Et ils sont où, les Biarrots ?

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Petite assemblée pour soutenir les salariés de la boutique SNCF.

Ils étaient cinquante, grand maximum, dont une dizaine de journalistes et quatre représentants de la mairie, à se rassembler, aujourd’hui 31 octobre, devant la boutique de la SNCF pour protester contre sa fermeture qui sera effective dès ce soir. « Les lettres que j’ai écrites à la direction de la SNCF n’y ont rien fait »  déplorait le maire, Michel Veunac, venu en compagnie de Guy Lafite, François Amigorena et Jeanine Blanco. Alors que cette boutique idéalement située était rentable, la SNCF n’a jamais voulu la maintenir, malgré les vœux de la mairie qui a parfaitement fait son travail pour soutenir les deux salariés qui vont être déplacés.

Seul bémol, la faible mobilisation de la population locale. Les mêmes qui vont râler quand ils devront aller chercher un billet de train, quartier de la Négresse, n’ont pas jugé bon de venir soutenir des salariés, qui manifestaient une amabilité et une disponibilité rares pour leurs clients.

Eh, oh, les Biarrots, la combativité, il n’y a pas que sur les terrains de rugby qu’elle doit se manifester !

Faux m’as-tu-vu, vrai champion…

De RosnayNul doute que cet homme, s’il avait eu le choix, aurait préféré, comme Achille, le héros de la guerre de Troie, une vie courte et glorieuse à une existence sans relief. Tête à claques insupportable, membre du Gotha mondain, mais aussi inventeur génial et champion d’exception,  cet homme a cumulé en trente-huit années d’existence plus de vies que bien des baroudeurs de pacotille.

Paris, lycée Janson de Sailly, septembre 1964. Arnaud de Rosnay raconte un des premiers coups de poker de son existence : « Le premier bac passé sans éclat, je suis rentré en Sciences Ex. Au bout d’une heure du premier cours, j’ai regardé le professeur, j’ai regardé tous mes amis, je me suis levé, leur ai dit « Au revoir, c’est la dernière fois que je mets les pieds dans une classe ! », je leur ai serré la main et je suis parti. » Quelques mois plus tard, le rebelle vit à New York avec l’actrice Marisa Berenson et démarre une prometteuse carrière de photographe, manifestant autant de talent à capter l’éclat d’un modèle sur un podium qu’à traquer des chercheurs de diamants, en Afrique du Sud ou à mettre en valeur des champions de windsurf.

Le même, cinq ans plus tard, vient surfer sur la Côte des Basques dans une Rolls Royce Silver Wraith, avec son chauffeur Louis qui lui tend «  un peignoir blanc brodé à ses armoiries et des serviettes en coton pour se sécher. Champagne, sodas, caviar, blinis et tarama… Au besoin, il y a tout ce qu’il faut au frais dans le coffre, pour se désaltérer et reprendre des forces. Un cérémonial insensé, mais authentique. » Étonnez-vous qu’on parle encore de lui à Biarritz !

On le retrouve au mariage de sa cousine à Arcangues avec un smoking clair, une pochette rose et… sans chemise! Arnaud réussit tout ce qu’il entreprend et veut que ça se sache. C’est l’époque où il affiche un titre de baron qu’il n’a pas le droit de porter puisque son père est toujours vivant. C’est aussi l’époque, où, mal remis de sa rupture avec Marisa Berenson, il vend à Lui  et à Stern, sans le consentement de son ex, des  photos nues réalisées quelques années auparavant… Une vraie tête à claques, ce nobliau!

28 juin 1973, un bref mariage avec Isabel Goldsmith va lui donner accès à tout le Gotha mondain. De Rosnay se lance dans les affaires, invente un jeu Pétropolis qu’il ira défendre jusqu’en Arabie Saoudite, fait la promotion du Backgammon, assure les relations publiques d’un complexe de luxe hôtelier au Mexique et… s’ennuie.

Divorcé, il revient à ses premières amours, la glisse, et assure la promotion du skateboard en France, dévalant les pentes du col de Saint-Ignace, en 1975, à plus de soixante-dix kilomètres heure. En 1977, il met au point, à Bayonne, les premières planches de speed-sail, avant de remporter le championnat de France l’année suivante.

