Le livre noir d’un monarque absolu

Au revoir Borotra

Les réfrigérateurs sont prêts pour fêter le 30 mars la fin d’un trop long règne.

Que vous soyez du genre à téléphoner à Poutine pour qu’il envoie un croiseur russe patrouiller, le 30 mars au soir, au large du port des pêcheurs, du genre à avoir déjà entreposé le champagne au frais dans le réfrigérateur pour fêter ça, ou du genre à préparer à l’avance les mouchoirs en papier, tellement l’idée du départ de la mairie de Biarritz de Didier Borotra vous est insupportable, ne ratez surtout pas le livre du candidat Jean-Benoît Saint-Cricq « Faire gagner Biarritz« . Gratuit et téléchargeable sur le site http://www.jbsaintcricq.fr, cet ouvrage de 114 pages est indispensable à tous ceux qui veulent comprendre pourquoi Biarritz, ville prospère il y a peu encore,  est tombée aussi bas. « Je voulais que les citoyens prennent conscience de la bande de bras cassés grandiose qui a présidé aux destinées de la ville »  affirme le candidat aux municipales. Pari gagné : précis, argumenté, sans fioritures inutiles, tant les faits racontés sont accablants, l’ouvrage de Jean-Benoît Saint-Cricq fait mouche et mérite d’être lu attentivement.

Et tout d’abord ce chiffre qui nous claque à la figure comme un direct à la pointe du menton : alors que l’endettement moyen des citoyens français est de 1000 €, chaque Biarrot, qu’il soit dans les langes, en pleine activité ou en maison de retraite, doit aux banques, grâce à la gestion erratique de sa municipalité, 2650 €.  Détail, qui va contribuer à mettre tout le monde de bonne humeur, la part de la Cité de l’Océan, à elle seule, représente 1075 €. Annoncée en 2004 pour 8,38 millions d’euros, ce stupide bâtiment qui n’intéresse personne aura au final coûté 90 millions d’euros. L’architecte catalane Benedetta Tagliabue avait eu les faveurs du jury, créé pour la circonstance, mais le maire a imposé le projet de Steven Holl, qui était … 17% plus cher que tous ses concurrents!

Et la longue liste des décisions du « monarque », mises bout à bout, d’impressionner le lecteur, que ce soit la vente à Érilia des logements sociaux, la pose de la première pierre à Kleber, l’affaire des parkings qui devaient se construire sur un terrain appartenant encore à l’évêché ou, plus récemment, cet ultime baroud d’honneur pour bétonner Aguilera avant de partir…

« Plus jamais ça! »

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Précis efficace et documenté, le livre de Jean-Benoît Saint-Cricq a le mérite de permettre à tous de mieux appréhender le désastreux système de gouvernance, mis en place par Didier Borotra.

Opposant depuis 2001, Jean-Benoît Saint-Cricq raconte comment ses vérifications ont permis de « gagner plus de 3 M € à sa Ville pendant que le maire en fait perdre 60 fois plus« . L’histoire du « café à 250 000 € » est particulièrement savoureuse. En ce qui concerne la ZAC Kléber, les services municipaux s’étaient trompés dans leurs additions et  avaient évalué cette zone d’aménagement concerté à 42 000 m2. En refaisant les additions, l’avocat biarrot a découvert qu’il manquait 1000 m2 et a donc fait gagner à la ville 250 000 €, tandis que Didier Borotra, royal, lui annonçait en pleine séance du conseil municipal que la Ville, pour le remercier, lui offrirait un café.

En refermant ce livre édifiant, le lecteur est habité par une certitude : « Plus jamais ça! ». Plus jamais, un monarque, qui décide seul de tout à la tête de Biarritz, plus jamais ce mépris affiché pour les différentes oppositions, plus jamais ces micros coupés alors qu’un conseiller municipal de bon sens, sous prétexte qu’il n’appartient pas à la majorité municipale, ne peut même pas terminer sa phrase. Le jour où il a fait voter la Cité de l’Océan, Didier Borotra n’a pas hésité à sortir des coupures de presse datant de la construction du Musée de la mer pour affirmer que les oppositions à Biarritz avait toujours été ringardes et passéistes. Le même, malgré quelques faillites personnelles retentissantes, s’est permis en plein conseil de dire à son principal opposant qu’il est « un avocat qui perd tous ses procès ».  Et trois des actuels prétendants au trône municipal, adjoints du monarque à l’époque, n’ont rien trouvé à redire à toutes ces dérives, à cette gabegie d’argent public.

Après une campagne électorale épuisante et difficile, le vainqueur des élections, le 30 mars prochain, aura sans doute le sentiment d’avoir atteint son but. Il devra pourtant s’atteler tout de suite à une tâche prioritaire : réconcilier la population avec son équipe dirigeante, estimer qu’au-delà des divergences politiques inévitables, un conseil municipal se compose avant tout de citoyens d’expérience, tous passionnés de leur ville. Éviter ces petites filouteries à deux balles qui consiste à faire parvenir aux oppositions des dossiers de 400 pages, avec des tours de passe-passe soigneusement planqués, seulement cinq jours ouvrables avant la date du conseil municipal (le minimum prévu par la loi), supprimer la possibilité de couper le micro à son interlocuteur et rendre accessible à tous le débat, actuellement inaudible, grâce à une mise en ligne sur Internet, afin que chacun connaisse clairement les positions prises par les élus, et, enfin et surtout, éviter ce vote bloqué de la majorité, qui, en dehors de l’approbation du Budget municipal, n’a aucun sens. Un conseil municipal, ce n’est pas une assemblée de petits soldats qui marchent au pas, mais des citoyens qui parlent en confiance de ce qui leur semble le mieux pour la Ville. Si les grands partis nationaux, dispensent, sur des sujets de société comme le mariage pour tous, les députés de toute consigne de vote, il doit être possible de faire de même à Biarritz.

En un mot, messieurs les futurs élus, contrairement aux années précédentes, soyez respectables et nous vous respecterons.

2 réflexions sur “Le livre noir d’un monarque absolu

  1. Pingback: LE BLOGUEUR JY VIOLLIER SALUE LE DÉPART DU MONARQUE DE BIARRITZ - LA PIBALE

  2. … Et pourtant, QUI se voulait plus respectable que le Roi DIDOU Ier … attirant à lui des foules jusque-là inexplorées, séduisant les Socialistes au point de se les agréger jusqu’au dernier (?!!!) puisqu’IL mit quasi fin à ce parti biarrot ? QUI mais qui put se faire autant applaudir malgré des finances obérées de partout ? Il a suffi qu’IL arrive en haut de l’affiche pour être salué comme le SAUVEUR des lieux, « celui qui a réveillé la Belle Endormie » comme le lui a envoyé en Conseil Municipal une (soi-disant!) opposante socialiste qu’il a récupérée par la suite … à sa demande !
    On n’en finirait pas de commenter la trouble-fiesta qu’IL nous concocte depuis plus de vingt ans : le Réveil va sonner dru et fort ;-(

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