Quel bonheur, ce rugby féminin !

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Tout simplement magnifique…

Mes copains sont encore plus formidables que je ne l’imaginais. Mine de rien, je les interroge depuis deux semaines pour savoir s’ils ont regardé la Coupe du monde de rugby féminin. Je voyais bien les vieux guerriers avec qui j’ai mouillé le maillot prendre l’air dégoûté et maugréer, « Aucun intérêt, pas de combat, pas d’engagement, des coups de pied de moineaux…« . Au lieu de cela, de l’arrière au pilier, tous sont unanimes pour saluer le spectacle proposé et convenir que ce rugby là est un véritable bain de jouvence.

Ce qui frappe tout d’abord, c’est que le rugby, qu’ils soit pratiqué par des filles ou des garçons, reste LE sport par excellence de l’altruisme, de la générosité, du courage et de l’abnégation. La combattivité de la capitaine et numéro 2, Gaelle Mignot, la malice et le caractère de demi de mêlée de Jennifer Troncy, ou les assassinats d’attaque adverse de Marjorie Mayans, étudiante en criminologie dans le civil, n’ont décidément rien à envier  au rugby masculin. Et filles ou garçons, les gestes sont les mêmes : le poing rageur de Marion Lièvre après un essai victorieux, la claque de dépit sur la cuisse de Sandrine Agricole après une transformation ratée, et même, cette tape amicale d’un soigneur, sur les fesses d’une joueuse blessée repartant au combat.

Mais les deux, parmi les dix-neuf mille spectateurs enthousiastes du stade Jean Bouin à Paris, qui assistaient à la victoire de l’Angleterre contre le Canada en finale et à celle de la France contre l’Irlande (25-18) pour la troisième place, en brandissant une panneau « Rugby des filles, rugby qui brille« , ont tout à fait raison.

Car, derrière ces valeurs intrinsèques au sport-roi, le spectateur peut vivre, grâce au rugby féminin, un jeu vif et enlevé avec des attaques, des franchissements  de ligne d’avantage et des prises de risque (ah, cet essai d’Élodie Guiglion à l’ultime minute!), qui ne sont pas sans lui rappeler le sport qu’il pratiquait dans les années quatre-vingt.

On espère que Philippe Saint-André, présent dans les tribunes, a pris des notes pour transmettre au XV tricolore masculin de nouvelles recettes sur la joie de jouer et le plaisir d’être ensemble, après le pénible épisode australien.

Et pour ceux qui ont vécu la laborieuse entame de top 14 entre Bayonne et Toulon, avec un match de camionneurs sans imagination, susceptible d’endormir n’importe quel insomniaque, quel plaisir de voir ces filles qui s’aiment et qui s’amusent sur le terrain…

… Oui, oui, je vous vois venir avec vos grosses chaussures à crampons. À l’image de ces mamies perverses qui n’ont de cesse  de harceler leurs petits-enfants pour savoir s’ils préfèrent papa ou maman, vous voudriez bien que je choisisse un camp définitivement. Certainement pas! J’aime trop le rugby pour me priver de quoi que ce soit, mais quelle bonne nouvelle de constater que l’offre s’élargit considérablement avec un Tournoi féminin des VI nations, dont on se délecte à l’avance.

Étudiante, chercheuse ou peintre en bâtiment, ces sportives de haut niveau ont du mal à concilier leur travail et leur passion et aspirent à devenir professionnelles. On les comprend, même si le professionnalisme et la télévision réunis, avec le formatage du jeu, le mercenariat, l’indifférence au maillot porté, ont gravement endommagé le jeu que nous aimons. Force est de constater que ce pur bonheur de rugby féminin a une âme qui n’est plus tout à fait aussi présente dans le rugby masculin. Qu’elle perdure longtemps !

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