Mais Arnaud se sent à l’étroit dans ces compétitions trop formatées et décide d’inventer ses propres aventures. En 1979, il réussit la traversée en speed-sail du Sahara, de Nouadhibou à Dakar, soit 1380 kilomètres en 58 heures. Puis, la même année, la traversée du détroit de Bering en planche à voile et en solitaire. Les champions de planche à voile, habitués à régater entre trois bouées, commencent à se gausser de ce baron, décidément trop talentueux pour eux.

Moitessier : « Ce gars est génial!« 

En 1980, le nom d’Arnaud de Rosnay devient célèbre dans le monde entier, lorsque l’aventurier, voulant partir sur les traces des Polynésiens, se lance dans l’expédition Îles Marquises-Tuamotu, soit 900 kilomètres en douze jours. De Rosnay manque dix fois de mourir, se retrouve sans assistance, est annoncé disparu, avant d’arriver, un peu par hasard sur l’ilôt d’Ahé. De retour en France, c’est la curée ! Bernard Moitessier, le mythique navigateur, avait pourtant décrit à un confrère du Figaro sa rencontre avec De Rosnay, qui lui avait montré le matériel avec lequel il comptait s’aventurer dans le Pacifique : «  Ce gars est génial, pas d’autre mot. Il a inventé quelque chose de tout simplement fantastique. Il avait déjà inventé la planche à roulettes à voile dans le désert et il vient d’inventer la planche à voile transocéanique, c’est dingue et c’est vrai, ça marche à 100%. Je parle en marin, c’est une révolution dans nos conceptions touchant la mer, un énorme pas en avant ».

Mais les grands médias qui n’ont pas daigné se déplacer, relaient la parole des véliplanchistes sceptiques et mettent en doute la performance. La grande réussite d’Olivier Bonnefon dans ce livre fort riche et documenté, est de rendre incontestable la performance accomplie par le champion français et d’ironiser sur ces journalistes qui ne quittent jamais leur bureau, mais qui préfèrent le laborieux rameur d’Aboville au flamboyant baron. Arnaud de Rosnay ne se remettra jamais de cette curée et c’est sans doute à ce moment que son destin bascule : « Je suis ridiculisé, roulé dans la fange par la presse : imposteur, saltimbanque, baron des craques, ils ne savent plus quels mots trouver pour me haïr, m’humilier. Si j’étais mort en mer, les mêmes hyènes seraient en train de me glorifier. »

« Il est temps d’arrêter les conneries« 

De Rosnay Jenna

Arnaud de Rosnay, avec Jenna et Alizé.

Arnaud pourrait hausser les épaules de ces mesquineries, car un changement immense vient de se produire dans sa vie. Lui, le coureur de jupons invétéré, vient de tomber amoureux fou de Jenna qu’il va épouser l’année suivante et qui lui donnera, en 1984, une petite Alizé dont il ne profitera que six mois. Amoureux ou pas, un champion ne peut accepter la défaite et se doit de faire taire les railleurs. D’autant que les rentrées d’argent après cette controverse, se font rares. Il se lance donc dans la conquête des quinze grands détroits de la planète, réussit la traversée entre la Floride et Cuba et celle des détroits de Gibraltar et de la Pérouse. Jusqu’à ce mois de  novembre 1984 qui le voit arriver en Chine pour s’attaquer à la traversée du détroit de Formose, accompagné du journaliste Pierre Perrin à qui il confie vouloir « arrêter les conneries ». Le 24 novembre, Arnaud quitte la plage de Chong Wu et personne ne le reverra.

Olivier Bonnefon, qui n’avait pas toujours l’occasion de nous faire autant vibrer lorsqu’il dirigeait  le bureau de  Sud Ouest à Biarritz et évoquait la personnalité de « l’aventurier » Borotra, a réussi un livre superbe, bien écrit, et passionnant comme un roman policier. L’inconditionnel de surf qu’il est a trouvé un sujet à sa mesure. En plus d’une iconographie remarquable, l’auteur restitue toute l’épaisseur humaine de ce personnage, son génie et ses failles, si loin des images d’Épinal qui ont encombré sa carrière.

