Débat TVPI

Dans ce débat, chacun a eu le temps de s’exprimer et d’écouter ses adversaires. Mais dans une terre de rugby comme le Pays basque, on aurait aimé que la fameuse courtoisie biarrote s’estompe un peu au profit de la combativité et des convictions. (Photo Antoine Doury)

Grosse surprise pour la poignée d’invités venus assister, lundi 17 mars, au débat organisé par TVPI, entre les huit prétendants au titre suprême de la ville de Biarritz : Mathieu Accoh, le candidat du Front de gauche, côtoie Frank Perrin du Front national. Jean-Benoît Saint-Cricq est exilé à l’extrême gauche et les deux animateurs du débat, Jean-Philippe Ségot et Pierre Lasterra, sont positionnés entre Michel Veunac et Max Brisson, comme s’il y avait le moindre risque qu’ils en viennent aux mains! Renseignements pris, les candidats ont simplement pris place dans le magnifique salon du château de Brindos en fonction du tirage au sort.

Malheureusement, au bout de cinq minutes, tous les spectateurs amateurs de rugby, qui espéraient quelques placages bien sentis entre adversaires politiques, ont compris qu’ils allaient assister à un match à toucher, où chaque participant, obsédé par la hantise de perdre des voix, se garde bien d’adresser le moindre ramponneau à ses rivaux et s’efforce de couvrir un maximum de terrain… électoral. La dette de Biarritz qui va terriblement limiter la marge de manœuvre du vainqueur? Il faut croire qu’elle s’est creusée toute seule sur ses petites jambes et que personne n’y est pour rien! La gestion calamiteuse de la Ville, lors du dernier mandat 2008-2014? Personne ne semble se souvenir que trois des concurrents ont été adjoints et ont une grosse part de responsabilité dans le désastre. Le nom de Didier Borotra? Une obscénité prononcée du bout des lèvres, comme un enfant qui profère une insanité à une table d’adultes.

Heureusement le pétillant Jean-Philippe Ségot réussit à animer le débat avec brio, tandis que le rédacteur en chef  de « La Semaine du pays basque », Pierre Lasterra distille des questions qui complètent bien le débat de « Sud-Ouest », mercredi dernier au casino Bellevue. La sécurité, l’animation des quartiers, le logement, l’aménagement de la Côte des Basques, les modèles en politique et les alliances inenvisageables au deuxième tour, rythmeront un débat où chacun s’exprime le pied sur le frein.

Seul l’avocat Jean-Benoît Saint-Cricq, sans doute plus rompu que les autres à la prise de parole en public, s’offrira quelques malices de prétoire pour se mettre les électeurs dans sa poche. Mais tout comme ses rivaux, à la question des alliances possibles et impossibles au second tour, il bottera en touche, estimant que tout dépendra des scores. L’auditeur espère, qu’à un moment ou l’autre les convictions vont l’emporter sur l’envie absolue de s’emparer du pouvoir, il tend l’oreille, il désespère, mais rien ne vient. Dans un pitoyable souci de ratisser large, les représentants de l’UMP, pas plus que celui du MoDem ou du Parti socialiste n’oseront dire haut et fort qu’ils excluent toute alliance avec le Front national au second tour. De la même façon, il n’y en aura pas un pour préférer ses convictions à un poste de maire et exclure de ses petits calculs électoraux Michel Veunac, compte tenu du manque de rigueur qu’il a manifesté lors de son dernier mandat.

Les électeurs biarrots n’en peuvent plus du système Borotra basé sur des alliances improbables, mais visiblement les huit candidats n’en ont cure. Pour prendre le pouvoir, ils sont prêts à tout. Ne ratez donc ce débat sous aucun prétexte. Vous allez beaucoup en apprendre sur les gens qui aspirent à vous diriger… Et sur leur navrante absence de convictions!

Le débat sera diffusé sur TVPI, jeudi 20 mars à 19 heures.

Camou, as-tu du cran?

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La France, une équipe que tout le monde chambre désormais.

