Veunac tient la forme mais cherche toujours le fond

Fonds de commerce

Aucun doute possible, la boutique de Biarritz est désormais tenue par un commerçant affable, qui nous change agréablement de son prédécesseur, acariâtre et autoritaire. Mais, pour la vision d’avenir, on est prié d’attendre jusqu’à octobre.

Espérons pour Didier Borotra qu’il ne sait pas utiliser Internet et n’a pas suivi le dernier conseil municipal en date du 20 juin, car ses anciens adjoints ont rivalisé de perfidies souriantes à son égard.  Et il devra sans doute attendre un bon paquet d’années avant  qu’une des avenues de la ville ne soit débaptisée pour lui donner son nom, tellement il symbolise la gabegie, les rêves absurdes de grandeur (en langage municipal, ça donne « des équipements surdimensionnés« ) et le refus d’écouter quiconque.

Pour que justice soit rendue à l’ancien maire, Bisque bisque basque! suggère que l’ex Cité du Surf devenue Cité de l’Océan soit rebaptisée Cité Didier Borotra, pour que chacun garde bien en mémoire à quoi peut conduire un pouvoir sans partage. Comme le dit Michel Veunac, avec cette rondeur qui le caractérise, « je ne serai pas le maire bâtisseur qu’a été mon prédécesseur, car les conditions ne s’y prêtent pas!« . Le temps de payer les additions des autres est effectivement venu.

Alors qu’une rumeur persistante annonce Michel Veunac malade, chaque Biarrot y allant de son information exclusive, (on ne comprend vraiment pas pourquoi le nouveau maire n’infirme ou ne confirme cet état de fait, car il n’est pas déshonorant d’être malade et ça arrive même à des gens très bien), le conseil municipal du 20 juin, un peu précipité par l’envie de l’assemblée de voir le match de Coupe du monde France-Suisse, a encore été absolument passionnant. 3h09 d’un débat riche et dense avec de véritables échanges entre majorité et opposition, qu’il faut absolument aller visionner sur le site de la mairie si l’on s’intéresse à la vie municipale.

http://www.biarritz.fr/portail/conseil.html

Pas de doute, Michel Veunac tient la forme et le style qu’il imprime, après des années de dictature, mérite d’être salué. Enfin cette ville débat, au lieu de maugréer en douce!

Max Dalton en pleine forme !

Caisse enregistreuse

Endettement de la Ville en 2013 : 66 millions d’€. On dit merci qui ?

Et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule et qu’il faut qu’il y ait un adversaire de valeur pour que le match soit beau, figurez-vous que le principal contradicteur, qui semblait jusqu’à maintenant se rendre au conseil municipal avec le costume à rayures et le boulet d’un des frères Dalton, condamné à six ans d’opposition forcée, s’est soudain métamorphosé. Face à un très bon Michel Veunac, on a retrouvé un excellent Max Brisson, visiblement à l’aise et d’humeur badine, mêlant verve, causticité et courtoisie républicaine pour nous offrir des échanges de haute volée. Ces deux-là se détestent toujours, mais désormais ils sont capables de s’envoyer des vacheries avec le sourire.

Florilège de petites phrases entendues au cours de la soirée :

À propos de la qualité des eaux de baignade, Max Brisson ne résiste pas au plaisir de se moquer de Guillaume Barucq « qui salue le travail remarquable de ses prédécesseurs, qualifié à l’époque de solutions low-cost et palliatives ». C’est cela, Guillaume, la griserie du pouvoir, ça change le regard!

À propos du parking de Beaurivage, abandonné désormais, et de celui des Halles, réétudié, Max Brisson soupire :  » Tout ça pour ça ! « , tandis que Michel Veunac tente de lui faire la leçon :  » N’oubliez pas que nous étions coresponsables.. . » Avant que les deux ne se marrent franchement quand Max Brisson ose : « … Dans une certaine mesure!« 

Mêmes fous-rires mal réprimés entre les deux ex-complices quand est évoquée « la dématérialisation de la chaîne contraventionnelle ». En langage de tous les jours, la police municipale sera dotée de tablettes numériques et la contravention sera directement envoyée à Rennes, « sans que le maire ne puisse intervenir ». Éclat de rire général. Didier, pourquoi tu tousses?