«  Ma non-conformité aux schémas doit déranger les esprits bien pensants  » se plaisait à répéter le baron. Alors, si vous êtes un non-conformiste invétéré, ou simplement un aspirant non-conformiste première année, précipitez-vous à la librairie du coin…

  « ARNAUD DE ROSNAY, Gentleman de l’extrême », Olivier Bonnefon, éditions Atlantica, – 456 pages, 22 €.

Valls, Balkany, Veunac… Tous des farceurs!

Patrimoine 02Au hasard, prenez le petit Catalan qui dirige le gouvernement. Lorsqu’il a publié son patrimoine, en 2012, comme la loi l’y oblige, c’est tout juste si l’on n’a pas sorti les mouchoirs en se disant que sa fortune était décidément aussi étriquée que ses costumes. Un appartement de 88 m2  à Evry, et un autre de 44 m2 à Paris dans le XIe arrondissement, que Manuel Valls affirme occuper avec son épouse, la violoniste Anne Gravoin, 240 € d’assurance-vie et 1500 € sur ses comptes courants, soit un patrimoine total qui ne dépasse pas les 287 650 €.

Sauf que le Premier ministre de la France nous a fait un joli coup de violon, (http://www.observatoiredessubventions.com/2014/le-patrimoine-cache-de-manuel-valls/), comme le souligne l’observatoire des subventions. En toute simplicité, notre donneur de leçons gouvernementales a juste oublié de déclarer une Société civile appelée Homère (ça ne s’invente pas !), d’une valeur de 2 millions d’euros, abritant un appartement de 11 pièces avec 4 chambres, 5 salles d’eau, 7 pièces de séjour, 5 cuisines et 2 terrasses… Rien que ça ! L’astuce, car un Premier ministre ne saurait piétiner la Loi, c’est que Manuel Valls n’est actionnaire de cet appartement de 250 m2 qu’à hauteur de 1% de cette SCI, tandis que son épouse détient les 99% restants. Et que les deux conjoints ont opté pour la séparation de biens. D’un point de vue strictement légal, sa déclaration de patrimoine est donc parfaitement honnête, mais ces petites acrobaties fiscales et autres arrangements dont les politiques raffolent, sont-ils acceptables de la part d’un homme qui a l’ambition d’être un jour candidat à la présidentielle et qui n’ose pas dire, sous prétexte qu’il est censé incarner la gauche, qu’il est très confortablement logé ?

Balkany dépense plus en domestiques qu’il ne gagne!

Autre style, mais même volonté d’enfumer les électeurs chez le tristement célèbre couple Balkany à Levalllois. Savez-vous comment la brigade financière a pris la décision d’enquêter surPatrimoine 03 les rentrées d’argent du couple ? En constatant que Patrick et Isabelle Balkany déclaraient 143 000 € par an de revenus, mais dépensaient pour leurs frais de personnel… 195 733 € par an! Monsieur et Madame aiment péter dans la soie. Le couple possède trois luxueuses propriétés à Giverny, à Marrakech et à Saint-Martin, toutes planquées derrière des sociétés-écran, pour ne pas payer l’impôt sur la fortune. (Pour plus de détails, lire http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2014/10/22/ce-que-leurs-comptes-racontent-du-couple-balkany_4510488_4355770.html)

Passons brièvement sur le cas du rapporteur UMP de la commission des Finances de l’Assemblée, Gilles Carrez, auteur d’une loi sur l’immobilier, et qui s’appliquait une décote de 30% sur un bien qu’il détenait en SCI, afin de ne pas payer l’impôt sur la fortune. Pour sa défense, le député a soutenu qu’il « ignorait ce point de la loi fiscale ». Voilà une défense crédible!

Gémir sur son sort, habitude française

Et finissons-en avec le maire de Biarritz, qui, à son modeste, très modeste niveau, finasse comme les grands sur la question de ses revenus. Michel Veunac, comme Manuel Valls, a failli nous faire pleurer, lors de sa dernière conférence de presse, sur son triste sort financier, lui à qui il ne reste que «  2200 € nets, après les prélèvements à la source « . Quel farceur!

Bisque, bisque, Basque! va donc se faire un plaisir d’expliquer aux électeurs la curieuse façon de calculer de notre maire préféré et les trois approximations contenues dans cette courte affirmation.

