TVPI : un débat instructif… et désespérant!

Débat TVPI

Dans ce débat, chacun a eu le temps de s’exprimer et d’écouter ses adversaires. Mais dans une terre de rugby comme le Pays basque, on aurait aimé que la fameuse courtoisie biarrote s’estompe un peu au profit de la combativité et des convictions. (Photo Antoine Doury)

Grosse surprise pour la poignée d’invités venus assister, lundi 17 mars, au débat organisé par TVPI, entre les huit prétendants au titre suprême de la ville de Biarritz : Mathieu Accoh, le candidat du Front de gauche, côtoie Frank Perrin du Front national. Jean-Benoît Saint-Cricq est exilé à l’extrême gauche et les deux animateurs du débat, Jean-Philippe Ségot et Pierre Lasterra, sont positionnés entre Michel Veunac et Max Brisson, comme s’il y avait le moindre risque qu’ils en viennent aux mains! Renseignements pris, les candidats ont simplement pris place dans le magnifique salon du château de Brindos en fonction du tirage au sort.

Malheureusement, au bout de cinq minutes, tous les spectateurs amateurs de rugby, qui espéraient quelques placages bien sentis entre adversaires politiques, ont compris qu’ils allaient assister à un match à toucher, où chaque participant, obsédé par la hantise de perdre des voix, se garde bien d’adresser le moindre ramponneau à ses rivaux et s’efforce de couvrir un maximum de terrain… électoral. La dette de Biarritz qui va terriblement limiter la marge de manœuvre du vainqueur? Il faut croire qu’elle s’est creusée toute seule sur ses petites jambes et que personne n’y est pour rien! La gestion calamiteuse de la Ville, lors du dernier mandat 2008-2014? Personne ne semble se souvenir que trois des concurrents ont été adjoints et ont une grosse part de responsabilité dans le désastre. Le nom de Didier Borotra? Une obscénité prononcée du bout des lèvres, comme un enfant qui profère une insanité à une table d’adultes.

Heureusement le pétillant Jean-Philippe Ségot réussit à animer le débat avec brio, tandis que le rédacteur en chef  de « La Semaine du pays basque », Pierre Lasterra distille des questions qui complètent bien le débat de « Sud-Ouest », mercredi dernier au casino Bellevue. La sécurité, l’animation des quartiers, le logement, l’aménagement de la Côte des Basques, les modèles en politique et les alliances inenvisageables au deuxième tour, rythmeront un débat où chacun s’exprime le pied sur le frein.

Seul l’avocat Jean-Benoît Saint-Cricq, sans doute plus rompu que les autres à la prise de parole en public, s’offrira quelques malices de prétoire pour se mettre les électeurs dans sa poche. Mais tout comme ses rivaux, à la question des alliances possibles et impossibles au second tour, il bottera en touche, estimant que tout dépendra des scores. L’auditeur espère, qu’à un moment ou l’autre les convictions vont l’emporter sur l’envie absolue de s’emparer du pouvoir, il tend l’oreille, il désespère, mais rien ne vient. Dans un pitoyable souci de ratisser large, les représentants de l’UMP, pas plus que celui du MoDem ou du Parti socialiste n’oseront dire haut et fort qu’ils excluent toute alliance avec le Front national au second tour. De la même façon, il n’y en aura pas un pour préférer ses convictions à un poste de maire et exclure de ses petits calculs électoraux Michel Veunac, compte tenu du manque de rigueur qu’il a manifesté lors de son dernier mandat.

Les électeurs biarrots n’en peuvent plus du système Borotra basé sur des alliances improbables, mais visiblement les huit candidats n’en ont cure. Pour prendre le pouvoir, ils sont prêts à tout. Ne ratez donc ce débat sous aucun prétexte. Vous allez beaucoup en apprendre sur les gens qui aspirent à vous diriger… Et sur leur navrante absence de convictions!

Le débat sera diffusé sur TVPI, jeudi 20 mars à 19 heures.

6 réflexions sur “TVPI : un débat instructif… et désespérant!

  1. Monsieur Viollier, il me tarde de vous présenter les biarrots actifs de Biarritz Vague d’Avenir emmené par Guillaume Barucq (que vous ignorez dans votre article pour je ne sais quelle raison) pour vous donner leur vision de la chose. Puisque leur réponse est l’action, candidature aux élections pour intégrer le conseil municipal, le dynamiser, le renouveler et le conseiller sur la gestion d’une ville. L’heure n’est plus au constat pour notre génération, nous n’avons pas attendu mars 2014 pour nous insurger de voir que ceux qui nous on amené là s’entêtent à vouloir nous y laisser dans ce … nous avons donc préparé et proposé aux biarrots une stratégie de ville ancrée dans la réalité de Biarritz. Si seulement vous nous aviez aidé à faire passer le message « plus il y aura de nouvelles têtes à la gestion de Biarritz, moins on y verra de « copinages » et « d’alliances improbables » ! Votez donc utile au premier tour : voter liste citoyenne »
    Il n’est pas trop tard pour passer le mot !!! …. :) Nathalie Sauzeau – liste Biarritz Vague d’Avenir

