Conseil municipal : on n’a plus de pognon, mais on a Internet !

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Le conseil municipal, en direct sur Internet, c’est désormais une réalité. Michel Veunac ne va pas pouvoir couper grossièrement le micro à son opposition, comme le faisait Didier Borotra.

Voilà une promesse de campagne tenue! L’image souvent tremblotante et le son qui se fait parfois la valise, m’ont rappelé, par leurs qualités incertaines, le premier match de rugby que j’ai pu voir à la télévision, la fameuse finale de 1963 Dax-Mont-de-Marsan. Mais je ne vais pas bouder mon plaisir face à cette belle avancée démocratique pour la Ville. Alors que se tenait le premier Conseil municipal d’importance avec le vote du budget primitif pour 2014 et le retour de Max Brisson, comme chef de file de l’opposition, les internautes ont pu vivre en direct (… et pourront se repasser en différé autant qu’ils le veulent) les 2h32 du débat. Nul doute pour tous ceux qui se passionnent pour la vie publique que l’on tient là un outil extrêmement intéressant, qui va avantageusement remplacer la salle du Conseil où les spectateurs ne voyaient pas grand chose et n’entendaient pratiquement rien.

Michel Veunac a tout d’abord rappelé « le contexte économique contraint »  dans lequel s’inscrit ce budget primitif, puisque les dotations de l’État à la Ville vont encore baisser de 900 000 €. Trois lignes directrices ont inspiré cette ébauche de budget : « Ne pas augmenter les taux de fiscalité, maîtriser l’encours de la dette et conserver une capacité d’autofinancement ». 

Guy Lafite souligne qu’il y a quelques raisons d’espérer, puisque les recettes progressent sur le budget principal de 1,60%, tandis que les dépenses n’augmentent que de 0,20% : « Le problème n’est pas le volume de la dette, ni même le montant par habitant, mais la capacitgé à rembourser cette dette ». Une affirmation qui parait bien audacieuse quand on sait que la dette s’élève à 503 millions d’€.

Max Brisson, après avoir transmis ses  » félicitations républicaines  » au maire élu, voit dans le projet  » un budget de continuité avec votre prédécesseur qui ne nous rassure pas »  et remarque le « coup de rabot général sur les dépenses de fonctionnement. Rigueur, avez-vous dit ? Non, austérité ! « 

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L’opposition s’est montrée ferme mais courtoise.

Une malencontreuse coupure de son interrompt la transmission, avant que je ne retrouve Max Brisson en train de parler de « catastrophe naturelle »… Son élection perdue ? Non, juste la décision de l’État de ne pas prendre en charge les dégâts causés par les tempêtes hivernales.

Malicieusement, Jean-Benoît Saint-Cricq note que le budget primitif a tellement été copié sur le précédent, que nombre de dates demeurent inchangées. Michel Veunac vole aussitôt au secours des services municipaux : « On me présente des lettres à signer avec le nom de Didier Borotra » …  L’habitué des prétoires Saint-Cricq ne se laisse pas désarmer par l’intermède. il note aussi une baisse des frais de voierie, alors que les chaussées de la Ville ne sont pas en très bon état : « Ce ne sera donc pas le temps des Biarrots, mais celui des nids de poule ». Et finit sur la « bombe à retardement » financière que constitue la Cité de l’Océan.

Michel Veunac, avec un aveu surprenant, se démarque alors très nettement de son prédécesseur : «  Biarritz Océan, ce n’est pas un problème de coût, mais de recettes… puisqu’il n’y a pas de recettes! »  Didier, tu nous avais donc menti ! Se rendant compte qu’il en a trop dit, il tente alors une boutade : « Un des critères de ma réussite, ce sera de vous faire aimer, Jean-Benoît Saint-Cricq, la Cité de l’Océan ». Autant prévoir tout de suite une dizaine de mandats!

Richard Tardits, qui affiche un magnifique maillot de rugby noir et jaune, le faisant un peu ressembler à Maya l’abeille, regrette que «  des arbitrages n’aient pas été faits pour des projets qui n’étaient pas nécessaires » et s’oppose à l’idée que «  vendre à tout-va le patrimoine foncier de la Ville » puisse représenter une solution.

Bien évidemment le budget primitif est adopté, mais le décor est posé pour les années à venir et cette possibilité de pouvoir revoir à tête reposée les interventions des principaux protagonistes devrait beaucoup modifier à l’avenir la façon de faire de la politique des élus.

Le personnel communal se repassera certainement en boucle, les explications de Michel Veunac, pour justifier ce projet de budget où il n’a guère de marge de manœuvre : « On va essayer de faire le travail avec moins de personnel et ne pas systématiquement remplacer les gens qui partent en retraite » Avant d’ajouter, la main sur le cœur « Et on va mieux contrôler la masse salariale ».