Le prélèvement à la source, déploré par Michel Veunac, est beaucoup plus avantageux pour les hommes politiques que l’ imposition classique d’un salarié, car plus indolore. Si vous faites deux boulots à mi-temps, vous déclarez l’ensemble au fisc et êtes imposé sur le total. Les élus locaux ne sont que partiellement imposés, à l’aide d’une franchise de 650 € mensuels non imposables, avec ensuite application d’un barème équivalent au barème progressif de l’impôt sur le revenu mais sans tenir compte des autres revenus. (http://www.contribuables.org/2013/12/les-hommes-politiques-taxes-or-not-taxes/). Au final, un sacré privilège et une sacrée économie. Et une belle incitation au cumul des mandats!

Les impôts déduits du salaire : quand vous confiez votre salaire annuel à un ami, vous l’évoquez le plus souvent en net, parfois en brut, mais jamais en déduisant les impôts que vous payez dessus. C’est ce que fait Michel Veunac pour qu’on le plaigne. Un peu grosse, la ficelle ? C’est douloureux, mais c’est toujours très bon signe de payer beaucoup d’impôts! L’élu a d’ailleurs le choix entre une imposition classique ou une imposition à la source. Devinez pourquoi, les politiques choisissent toujours le prélèvement à la source.

Les multiples indemnités : fort habilement, Michel Veunac n’évoque que son indemnité de maire mais il passe sous silence ce qu’il touche à l’Agglomération et au Conseil régional. Quand on mesure les difficultés subies par nombre de salariés qui n’arrivent plus à joindre les deux bouts en travaillant à plein temps, un peu de décence serait bienvenue.

Mais, c’est une habitude bien française chez nos politiques que de se plaindre et de vouloir faire croire qu’ils sont les plus maltraités de la terre, alors qu’ils bénéficient d’avantages absolument anormaux et ne sont imposés, grosso modo, que sur la moitié de ce qu’ils gagnent. Si pour Michel Veunac, le métier de maire est si difficile et si peu rentable, la solution est simple. À 68 ans, il n’y a rien de scandaleux à faire valoir ses droits à la retraite, à décider de se reposer et à laisser la place à quelqu’un qui saura quoi faire du pouvoir et aura une réelle vision de l’avenir de Biarritz…

… Mais ça, c’est une autre histoire!

L’étonnante urbanité du conseiller Bonnamy

Bonnamy 001 Bob Marley

Et dire que cette porte de partie commune, vaudra des millions dans quelques années…

À l’image de Ségolène Royal, il rêvait de réenchanter la politique. Mais entre les discours et les actes, il y a parfois comme un écart.

Lorsqu’en 2006, le futur conseiller municipal à la mobilité urbaine, Éric Bonnamy, s’installe avec sa compagne en location au troisième étage du 12 rue Simon Etcheverry à Biarritz, tout l’immeuble se frotte les mains. Pensez donc, un inspecteur des affaires maritimes, un homme habitué à faire respecter la loi et à ne pas faire de vagues…

Bonnamy 009 cadenas

Partie commune, façon Bonnamy.

Mais il faut croire que les grands artistes sont souvent incompris et qu’un inspecteur maritime, une fois à terre, peut se transformer en matelot en bordée. Très vite, le nouveau locataire repère un local dans les parties communes de l’immeuble, dépose dans la rue les objets poussiéreux qui s’y trouvent sans chercher à savoir à qui ils appartiennent, y pose ses affaires et clôt le tout avec un gros cadenas. Fermez les écoutilles!

« L’agence nous avait dit qu’on pouvait déposer nos vélos à cet endroit. Je me suis juste efforcé de rendre ce local plus agréable » plaide le locataire. Tout autre son de cloche de la part de Françoise Gestas, syndic bénévole de l’immeuble : « Ce local appartenant à la copropriété s’est subitement retrouvé fermé à clés alors qu’il y avait un compteur électrique et en plus Monsieur Bonnamy l’a tagué ! »

Bonnamy  003 travailler moins

Bonnamy004 surfer plus

« Travailler moins pour surfer plus », « 68 is not dead », c’est la plage qui surgit soudain sous les pavés de ce triste sous-sol. Éric Bonnamy, homme de gauche,  assume : «  C’était un clin d’œil ! » Le quiproquo aurait pu en rester là si les escarmouches entre le locataire et la syndic bénévole ne s’étaient multipliées, reléguant la bataille de Verdun au rang d’aimable bluette de patronage, en comparaison de la guerre de tranchées qui sévit depuis huit ans dans cet immeuble.