À propos de la guinguette des 100 marches, Max Brisson s’interroge sur le choix d’un rugbyman pour ce type d’établissement et Michel Veunac rétorque, « Vous parlez d’un joueur de rugby? Moi, c’est le premier! »

Parfois l’animosité Veunac-Brisson, souvenir d’une campagne électorale tendue, se fait plus vive. Quand Max Brisson évoque le passé, Michel Veunac le coupe : « Regardez dans le pare-brise, Monsieur Brisson, pas dans le rétroviseur! », et l’inspecteur général de s’excuser presque « Je suis professeur d’histoire et j’ai du mal« . Balle de set pour Veunac.

Mais quand le vote du budget arrive et qu’il faut bien évoquer les restrictions dues aux investissements hasardeux du prédécesseur, Max Brisson saute sur l’occasion : « Le compte administratif oblige à regarder dans le rétroviseur, alors que vous m’avez demandé de ne pas le faire. C’est mon job aujourd’hui de constater que l’endettement, sans être dramatique, est quand même préoccupant. Le poids des décisions passées pèse sur nos finances. » Balle de match pour Brisson.

Elle a bon dos, la Finance !

Petite boutique Veunac

L’éternel combat du fond et de la forme… Et pourquoi pas les deux ?

Tout irait donc pour le mieux dans le meilleur des mondes biarrots, si Michel Veunac, derrière son talent d’habile communicant, ne donnait le sentiment d’amuser la galerie. Lors des derniers conseils, le nouveau maire avait promis une déclaration de politique générale, le 20 juin, pour expliquer aux Biarrots ses choix et ses priorités pendant son mandat. Finalement, il a décidé de repousser à octobre ses annonces, sous le prétexte plutôt fallacieux, qu’il a besoin de connaître «  le cadre financier dans lequel je peux proposer des opérations (…) Voilà ce qui peut expliquer la lenteur des propositions que je vais faire aux Biarrots ».

Et tout à coup un doute énorme s’empare des passionnés de la vie municipale. Et si, derrière le politique affable, tout à fait apte à gérer les affaires courantes de la Ville, se cachait quelqu’un qui n’a pas de fond, pas de vision à long terme ? Et si, comme nombre de politiques, Michel Veunac avait voulu le pouvoir pour le pouvoir, sans trop savoir quoi en faire ? Et si le costume de premier magistrat s’avérait trop grand pour l’homme, à l’image d’un François Hollande à la tête de l’État ? Bien entendu, il n’est pas question de faire un procès d’intention avant octobre, mais ce délai très long, trop long, avant d’indiquer la direction à suivre (six mois!), reste surprenant.

Bien sûr, il ne sert à rien d’avoir plein de projets si l’enveloppe budgétaire interdit de les réaliser, mais, après quatre-vingts jours de présence à la mairie, répéter inlassablement que les services municipaux étudient les dossiers, et que l’équipe municipale va nous  » faire aimer la Cité de l’Océan « , ce qui est tout de même mince comme programme, ne semble pas augurer d’un grand tempérament de visionnaire.

Michel Veunac serait bien inspiré de se remémorer les bougonnements du général de Gaulle, quand il avait des projets et que son ministre des Finances s’efforçait de doucher son enthousiasme :  » L’intendance suivra ! « . Le maire doit être un déclencheur, un inspirateur et non un petit épicier qui se contente de gérer chichement sa boutique. Guy Lafite, général raté qui tient là son bâton de maréchal, est parfait dans ce rôle. Et l’on attend du maire qu’il ne soit pas seulement un superintendant mais un homme qui donne des ailes à la Ville.

 Le BO a failli se retrouver en fédérale !

