Petit adjoint, gros bluffeur

Amigorena facebookC’est un élu humble et modeste qui a modifié sa page facebook, peu après son élection, pour que la France entière sache qu’il était devenu une  » personnalité politique  « .  Et voyez comme les Biarrots sont méchants, il y a même eu des citoyens ordinaires pour se gausser du petit socialiste devenu paon, alors qu’un septième adjoint chargé du Tourisme, de l’Économie et des Nouvelles Technologies d’une cité mondialement connue comme Biarritz, aurait dû faire taire les rieurs,  en mettant la mention qui s’impose :  » Homme d’État  « .

Mais revenons à l’histoire qui fait bien rire la Ville depuis juillet. Si certains des élus de gauche sont irréprochables, d’autres, à Biarritz, semblent manifester une conception du service public qui se résume au  » Moi d’abord ! « . On se souvient tous du nouvel adjoint aux Finances de Didier Borotra, le nécessiteux Guy Lafite, qui avait revendiqué en 2008 un abonnement gratuit au BO pour aller voir les matches. François Amigorena, son directeur de campagne et numéro 3 de sa liste, semble bien décidé à chausser les sabots à crampons de son maître à penser. L’homme vient de s’installer dans le centre ville, dans un appartement dépourvu de garage,  ce qui est tout à fait son droit. Tout le conseil municipal bénéficiant d’une carte de stationnement gratuit, comme en convient volontiers l’élu, on ne voit guère où est le problème. Par discrétion, nous tairons son adresse, située quelque part entre la place Clémenceau et le musée Asiatica, à quelques centaines de mètres des parkings gratuits et longues durées où les Biarrots laissent leurs véhicules.

Mais, tout comme Alain Juppé récemment, l’idée de partager le trottoir avec le commun des mortels ne doit pas être du goût de l’élu qui estime devoir bénéficier de facilités.

Monsieur ne supporte pas l’anonymat

Le surmené adjoint au Tourisme se présente donc début juillet à l’hôtel le plus proche et tombe sur une charmante hôtelière, habitant Biarritz depuis des décennies, qui, affront suprême, ne le reconnait pas.

Bonjour, j’ai vu qu’il y a une petite impasse derrière votre établissement. Est-ce que je pourrais stationner mon véhicule?

– Monsieur, les places appartiennent à des riverains ou sont réservées aux clients de l’hôtel, ce n’est absolument pas possible.

 François Amigorena, surpris qu’on lui résiste, sort alors l’argument suprême :  » Je suis même prêt à vous donner un peu d’argent  » . On admirera la sagesse du socialiste qui, pour ses dépenses privées, ne sort  » qu’un peu  » d’argent.

La dame ne baisse visiblement pas pavillon et ne veut rien entendre. L’élu, excédé, jette alors sa carte de visite sur le comptoir : « Vous n’allez pas tarder à savoir qui je suis « .

Ébahie, la patronne de l’hôtel appelle alors son mari, après le départ de l’intrus. Les deux détaillent la fameuse carte. Sous le nom, une simple mention « Adjoint au maire », suivie, pour bienAmigorena carte de visite montrer l’internationalisme du poste de « Deputy-Mayor ».  À croire que l’imprimeur n’avait plus de chiffres à disposition pour préciser que notre élu est seulement 7e adjoint de la Ville ( » une carte conçue et imprimée par le Service Communication de la Ville « , se défend François Amigorena).

Raconté par l’élu, qui a répondu à ma demande d’explication et ne dément pas, tout devient évidemment beaucoup plus soft :  » En ce qui concerne mon véhicule personnel, j’ai en revanche repéré une voie privée proche de mon nouveau domicile et suis allé à la rencontre de 4 ou 5 riverains afin de savoir s’il serait possible de m’y garer, le cas échéant moyennant finances. J’ai bien sûr effectué ces démarches sans jamais faire état de mon statut d’adjoint au maire, s’agissant d’une affaire strictement privée. (…) S’agissant d’une hôtelière et profitant de l’occasion, je me suis alors, et seulement alors, présenté comme adjoint au tourisme, lui ai laissé une carte de visite et ai rapidement pris congé. « 

Défense de rire ! François Amigorena, titulaire d’une autorisation de stationnement illimitée, affirme rechercher une place pour son véhicule personnel, « sans jamais faire état de son statut d’adjoint au maire« … tout en reconnaissant avoir laissé sa carte de visite à l’hôtelière. Comprenne qui peut!