En 2008, la locataire de Madame Gestas, qui habite juste en dessous de Monsieur Bonnamy met fin à regret à son bail, ne supportant plus le vacarme permanent de «  ces personnes qui confondent pavillon et appartement ».

Une première bordée d’injures que n’aurait pas reniées le capitaine Haddock, s’ensuit entre le locataire et la syndic. Madame Gestas part au commissariat déposer une main courante. Monsieur Bonnamy arrive sur ses talons pour affirmer que la locataire de Madame Gestas abandonne son appartement à cause du prix du loyer et non du bruit. La locataire, outrée, arrive à son tour, confirmant qu’elle ne supporte plus le voisinage de l’inspecteur.

Et ce n’est que le début d’une longue série de main-courantes ! Dire qu’on se demandait pourquoi la police n’avait plus le temps de dresser des procès-verbaux aux automobilistes sous Borotra…

L’escalade continue…

Le 26 septembre 2011, la copropriété est obligée de faire un constat d’huissier et une sommation interpellative pour que l’indélicat restitue les parties communes.

Penaud, Éric Bonnamy, reconnait par lettre l’occupation illégale et s’engage à remettre les lieux en état.

Mais six jours plus tard, le 2 octobre 2011, c’est la troisième guerre mondiale. Éric Bonnamy croise au rez-de-chaussée Madame Gestas et lui assène un chapelet d’obscénités (« J’étais épuisé par cette affaire », plaide-t-il) avant de monter au troisième étage par l’escalier central, de trouver un sac d’ordures ménagères sur le palier et de le lancer en contrebas, tandis que Madame Gestas discute avec un voisin. Par chance, personne ne sera blessé, alors qu’un tuyau métallique se trouvait dans le sac.

Nouvelle main courante au commissariat.

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Penaud, le très urbain futur conseiller municipal se fend d’une lettre d’excuses manuscrite où il reconnait un « comportement irrespectueux et ridicule ».

Bonnamy 010 excuses

On ne lui fait pas dire.

Après un incident aussi grave, certains auraient décidé de faire profil bas, mais l’homme qui taguait au pochoir des Bob Marley dans le sous-sol commun, adore mettre ses voisins en pétard. «  Je ne fais une fête qu’une fois par an, à l’occasion de mon anniversaire » affirme le jeune quadragénaire. Oui, mais quelle fête ! En ce mois d’août, les voisins du deuxième et du premier étage ont la surprise d’entendre des pétarades à hauteur de leurs fenêtres. « Mais non, c’est exagéré… Des copains m’avaient offert un feu d’artifice acheté au Bazar basque et nous l’avons juste tiré de ma fenêtre »

Étonnez-vous après cela que les propriétaires du turbulent locataire décident de le traîner devant le tribunal de Bayonne, le 28 novembre 2012 ! Alors que les juges se montrent généralement frileux sur les querelles de voisinage, ils estiment que le « trouble de jouissance » est caractérisé et ordonnent son expulsion. Célibataire sans enfant, la future étoile montante (ou météorite ?) de la liste de Guy Lafite aurait pu juger bon de mettre les voiles, ce qui parait indiqué pour un inspecteur des Affaires maritimes. Éric Bonnamy préfère faire appel à Pau. Malgré trois témoignages en sa faveur de locataires de son âge, le décrivant comme « particulièrement discret et respectueux », le jugement est confirmé en janvier 2014 et devient de ce fait exécutoire.

Bonnamy 007 condamnation Pau

En mai 2014, un huissier se présente au domicile de celui qui est devenu conseiller municipal chargé de la mobilité urbaine, pour lui signifier son expulsion, mais trouve porte close.

Et depuis ? Plus rien !