Le nouveau maire aurait pu commencer par donner l’exemple à son niveau en ne s’octroyant pas une indemnité mensuelle de 4 499€, soit le maximum prévu par la loi pour une ville de cette taille !

♦ Le conseil municipal du 30 avril sur : http//www.biarritz.fr/portail/conseil.html

Mais quelle nana, cette Aïtana !

Caroline-ViollierEnfin un site qui sait reconnaître le talent! Auto.entrepreneur.fr est allé dénicher une future grande designer à Biarritz, et s’est livré avec elle à un jeu de questions-réponses qui décoiffent. Pas de doute, la demoiselle a de la personnalité, ce dont mon épouse et moi étions convaincus depuis longtemps puisqu’il s’agit de… notre fille!

 Extraits de l’interview

1) Qui êtes-vous ?

Caroline, 26 ans, curieuse et amoureuse de la vie. Je me suis passionnée pour le graphisme depuis le jour où, enfant, j’ai maladroitement moucheté le mur de ma chambre d’encre bleue. Au lieu de tenter de faire disparaître mon méfait, je suis restée fascinée par ces tâches azurées mélangées au papier-peint fleuri. Depuis, j’ai étudié le graphisme, l’édition et la publicité à Paris, me suis perfectionnée en webdesign à Arles, puis me suis confrontée aux enjeux de l’art numérique à Rennes en obtenant un Master II. Résidant actuellement à Biarritz, j’ai lancé mon auto-entreprise il y moins d’un an !

2) Que faites-vous ?

Sous l’appellation « Aïtana Design », je me consacre principalement au design graphique et web. Ma volonté est de pouvoir réaliser des créations uniques, élégantes et épurées quel que soit le projet ! Parallèlement, j’expose dès que l’occasion se présente et travaille actuellement à des projets textile !

5) Vous préféreriez avoir des dents en bois ou une jambe en mousse ?

Avec un râtelier en ébène, je craindrais de rayer le parquet. J’opte donc pour la prothèse en mousse, parce que les pirates c’est classe, et qu’avec un perroquet sur l’épaule, on est sûr de ne pas s’ennuyer !

6) Est-il possible d’éternuer les yeux ouverts ?

Si c’est le cas, je ne dois pas être en pleine possession de mes moyens. Remarquez, lorsque dans les films, les héros peuvent choisir leurs super pouvoirs, personne ne pense à celui-ci ! C’est une idée, et sachant que l’air expulsé peut atteindre 200 km/h, voilà de quoi faire s’envoler les méchants !

 Pour lire l’entretien complet

http://www.auto-entrepreneur.fr/actualite/?p=3973&preview=true

La petite boutique qui ignore le train-train

Boutique SNCF 01Allez expliquer à quelqu’un qui ne maîtrise pas toutes les subtilités de la SNCF, qu’un billet ordinaire, acheté au dernier moment, peut s’avérer moins cher qu’un billet pris dans les temps… avec une carte de réduction!

Au royaume d’Ubu-roi (pas un voyageur ne paie désormais le même prix que l’autre sur le même trajet!), l’habitué de la boutique SNCF de l’avenue Foch à Biarritz, se dit que le grand Manitou du rail Guillaume Pepy devrait s’offrir une escapade sur la côte basque pour constater de visu qu’il a là ce qui se fait de mieux en matière de gentillesse, de service public et de personnel compétent.

Tout est donc pour le mieux dans le meilleur des mondes ferroviaires? Et bien non! Car figurez-vous que cette boutique conviviale et archi-rentable est dans le viseur des réducteurs de têtes de la SNCF qui souhaitent la voir disparaître. Un peu gênée aux entournures, la direction régionale d’Aquitaine refuse de communiquer le chiffre d’affaires «  pour des raisons concurrentielles »… Avec les marchands de vélos?

« À part une volonté affirmée de réduire la voilure, il n’y a aucune explication logique au fait de vouloir fermer ce point de vente », affirme Dominique Dabadie, délégué du personnel CGT, représentant les maîtrises et cadres. Cette boutique a montré son utilité et les agents prennent un réel plaisir à travailler ici, même si ce n’est pas simple l’été ».

La SNCF a décidé qu’à l’horizon 2017, la part du chiffre d’affaires réalisé par l’humain devait passer de 36 à 15%, ce que les syndicats, moqueurs, qualifient de « plan 36-15″. Une idée ringarde comme le minitel!

 Depuis, face à la levée de boucliers des syndicalistes, la direction affirme avoir fait marche arrière, mais la volonté d’inciter les voyageurs à prendre leurs billets tous seuls sur Internet, est là. Et tant pis pour la petite mamie impécunieuse qui doit monter à Paris garder ses petits-enfants, et qui va probablement passer à côté de réductions avantageuses qu’un employé consciencieux lui aurait signalé!

