Vieux et ingérable, le rêve !

Comment braquer une banque... » Mais que devrons-nous faire? demandèrent à l’unisson Stina et le Râteau.

– Devenir les vieillards les plus emmerdants du monde, répondit Märtha. »

Comment résister à un programme aussi alléchant, que ne désavouerait pas « Bisque, bisque, basque  » ? Ils sont cinq à croupir dans cette maison de retraite, où on leur avait promis monts et merveilles. Mais le directeur a décidé qu’il allait faire du profit. Et d’abord, des vieillards, est-ce que ça a véritablement besoin de manger ?

Au début, nos octogénaires contestataires vont la jouer petit déambulateur : agapes clandestines dans la cuisine privée du directeur et remise en forme dans la salle de sport, que le personnel se réserve à son usage. Et puis le besoin de grand large se fait sentir et nos cinq malfrats passent à la vitesse supérieure : « Rendez-vous compte, nous allons enfin commettre un nouveau vol, se réjouit Stina. Moi qui avait si peur que le reste de ma vie soit d’un ennui… Ah, s’ils pouvaient me voir maintenant, ceux de Jonköping ».

Et les exploits de s’enchaîner ! Qui irait, en effet, soupçonner ces cinq vieillards qui vaquent le plus souvent en déambulateurs, la planque idéale pour cacher ses larcins, lorsqu’on pose son manteau dessus ? Et lorsque, pris de remords après avoir volé un Monet et un Renoir, ils décident de se dénoncer à la police, celle-ci éclate de rire et ne les prend pas une minute au sérieux.

Mais un vrai hold-up, celui qui va vous valoir le respect des truands professionnels, c’est un butin conséquent, qui vous permet de vous la couler douce aux Caraïbes pour le restant de vos jours. Et il n’est pas interdit, en plus, de jouer les Robin des Bois, défenseurs de tous les malmenés : «  Nous qui avons construit ce pays, nous voulons avoir une vie décente sur nos vieux jours. Nous ne sommes pas de vrais voleurs, vois-tu. C’est seulement là où l’État a failli que nous intervenons. Et nous empruntons seulement un peu aux riches pour le donner aux nécessiteux ».

 Alors comment ne pas accompagner de tous nos vœux les tentatives des cinq apprentis délinquants pour retrouver leur dignité? Archéologue de formation, devenue journaliste, Catharina Ingelman-Sundberg a fait un triomphe en Suède avec ce roman politiquement incorrect et absolument désopilant, vendu plus de 350000 exemplaires dans son pays. 

Un roman qui mérite de sortir le makila, de fixer solidement son dentier pour afficher son plus beau sourire et d’aller voler le livre chez un libraire toutes affaires cessantes. Il n’est, en effet, jamais trop tard pour devenir un casse-pieds patenté !

« Comment braquer une banque sans perdre son dentier », Catharina Ingelman-Sundberg, éditions fleuve, – 428 pages, 19,90 €.

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