Avec une candeur désarmante, Éric Bonnamy livre peut-être la clé de l’énigme. « Cette affaire est folle. Je ne suis pas celui qu’on décrit. La preuve ? C’est le même agent immobilier qui m’avait logé ici qui me cherche un nouvel appartement… Le jour où l’huissier est venu, j’étais au travail et la sous-préfecture m’a appelé en me demandant si j’étais bien conseiller municipal. Depuis, je suis comme vous, j’attends. »

 La copropriété, qui trouve le temps long et s’indigne de cette inertie, qu’elle n’estime pas due au hasard, a demandé à être reçue par Michel Veunac qui l’a renvoyée sur Peio Claverie. Rendez-vous a été fixé au 16 juillet dernier, avant une rétractation par mail.

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Pas de chance pour eux, l’ami Peio est un homme débordé et n’a jamais trouvé une minute à leur consacrer. Ce rendez-vous manqué n’a strictement aucun lien avec l’appartenance à la majorité municipale d’Éric Bonnamy, ou avec les dates légales d’expulsion interdisant de mettre quelqu’un dehors du 1er novembre au 31 mars. Ce n’est pas le genre de la Ville de ruser ainsi !

Et quel dommage de gâcher un talent comme celui de Monsieur Bonnamy. Un homme avec une telle capacité à mettre de l’animation partout où il passe, à fédérer les enthousiasmes et à susciter l’adhésion, ne devrait pas être simple conseiller municipal. Hollande a son Thévenoud, député atteint de « phobie administrative », voilà maintenant que Veunac a le sien frappé de « phobie locative ». Vite, une promotion pour cette brillante jeune pousse politique !

 

Une étonnante rencontre

Rendez-vous est pris avec Éric Bonnamy, le 14 octobre au soir, au Bar des Colonnes. Sachant que l’intéressé est inspecteur des affaires maritimes mais aussi moniteur de surf, je m’attends à croiser un fort en gueule. L’homme est gentil, courtois et timide, ne nie pas ses erreurs, baisse les yeux comme un enfant pris en faute quand je m’étonne qu’un adulte comme lui contrevienne ainsi à la loi, et semble persuadé que tout est de la responsabilité de Madame Gestas, qui «  met l’immeuble sens dessus dessous » Un argument qui ne tient pas la route tant son dossier est désespérément mince quand celui de la syndic est fort consistant. Même évanescence quand on parle politique. À mon sens, son comportement le disqualifie pour être représentant de la Ville et il devrait démissionner de son poste de conseiller municipal. Un voile de tristesse traverse son regard en entendant mes propos et il évoque avec passion sa fonction, ce qu’il fait pour la cause du vélo et ce qu’il souhaite proposer dans le futur. J’ai envie d’engueuler Guy Lafite d’avoir recruté sur sa liste quelqu’un dont je ne doute pas de la gentillesse malgré les méfaits commis dans son immeuble, mais qui n’a visiblement pas le cuir assez solide pour faire de la politique. Comme Michel Veunac au poste de maire, on a envie de dire d’Éric Bonnamy : « Mais qu’allait-il faire dans cette galère ? »

Conférence de presque (l’intégrale)

Les approximations du duo Veunac-Lafite

Conf de presse Veunac 151

C’en est vraiment fini de l’ère Borotra! Devant la mairie, un camion envoie à la déchetterie les vieux dossiers.

Pour que les lecteurs puissent se faire une petite idée de ce qui s’est dit pendant les deux heures de la conférence de presque de Michel Veunac et Guy Lafite (Guillaume Barucq s’est contenté de hocher la tête, comme il le fait si bien, pendant 120 minutes), Bisque, bisque, Basque vous offre l’intégrale de ce rendez-vous avec les journalistes, découpé en quatre parties (Vous devriez dormir sans peine dès la première). Avec en avant-propos les sept minutes  où mes questions vont  subitement réveiller le maire (voix onctueuse) et son adjoint (voix d’énarque haut perché). Un morceau d’anthologie, car il contient toutes les vieilles ficelles de la communication la plus éculée, et quelques sévères contrevérités.

Écoutez et savourez !

 

Les attaques contre « Bisque, bisque, Basque ! ». Celles-là, on me les a déjà faites un paquet de fois dans ma carrière au « Canard enchaîné », les « Je ne vous lis pas », « Vous êtes d’une incompétence totale », « Vous ne savez pas de quoi vous parlez » ou « Vous vous prenez pour la conscience morale de la Ville ». Eh non, monsieur le maire, juste pour un journaliste qui fait son métier et qui garde son calme, quand vous vous énervez.