« Les cheminots ne s’opposent pas aux nouvelles technologies, mais protestent contre le fait que l’on enlève des agents derrière les guichets » précise Dominique Dabadie. Nul doute que pour l’usager, mieux vaut avoir affaire à des salariés TGV (de… Très Grande Valeur) plutôt qu’à un automate TGV (Très Gros Voleur!)

Prévue pour juin 2014, la fermeture de la boutique a été repoussée à octobre 2014, après une manifestation des salariés à Bordeaux le 25 mars.

Alors, si vous pensez que la SNCF ferait mieux de s’intéresser à tout ce qui ne fonctionne pas dans son entreprise, si vous êtes convaincus que les robots ne sont pas l’avenir de l’homme, n’hésitez pas à signer la pétition en ligne pour défendre ce point de vente, ou, mieux encore, si vous voyez qu’il n’y a pas grand monde, passez une tête au 13 de l’avenue du maréchal Foch pour dire au personnel à quel point vous appréciez la qualité de leur travail. Car c’est bien leur tour qu’on s’intéresse à eux!

 http://www.petitionpublique.fr/PeticaoVer.aspx?pi=P2014N46081

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À Biarritz, et nulle part ailleurs…

le-grand-betisier_48032111_3Imaginons un instant une ville normale où, au hasard, le maire s’appellerait Michel et son principal opposant Max. Michel à Max : « Tu as vu ce que les journalistes locaux racontent et cette affaire de signatures suspectes ? Je suis bien incapable de te donner la moindre explication, mais je ne veux pas que mon mandat soit gâché par des suspicions… Ce que je te propose, c’est que nous fassions une démarche commune auprès du préfet, voire auprès de la police, pour qu’elle enquête et que tous les citoyens de la Ville sachent exactement ce qu’il s’est passé… Une suspicion de fraude électorale, c’est trop grave! »

… Ne rêvez pas, je vous raconte une histoire totalement impossible à Biarritz !

 Ainsi donc, le préfet, comme l’annonçait la veille, toute honte bue, un des élus affirmant partout qu’il avait « fait jouer ses réseaux », a décidé de ne pas déférer devant le Conseil d’État. Ainsi donc, alors que le préfet lui a confirmé «  des faits troublants dans l’analyse des registres », Max Brisson a décidé de ne pas aller plus loin, me rappelant ces talonneurs qui prennent un marron sous la mêlée et annoncent à la cantonade que, si ils en prennent un deuxième, on va voir ce qu’on va voir. Ainsi donc, nous pauvres cocus de Biarrots, nous ne saurons jamais la vérité et alors que 40% seulement des feuilles d’émargement ont été regardées de près, personne n’ira voir plus loin et ne saura si le nouveau maire élu, qui s’était distingué par le passé par la facilité avec laquelle il empruntait de l’argent à ses fournisseurs, rédigeait des études « souciologiques » particulièrement rentables ou laissait ses colistiers aider le Front national, est légitime ou non avec son écharpe tricolore.

Pour le journaliste lanceur d’alerte que je suis, qui n’avait strictement aucun intérêt dans l’affaire et qui est seul dans son parti où c’est déjà le merdier (…moins qu’à l’UMP locale, tout de même!), cette information est désespérante.

Car vouloir réduire, comme le fait l’actuelle majorité, le scrutin du 30 mars, à une simple affaire de signatures ressemblantes ou dissemblables, relève au minimum de la mauvaise foi la plus éhontée.

N’oublions pas l’analyse du politologue Boris Teruel (Sud Ouest, 12/4) qui note que l’écart entre Brisson et Veunac, au premier tour «  laissait peu de doutes quant à l’issue du résultat final. il n’en fut rien ».  Le même parle ensuite d’un exploit « miraculeux sur le plan statistique ». Biarritz est décidément une ville à nulle autre pareille !

Ensuite les suspicions ne se limitaient pas à une simple analyse graphologique. Sans beaucoup chercher, deux personnes m’ont raconté qu’elles sont arrivées en fin d’après-midi dans leur bureau de vote et ont trouvé des signatures sur l’emplacement qui les concernait. Deux autres, racontent que des électeurs devant elles ont voté avec deux procurations, ce qui est formellement interdit par la loi. Un bureau de vote s’est retrouvé avec sept bulletins de vote de plus que les feuilles d’émargement. Des assesseurs, un peu honteux désormais, reconnaissent qu’à certains moments de calme, ce fameux 30 mars, ils ont laissé le bureau de vote avec une seule personne présente, pour aller prendre l’air. Et que dire des 197 noms recueillis par l’huissier, correspondant pour beaucoup à des électeurs dont on ne retrouve pas la moindre trace de présence à l’adresse indiquée? Que penser des témoignages recueillis auprès de salariés de maisons de retraite, scandalisés par les pressions exercées sur les personnes âgées?

