La méthode Veunac

CM 14 mai 013

Ouvert à la discussion et ne faisant pas preuve de l’autoritarisme désuet de son prédécesseur, Michel Veunac a présidé un conseil municipal de très belle tenue.

Les rugbymen les plus âgés se souviennent avec délices de l’époque où la vidéo n’était pas souveraine et où l’on pouvait envoyer un marron à son adversaire sans être débusqué. Les nouveaux membres du conseil municipal de Biarritz, habitués à un confortable entre soi, devront, à leur tour, intégrer cette nouvelle dimension et se dire qu’à tout moment, une caméra indiscrète peut désormais les prendre en flagrant délit de papotages, d’indiscipline ou de somnolence.

 Le blog Bisque, bisque, basque! ne peut être suspecté de complaisance à l’égard de l’équipe municipale actuelle mais n’a pas d’état d’âme à écrire que parfois les choses vont dans le bon sens. Permettre à tous les citoyens de consulter en direct ou en différé sur Internet la vidéo du Conseil municipal, voire de revenir en arrière pour écouter une phrase importante, constitue une avancée démocratique remarquable dont on ne se lasse pas.

Mais la technique n’est rien sans les hommes. Le quatrième conseil municipal, présidé par Michel Veunac, le 14 mai au soir, a surtout montré une volonté du nouveau maire de rompre avec les détestables habitudes de son prédécesseur.

Les quelques coriaces qui tentaient de suivre, il y a peu, dans la malcommode salle du conseil municipal, les séances animées par Didier Borotra n’ont pas du tout oublié le mépris royal avec lequel le « monarque » traitait son opposition, se perdant dans des apartés et ne daignant même pas écouter ceux qui n’étaient pas d’accord avec lui, pas plus que ses homériques colères qui l’amenaient à couper le micro de ses interlocuteurs.

Depuis son avènement, Michel Veunac n’a pas une fois coupé la parole à ses opposants. Il écoute, répond aux questions posées et ne méprise pas.

Le débat du 14 mai, centré autour des subventions à verser aux associations de la Ville était à cet égard totalement significatif. Dans « le contexte de rigueur que vous savez », Michel Veunac a paré au plus pressé en reconduisant peu ou prou les subventions versées aux associations en 2013, mais a avoué ne pas être satisfait et se sentir « moulé dans un système qui doit évoluer ».

Il a donc demandé à Peio Claverie de remettre à plat le mode de  répartition, sans pour autant faire une « usine à gaz », et a exprimé son regret que les associations à caractère social soient « un peu oubliées ».

Avant d’être un lieu où on donne de la voix et où l’on montre ses muscles, un Conseil municipal se doit avant tout d’être un rassemblement de citoyens avertis et amoureux de leur Ville, cherchant ensemble les meilleurs solutions et débattant au lieu de lire des discours préparés à l’avance. C’est en cela que le dernier Conseil municipal a été particulièrement intéressant.

Ainsi le point de vue de Richard Tardits, qui en connait un rayon sur le sport professionnel, est à prendre en considération, quand il se demande si une société commerciale comme le BOPB doit recevoir 400 000 € de la Ville. Ce à quoi Michel Veunac répond qu’il comprend cette réserve « sur le clivage que l’on pourrait imaginer entre des intérêts publics et privés », tout en rappelant que  » Chaque fois que le BO brille, c’est la Ville qui rayonne ».

Calme et bonifié par ce climat de dialogue, Jean-Benoît Saint-Cricq ne voit rien à redire sur la subvention du BO et se déclare ravi de la mission confiée à Peio Claverie. En revanche, sur le rapport régional de la Cour des Comptes, sur les finances de la Ville, entre 2006 et 2012, la lecture de l’avocat biarrot, vrai talent indispensable à la Ville pour sa capacité à repérer les grains de sable d’un dossier, est toute autre que celle de Guy Lafite.

Frédéric Domège, en l’absence de Max Brisson, rejoint l’analyse commune sur les subventions versées aux associations mais estime que  » le skate-park est une hérésie au regard de la situation financière de la Ville « . Cherchant à élargir le débat, il constate : « Vous expliquez les affaires courantes, mais ne donnez aucun signe des grandes lignes de votre politique « .

Michel Veunac accepte le reproche mais rappelle qu’il n’est aux commandes que depuis peu. Il promet qu’il annoncera des mesures à long terme, en particulier sur la sécurité nocturne estivale, lors du prochain conseil municipal du 20 juin prochain et convie l’opposition à une rencontre informelle avec lui le 4 juin, pour qu’elle ait le temps de réfléchir aux mesures proposées. Là aussi la rupture est nette avec les pratiques de Didier Borotra, qui ne se souciait guère de son opposition.

Heureusement, une petite crise d’immodestie de Michel Veunac, est venu rassurer tout le monde sur les dérives égotistes toujours possibles du Premier personnage de la Ville : « Je n’ai pas l’habitude d’être content de moi, mais je ne suis pas mécontent tout de même ». Et le nouveau maire de poursuivre son discours, en s’adressant plus particulièrement à Frédéric Domège : « Je suis en fonction depuis quarante-quatre jours. Ce n’est rien quand on est maire… et je vous souhaite un jour d’en faire l’expérience »

Allez, Fredo, avoue que tu en rêves !

 Pour suivre ce conseil municipal très révélateur du style du nouveau maire :

http://www.biarritz.fr/portail/conseil.html

Versailles, l’exemple à suivre?