La situation du BOPB est évoquée en fin de conseil, puisqu’on demande aux élus de voter une subvention exceptionnelle de 400 000€ pour le club-phare de la Ville. Michel Veunac apprend à tous que la DGNACG, la commission des Finances de la fédération de rugby a menacé de rétrograder le club en fédérale, s’il ne présentait pas des finances en équilibre. D’où cet appel de Blanco aux subsides municipaux.  Le maire cite sept villes, dont Brive et Bayonne, où la dotation municipale est plus importante. Richard Tardits évoque le cas de Montauban, passé de Top 14 en fédérale 1, sans que la première magistrate de la Ville ait modifié la subvention de 250 000 €. Finalement, grâce à une belle politique de formation et de promotion des jeunes, le club vient de remonter en Pro D2. La subvention de 400 000€ est finalement votée, mais tous les élus conviennent que la situation mérite d’être surveillée de près.

6 réflexions sur “Veunac tient la forme mais cherche toujours le fond

  1. On continue comme avant mais maintenant on a le sourire, c’est toujours ça. Par contre je crois que Richard Tardits et Marie Hontas se sont abstenus pour le renflouement du BO. 700 000€ en deux mois ça reste honteux quand on voit ce qu’on pourrait en faire ailleurs. Et ce n’est pas parce que quelques villes le font (mais de moins en moins, ça passe de plus en plus mal auprès des administrés), que ça cautionne ces énormes sommes.
    Heureusement les drapeaux violets de Guillermo signalant la pollution, qui effrontément ose revenir malgré la nouvelle formidable équipe qui pensait la retenir à l’aise Blaise, ne coûtent pas trop chers.

    • Ma colère n’a d’égale que l’envie de distribuer quelques « pignes » à certains faux-culs qui aujourd’hui jouent les enfants martyrs d’un maire indigne.Ce parking Beaurivage qui n’a eu en Conseil Municipal que deux opposants, dont moi, pour les raisons exprimées lors de la séance du 30/9/2013, a eu un défenseur acharné, un certain Max BRISSON. Si j’avais su, à l’époque, la maltraitance qu’il subissait, je n’aurai pas demandé à ce que la Ville s’intègre dans le groupe de travail des violences faites aux femmes mais dans celui des élus forcés de défendre des projets contraires à leurs souhaits.
      Je dois souligner également le silence assourdissant de certains élus qui ont l’air d’oublier qu’au moment des débats de Septembre 2013 ils étaient en osmose totale avec le maire de l’époque et défendaient le projet avec un enthousiasme frisant la flagornerie.
      Voila pour aujourd’hui.Dans les jours qui viennent je te donnerai mon avis sur les subventions au BOPB.
      Amicalement, Bernard Itthurbide (Ce texte a aussi été adressé à Sud Ouest)

  2. Je suis subjuguée par ce que je lis là mais JE SAIS qu’il en est ainsi … hélas :-(
    BON … je continuerai à me serrer la ceinture pour payer mes impôts : ce n’est pas encore BIGMALHEUR mais quand même :-(((

  3. Une avenue au nom de Borotra alors que Guy Petit n’a qu’une rue et Bernard Marie même pas une impasse ? Mais si vous demandiez à Didier Borotra quelle rue devrait être débaptisée pour lui donner son nom, il choisirait sans doute la Rue Bayard ( Sans peur et sans reproche).En ce qui concerne les duettistes Brisson et Veunac, pour leur début de lavage de linge sale en public, on peut déjà leur réserver la Rue du Lavoir de Compere(s).

  4. Pour ma part, je suis très heureuse de la force de Michel Veunac contre tous ces détracteurs. A peine au pouvoir qu’on l’accuse de n’importe quoi. Réfléchissez un peu et dites vous bien qu’en peut de temps on ne peut résoudre les problèmes d’une superbe ville comme Biarritz Je trouve que vous êtes de mauvaise foi. J’ai toute confiance en Michel Veunac et n’oubliez pas qu’il a encore 5 ans et demi pour y arriver et on l’aidera nous ses Amis (es) qui avons vôté pour lui! Vive Monsieur le Maire. Françoise Cailleret de Biarritz.

    • C’est tout à fait votre droit de trouver que Michel Veunac est un bon maire. Mais force est de constater qu’il se montre particulièrement hésitant et peu dynamique en ce début de mandat. Bien amicalement. JYV

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