Tandis que Fabien Galthié se garde au micro de tout commentaire incisif susceptible de le fâcher avec quelqu’un, le brave Mathieu Lartot, qui est au rugby ce que Nadine Morano est à la culture, s’efforce, Audimat oblige, de nous faire prendre des plats de lentilles pour du caviar et sort des énormités dont il n’a même pas conscience. Certes les anciens fantômes bleus de Murrayfield ont livré une partie honorable dans leur jardin du Stade de France face à des Irlandais madrés, mais il est des phrases dont Mathieu Lartot, dans sa belle inconscience, ne semble pas percevoir l’énormité : « On est généreux, mais ça ne suffit pas! »

Jouer au rugby, si on n’est pas généreux et si on n’est pas prêt à tout donner au collectif n’a aucun sens. La générosité, c’est le qualificatif poli que l’on réserve aux équipes qui n’ont pas beaucoup d’autres atouts à faire valoir, aux Roumains d’il y a trente ans, aux Argentins d’il y a vingt ans, aux actuels Italiens de Sergio Parisse. Et l’amoureux du XV de France se retrouve aussi ébaudi de voir son équipe favorite réduite à la générosité, que d’apprendre que les Chinois en goguette à Paris claquent en moyenne 3000 euros par jour dans les grands magasins.

Côté langue de bois, Fabien Galthié n’est pas mal non plus. Parlant du camionneur affublé du numéro 13, le subtil entraîneur montpelliérain n’hésite pas à jouer de la périphrase : « Bastareaud a fait LE match… dans son style » Que Mathieu Bastareaud ait brassé de la viande à plaisir et fait l’admiration des forts des halles de Rungis ne fait pas le moindre doute, mais rappelons qu’un deuxième centre est affublé de l’étiquette d’attaquant. Deux passes en dix-huit minutes, soit bien plus que lors de ses précédentes sorties, et deux en-avant, si c’est ça LE match de Bastareaud…

Même souffrance en  ce qui concerne le jeu d’avants. Qui aurait pu, un jour, imaginer la mêlée écossaise redemander une mêlée face à la France ? Cette année, nos premières lignes ont goûté à l’herbe de tous les stades, alors que les nouvelles règles devraient favoriser les petits piliers comme Domingo ou Slimani. Visiblement, le staff est défaillant car ces joueurs brillent en clubs et n’ont aucun problème de tenue de mêlée. Rendez-nous Didier Retière, son joug à vérins hydrauliques et sa science de la mêlée!

Un coaching désastreux

Mais plus que les phrases approximatives du duo Galthié-Lartod, ce sont leurs silences qui ont été assourdissants. Alors que Maxime Machenaud affichait des jambes de feu, une belle réussite dans les transformations et la volonté d’enfiler le costume de patron du jeu, Jean-Marc Doussain, suite à un nouveau coaching désastreux de Saint-André à la 67e minute, rentrait sur le terrain pour rater une pénalité facile avant, désastre suprême, de louper à deux minutes de la fin une pénaltouche qui aurait pu permettre aux Français de réussir le hold-up. Un téléspectateur a-t-il entendu le moindre propos désobligeant sur ce coaching peu inspiré? Bien sûr que non! Et si, Saint-André, pendant la conférence de presse a évoqué les crampes de Machenaud pour justifier ce changement malheureux, bien malin le téléspectateur qui a pu remarquer le moindre signe de fatigue chez notre numéro neuf, qui a semblé fort surpris de sortir.

Bernard Laporte, lui, n’y va pas par quatre chemins dans « Aujourd’hui » : « Tout le monde continue à se mentir ».  Et il souligne la dégringolade de la France : «  Entre 2003 et 2007, nous avions remporté dix-sept matches. L’équipe de France régnait sur l’Europe. mais ça, tout le monde l’a oublié. Aujourd’hui, on a failli battre l’Irlande, chez nous, à la 79e minute. Il y a un décalage ».