Monsieur revient à la charge

Ce que notre élu ne raconte pas, c’est que trois jours plus tard, persuadé que les manants de son quartier ont enfin mesuré qui il était, le suzerain local vient poser son fier destrier à quatre roues dans l’impasse. Cette fois, c’est un voisin qui lui signale qu’il stationne sur un emplacement appartenant à un lointain descendant du général de Gaulle, peu enclin à s’en laisser conter par un élu socialiste. Notre adjoint va vite fuir et n’y plus revenir.

« L’attitude de cet élu était au minimum arrogante, limite menaçante« , précise l’hôtelière qui n’est toujours pas revenue d’un tel culot. Car il faut bien comprendre qu’en cas de difficultés concernant leur établissement, c’est avec cet adjoint que devra traiter cette vieille famille biarrote et que le moindre des tacts républicains aurait été pour l’élu de s’abstenir de formuler une telle demande.

Mais, finalement, d’un mandat à l’autre, c’est toujours le même refrain que l’on retrouve. Les élus biarrots s’octroient des privilèges, franchissent la ligne jaune, mais rien n’est jamais grave à les écouter. Michel Veunac,  ancien adjoint de Didier Borotra, devenu maire depuis peu, emprunte à un taux défiant toute concurrence, de l’argent à un des fournisseurs de la Ville, mais ce n’est  » pas illégal « , aux dires de l’intéressé, puisque cet imprimeur ne dépendait pas directement de lui.  Pour un peu, on va le féliciter ! Cette année, un responsable du tourisme, chargé de traiter directement avec les hôtels de la Ville, n’hésite pas à quémander une place gratuite, puis, à la rigueur légèrement payante, à des gens avec qui il va être amené à travailler, mais, à l’entendre, là aussi, tout est absolument normal. On croit rêver!

Monsieur a de l’humour

Peu après cette étrange élection municipale, où les reports de voix entre les deux tours ont été particulièrement étonnants et les signatures des votants sérieusement malmenées, François Amigorena n’avait pas hésité à parler d’un « petit blogueur, gros menteur » à mon propos.  Je suis ravi de lui retourner aujourd’hui le compliment. Et comme décidément le stationnement rend fou les élus à Biarritz et obsède notre Amigrosrenard de service, voici une photo dénichée dans sa page facebook, et qui, si on l’en croit, l’a beaucoup fait rire :

Amigorena stationnement

On  ne lui fait pas dire.

Jean-Yves Viollier

Si les questions posées à l’élu et ses réponses vous intéressent, cliquez sur les images ci-dessous :

Amigorena mail

Amigorena réponse

Le soleil, Géronimo, et… pas grand chose d’autre

Retour Géronimo

Face à un public clairsemé, Géronimo a pu faire son grand retour à l’occasion du match contre Aurillac : merci les réseaux sociaux !

Bravo aux réseaux sociaux qui ont su partir sur le sentier de la guerre pour affirmer leur soutien inconditionnel à Géronimo, leur mascotte. Alors que sa présence n’avait pas été souhaitée, lors des matches amicaux contre Bayonne et Agen, l’Indien a appris dimanche dans la journée qu’il pourrait finalement gambader sur la pelouse d’Aguilera, à l’occasion du match BO-Aurillac, et, en principe, continuer à soutenir son équipe favorite toute la saison à venir. Apparemment, Serge Blanco lit ce qui est écrit sur les réseaux sociaux, mesure la popularité de Robert Rabagny et n’a pas l’intention pour l’instant de choisir comme future mascotte du BO une girouette…

… Avec le soleil, c’était la bonne nouvelle de la journée. La moins bonne étant que le BO est toujours à la recherche d’un taulier, capable de tenir la boutique dans les moments difficiles et d’attaquants susceptibles de jouer ensemble. Après avoir souffert mille morts, face à un adversaire aurillacois, peu à peu mis en confiance, le BO doit à une faute grossière, sous les poteaux, du talonneur cantalou de l’emporter 16 à 15 dans les dernières minutes de jeu. L’effet O’Sullivan se fait visiblement attendre.