Plaza Berri. Ma question est simple. Michel Veunac a-t-il découvert l’attribution du marché de la restauration aux fils Poueyts grâce à Bisque, bisque, Basque !, ce qui indique qu’il ne tient pas ses troupes, ou s’est-il décidé à réagir parce que l’affaire était devenue publique. La réponse est longue, se veut précise, mais Michel Veunac ne répond jamais à la question posée. Un vrai politique !

La vie privée des élus.  L’homme à la voix haut perchée qui réagit à mes propos sur le conseiller municipal Éric Bonnamy, en s’indignant que l’on ne respecte pas la vie privée, est Guy Lafite. Curieuse conception de la démocratie ! Un homme public doit être plus exemplaire qu’un citoyen ordinaire, car il porte les couleurs de la Ville qu’il représente par son mandat. Ce qu’a fait François Amigorena en quémandant une place de stationnement à un hôtelier qui dépendait de lui, ce que vous allez découvrir sur le conseiller municipal chargé de la mobilité urbaine, expulsé par décision de justice de son appartement, ne relève pas de la vie privée mais de la vie publique et traduit un amateurisme (… le mot est gentil !) pour le moins déroutant de la majorité municipale qui vient de s’installer.

Le salaire de Veunac.  Et l’on en arrive au morceau de bravoure où Michel Veunac pique une colère froide quand on lui parle d’argent, très semblable à celles de Didier Borotra en son temps. Bizarre, cet énervement soudain du très poli Michel ! Est-il scandaleux pour un journaliste de demander à un élu, qui ne cesse de déplorer les finances précaires de la Ville, pourquoi il s’est octroyé le maximum prévu par la Loi ? Je ne le pense pas. Un festival de contrevérités va suivre. « Je peux aller chercher ma feuille de paie, avec les prélèvements à la source, il me reste 2200 € net ». Pour un peu, il va falloir lancer une souscription auprès des Biarrots : «  Un euro pour que Michel Veunac reste propre et mange à sa faim ». La vérité est toute autre, puisque notre grand pudique passe sous silence ses autres sources de revenus liées à l’agglomération et au conseil régional. Même cinéma quand Guy Lafite me fait le coup du mépris (… il est très fort pour cela) quand je m’étonne de l’écart entre sa rémunération et celle du maire et quand je demande s’il travaille seulement le quart du temps. « C’est plafonné ! » Soyons précis, la somme allouée aux élus est plafonnée en fonction de la taille de la ville. Il est sûr que si vous attendez huit convives à dîner, que vous avez acheté un gâteau en fonction du nombre d’invités et que l’un d’eux mange tout seul la moitié du gâteau, les parts des autres deviennent maigres. Claude Olive, par exemple, pour souder son équipe, a diminué son indemnité de 30% pour que les autres soient mieux servis. A chacun sa conscience morale, comme aime le dire le maire. Mais que c’est vilain, les mensonges !

Pour les dingues de vie publique, l’intégrale de la conférence de presse ci-dessous.

Une conférence de presque

Conf de presse Veunac 147Oui décidément, il y a du François Hollande chez cet homme… Même façon de se montrer affable… Même goût pour les petites phrases et la recherche de la complicité avec la presse… Même manière de jouer à l’homme posé… Même abyssale fragilité, bien mal dissimulée… Même lueur meurtrière dans le regard aussi, si on ose le contredire. Et malheureusement, pour l’un comme pour l’autre, même façon de ne pas savoir quoi faire du pouvoir, après avoir tant lutté pour l’avoir. Alors, on s’agite, on pédale avant de rétropédaler, on brasse de l’air, on teste des idées, sans qu’émerge la moindre vision d’ensemble cohérente. Et pour le journaliste qui observe Michel Veunac, après avoir suivi François Hollande, le sentiment d’avoir affaire à un capitaine de pédalo, quand la ville de Biarritz, comme l’État auraient besoin d’un solide amiral à la barre du vaisseau.