 Depuis deux ans, Philippe Saint-André nous bassine avec le professionnalisme que doivent démontrer les joueurs. Il est désormais plus que temps de s’intéresser au professionnalisme du coach. Une place de sixième et de quatrième du Tournoi ne sont pas dignes du standing de la France. Les talents existent, comme Dullin, Huget, Fofana, Picamoles ou Slimani mais le staff tricolore n’arrive visiblement pas à proposer un plan de jeu adopté par les joueurs. À dix-huit mois de la Coupe du monde, le trio dirigeant de l’équipe de France a démontré ses limites. Au lieu de se contenter de faire de la figuration en Angleterre, Pierre Camou devrait se souvenir que le rôle d’un président de fédération ne se limite pas à participer aux banquets et exiger la démission de Philippe Saint-André pour cause de résultats insuffisants.

Lors de la Coupe du Monde 1999, Fabien Galthié, même pas titulaire au départ, avait intégré les Bleus par raccroc avant de devenir le maître à jouer de l’équipe. Pourquoi, alors que tout parait perdu, ne pas tenter le coup et confier les clés du camion tricolore à ce brillant technicien? Par ricoché, nous pourrions ainsi avoir un vrai consultant à la télé qui s’exprimerait sans crainte et Saint-André et Bastareaud se partageant le même canapé et découvrant que le rugby est aussi un jeu de passes…

… De quoi nous réconcilier enfin avec le rugby!

Une mascarade qui s’éternise

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Philippe Saint-André et Rémi Gaillard partagent la même devise : « C’est en faisant n’importe quoi qu’on devient n’importe qui ».

Décidément Philippe Saint-André est au rugby, ce que Rémi Gaillard est au web, et le coach de l’équipe de France peut se vanter d’avoir en commun avec l’humoriste montpelliérain cette fière devise, « C’est en faisant n’importe quoi que l’on devient n’importe qui ». Revenu de Murrayfield, avec une victoire 19 à 17 absolument pas méritée dans la musette, Philippe Saint-André va encore nous enfumer toute la semaine, en espérant que ces diables d’Irlandais vont se montrer aussi complaisants que les Écossais, lors du rendez-vous décisif pour la victoire finale du Tournoi des VI nations, samedi prochain au Stade de France. Ce qui est loin d’être fait.

Deux essais construits pour l’Écosse contre un essai casquette pour la France, des joueurs déboussolés, une absence totale de plan de jeu, je n’ai pas le souvenir, dans toute ma carrière de téléspectateur, d’avoir souhaité à ce point-là la défaite de la France. Philippe Saint André a toujours été un opportuniste qui savait comme pas un exploiter le rebond capricieux d’un ballon. Homme de « coups », PSA se montre incapable de proposer sur le long terme un plan de jeu logique et multiplie inlassablement des expériences qui s’avèrent désastreuses et qui vont immanquablement finir par une sévère fessée en Coupe du monde.

Paumés, démobilisés et incapables de comprendre les messages que s’efforce de leur transmettre Philippe Sans Atout, les joueurs errent comme des âmes en peine sur le terrain et ont du mal à aligner deux passes. Damien Chouly, avec ses paupières tombantes  qui lui donnent toujours l’air d’être tombé du lit, ne parvient pas à faire oublier  Dévastator  Picamoles, et l’on ne serait pas surpris d’apprendre que le talonneur Mach, au vu de la hauteur à laquelle il lance ses ballons, soit le responsable de la catastrophe aérienne qui vient de se produire.

On se demande aussi dans quel état psychologique, l’entraîneur de l’USAP Marc Delpoux va récupérer son deuxième ligne Sébastien Vahaamahina, emprunté troisième ligne aile d’emprunt, évidemment totalement dépassé dans cette rencontre internationale, et s’il va devoir acheter un canapé grand modèle pour une revigorante séance de calinothérapie.  Car ce n’est pas le talent de ces joueurs qui est en cause, mais un système de jeu absurde, misérable et non-créatif, qui démolit complètement les plus prometteurs et met en furie les entraîneurs du top 14.

Scène incroyable à la 57e minute : le placide pilier droit Nicolas Mas, exaspéré par la position peu orthodoxe de son troisième ligne Vahaamahina, s’agace et lui intime l’ordre de lui lâcher la grappe. Bonjour l’amateurisme!