L’offense faite à Géronimo

Géronimo

Ne plus voir Géronimo sur la pelouse du BO, c’est comme imaginer le club de Biarritz fusionner avec Dunkerque…

C’est l’histoire d’un cœur d’or, capable de traverser la moitié de la France à pied pour prêter son tomahawk à un ami. D’un homme d’une générosité absolue, qui ne pense, ne parle et n’agit que pour le BO. D’une mascotte, la première de toutes, à qui le rugby professionnel est en train de faire une bien vilaine manière.

Philippe, vacancier normand, qui profite de ses séjours au Pays basque pour faire le plein de rugby, n’en revient toujours pas. « Se séparer de Géronimo, mascotte connue sur tous les terrains de rugby, au moment où le club descend est ahurissant. Le Biarritz Olympique est en totale perte d’identité, puisqu’il n’a plus aucun joueur emblématique dans son effectif. Les deux seuls qui incarnent le BO, ce sont Serge Blanco et Géronimo. Alors pourquoi l’un ne veut-il plus de l’autre? ».

Difficile d’être aussi catégorique que ce vacancier sur les responsabilités de tel ou tel, mais il est clair que depuis la fin de la saison 2014, il y a un vrai problème Géronimo.

Un problème d’autant plus surprenant que Robert Rabagny, alias Géronimo, première mascotte officielle de l’histoire du top 14, est très apprécié dans la ville et fait l’unanimité pour son engagement sans faille aux côtés du club de rugby, mais aussi pour ses nombreuses actions auprès des enfants à Noël ou pour Halloween, et pour ses animations toujours drôles et bon enfant auprès des touristes ou des surfeurs.

Triste mais digne, Robert refuse de dire quoi que ce soit contre « son club de toujours » ou contre « Serge« , mais hausse les épaules avec une mine désabusée quand on lui demande s’il sera présent dimanche, dans les tribunes d’Aguilera, à l’occasion de la venue d’Aurillac. Ses absences, lors des matches amicaux contre Bayonne et Agen, semblent indiquer la réponse. Au point que Sud ouest a cru pouvoir titrer, le 18 avril dernier, « L’Indien laisserait des plumes dans la descente » et parler de licenciement.

Difficile d’être dans le secret des dieux, mais il semblerait que Serge Blanco, même s’il n’a plus ses jambes d’international, brille toujours par son sens de l’esquive et repousse sans cesse une rencontre avec l’emblématique mascotte de la Ville. Toujours est-il qu’une page facebook « Rendez-nous Géronimo » s’est créée, que Midi olympique a consacré un article au sujet et que, sur les réseaux sociaux, ça balance sec. « Géronimo devrait déterrer la hache de guerre et scalper tous ces bons à rien qui se regardent le nombril depuis de nombreuses années et sont responsables de la situation du club » assène un ancien pilier qui, visiblement, sait toujours relever la mêlée.

Alors que tous les amoureux du rugby se sont extasiés ces deux dernières semaines sur la fraîcheur d’un rugby féminin amateur, où les joueuses s’aiment et sont heureuses ensemble sur le terrain, il est choquant de voir un club professionnel jeter comme un kleenex usagé un de ses membres les plus passionnés.

Le BO ne doit pas ressembler à ces entreprises déshumanisées du CAC 40, où l’on licencie sans états d’âme. Il n’est pas interdit d’évoluer, mais le Biarritz olympique est-il si florissant actuellement, si riche en humains de qualités pour pouvoir se passer d’un talent comme Géronimo ?

Vieux et ingérable, le rêve !

Comment braquer une banque... » Mais que devrons-nous faire? demandèrent à l’unisson Stina et le Râteau.

– Devenir les vieillards les plus emmerdants du monde, répondit Märtha. »

Comment résister à un programme aussi alléchant, que ne désavouerait pas « Bisque, bisque, basque  » ? Ils sont cinq à croupir dans cette maison de retraite, où on leur avait promis monts et merveilles. Mais le directeur a décidé qu’il allait faire du profit. Et d’abord, des vieillards, est-ce que ça a véritablement besoin de manger ?