Au minimum, face à ce faisceau de troublantes coïncidences, une plainte au pénal s’imposait pour que la police enquête, pour que des professionnels de l’investigation nous disent si oui ou non, on doit croire en la démocratie à Biarritz et saluer comme il se doit l’outsider venu du fin fond du lac Marion pour coiffer sur le poteau son challenger et s’emparer de l’écharpe tricolore.

Au lieu de cela, nous continuerons à vivre dans le doute, ce qui ne semble pas du tout déranger la plastronnante nouvelle majorité municipale.

 

 Alors, en attendant des jours meilleurs M6 serait bien avisée de venir planter ses caméras sur la grande plage de Biarritz, car la chaîne aurait de quoi alimenter son grand bêtisier de fin d’année.

Revue de détail des perles entendues ou reçues par mail :

Il y a de nombreuses personnes âgées à Biarritz et une station debout a pu modifier leur signature : Personne ne s’en était aperçu, mais une immense vague de froid s’est abattue sur la cité balnéaire entre le 23 et le 30 mars, provoquant une crise d’arthrose généralisée chez des personnes qui avaient tout à fait normalement signé, lors du premier tour.

Les signatures tremblotantes sont le fait de femmes mariées qui ont peu l’habitude de signer sous leur nom de jeune fille : rien n’oblige une femme mariée à signer sous son nom de jeune fille. Et puis, il va falloir expliquer à la population pourquoi des femmes auraient signé le 23 mars sous leur nom de femme mariée et le 30 mars sous leur nom de jeune fille ?Un pèlerinage au Rocher de la Vierge s’impose pour expliquer ce miracle.

Et si c’était des partisans de Brisson qui étaient à l’origine de ces signatures ?  Max Brisson adore souffrir et il avait donc donné des consignes à ses troupes de bourrer les urnes avec des bulletins au nom de son adversaire, afin de le ridiculiser et qu’il soit élu avec 103% des voix.

 » J’ai voté et on m’a demandé ma carte d’identité, ce qui prouve qu’il n’y a pas eu fraude ». Autre version : « J’étais assesseur, j’ai surveillé le vote toute la journée. je me serais aperçu d’une fraude ». Les multiples affaires de fraude que la France a connues (Paris, Carcassonne, Perpignan…) montrent bien qu’un fraudeur déterminé peut toujours réussir son coup. Il y a toujours un moment où l’un va aux toilettes, pendant que l’autre fume une cigarette. Lisez sur Internet tous les récits de fraude, sanctionnés par la Justice,  et vous verrez que l’imagination humaine est sans limite quand il s’agit de tricher.

 » Avec 425 voix d’avance, le recours a peu de chances  » (Guy Lafite, dans Sud Ouest) : Henri Etcheto, battu de 26 voix à Bayonne, n’a pas fait de recours, donc Max Brisson, battu de 425 voix, n’a aucune raison de faire un recours, si l’on en croit notre sémillant surfeur. Voilà un curieux argument! Si Etcheto pense que l’élection s’est normalement déroulée, il a raison de ne pas faire de recours. Si Max Brisson pense qu’on l’a volé, il a tout autant raison de crier au scandale. Le nombre de voix d’écart n’a rien à voir à l’affaire.

 »  Je crois que si nous avions perdus, nous aurions été de bons perdants. il faut accepter le vote  » (Guillaume Barucq, Sud Ouest, 14/4). Guillaume Barucq apprend décidément très vite la politique. Il a estimé que j’avais raison de souligner dans mon blog les faits plus que limites imputables à Michel Veunac… avant de se rallier à lui. Dans une élection où pas la moindre question ne se pose, il est normal de se montrer bon perdant. Mais quand les témoignages troublants se multiplient, il est tout aussi normal  de vouloir que la vérité éclate.

 »  Les photos des signatures, sur le blog de Viollier, s’appellent Brisson1, Brisson2, Brisson 3… C’est la preuve qu’il roule pour un camp ! » (François Amigorena). Le bras droit de Guy Lafite peut duper des gens qui ne connaissent pas bien Internet et les blogs, mais pas des professionnels. Pour m’y retrouver dans la centaine de photos qui illustrent le blog « Bisque, bisque, Basque! », je donne un nom à chacune des illustrations. Il est donc normal, alors que je considère que l’on est en pleine affaire Brisson, puisqu’il y a un doute sur sa défaite, que je nomme les signatures litigieuses Brisson 1, 2 et 3.

