IV.- DES ARGUMENTS PEU PROBANTS

mairie Biarritz

Même repeinte en grise, elle va en faire rêver des prétendants, cette mairie de Biarritz, jusqu’au 30 mars!

Plus de deux mois se sont écoulés depuis le jour où m’est parvenue dans ma boîte à lettres une reconnaissance de dette signée Michel Veunac. Ce jour-là, je n’imaginais pas que ce courrier allait me conduire à Bayonne, à la poursuite d’une improbable enquête « souciologique ». Grosse envie, au moment de mettre le point final à ce travail bénévole, mené par passion du journalisme, d’écrire à nouveau sur le rugby, la littérature ou le plaisir de vivre à Biarritz, plutôt que de continuer la chasse aux faisans.

Quelques remarques s’imposent cependant pour ceux qui ont eu la patience de me lire jusqu’au bout.

Un travail réel, mais un partage inéquitable

Si le rapport de Xavière Tiberi, qui avait tellement fait parler en son temps, relève du certificat d’études, nul doute que « Les rassemblements festifs du Petit-Bayonne » est du niveau baccalauréat. Michel Veunac a eu l’habileté de s’adjoindre les talents de sociologues réputés qui ont fait un vrai travail de terrain et il a lui-même mis un peu à la main à la pâte en conduisant des entretiens. Ce qui laisse perplexe, c’est le partage financier final. Comme le dit Roxane Scavo, « On a été payé pour ce qu’on a fait« . Est-ce à dire que ce n’est pas le cas pour tout le monde?

Une stratégie de communication discutable

Les temps changent. Des nouveaux médias comme les blogs, peu coûteux à faire, permettent à des journalistes de ne pas avoir le moindre lien économique avec les décideurs et d’examiner objectivement les faits. En insultant la profession, en refusant dans un premier temps de répondre aux questions de mes confrères, en multipliant les propos méprisants, l’élu Veunac s’est tiré une balle dans le pied. À un moment de l’entretien, j’ai évoqué avec lui ces journalistes qui étaient invités par la ville de Biarritz à séjourner gratuitement à l’Hôtel du Palais et Michel Veunac a eu cette réaction amusante : « Ce n’est pas moi, c’est Didier Borotra ». Il est clair qu’on mord rarement la main qui vous nourrit et que quelques grandes plumes de la presse ne se sont pas montrées très corrosives avec la gouvernance Borotra. Il est à l’honneur de la jeune génération de journalistes de terrain d’avoir repris les éléments d’enquête  de ce blog et d’avoir publié.

Le rôle véritable d’un élu

Comme Colette Capdevielle, Michel Veunac aurait pu dire que ce travail relevait de pratiques d’une autre époque, et qu’il s’engageait en tant que futur maire de Biarritz, à veiller à une gestion rigoureuse des deniers publics et, en tant qu’élu de l’Agglomération, à ne plus renouveler ce discutable mélange des genres. Michel Veunac peut répéter sur tous les tons que ce qu’il a fait n’est «  pas illégal », un élu, jusqu’à preuve du contraire reste chargé de défendre les intérêts de sa ville et n’a pas à accepter de devenir l’employé d’un élu concurrent. Un élu est aussi choisi parmi ses pairs pour ses compétences et ne devrait pas toucher une rémunération supplémentaire pour quelque chose qui relève de son domaine. Si l’agglomération a un problème d’ordre public avec sa jeunesse, on voit mal pourquoi les lumières du sociologue Michel Veunac, même si ses attributions sont autres, ne seraient pas partagées avec ses collègues et pourquoi il devrait toucher quelque chose en plus de son indemnité d’élu. J’imagine mal un médecin addictologue, refuser de donner à ses pairs son point de vue sur l’alcoolisme des jeunes, sous prétexte qu’il est chargé de l’environnement au sein de l’Agglomération.

Refuser qu’on juge son travail, c’est nier la démocratie

L’argument le plus surprenant de Michel Veunac consiste à nier à Colette Capdevielle le droit de juger de la qualité de son travail de sociologue. L’élue du conseil municipal de Bayonne était destinataire de ce travail et a donc tout à fait le droit d’estimer cette enquête bâclée et inutile. Mais surtout cette sidérante réflexion pose un vrai problème de fonctionnement démocratique. Ainsi donc, si l’on en croit Michel Veunac, le patient qui se retrouve infirme après une opération n’aurait pas le droit de juger son chirurgien puisqu’il n’a pas fait d’études médicales? Les supporters de Michel Veunac ne seraient pas aptes à juger de mon travail de journaliste puisqu’ils n’ont pas fréquenté d’école de journalisme? Et bien évidemment, les citoyens ne pourraient décider de la qualité du travail d’un élu… puisqu’ils ne sont pas élus eux-mêmes!

Quant on est à ce point coupé de sa base, quand on a à ce point perdu le sens des réalités et le respect de l’argent gagné, je crois qu’il est plus que temps de mettre fin à sa longue carrière politique, ce qui, à 68 ans, parait raisonnable.

En attendant les résultats des élections, le 23 au soir, une décision s’impose : Ouvrir grand ma fenêtre, respirer un bon bol d’air frais et rêver du jour où les citoyens se réconcilieront avec la politique.

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