Au début, nos octogénaires contestataires vont la jouer petit déambulateur : agapes clandestines dans la cuisine privée du directeur et remise en forme dans la salle de sport, que le personnel se réserve à son usage. Et puis le besoin de grand large se fait sentir et nos cinq malfrats passent à la vitesse supérieure : « Rendez-vous compte, nous allons enfin commettre un nouveau vol, se réjouit Stina. Moi qui avait si peur que le reste de ma vie soit d’un ennui… Ah, s’ils pouvaient me voir maintenant, ceux de Jonköping ».

Et les exploits de s’enchaîner ! Qui irait, en effet, soupçonner ces cinq vieillards qui vaquent le plus souvent en déambulateurs, la planque idéale pour cacher ses larcins, lorsqu’on pose son manteau dessus ? Et lorsque, pris de remords après avoir volé un Monet et un Renoir, ils décident de se dénoncer à la police, celle-ci éclate de rire et ne les prend pas une minute au sérieux.

Mais un vrai hold-up, celui qui va vous valoir le respect des truands professionnels, c’est un butin conséquent, qui vous permet de vous la couler douce aux Caraïbes pour le restant de vos jours. Et il n’est pas interdit, en plus, de jouer les Robin des Bois, défenseurs de tous les malmenés : «  Nous qui avons construit ce pays, nous voulons avoir une vie décente sur nos vieux jours. Nous ne sommes pas de vrais voleurs, vois-tu. C’est seulement là où l’État a failli que nous intervenons. Et nous empruntons seulement un peu aux riches pour le donner aux nécessiteux ».

 Alors comment ne pas accompagner de tous nos vœux les tentatives des cinq apprentis délinquants pour retrouver leur dignité? Archéologue de formation, devenue journaliste, Catharina Ingelman-Sundberg a fait un triomphe en Suède avec ce roman politiquement incorrect et absolument désopilant, vendu plus de 350000 exemplaires dans son pays. 

Un roman qui mérite de sortir le makila, de fixer solidement son dentier pour afficher son plus beau sourire et d’aller voler le livre chez un libraire toutes affaires cessantes. Il n’est, en effet, jamais trop tard pour devenir un casse-pieds patenté !

« Comment braquer une banque sans perdre son dentier », Catharina Ingelman-Sundberg, éditions fleuve, – 428 pages, 19,90 €.

Quel bonheur, ce rugby féminin !

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Tout simplement magnifique…

Mes copains sont encore plus formidables que je ne l’imaginais. Mine de rien, je les interroge depuis deux semaines pour savoir s’ils ont regardé la Coupe du monde de rugby féminin. Je voyais bien les vieux guerriers avec qui j’ai mouillé le maillot prendre l’air dégoûté et maugréer, « Aucun intérêt, pas de combat, pas d’engagement, des coups de pied de moineaux…« . Au lieu de cela, de l’arrière au pilier, tous sont unanimes pour saluer le spectacle proposé et convenir que ce rugby là est un véritable bain de jouvence.

Ce qui frappe tout d’abord, c’est que le rugby, qu’ils soit pratiqué par des filles ou des garçons, reste LE sport par excellence de l’altruisme, de la générosité, du courage et de l’abnégation. La combattivité de la capitaine et numéro 2, Gaelle Mignot, la malice et le caractère de demi de mêlée de Jennifer Troncy, ou les assassinats d’attaque adverse de Marjorie Mayans, étudiante en criminologie dans le civil, n’ont décidément rien à envier  au rugby masculin. Et filles ou garçons, les gestes sont les mêmes : le poing rageur de Marion Lièvre après un essai victorieux, la claque de dépit sur la cuisse de Sandrine Agricole après une transformation ratée, et même, cette tape amicale d’un soigneur, sur les fesses d’une joueuse blessée repartant au combat.

Mais les deux, parmi les dix-neuf mille spectateurs enthousiastes du stade Jean Bouin à Paris, qui assistaient à la victoire de l’Angleterre contre le Canada en finale et à celle de la France contre l’Irlande (25-18) pour la troisième place, en brandissant une panneau « Rugby des filles, rugby qui brille« , ont tout à fait raison.

Car, derrière ces valeurs intrinsèques au sport-roi, le spectateur peut vivre, grâce au rugby féminin, un jeu vif et enlevé avec des attaques, des franchissements  de ligne d’avantage et des prises de risque (ah, cet essai d’Élodie Guiglion à l’ultime minute!), qui ne sont pas sans lui rappeler le sport qu’il pratiquait dans les années quatre-vingt.