Et l’on passera sous silence cette pathétique mêlée de la 65e minute, où la France, menée 17-16 et campant sous les poteaux écossais, insiste et insiste pour convaincre l’arbitre de siffler une pénalité qui ne viendra jamais. Comme si les joueurs eux-mêmes se reconnaissaient incapables d’aller aplatir entre les poteaux! Et seule une confondante naïveté écossaise, à l’ultime minute de jeu,  permettra à Machenaud de réussir cette balle de match victorieuse qui sort quelque peu la tête de Saint-André de la cendre.

Au micro, Fabien Galthié, qui la joue désormais petit bras dans la critique tellement il a envie de devenir calife à la place du calife Saint-André, a évoqué la France comme une « nation majeure » du rugby. Ce n’est vraiment pas le premier qualificatif qui vient à l’esprit en parlant des Bleus. Passe encore que nous soyons, en tant que Français, la risée de toute l’Europe depuis que notre président fait son cirque en scooter à deux pas de l’Élysée, mais devenir en rugby, l’équipe que toute l’Europe souhaite désormais affronter, tellement elle est devenue friable avec son jeu sans passe, voilà qui est intolérable.

Pauvre Roger Couderc! France 2 avait eu la bonne idée de lui rendre hommage, à l’occasion du trentième anniversaire de sa mort. Le merveilleux commentateur partial et chauvin, qui adorait crier « Allez les petits! »  a dû se contenter cette fois, alors qu’il suivait le match passionnément du haut de son nuage blanc, d’un triste « Allez, les chétifs!« .

I.- SOCIOLOGUE VEUNAC, AU RAPPORT !

Enquête Veunac 001On ne se méfie jamais assez des curieux congénitaux! Le 10 février, une semaine après la publication de l’article « Les discutables acrobaties de l’élu Michel Veunac« , où sont dévoilées une reconnaissance de dette signée à un fournisseur et la réalisation d’une étude sociologique pour le compte de la ville de Bayonne, le candidat à la mairie de Biarritz me croise, non loin de sa permanence de la rue du Helder. Comme un joueur de poker, titulaire d’une paire de deux, qui sait qu’il n’a d’autre choix que de bluffer jusqu’au bout pour espérer gagner, il me met au défi : « Vous devriez lire cette enquête, tout le monde a salué mon travail ». Pari relevé, après de longues semaines de rencontres, de discussions et de traque, « Bisque, bisque, basque! » a enfin pu mettre la main sur la bête. Récit d’une enquête de plus d’un mois qui amusera sans doute beaucoup tous les passionnés de vie publique.

 10 février 2014, rue du Helder à Biarritz : Michel Veunac est blême et tient à la main un dossier contenant des articles de « Bisque, bisque, basque » lorsqu’il me rencontre : « Je sais que vous roulez pour Max Brisson. J’ai des dossiers sur lui. Je vais vous les passer… On verra si vous les publiez! » Je m’efforce de lui démontrer que j’ai toute ma vie voté à gauche et que je me vois mal commencer un flirt avec l’UMP à soixante ans passés. Je lui répète ce que je dis à tout le monde, à savoir que je publierai tout élément prouvant un non-respect de la vie publique, quel que soit le candidat concerné. En définitive, je ne recevrai jamais rien.