Quand j’ai publié la très curieuse reconnaissance de dettes signée par Michel Veunac à son imprimeur favori, est-ce que le fait d’avoir nommé l’illustration Darrigrand 1, prouvait que celui qui m’avait donné le document était l’ancien patron d’Atlantica?

Oui, décidément, M6 a vraiment de quoi alimenter son bêtisier actuellement à Biarritz!

Une tricherie de plus en plus avérée

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Le dimanche 30 mars, les Biarrots étaient tellement émus à l’idée d’élire leur maire, qu’ils n’étaient plus capables de se rappeler comment ils avaient signé la semaine d’avant et qu’ils émargeaient même à côté de la case prévue, alors qu’un cache rend théoriquement l’opération impossible. À gauche, sur les feuilles d’émargement, les signatures du premier tour. À droite, celles du deuxième tour. Il y a comme un défaut…

Saviez-vous que le Biarrot, contrairement aux apparences, est un être fragile, psychologiquement instable et facilement sujet aux crises d’identité ? Figurez-vous que 197 de nos concitoyens à ce jour (… et sans doute beaucoup plus dans la réalité!) ont décidé sans se concerter, entre le 23 et le 30 mars, de totalement changer leur signature entre les deux tours du scrutin municipal. Récit d’un miracle pas banal mais après tout très normal dans une ville où « le petit Jésus s’appelle Michel Veunac »,  comme l’a écrit un des très fervents supporters du nouveau maire.

Tout commence, le 30 mars au soir, avec un lapsus du monarque qui a si longtemps régné sur Biarritz. Didier Borotra, sous l’œil des caméras de France 3 et devant un auditoire médusé, annonce : « La moitié des sièges sera donnée immédiatement à la liste arrivée en tête et l’autre moitié sera répartie à la proportionnelle. Donc, la majorité absolue du conseil municipal appartient à… la liste de Monsieur Brisson !»  Stupéfaction de Michel Veunac, qui pousse du coude son mentor, avant que celui ne réalise sa bévue et fasse mine d’en rire. Un psychiatre parlerait, lui, d’un lapsus très révélateur…

197 handicapés de la signature déjà repérés

 Mardi 8 avril et mercredi 9 avril, quatre militantes, troublées par l’article « Les très curieux chiffres des élections municipales de Biarritz« , qui rejoint leurs propres conclusions, décident d’aller examiner de près les listes d’émargement de la ville de Biarritz à la sous-préfecture de Bayonne. Elles savent qu’elles s’attaquent à un travail titanesque, puisque Biarritz compte 22 960 électeurs inscrits et qu’il y a eu au second tour 13 676 votants, mais elles se sentent confortées dans leur démarche par les analyses de politologues étrangers à la ville et de cadres de leur parti qui s’étonnent eux aussi, tout comme  » Bisque, bisque, basque !  » de l’évolution des scores  entre les deux tours. Et d’un seul coup tout s’éclaire, lorsqu’elles constatent de nombreuses signatures totalement différentes entre le premier et le deuxième tour.

Entre 600 et 1 000 votes suspects  ?

 Le temps presse, car la consultation publique se termine le mercredi 9 avril, à 16 heures. Les quatre petites fourmis laborieuses ont alors l’excellente idée de faire appel à un huissier, maître Pierre Pont à Bayonne. Elles n’ont pu examiner que 40% des listes d’émargement, mais l’huissier estime qu’avec 197 signatures douteuses, il en a largement assez pour faire un constat sans équivoque. Une tricherie a bien eu lieu.

Alerté par ses militants, Max Brisson se donne la journée du jeudi 10 avril pour réfléchir puis consulte un avocat, maître Malherbe. Celui-ci, au vu des pièces présentées, constate de nouvelles anomalies, qu’il évalue à près de 300. Ce qui chiffrerait la tricherie sur l’ensemble des bureaux de vote, pour peu qu’elle soit proportionnelle, puisque seulement 40% des suffrages ont été examinés, entre 600 et 1 000 votes suspects. De quoi, modifier largement l’élection et créer la surprise!

Un déféré au Conseil d’État demandé au préfet

L’examen partiel des listes d’émargement montre de nombreuses irrégularités et signatures douteuses dans les bureaux de Paul Bert 1, 2 et 3, dans ceux de la Négresse 3 et Jules Ferry 1, ce qui n’exclut pas d’autres surprises dans des bureaux qui n’ont pas encore été passés au peigne fin. Décision est donc prise, face à des faits aussi graves, de demander au préfet des Pyrénées-Atlantiques un déféré devant le Conseil d’État, le préfet ayant jusqu’au 14 avril pour se prononcer.