On espère que Philippe Saint-André, présent dans les tribunes, a pris des notes pour transmettre au XV tricolore masculin de nouvelles recettes sur la joie de jouer et le plaisir d’être ensemble, après le pénible épisode australien.

Et pour ceux qui ont vécu la laborieuse entame de top 14 entre Bayonne et Toulon, avec un match de camionneurs sans imagination, susceptible d’endormir n’importe quel insomniaque, quel plaisir de voir ces filles qui s’aiment et qui s’amusent sur le terrain…

… Oui, oui, je vous vois venir avec vos grosses chaussures à crampons. À l’image de ces mamies perverses qui n’ont de cesse  de harceler leurs petits-enfants pour savoir s’ils préfèrent papa ou maman, vous voudriez bien que je choisisse un camp définitivement. Certainement pas! J’aime trop le rugby pour me priver de quoi que ce soit, mais quelle bonne nouvelle de constater que l’offre s’élargit considérablement avec un Tournoi féminin des VI nations, dont on se délecte à l’avance.

Étudiante, chercheuse ou peintre en bâtiment, ces sportives de haut niveau ont du mal à concilier leur travail et leur passion et aspirent à devenir professionnelles. On les comprend, même si le professionnalisme et la télévision réunis, avec le formatage du jeu, le mercenariat, l’indifférence au maillot porté, ont gravement endommagé le jeu que nous aimons. Force est de constater que ce pur bonheur de rugby féminin a une âme qui n’est plus tout à fait aussi présente dans le rugby masculin. Qu’elle perdure longtemps !

Alain Juppé n’a plus d’oseille pour payer son parcmètre

Alain Juppé 018

En plein cœur de Biarritz, deux places réservées jusqu’au 20 août par arrêté municipal.

C’est à ce genre d’anecdote que l’on découvre l’ampleur de la crise financière qui frappe notre pays ! Bien sûr, comme tout le monde, on a entendu les restaurateurs biarrots maudire la météo variable, la qualité de l’eau de baignade invariable et les clients qui ne prennent qu’un plat accompagné d’une carafe d’eau du robinet, potable celle-là, bien sûr on a écouté d’une oreille distraite les sociologues nous expliquer que les Français trouvent de plus en plus souvent refuge dans leur famille pour les vacances (À Biarritz, c’est fou le nombre de personnes qui se rappellent soudain votre existence en août!), mais qui aurait pu imaginer qu’un actuel maire de Bordeaux, ancien Premier ministre et actuel co-président de l’UMP puisse ainsi tirer le diable par la queue?

Alain Juppé est venu trouver refuge pour une semaine, à Biarritz, dans sa famille, et, comme tout citoyen ordinaire, il a droit à la plus absolue tranquillité et aux meilleures vacances possibles. Seul hic, la prestigieuse cité de la Côte basque est une ville chère. L’abonnement pour stationner une semaine aux emplacements prévus à cet effet coûte… 12 € la semaine. 24 €, quand on est accompagné par son garde du corps, dans une deuxième voiture.

Heureusement, notre bon maire Michel Veunac, n’écoutant que son grand cœur, son amour immodéré des têtes couronnées et sa détestation des vélos, a vite trouvéAlain Juppé 016 la parade pour permettre à l’impécunieux Juppé, de bâtir tranquillement, sur la grande plage, des châteaux de sable marqués  » Élysée 2017 « . Par arrêté municipal, notre Premier magistrat, qui, cette fois, n’a pas repoussé sa décision à octobre, a bloqué jusqu’au 20 août 2014, deux places dont un emplacement réservé aux vélos, pour notre touriste de luxe, ce qui fait hurler tous les riverains qui tournent longuement avant de décrocher la tranquillité de leur véhicule. Gag supplémentaire, selon l’article 3 «  Le présent arrêté pourra faire l’objet d’un recours devant le tribunal Administratif compétant (l’orthographe est de la mairie!) dans un délai de deux mois à compter de sa notification ou de sa publication ». Un peu comme la Cité de l’Océan, en somme, jugée illégale des années après avoir été bâtie?