 Depuis, une dizaine d’années, la ville de Versailles a mis en place une très originale politique de subvention de ses associations. Comme toutes les municipalités, elle avait du mal à faire le tri, au moment des subventions, entre les associations vivaces et celles qui périclitaient. Elle a donc scindé en deux son budget associations. La subvention fixe n’est plus que la moitié de ce qu’elle était auparavant. L’autre moitié se gagne au mérite.

Lors de chaque grand événement organisé par la Ville, et en particulier lors de la course pédestre Paris-Versailles qui nécessite de gros bataillons de volontaires, les membres des associations qui se portent volontaires sont recrutés en priorité avant d’engager des vacataires salariés. Chaque volontaire reçoit, pour sa participation, 10 euros, versés à son association. Lorsque j’étais membre du CCVP (Cyclo Club Versailles Porchefontaine), qui comptait 85 licenciés, nous réussissions avec l’aide des entourages familiaux à récolter annuellement 1200 euros supplémentaires pour le club.

Que ce soit du côté de la municipalité ou des associations, ce système très moral fait l’unanimité : il règle une fois pour toutes les querelles liées aux subventions et il permet aussi aux associations de faire connaissance entre elles, lors de grands événements municipaux.

 

5 réflexions sur “La méthode Veunac

  1. J’y ai cru !
    C’est vrai quoi ! Après des décennies de négation totale de toute forme d’échange avec la population, mais aussi la presse, et de mépris des nouvelles technologies, le Conseil Municipal en streaming et replay sur le Net c’était enfin l’arrivée au XXIè siècle !
    J’y ai cru, sérieux !
    Je me suis dit : ils ont *ENFIN* à la municipalité quelqu’un qui connaît les NTIC, peut les conseiller. Ils ont même – qui sait !? – un prestataire compétent ?!
    Mais non ! Biarritz ne pouvait renier ses atavismes ! Il est donc obligatoire, pour revoir ces CM, de s’équiper de SilverLight, de la richissime multinationale Microsoft, ce qui interdit l’accès de la démocratie aux utilisateurs de logiciels Libres et gratuits comme le système d’exploitation Linux ! (non pas que Silverlight soit payant, mais il ne fonctionne pas sous Linux)
    En comparaison, à Anglet au moins ils ont fait ça proprement. Et c’est pas faute de leur part d’avoir merdé leur comm numérique pendant 6 ans !

    • Vous avez totalement raison. Autre charmante fantaisie, il était impossible de suivre » le conseil municipal avec le navigateur Google Chrome. En revanche avec Internet explorer, ça marchait!

  2. Excellent article bien équilibré qui montre qu’il faut sauver le soldat Veunac dans  » le contexte de rigueur que vous savez ». Votre contribution versaillaise pour la fin du clientélisme associatif tombe à pic. Quant au 400 000 € pour le BO, c’était pour du Top 14. SVP pourriez-vous nous faire une enquête sur ce que le BOPB coûte et rapporte à Biarritz. N’oubliez pas les contrats d’image pour les joueurs ( cf mon article du 19/12/2006 sur http://cbexpress.blogspot ).Fini le temps des vaches sacrées, nous sommes dans celui des maigres.

    • Merci pour cette réponse qui correspond bien à l’esprit de ce blog. Dénoncer ce qui est scandaleux, mais saluer ce qui est honorable.
      En ce qui concerne le BO, je vous arrête tout de suite. Il est impossible de chiffrer ce que coûte et rapporte exactement le club à la Ville. J’ai trouvé très intéressant le débat du 14 mai, car c’était un vrai débat de citoyens amoureux de leur ville. Quand un Richard Tardits, avec son vécu de sportif de haut niveau, se demande s’il faut continuer à subventionner un club pro, ça m’interpelle, mais, d’un autre côté, il est incontestable que les retombées en image sur la Ville quand le BO était au firmament, représentent une somme énorme.
      Pour ma part, bien que passionné de rugby, je pense qu’il faut raison garder : construire actuellement sur la plaine de sports d’Aguilera est insensé. Agrandir le stade, alors qu’il était loin d’être plein en Top 14, tout autant. En revanche, je ne suis pas scandalisé que la Ville aide le club, qui est, c’est incontestable, un très bon propagandiste de Biarritz

      • Cette étude d’impact, la CCI Pays Basque l’a fait pour l’Aviron Bayonnais. cf  http://www.bayonne-commerces.com/fr/espace-commercants/nos-enquetes/impact-economique-de-laviron-bayonnais-rugby-pro.html –  On peut bien sûr discuter la méthode et les conclusions. Mais ce qui me gêne aujourd’hui avec le B.O, c’est que personne ne réclame la transparence de ses comptes, des explications chiffrées sur le projet de Serge Blanco .Ma croyance dans l »homme providentiel a toujours été vacillante et j’ai toujours besoin d’être rassuré sur l’inexistence de petits arrangements entre Partenaires. Pour ouvrir le débat, je propose une simple question d’ordre éthique : Le B.O recevant des fonds publics, les mises au vert son équipe chez la Thalasso Blanco, ses réceptions à Brindos font-elles bien l’objet d’un appel d’offres ? Je regrette d’être actuellement Rue des Chantiers et ne pouvoir vous rencontrer pour en parler. Encore merci pour votre ligne éditoriale.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s