Lundi dernier, après l’article évoquant les curieux résultats du second tour, toute la ville a joué à Des chiffres et des lettres, tandis que les audiences de ce blog, devenues stratosphériques, s’en allaient caresser les nuages au-dessus de la Rhune. Côté chiffres, les profs de maths – et ils sont presque aussi nombreux à Biarritz que ceux qui oublient leur signature d’une semaine à l’autre!- validaient ou invalidaient mon raisonnement, tandis que côté lettres, ma boîte mail regorgeait de supporters de Max Brisson qui m’encensaient, ou de fervents Veunaciens, me reprochant, à l’image de Guillaume Barucq, de me « livrer à des supputations« .

Désormais, et même s’il appartient à la Justice de dire quelle est l’ampleur de la fraude et comment elle a été organisée, il ne fait guère de doute que les langues vont y aller bon train ce week-end sur cette très surprenante élection et que tout le monde va se livrer à sa petite enquête personnelle. «  Bisque, bisque Basque  » a sa petite idée sur la question et vous promet dans les jours qui viennent une belle brassée d’anecdotes et de témoignages tout à fait édifiants sur ce fameux 30 mars. En attendant, rappelons à tous ce vieil adage des policiers : la question essentielle dans une enquête est de savoir à qui profite le crime.

◊ L’article de Sud Ouest du 12 avril http:

http://www.sudouest.fr/2014/04/11/elections-municipales-a-biarritz-le-camp-de-max-brisson-saisit-le-prefet-sur-des-fraudes-presumees-lors-du-scrutin-1522849-4037.php

◊ Pour ceux qui ont un peu de mal à comprendre comment on peut « bourrer des urnes », Wikipedia a prévu un article très détaillé et fort instructif.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Bourrage_d%27urnes

http://fr.wikipedia.org/wiki/Fraude_%C3%A9lectorale

La loi est très sévère, et c’est tant mieux pour les tricheurs. Rappelons pour mémoire qu’en 2008, à Perpignan, l’élection municipale a été invalidée après qu’un président de bureau ait été retrouvé avec des bulletins de vote… dans les chaussettes, en faveur du candidat Jean-Paul Alduy.

Laisse tomber, c’est du Valls !

Ah, il en avait de l’allure notre ténébreux Catalan, récemment intronisé Premier ministre, mercredi à l’Assemblée, lors de son discours de politique générale, … à ne surtout pas confondre avec un discours de politique géniale. Le sourcil volontaire, le geste énergique, on aurait presque pu croire à sa volonté de changer les choses.

Valls

Le geste est plus énergique que celui d’Ayrault, mais les discutables recasages de copains restent les mêmes.

Las, il n’aura pas fallu attendre longtemps pour comprendre que l’homme qui voulait faire oublier Ayrault-la-sieste, est tombé dès ses premiers pas dans toutes les routines politiciennes.

Prenez l’exemple de Harlem Désir : pour une fois, tous les courants du parti socialiste sont d’accord pour dire qu’il n’a pas l’étoffe d’un Premier secrétaire, qu’il est incapable de prendre une décision et de se faire obéir. Dans une entreprise classique, on aurait viré une si piètre recrue. Au parti socialiste, pour consoler l’impétrant, éloigné de la rue de Solférino, on lui offre un poste de secrétaire d’État aux Affaires européennes. Bon courage aux militants qui, dans quelques semaines, vont s’efforcer de convaincre les électeurs que l’Europe, c’est du sérieux!

Prenez le cas du ministre de l’Éducation nationale : Hollande, affirmant avoir compris le message électoral du peuple de gauche, après sa fessée aux municipales, décide de choisir… Manuel Valls, le plus à droite des socialistes, qui,  par le jeu des alliances, se sent obligé de faire rentrer au sein du gouvernement les représentants les plus à gauche du parti. Vous suivez ? Et c’est ainsi que Benoit Hamon, titulaire d’une bien mince licence en histoire, n’ayant jamais exercé d’autres fonctions que celles d’apparatchik au sein du PS, se voit doté d’un portefeuille qui demande doigté et expérience… Tant pis les enseignants descendront sous peu dans la rue, ça fait partie des printanières traditions de notre pays !

Et l’on pourrait multiplier les exemples à l’infini ! Fleur Pellerin faisait l’unanimité auprès de tous les professionnels du numérique pour le travail de dialogue et de concertation qu’elle accomplissait. Alors qu’elle souhaitait continuer au même poste, il était donc parfaitement logique de lui confier le commerce extérieur, et de nommer à sa place une parfaite inconnue, Axelle Lemaire, avec qui tout sera à reprendre à zéro.