J’ai plutôt de la sympathie pour Alain Juppé, premier chef de gouvernement à avoir alerté les Français sur la gravité de la dette, homme politique condamné à un an d’inéligibilité en 2004 pour les approximations de Chirac,  auteur d’un blog remarquable, lors de son exil canadien, maire de Bordeaux dont le travail est salué par la plupart de ses concitoyens, et presque candidat à la présidentielle de 2017, ce qui est de loin préférable à un retour de Nicolas Sarkozy.

Mais ce genre d’anecdote, même si elle ne va pas loin, est désagréable car elle est révélatrice de la duplicité qui accompagne toujours un peu les hommes politiques. Soit le maire de Bordeaux, Alain Juppé, rend officiellement visite à Biarritz et il est normal de lui simplifier la tâche. Soit il est un vacancier comme les autres, qui sera le premier à réclamer tranquillité et anonymat si on le dérange, et dans ce cas là, ces petits passe-droit détestables relèvent d’une logique d’ancien régime, où on se gardait bien de confondre nobles et roturiers.

Seule bonne nouvelle pour Biarritz, le temps des sérieuses économies, nécessitées par le gouffre financier que représente la Cité de l’Océan, semble arrivé. Didier Borotra offrait aux notables des séjours à l’Hôtel du Palais. Michel Veunac, des places de stationnement. Et avec le prochain maire, compte tenu des finances de la Ville, ce sera une simple part de gâteau basque ?

Une mouche du coche Veunacosceptique…

michel-veunac-guillaume-barucq-et-guy-lafite

30 mars 2014 : un trio improbable qui peut enfin assouvir ses ambitions… Pour les convictions, on verra plus tard.

La vie de blogueur réserve bien des surprises et vient de me valoir un mail où l’on me considère comme « La mouche du coche » de la Ville, ce qui est tout de même préférable à « La couche du moche », comme le diraient les adeptes de contrepèteries.

Voilà donc ce que m’écrit Philippe Etcheverry, mon excellent con  frère :

«  Une mouche du coche qui pique à tort et à travers n’est plus qu’un vulgaire moustique. 
Ton papier sur la non-fermeture des plages de Biarritz suite à une pollution très localisée sur une plage d’Anglet qui, je te le rappelle, n’a pas entrainé d’interdiction de baignade des autres plages angloyes, en est l’illustration. Ton appel au vote “tout sauf Veunac” pour le deuxième tour des municipales était déjà une indication de ton parti-pris. Pour ma part je continue à harceler mes amis élus sur des questions de sécurité, de transport, d’usage de produits phyto et de communication. Sauf que je leur laisse le temps de mettre tout ça en place avant de piquer si cela s’avérait nécessaire.
Je me sers de mon makila pour avancer sur le chemin mais son dard, dissimulé, n’a rien perdu de son ardeur, je te rassure!
 »

Passons sur l’outrance verbale. En bon talonneur qui adore la castagne, elle me met en joie, même si j’ai tendance à me méfier quand des messieurs d’un âge certain tiennent à mettre en avant l’ardeur de leur dard, même dissimulé. Ce qui me frappe dans ton mail, Philippe, c’est cette vision du journalisme, tellement en contradiction avec la mienne.

Soupe aux choux pour les touristes !

Ainsi donc mon papier sur la qualité des eaux de baignade n’avait pas lieu d’être puisque l’application, « Biarritz info plage » et le très compétent auteur du mail que tu es, nous certifient qu’elle est excellente. Philippe, le journalisme ne consiste pas à rapporter la bonne parole officielle, mais à raconter ce qu’on voit.

Dimanche 10 août après-midi, les nageurs des plages du Port-vieux et de la grande plage baignaient, une fois de plus, dans une sorte de soupe aux choux immonde et devaient écarter à chaque brasse des algues, des morceaux de bois, des lambeaux de plastique et autres déchets mal identifiés. Alors, peut-être que sous l’épaisse couche de potage, la qualité des eaux de baignade était « excellente » comme l’affirmait sans barguigner « Biarritz info plage », mais les hauts le cœur et les récriminations des touristes sortant de l’eau étaient bien réels et sans doute pas très prometteurs pour l’avenir touristique de Biarritz. Marie Darrieussecq, elle–même, a raconté dans Libération  du 9 août à quel point la Côte basque est actuellement dans la merde, au sale et au figuré. On peut penser que le sémillant docteur Guillaume Barucq, que l’on a connu très incisif en 2013, n’aurait pas manqué de vitupérer sur ce problème. Il est amusant de constater que le nouvel adjoint à l’environnement Barucq Guillaume, ne trouve plus rien à redire à l’aspect repoussant  des eaux de baignade, version 2014.