    • Nathalie,
      Je ressens beaucoup de sympathie pour Guillaume Barucq et Richard Tardits et je me réjouis de ces deux candidatures susceptibles de dynamiser la ville. Si je ne les ai pas cités nommément dans mon papier sur ce « débat instructif… mais désespérant! », c’est délibérément, parce que j’ai considéré que, nouveaux-venus dans le débat politique, il était un peu naturel qu’ils soient restés sur la réserve, contrairement à d’autres candidats plus expérimentés. Vous évoquez à juste titre deux problèmes dans votre message. Je regrette de ne pas avoir eu l’occasion de faire un papier sur Guillaume Barucq (même chose pour Mathieu Accoh!), mais je vous rappelle que j’alimente ce blog à mes moments de loisir, tout en rédigeant par ailleurs des livres et en donnant des cours à la fac. Assister au premier meeting de votre candidat, un samedi, à l’heure où se jouait le match France-Irlande, allait au-delà de mon amour pour la vie publique qui passera toujours après le rugby.
      Par ailleurs, même si j’éprouve de la sympathie pour ces nouvelles candidatures, et même si je suis convaincu que l’avenir de Biarritz passe par de nouveaux regards sur la Ville, je ne vous cache pas que j’ai été très déçu par la prestation des… huit candidats. Pardonnez ma trivialité, mais en politique, il faut de temps en temps savoir mettre ses couilles sur la table. Le « ni droite ni gauche » de Guillaume Barucq, m’a vraiment paru trop réducteur. Quand on débute en politique, et c’est une des premières questions que j’ai posées à Richard Tardits, il faut d’abord savoir si on veut à tout prix intégrer la majorité, ce qui impliquera tôt ou tard de marcher au pas et de se taire, ou si l’on est prêt à faire une cure d’opposition, ce qui permet de comprendre les mécanismes de la Ville et de proposer autre chose à la mandature suivante. J’ai été profondément déçu par le côté prudent et précautionneux de tous les candidats. J’aurais aimé que Guillaume Barucq, comme Mathieu Accoh ou Ricahrd Tardits affirment haut et fort qu’une alliance avec Frank Perrin, porte-parole d’un parti raciste et anti-républicain, était inenvisageable. J’aurais aimé que les mêmes excluent de leur avenir politique une alliance avec Michel Veunac qui a démontré pendant ses derniers mandats une conception plus que discutable de la moralité publique.
      … Mais sans doute est-ce là un rêve de journaliste, fort éloigné des petits calculs politiques que nous voyons actuellement s’opérer sous nos yeux à Biarritz.
      Bien amicalement.
      Jean-Yves Viollier

  2. Cher Jean-Yves Viollier,

    Vous ne l’avez pas entendu au débat alors je l’écris noir sur blanc sur votre blog: nous n’avons aucune intention de faire alliance avec qui que ce soit dans l’état actuel des choses.

    Pour le FN, l’incompatibilité de nos valeurs avec l’idéologie de ce parti paraît tellement évidente que je ne vois pas l’intérêt de la préciser.

    Quant à Michel Veunac, il faudrait d’abord qu’il renonce à son projet de parking souterrain de la côte des basques avant d’envisager la moindre discussion.

    Je n’ai pas vu le même débat que vous. Il m’a semblé y voir 4 candidats-élus prêts à s’entendre comme larrons en foire quelle que soit la configuration du second tour, et des listes nouvelles (Biarritz Vague d’Avenir, Vivre Biarritz, Biarritz L’Humain d’Abord) qui proposent une alternance crédible et rafraîchissante à Biarritz, à condition qu’au moins l’une d’elles franchisse le cap du premier tour.

    Sincèrement.

    Guillaume Barucq

    • Cher Guillaume,

      La vieillesse est un naufrage et mes oreilles mitées ont dû me jouer un sale tour car, en toute bonne foi, j’ai vraiment cru entendre que vous ne vous interdisiez rien pour le second tour. Le débat, télévisé jeudi soir vous rendra justice et je suis absolument désolé si je n’ai pas rapporté fidèlement vos propos, car nous étions fort éloignés des candidats et dans une salle qui résonnait beaucoup. Visiblement, j’ai perçu la moitié du débat comme vous. Il y avait effectivement  » 4 candidats-élus prêts à s’entendre comme larrons en foire quelle que soit la configuration du second tour ». Quant aux 3 autres listes (Oublions le FN…) « qui proposent une alternance crédible et rafraîchissante à Biarritz », j’ai regretté un manque de combativité, alors que vous aviez à vos côtés trois des adjoints qui ont envoyé Biarritz dans le mur. Mais c’est sans doute mon tempérament d’ancien talonneur combatif qui parle.
      Soyez en tout cas certain que j’ai le plus total respect pour votre démarche et le combat que vous menez.
      Bien amicalement.
      Jean-Yves Viollier

  3. Copie du Communiqué de mon parti qui met les points sur les I à propos d’éventuelles alliances avec le FN.
    Le 14/03/2014
    L’UDI respectera le front républicain contre le FN, affirme Yves JEGO

    PARIS, 14 mars 2014 (AFP) – A une semaine du premier tour des municipales, l’Union des démocrates et indépendants (UDI) a répété par la voix d’Yves Jégo, dans un entretien à La Croix, qu’elle « respectera le front républicain face au FN ».

    « Au soir du premier tour, l’UDI va d’abord mettre une frontière infranchissable avec le FN », a expliqué Yves Jégo, délégué général de la formation centriste. L’UDI s’était déjà fait fort de marteler cette position à l’automne 2013 au moment où François Fillon avait fait sa sortie critiquée et ambiguë sur le FN.

    « Nous allons respecter à la virgule près le front républicain: partout où il y a un risque de maire FN, l’UDI s’engagera vis-à-vis de la liste d’en face, y compris une liste PS », a-t-il dit.

    « Si des alliés sont moins clairs que nous, nous quitterons ces alliances », assure M. Jégo chargé de coordonner l’UDI, particulièrement en l’absence de Jean-Louis Borloo depuis la fin janvier.
    Il a rappelé également que l’UMP et l’UDI était d’accord dans « 84% » des villes.

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