Et ne croyez surtout pas que du côté de celui qui se proclamait « homme normal » en 2012, ça aille mieux. Jean-René Lemas, le secrétaire général de l’Élysée, qui est sans aucun doute responsable des indécisions, atermoiements et reculades du chef de l’État, cède sa place à Jean-Pierre Jouyet, qui, accessoirement, a fait partie du gouvernement Fillon. À croire que François Hollande, en dehors de ses copains de la promotion Voltaire de l’ENA, ne connait personne, puisque le partant, tout comme l’arrivant et la ministre de l’Écologie Ségolène, ont fréquenté au même moment les bancs de la prestigieuse école. Pas d’inquiétude à avoir pour Lemas, Hollande veille sur lui et va lui trouver un pantouflage aux petits oignons. Le Canard enchaîné parle de la Compagnie des Alpes, qui avait déjà fait en son temps le bonheur d’Édouard Balladur. Les salariés licenciés, qui partent avec 5 000 € d’indemnités, après quinze ans d’ancienneté, apprécieront.

Heureusement, après toutes ces détestables petites manœuvres de renvois d’ascenseur, la fraîcheur de certaines nouvelles venues reste rafraichissante. Annick Girardin, secrétaire d’État à la francophonie, n’en revient pas de sa chance devant les caméras de France 3 :  » Quand on reçoit, au téléphone, des propositions du chef de l’État, il est difficile de refuser  « .

Il n’y a donc pas eu une seule bonne âme au parti socialiste pour lui dire de se méfier des propositions du dangereux prédateur qui sillonne, le soir venu, les rues de la capitale en scooter ?

Les très curieux chiffres des élections municipales de Biarritz

Vendredi 4 mars, Michel Veunac a été élu triomphalement maire de Biarritz, à la plus grande satisfaction de ses supporters  et il ne reste plus qu’à s’incliner devant le suffrage universel. Mais les chiffres ont leur logique et ils peuvent être parfois très éloquents comme en témoignent ceux des dernières élections municipales. Alors, pour ceux qui ont une boîte d’aspirine à portée de main, qui sont prêts à rater la fin des « Feux de l’amour » à la télé ou à abandonner momentanément leurs sudoku pour me suivre dans mon raisonnement, c’est par là!

 Premier tour                                    Deuxième tour                                               Différentiel

Inscrits             : 22 959                    22 960                                                  + 1

Votants            : 13 296                    13 676                                                  + 380 votants

Blancs ou nuls : 255 soit 1,92%   689 soit 5,04%                           + 434 votes nuls ou blancs

 La mobilisation entre les deux tours, avec 380 votants supplémentaires, paraît normale compte-tenu de la bataille qui s’annonçait serrée. En revanche, la progression fulgurante des votes blancs ou nuls paraît très étrange entre les deux tours. Que 434 électeurs (en plus des 255 du premier tour qui ne sont pas forcément les mêmes!) soient allés aux urnes pour voter blanc ou nul reste surprenant car ce chiffre est sans commune mesure avec les autres communes du département. Certes les deux alliances bancales, Veunac-Lafite-Barucq d’un côté, Brisson-Saint-Cricq-Tardits, de l’autre, ont pu dissuader des citoyens consciencieux de se prononcer, mais le chiffre pose question. Pour mémoire, au premier tour des municipales de 2008, les votes blancs et nuls représentaient 4,01% au premier tour et étaient tombés à 2,87% au deuxième tour, ce qui est beaucoup plus classique.

 

Scores du deuxième tour (rappel)

Liste Veunac                                     Liste Brisson                                     Différentiel

6706 voix (51,63%)                         6281 voix (48,36%)                         425 voix d’écart

 

Total théorique des voix après les alliances d’entre les deux tours

VEUNAC : 2 274 voix   (17,43%)                                 BRISSON         : 3 046 voix  (23,35%)

LAFITE     : 2 201 voix   (16,87%)                               SAINT-CRICQ : 1 836 voix  (14,07%)

BARUCQ  : 947 voix      (7,26%)                                  TARDITS          : 1 394 voix  (10,68%)

Total = 5 422 voix (41,56%)                                   Total = 6 276 voix  (48,10%)

                              Écart de voix = 854 en faveur de la liste Brisson

Une fois les alliances connues, entre les deux tours, et même si chaque liste accuse l’autre d’avoir regroupé la carpe et le lapin, les chiffres semblent nettement en faveur de la liste Brisson. Michel Veunac ne paraît pas en mesure de rattraper son retard. Le PC refuse par exemple d’être présent au deuxième tour et des membres de la liste Veunac décident de quitter le bateau pour cause de liste trop à gauche. Brisson et Saint-Cricq se sont beaucoup tapés dessus avant le premier tour et les voir réunis peut surprendre l’électorat. Malgré tout cela, les jeux semblent faits.

