Il faut trier, Weiler…

TrierweilerNous nous sommes tous retrouvés cocus, à un moment ou l’autre de notre existence, mais, par chance, nous n’avons pas appris notre infortune par les magazines et ne l’avons pas partagée avec soixante millions de Français.

Malgré l’extraordinaire violence subie par l’ex première petite amie de France, je m’étais promis de ne pas lire « Merci pour ce moment » de Valérie Trierweiler, avant de me raviser, après qu’un copain m’ait prêté l’ouvrage.

La journaliste Trierweiler regrettera sans doute, dans quelques années, d’avoir rédigé ce livre de femme blessée, qui n’est franchement pas impérissable, même si la presse française fait preuve dans cette affaire d’une confondante mauvaise foi.

 » Littérature de trou de serrure « …  » Insupportable violation de la vie privée « …  » Ouvrage de salle de bains « … Ah, ils sont nombreux, les beaux emplumés qui chroniquent à tout va dans les grands titres de la presse française à avoir tout fait pour nous dissuader de lire  » Merci pour ce moment  » ! Valérie Trierweiler n’est plus une source d’informations intéressante, contrairement à son ex-compagnon. Et les journalistes-flagorneurs de tous bords, en tentant de discréditer l’ouvrage et en volant au secours des intérêts présidentiels, se disent qu’ils vont se faciliter leur travail ultérieur et que le Président leur revaudra ça.

Le mystère du pingouin à scooter

Nous sommes en démocratie et il est toujours détestable de voir des gens qui se croient supérieurs décider pour le simple citoyen ce qu’il doit lire ou non. À part le récit d’un premier baiser, et quelques piques envoyées à Ségolène, il y a fort peu de vie privée dans « Merci pour ce moment  » et, en revanche, un reportage très révélateur sur l’homme qui nous dirige.

Et la lecture du brûlot prend tout son sens pour tous les cocus du suffrage présidentiel qui ont voté Hollande en 2012 et qui ne comprennent toujours pas pourquoi cet homme est totalement dépassé par sa fonction et rate à peu près tout ce qu’il entreprend. Cet homme nous avait promis de rester un « homme normal », contrairement à son prédécesseur, et il s’est comporté en homme normal au-delà de toutes les espérances des Français, avec ses virées nocturnes en scooter, flamberge au vent, indignes d’un président. Valérie Trierweiler est visiblement toujours dévastée par le chagrin, mais elle garde ses réflexes professionnels et se montre lucide quand elle nous raconte un président froid et déshumanisé, visiblement malheureux dans ses fonctions, mais aussi macho (  » Il te faut tout ce temps pour être belle… En même temps, on ne te demande rien d’autre  » ) et goujat (le communiqué de licenciement de la favorite : 18 mots à l’AFP!).

La presse ne fait pas son boulot

Sur son mépris des pauvres et l’expression qui va désormais le poursuivre des  » sans dents « , François Hollande nous a fait un grand numéro de cocker battu, victime d’une basse médisance, lui qui a consacré sa vie aux plus démunis. Mais pourquoi diable la presse n’a-t-elle presque pas relevé la réponse de Valérie Trierweiler, affirmant tranquillement qu’elle était prête à montrer à la Justice des SMS reçus prouvant ses dires?

Dans cette affaire, comme dans celle de la liaison avec Julie Gayet, la presse ne fait pas son boulot. On se fiche éperdument de connaître la vie amoureuse  de François Hollande, du moment qu’il dirige correctement le pays et n’utilise pas l’argent public à des fins privées. Après toute une série de mensonges et de dérobades, notre Don Juan à lunettes a raconté à celle qui le terrorise visiblement, qu’il voyait Julie Gayet depuis début 2013. Mais d’autres témoignages font remonter la romance au printemps 2012 et à la campagne présidentielle. C’est le travail de la presse, et cela ne relève nullement dans ce cas de la vie privée, de savoir si le futur président, a cyniquement laissé sa maîtresse en titre s’installer à l’Élysée, aux frais du contribuable, pour pouvoir vagabonder tranquille.

Valérie a oublié le journalisme

« Merci pour ce moment  » vaut donc pour ce portrait de Hollande, mais est décevant car l’auteur, incapable de faire le tri face au torrent d’émotions qui la dévaste, ne manifeste pas la moindre distance critique vis à vis de son propre parcours de journaliste. Valérie Massonneau, devenue Trierweiler, fait partie de ce bataillon d’accortes jeunes journalistes, que l’on envoie depuis Françoise Giroud, à l’assaut des séducteurs patentés que sont les hommes politiques. Et tant mieux, si tout cela finit sur l’oreiller pour permettre au journal qui emploie la demoiselle d’obtenir des informations de première!

Dès le début de sa romance corrézienne, Valérie Trierweiler devait informer son chef de service à Paris Match de sa situation et immédiatement partir dans un autre secteur journalistique. Au lieu de cela, pendant cinq ans, demeurée journaliste politique, notre pétroleuse s’est livrée à un éloge sans nuance du parti socialiste et en particulier de son si peu charismatique secrétaire général. Une fois entrée à l’Élysée, alors que rien n’est constitutionnellement prévu pour faire vivre la Première dame, elle s’est rabattue sur une rubrique livres qui n’a dupé personne et que François Hollande ne lisait même pas, à la grande fureur de l’intéressée. C’est ce compromis inacceptable passé avec sa profession qui peut être reproché à Valérie Trierweiler et non le fait de rendre les coups à un goujat.

Et le lecteur de refermer « Merci pour ce moment » en se disant que ni la politique ni le journalisme ne sortent grandis de ce récit.

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