 12 février 2014, bureau de Jean Grenet, Bayonne : J’ai remarqué que Michel Veunac a perdu sa délégation aux transports au profit de Jean Grenet et je me demande si la fameuse enquête confiée au sociologue biarrot ne relève pas d’un phénomène de compensation. Je pose la question au service communication de la ville. Alors qu’un train pour Paris m’attend et qu’une réponse téléphonique me conviendrait parfaitement, Jean Grenet insiste pour me rencontrer. « Mais qu’est-ce qu’il vous a fait ce pauvre Veunac? J’ai beaucoup d’estime pour lui, ce n’est pas un figurant ». Jean Grenet évacue d’un revers de main l’hypothèse d’une compensation quelconque. En perdant sa délégation, Michel Veunac n’a pas perdu d’argent. Si Jean Grenet a repris en main les transports, c’est uniquement parce qu’en tant que député, il était plus à même d’obtenir des subventions. Jean Grenet se veut élogieux sur le travail de son vice-président d’agglomération : « Non, je n’ai pas suivi moi-même l’enquête, mais il est venu m’en parler deux heures dans mon bureau et je l’ai trouvé très intéressant », avant de balayer d’un revers de main tout favoritisme : « Quand on lui a confié l’enquête, ça ne nous a même pas effleuré l’esprit qu’il puisse y avoir un conflit d’intérêt ».  Mais oui, mais oui… Un ange, aux ailes d’un blanc immaculé, passe…

Jean Grenet tient enfin à ce qu’on ne fasse pas l’amalgame entre Biarritz et Bayonne. Il sort des timbres de son bureau et me les montre : « Vous voyez, quand j’ai du courrier personnel, je le poste à mes frais… Je ne sais pas ce qui se passe à Biarritz, mais pour ma part, je préfère être trop carré ».  Cette fois, c’est l’ange gardien de Didier Borotra qui s’étrangle…

Quand je lui demande à avoir accès à l’enquête, Jean Grenet exige un courrier officiel (qui part l’après-midi même) et me la promet sous peu. En fait, je ne serai recontacté que le 28 février par un salarié de la mairie qui s’enquiert de mon adresse, pourtant écrite noir sur blanc dans le mail envoyé! Heureusement entre temps, j’ai pu me procurer le chef d’œuvre.

 13 février 2014, entretien téléphonique avec Roxane Scavo, sociologue ayant participé à l’enquête.

Mes recherches et quelques confidences me montrent qu’un cabinet bordelais, Peris, chargé du terrain, s’est allié à Michel Veunac pour l’étude sur les rassemblements festifs à Bayonne. Pierre Coupiat, le patron du cabinet Peris, étant injoignable, j’appelle Roxane Scavo qui a participé à ce travail. Elle raconte : « Je venais de finir mon master à l’Université de Bordeaux en juin 2010, et j’étais donc sociologue au moment de l’enquête. Les deux cabinets Peris et Michel Veunac consultant ont répondu en commun à l’appel d’offres. Nous avons effectué une enquête de terrain de six mois » Roxane Scavo confirme que son cabinet s’occupait du terrain tandis que « Michel Veunac s’occupait de centraliser, des relations avec les élus et du rendu officiel » Reste la délicate question des émoluments : « Le cabinet Peris a touché 15 000 euros pour ce travail ».  Je lui détaille la rémunération de Michel Veunac consultant, 21 000€ pour l’enquête et 20 000€ pour la mise en place des mesures à prendre.  Énorme silence : « On a été payés pour notre travail »

 21 et 28 février 2014, entretiens téléphoniques avec Colette Capdevielle, députée socialiste et conseillère municipale à Bayonne

Colette Capdevielle n’y va pas par quatre chemins :  » Des études comme celles-là, les tiroirs en sont pleins et personne ne les lit ». La députée socialiste trouve tout à fait logique que j’enquête sur le sujet et se montre particulièrement sévère à l’égard de Michel Veunac (lire la partie III de cette enquête).

 21 février 2014, un bébé bien pâlichon

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Comme on dit au Petit-Bayonne, un bon coup de blanc, ça n’a jamais fait de mal à personne… Et puis ça fait toujours une page de plus au rapport.

La loi est claire :  un journaliste n’a pas à révéler ses sources. Disons qu’un commando de copains, membres du 1er RPIMA de Bayonne m’a filé un coup de main pour me procurer cette enquête, que l’on suppose en or massif, vu le prix qu’elle a coûtée à la collectivité bayonnaise.

Déception, le contenu est sans doute mirifique comme me l’affirmera Michel Veunac, mais l’habit n’est guère reluisant. L’ensemble fait 106 pages, dans un très gros caractère, sans doute parce que les élus sont vieux et ont du mal à lire, et la photo de couverture montre les quais de la Nive à Bayonne totalement déserts et en plein jour, ce qui est un choix surprenant quand on évoque les rassemblements festifs nocturnes.