Veunac trois fois pris la main dans le sac

Venons-en, maintenant, au reproche essentiel contenu dans ton mail. Ainsi donc, j’aurais appelé au deuxième tour de l’élection municipale au « Tout sauf Veunac », preuve de mon « parti-pris ». Ceux qui m’ont connu en 2008, à l’époque où mon épouse entrait au conseil municipal, peuvent témoigner qu’entre Brisson et Veunac, mes sympathies allaient plutôt pour ce dernier, lorsqu’on me demandait pour qui je voterais en 2014, si les deux adjoints étaient candidats sur des listes séparées. Scandalisé par le mépris manifesté par Didier Borotra pour son opposition, en particulier lors de la décision de construire la Cité de l’Océan, j’ai commencé à m’intéresser sérieusement à la vie politique locale en 2012, au moment de mon départ du Canard enchaîné. Les premiers éléments que j’ai pu récolter  m’ont tellement sidéré que j’ai pris la décision en 2013 de lancer le blog Bisque, bisque Basque ! 

Oui, et je le revendique en tant que journaliste, j’ai estimé que Michel Veunac ne devait pas être élu maire de Biarritz, mais cette affirmation ne reposait pas sur un quelconque caprice de bobo parisien, fraîchement installé au Pays basque, mais sur l’analyse de faits particulièrement têtus. Trois fois, pendant la campagne électorale, Michel Veunac s’est fait prendre la main dans le sac, en empruntant de l’argent à un fournisseur de la Ville, en rédigeant une étude fort rémunératrice et fort peu consistante pour l’Agglomération et en laissant un membre de son équipe aider le FN à monter sa liste. Même si aucun de ces faits n’est illégal en soi, ils témoignent d’une espèce d’avidité et de désinvolture avec l’éthique publique, incompatibles à mes yeux avec un poste de Premier magistrat de Biarritz. Ensuite, pendant toute la campagne, Michel Veunac et quelques comparses m’ont promis des révélations sur les « turpitudes » des autres candidats et en particulier de Max Brisson. Jamais rien ne m’a été fourni. Au contraire, tout ce que j’ai pu découvrir d’un peu limite me renvoyait toujours à Michel Veunac ou à quelque second couteau de sa liste, déjà en poste lors du précédent mandat. Faute d’un candidat de gauche respectable au second tour, j’assume donc complètement, d’avoir voté le 30 mars pour Max Brisson et la droite, ce qui m’était déjà arrivé en 2002 avec Chirac contre Le Pen.  Et quand, lors des conseils municipaux, j’écoute le trio Max Brisson, Jean-Benoît Saint-Cricq ou Richard Tardits,  qui offre un tel contraste avec l’improbable et disparate majorité municipale, je ne regrette pas mon choix et je me dis que la Ville est vraiment passée à côté d’une équipe performante.

L’ambition plutôt que les convictions pour Lafite et Barucq

Les Biarrots sont parfois étranges pour le Charentais que je suis. Quand Michel Veunac emprunte de l’argent à Jacques Darrigrand, les pragmatiques du bistrot du coin frottent leur pouce contre leur index pour mimer l’argent et me disent dans un clin d’œil : « A sa place, j’aurais fait pareil ». Quand le résultat final de l’élection suppose des reports de voix particulièrement surprenants, voire des tricheries, les blasés haussent les épaules et soupirent : « De toutes façons, ils sont tous pareils, ces hommes politiques ! »

Bisque, bisque, basque ! s’élève totalement en faux contre cette idée. Non,  les politiques ne sont pas tous pourris ! Allez consulter par exemple, le site nosdéputés.fr qui fait le bilan de l’activité parlementaire, cherchez le nom de Colette Capdevielle et vous aurez une petite idée de ce qu’est une députée qui travaille et de l’abnégation que demande un tel poste. Oui certains élus se la coulent douce et profitent du système, mais tous les hommes politiques ne sont pas à mettre dans le même panier, à Biarritz comme en France.

