Une mascarade qui s’éternise

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Philippe Saint-André et Rémi Gaillard partagent la même devise : « C’est en faisant n’importe quoi qu’on devient n’importe qui ».

Décidément Philippe Saint-André est au rugby, ce que Rémi Gaillard est au web, et le coach de l’équipe de France peut se vanter d’avoir en commun avec l’humoriste montpelliérain cette fière devise, « C’est en faisant n’importe quoi que l’on devient n’importe qui ». Revenu de Murrayfield, avec une victoire 19 à 17 absolument pas méritée dans la musette, Philippe Saint-André va encore nous enfumer toute la semaine, en espérant que ces diables d’Irlandais vont se montrer aussi complaisants que les Écossais, lors du rendez-vous décisif pour la victoire finale du Tournoi des VI nations, samedi prochain au Stade de France. Ce qui est loin d’être fait.

Deux essais construits pour l’Écosse contre un essai casquette pour la France, des joueurs déboussolés, une absence totale de plan de jeu, je n’ai pas le souvenir, dans toute ma carrière de téléspectateur, d’avoir souhaité à ce point-là la défaite de la France. Philippe Saint André a toujours été un opportuniste qui savait comme pas un exploiter le rebond capricieux d’un ballon. Homme de « coups », PSA se montre incapable de proposer sur le long terme un plan de jeu logique et multiplie inlassablement des expériences qui s’avèrent désastreuses et qui vont immanquablement finir par une sévère fessée en Coupe du monde.

Paumés, démobilisés et incapables de comprendre les messages que s’efforce de leur transmettre Philippe Sans Atout, les joueurs errent comme des âmes en peine sur le terrain et ont du mal à aligner deux passes. Damien Chouly, avec ses paupières tombantes  qui lui donnent toujours l’air d’être tombé du lit, ne parvient pas à faire oublier  Dévastator  Picamoles, et l’on ne serait pas surpris d’apprendre que le talonneur Mach, au vu de la hauteur à laquelle il lance ses ballons, soit le responsable de la catastrophe aérienne qui vient de se produire.

On se demande aussi dans quel état psychologique, l’entraîneur de l’USAP Marc Delpoux va récupérer son deuxième ligne Sébastien Vahaamahina, emprunté troisième ligne aile d’emprunt, évidemment totalement dépassé dans cette rencontre internationale, et s’il va devoir acheter un canapé grand modèle pour une revigorante séance de calinothérapie.  Car ce n’est pas le talent de ces joueurs qui est en cause, mais un système de jeu absurde, misérable et non-créatif, qui démolit complètement les plus prometteurs et met en furie les entraîneurs du top 14.

Scène incroyable à la 57e minute : le placide pilier droit Nicolas Mas, exaspéré par la position peu orthodoxe de son troisième ligne Vahaamahina, s’agace et lui intime l’ordre de lui lâcher la grappe. Bonjour l’amateurisme!

Et l’on passera sous silence cette pathétique mêlée de la 65e minute, où la France, menée 17-16 et campant sous les poteaux écossais, insiste et insiste pour convaincre l’arbitre de siffler une pénalité qui ne viendra jamais. Comme si les joueurs eux-mêmes se reconnaissaient incapables d’aller aplatir entre les poteaux! Et seule une confondante naïveté écossaise, à l’ultime minute de jeu,  permettra à Machenaud de réussir cette balle de match victorieuse qui sort quelque peu la tête de Saint-André de la cendre.

Au micro, Fabien Galthié, qui la joue désormais petit bras dans la critique tellement il a envie de devenir calife à la place du calife Saint-André, a évoqué la France comme une « nation majeure » du rugby. Ce n’est vraiment pas le premier qualificatif qui vient à l’esprit en parlant des Bleus. Passe encore que nous soyons, en tant que Français, la risée de toute l’Europe depuis que notre président fait son cirque en scooter à deux pas de l’Élysée, mais devenir en rugby, l’équipe que toute l’Europe souhaite désormais affronter, tellement elle est devenue friable avec son jeu sans passe, voilà qui est intolérable.

Pauvre Roger Couderc! France 2 avait eu la bonne idée de lui rendre hommage, à l’occasion du trentième anniversaire de sa mort. Le merveilleux commentateur partial et chauvin, qui adorait crier « Allez les petits! »  a dû se contenter cette fois, alors qu’il suivait le match passionnément du haut de son nuage blanc, d’un triste « Allez, les chétifs!« .

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