Les 28 premières pages ne sont que des extraits de livres de sociologues ou de journalistes traitant de la question. Certes, il faut recopier sans se tromper, mais ça ne semble pas une tâche insurmontable. Chaque titre de chapitre, histoire de donner un peu d’épaisseur à l’enquête, est perdu dans une page de blanc et suivi d’une page intitulée « L’essentiel » où, pour les élus à qui la lecture donnerait mal de tête, on fait la crème de la crème des citations des pages suivantes. Les pages 26 à 48, intitulées « L’observation participante » sont visiblement le résultat du travail d’observation du cabinet Peris, ce que Michel Veunac confirmera.

Arrive alors le grand moment, les six propositions, d’une page chacune environ, qui vont changer le destin de Bayonne. Fédérer les cafetiers, multiplier la présence des policiers municipaux, parler aux parents ou créer un local de dégrisement. Et le lecteur, écartelé entre fou-rire et indignation, de se demander s’il faut vraiment être sociologue pour aller chercher tout cela et de s’interroger sur le quotient intellectuel des élus du conseil municipal de Bayonne qui ont dû faire appel à des spécialistes pour préconiser des mesures que n’importe quel assemblée d’hommes de bon sens aurait trouvé toute seule.

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Pour les élus qui n’ont pas le courage de tout lire, « L’Essentiel », c’est la crème de la crème des citations qui occupent les pages suivantes… Qu’est-ce qu’il ne faut pas faire pour gagner 36 000€ les 106 pages!

À partir de la page 59, ce rapport à 36 000€ TTC, ne contient plus que des annexes : la liste des personnes interrogées et le verbatim, et même pour les 25 dernières pages un discours prononcé par le patron de Peris, en 2009 à l’occasion du printemps de Bourges (Bourges et Bayonne commencent par la même lettre, est-ce suffisant?) et un autre, non daté, prononcé par Roxane Scavo sur « Les jeunes et l’expérience de l’alcoolisation« .

Détail qui tue, d’un chapitre à l’autre de cette « oeuvre », la typographie et l’interlignage des textes ne sont pas les mêmes, comme si l’assembleur s’était contenté de « coller » des morceaux de provenance diverses, sans même prendre la peine de les homogénéiser… mais, c’est bien connu, pour 36 000€ ( 56 000€ avec le « suivi ») de nos jours, tu n’as plus rien!

 7 mars 2014 : bureau de Michel Veunac à l’agglomération.

Le ton n’est plus à l’algarade. Michel Veunac me reçoit courtoisement, accompagné de Pierre Coupiat, le patron de Peris. il souhaite s’expliquer, ce qui est parfaitement légitime, et me convaincre de la qualité de son travail.  L’entretien dure une heure trente et va constituer la deuxième partie de cette enquête. Et il ne fait nul doute que le Biarrot comme  le Bayonnais moyen seront ravis de savoir comment leurs impôts sont utilisés. Les électeurs ont tellement mauvais esprit!

A suivre : II.- Michel Veunac : « Un souvenir formidable »

https://jeanyvesviollier.com/2014/03/08/ii-veunac-un-souvenir-formidable/

II.- VEUNAC :  » UN SOUVENIR FORMIDABLE ! « 

Permanences Brisson Veunac 003

Permanence politique ou future maison de retraite?

Surprise. Michel Veunac, qui m’a fixé rendez-vous à l’agglomération, arrive accompagné d’un inconnu. il s’agit de Pierre Coupiat, le patron de la Peris, ce qui est une excellente idée. L’heure est aux amabilités et au regret pour les excès verbaux. « Vous voulez un café? Il n’est pas empoisonné ».