Quelques semaines avant les élections municipales, j’ai pu avoir une conversation informelle avec des hiérarques du parti socialiste au sujet de Guy Lafite. La réponse avait été catégorique. Si Guy Lafite s’alliait avec Michel Veunac, « jamais le parti socialiste ne lui accorderait l’investiture pour le second tour » On connait la suite et la déculottée historique subie par le PS, qui l’a sans doute incité à ne pas trop se monter regardant sur les alliances de second tour. Pour cette raison, j’éprouverais toujours le plus infini respect pour le candidat communiste Bernard Ithurbide qui a préféré se retirer plutôt que de s’allier avec Michel Veunac. Guy Lafite, et ses colistiers, eux, n’ont pas été effleurés par ce genre de scrupules…

… Même déception concernant Guillaume Barucq. Pendant longtemps, j’ai envisagé de voter pour lui au premier tour, avant qu’une discussion dans son cabinet ne me refroidisse complètement. Il était manifeste qu’entre Veunac et Brisson, il irait au plus offrant, que les approximations de l’un et les vertus de l’autre n’entreraient pas en ligne de compte, et qu’il n’envisageait pas une minute de s’installer dans un rôle d’opposant vigilant qui aurait crédibilisé ses débuts en politique. Entre ambition personnelle et convictions, Lafite comme Barucq ont vite fait leur choix et il n’est guère étonnant que nombre de leurs supporters aient eu le sentiment d’être trahis.

Pas d’idée, pas de projet, à part s’augmenter

Un vrai journaliste doit mécontenter tout le monde, tout au long de sa carrière. Quand j’ai salué, la courtoisie que manifestait Michel Veunac à l’égard de son opposition et sa volonté de dialogue, la plupart de ceux qui avaient beaucoup apprécié mes papiers pendant la campagne électorale, ont pensé que, à l’image d’un de mes confrères et ami, j’étais devenu un Veunacophile convaincu.

Je rêve d’un grand maire pour Biarritz, car la situation de la Ville est particulièrement délicate, mais, pour le moment, je reste très Veunacosceptique, car là encore les faits sont têtus.

Trouvez-moi, en dehors de Biarritz, un seul Premier magistrat d’une ville de 25 000 habitants qui n’ait pas encore livré sa feuille de route à ses électeurs ! Michel Veunac nous l’avait promis pour juin, ce grand programme qui allait enchanter les foules. Il l’a finalement différé à octobre et les Biarrots un peu observateurs commencent à se demander si leur nouveau maire a la moindre idée sur ce qu’il doit faire, maintenant qu’il a obtenu le pouvoir. Alors que la situation financière de la Ville est particulièrement délicate, ses seules décisions d’importance ont été de s’attribuer une indemnité mensuelle de 4499,80€, très proche du maximum prévu par la loi et de sérieusement raboter les subventions accordées aux associations. Cinq mois après son élection, « Goinfrounac », comme le surnomment quelques Biarrots facétieux, ne semble toujours pas savoir quoi faire du pouvoir qu’il a tellement souhaité. Voilà qui n’est guère rassurant. Et l’on commence à entendre aux halles des Biarrots qui ont voté Veunac et qui reconnaissent : « Finalement, on aurait dû voter Brisson. Il est beaucoup plus solide. »

 

Voilà, Philippe, en réponse à ton mail qui m’a beaucoup amusé, pourquoi ma vision du journalisme n’a vraiment rien à voir avec la tienne.  Contrairement à toi, « La mouche du coche » n’a pas de beau-frère à la mairie, ne possède pas de terrains familiaux susceptibles de devenir constructibles, n’attend rien de personne, n’a rien à demander, ne convoite aucun poste, n’est membre d’aucun parti, ne sera jamais candidat à une élection, n’est intéressé que par le journalisme pur et dur, n’aura jamais aucun état d’âme pour dénoncer tous  les manquements aux règles de la vie publique, quel qu’en soit l’auteur, et surveillera de très près dans les mois à venir d’éventuelles évolutions du PLU, le Plan Local d’Urbanisme, au cas où quelques miracles se produiraient.

C’est peut-être ça qui fait la force de Bisque, bisque, basque !