 

Réservoir de voix théoriquement disponible avant le second tour

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La grande foule, à l’occasion de l’investiture de Michel Veunac.

ACCOH : 685 voix          PERRIN : 658 voix

Votes blancs/nuls du premier tour : 255 voix

Nouveaux votants du second tour : 380 voix

Total de voix disponibles : 1 978 voix

Mathieu Accoh et Frank Perrin n’ont donné aucune consigne de vote pour le second tour. On peut envisager que les 255 personnes ayant voté blanc ou nul au premier tour, voteront autrement au deuxième tour. Enfin les 380 nouveaux votants devraient se répartir équitablement, puisque l’élection se joue au coude à coude entre les deux listes.

 

 Deuxième tour : Brisson : + 5 voix, Veunac : + 1284 voix

Et la sentence chiffrée tombe dans son absolue splendeur : ainsi donc , entre les deux tours, sur un réservoir de 1978  voix disponibles, à supposer que les reports de voix dans chaque liste se soient parfaitement déroulés, ce qui n’a évidemment pas été le cas, Max Brisson n’a progressé que de 5 voix sur son capital théorique quand Michel Veunac récoltait 1284 suffrages supplémentaires ! Les 689 voix manquantes à ce total correspondent aux bulletins blancs et nuls.

Admettons que les supporters de Tardits n’aient guère eu envie de Voter Brisson, que les antipathies personnelles pour le candidat UMP ou pour l’éternel opposant Saint-Cricq aient incité des gens à changer d’écurie. Le raisonnement est tout aussi valable dans l’autre sens. Les vrais gens de gauche ne voyaient pas en Veunac un des leurs et ceux de centre droit toussaient fort avec la présence de Lafite ou de Claverie. Je veux bien admettre que 300 personnes aient changé de camp entre les deux tours, mais je n’imagine pas une seconde que tous les partisans de Frank Perrin ou de Mathieu Accoh se soient précipités pour voter Veunac! Je n’y crois même pas une minute.

Une vague bleue partout… sauf à Biarritz!

Commentaire d’un assesseur, présent dans un bureau de vote du Centre ville : « Je suis un vieux Biarrot et j’ai l’impression de connaître tout le monde, pourtant à chaque élection je suis surpris en voyant arriver des gens avec des cartes d’électeur que je n’ai jamais croisés. On oublie trop que nombre de résidents secondaires se sont par commodité inscrits ici, comme la loi les autorise.« . Confirmation dans mon immeuble, situé à deux pas du Royalty. Christian, qui habite Biarritz depuis vingt ans affirme ne pas connaître les candidats et voter en fonction de l’étiquette politique. Patrick « qui votait dans les Landes, mais qui n’a malheureusement pas pu continuer » votera « comme à la présidentielle ».

La présidentielle, justement, parlons-en : en 2012, Nicolas Sarkozy avait obtenu 54,69% des suffrages quand Hollande ne totalisait que 45,31%. Alors que les électeurs ont infligé une claque à la gauche, partout en France, lui faisant perdre 155 villes, il est très surprenant que le même phénomène ne se retrouve pas à Biarritz, ville de droite. Si l’on suppose que le réservoir de voix disponible s’est équitablement partagé, ce sont donc près de 1300 personnes qui auraient quitté le camp Brisson-Saint-Cricq-Tardits pour se jeter dans les bras de la liste Veunac-Lafite-Barucq, tandis qu’aucune n’aurait fait défaut à la liste gagnante!  

Voilà un résultat très surprenant! Maire et petit-fils de maire, je n’ai jamais vu un résultat semblable lors de municipales. J’espère donc que de brillants politologues, des mathématiciens de génie ou des professeurs de Sciences-Politiques  s’intéresseront à ce cas d’école qu’est la ville de Biarritz. Si quelqu’un peut m’expliquer ce miracle, surtout qu’il ne se gêne pas!

 

 « On a fait comme la mairie nous a demandé »

Amusante expérience téléphonique, menée en compagnie de deux amies, lundi 8 mars après-midi, après avoir entendu parler d’une très forte présence entre les deux tours des supporters de Michel Veunac dans les maisons de retraite.

Mon amie téléphone à une maison de retraite Les Acanthes, située dans le quartier de La Négresse et tombe sur la standardiste ;

 Bonjour Madame. ici, les services techniques de la Ville. Pouvez-vous me donner le nom de votre directrice? Le nouveau maire souhaiterait lui envoyer des fleurs car vous avez été très performants.

– C’est tout à fait vrai. On a fait exactement comme Monsieur le maire et Monsieur Michel Veunac nous avaient demandé!

Madame la directrice, pardon pour les fleurs que vous allez attendre longtemps !