Michel Veunac est visiblement touché que je mette en cause la qualité de son travail et veut me convaincre de la réalité de celui-ci. il va parler pendant quarante minutes d’affilée pour m’expliquer la difficulté du métier de sociologue, ce dont je ne doute nullement. « Les deux cabinets, Peris et Michel Veunac consultant, étaient en concurrence lors de l’appel d’offres et j’ai proposé que nous fassions équipe. Je fais des études depuis trente ans et c’est un des travails les plus intéressants que j’ai pu faire. Pierre Coupiat est l’un des hommes les plus qualifiés en France en ce qui concerne les rassemblement festifs »  Une vérification sommaire sur Internet le prouve effectivement.

Michel Veunac détaille ensuite sa méthode de travail : « Les quatre premières parties (page 1 à 28) représentent ce qu’on appelle dans notre jargon le cadrage documentaire. il faut lire tout ce qui concerne le sujet et bien choisir les citations ». L’élu perçoit mon léger sourire. «  C’est une affaire prenante… et passionnante évidemment »

Michel Veunac reconnait ensuite qu’il a abandonné le terrain au cabinet Peris, même s’il précise « j’ai un peu participé et fait trois ou quatre soirées, puisque je m’occupais surtout du comité de pilotage avec les élus ».  le candidat à la mairie de Biarritz revendique en revanche les entretiens non-directifs qui représentent « 70 heures d’entretiens analysés« .

Me voyant à nouveau sourire, lorsqu’il évoque les préconisations qui devraient constituer le morceau de bravoure de cette enquête sociologique, il devance par avance toute critique : « Parfois, elles peuvent paraître simplettes (on ne lui fait pas dire!), mais elles sont la substantifique moelle de notre travail. les pratiques festives, c’est quand même un sujet très sensible. Il y a tout un travail qui n’apparait pas. Les riverains ont, par exemple, très mal pris que les cafetiers se mettent en collectif. Nous avons discuté avec les parents, les grands absents, avec la police municipale qui nous a fait rire en disant « Faut mettre du bleu! », c’est à dire des uniformes. On a très bien partagé les rôles et, je pense, accompli un travail formidable ».

Arrive alors de la part de l’élu, au bout de presque une heure d’entretien, la question qui lui brûle les lèvres : « Êtes-vous, cette fois, convaincu ? «  Je lui livre mes réticences. Si le travail de terrain de Peris me semble incontestable, le travail « d’assemblage » du cabinet Michel Veunac consultant me semble léger… et fort bien payé.

Michel Veunac veut être transparent et ne refuse pas le débat.   » Peris a touché 41% du prix de l’étude, soit 12300€ hors taxes (15 000€ TTC)  et mon cabinet 17700€  pour 59% de l’étude (soit 21 000€ TTC) «  Reste le suivi de l’étude et la rédaction d’une charte pour la qualité de la vie nocturne, qui représente tout de même 20 000€. Michel Veunac concède à regret que c’est son cabinet qui a reçu cette somme. Le partage est donc très clair. Sur les 56 175 € versés par la ville de Bayonne pour ce dossier, 15 000 € reviennent à Peris et le reste, soit 41000€ au cabinet Veunac. « Le travail d’accompagnement de cette étude équivaut à trente-deux jours (sic!), soit 553€ par jour de travail. Une fois les frais retirés, il me reste 450€ par jour, ce qui est vraiment le bas du tarif pour un sociologue major comme moi »

Quand je lui raconte les réticences de Colette Capdevielle sur son travail, Michel Veunac bondit: « Comment peut-elle, en tant qu’avocate juger de la qualité de mon travail de sociologue? » Et quand je lui répète qu’à mes yeux un élu de Biarritz à l’agglomération ne doit pas accepter de travailler pour le patron de l’agglomération, Michel Veunac répète comme un mantra : «  Ce n’est pas illégal. Vous le dites vous-même » avant de rajouter : « Je ne vois pas où est le problème avec l’Agglomération. C’est la seule fois que j’ai travaillé sur le département ».

 Et souhaitons le, la dernière tellement ce mélange des genres est insupportable!

A suivre : Colette Capdevielle :  » Ce genre de travail n’est plus possible « 

https://jeanyvesviollier.com/2014/03/08/colette-capdevielle-ce-genre-de-travail-nest-plus-possible/