Michel Veunac sera sans doute très surpris d’apprendre que je ressens de la sympathie pour lui ; si nos rapports étaient moins tendus, je lui poserais la question qui me brûle les lèvres depuis six mois : « Mais pourquoi, Michel, as-tu voulu jouer dans la cour des grands, alors que tu n’étais pas fait pour cela ? » Récit d’une conférence de presse presque réussie, presque convaincante… et au final totalement désespérante.

Même pas conscient de se contredire !

L’avantage avec Michel Veunac, qui accueillait le 15 octobre à la mairie une vingtaine de confrères, pour ce qu’il appelle un « arrêt image » au bout de six mois de mandat, c’est que, comme tous les politiques qui ont quelques heures de vol, il n’a même plus conscience de se contredire d’une phrase à l’autre. C’est le nouveau maire en personne qui a annoncé qu’il tracerait la feuille de route de son mandat en juin, puis en octobre, mais il feint d’y voir une critique infondée de ses opposants, s’étonnant que Veunac fasse un bilan sans avoir défini ses ambitions pour la Ville : « Ce que je ferai, tout le monde le sait. C’est le projet que j’ai proposé aux Biarrots ! » dit-il en brandissant son programme des municipales, avant de rajouter : « Vous devriez en faire un livre de chevet. Le lire régulièrement le soir » Michel, l’apostolat a des limites !

D’autant que le même, reconnait en fin de conférence de presse qu’en ce qui concerne l’aménagement d’Aguilera, il a puisé dans le programme de Guy Lafite. Alors, c’est ton programme ou celui de Guy qu’il faut lire ? L’aménagement d’Aguilera, justement, parlons-en ! Mais non, Michel Veunac ne louvoie pas, ni ne biaise sur le sujet. C’est juste qu’il déteste faire de la peine aux amis. Alors, il annonce à ce brave garçon de Richard Tardits, le jour où il reçoit l’opposition, qu’on ne construira rien à Aguilera, avant de vouloir faire plaisir à Guy Lafite et d’affirmer à la presse qu’on construira « un peu » sur ces neuf hectares. De un à trois hectares ? « C’est à l’étude ! »

Même incohérence sur l’écologie. Veunac affirme vouloir diminuer l’empreinte écologique de Biarritz de 15% pendant son mandat, une promesse qui ne mange pas d’ozone, puis annonce dix minutes plus tard,  sans voir la contradiction, qu’il a rétabli l’autorisation pour les autocars de déposer les visiteurs devant le musée de la mer, qui sera désormais appelé « Musée de la mer-aquarium de Biarritz ». Et « Cité de l’Océan, gnan-gnan », ça n’attirerait pas du monde ?

La conférence de presse tourne à la conférence de stress

Et quand Michel Veunac évoque le trait de côte malmené et le risque de submersion, quelques confrères ne peuventConf de presse Veunac 156 s’empêcher d’échanger un sourire entendu, tellement le nouveau maire paraît submergé, même s’il s’efforce de faire bonne figure : « Une fonction de maire, ça se découvre quand on y est… Je m’y emploie avec passion ! ». Un maire qui n’a pas jeté avec l’eau du bain ses vieilles rancunes et qui ne se prive pas d’un petit plaisir : « Cherchez dans le programme de Max Brisson le mot logement social, il n’y est pas. » Se tournant vers Lafite, en prenant l’air admiratif : « Guy, tu me dis que tu as lu trois fois ce programme… Je ne sais pas comment tu as fait ! » Alors que le Veunac dans le texte, c’est évidemment du La Pléiade !

 Le nouveau maire adore les brochures sur papier glacé. Dans le huit pages qu’il a remis à la presse (et qu’il va joindre sous blister à tous les abonnés de Biarritz Magazine !) vous trouverez donc sous peu le catalogue complet des produits disponibles en rayon du Franprix municipal. Le crayon sur l’oreille, le maire nous détaille pendant une heure ses têtes de gondole magnifiques comme « Améliorer la qualité de la vie quotidienne », « Renforcer la cohésion sociale » ou « Favoriser un nouvel élan économique ». Si après cela, vos ne comprenez pas la direction choisie par la majorité municipale, c’est que votre cas est désespéré !

« Je travaille, moi. Je ne vous lis pas ! »

Conf de presse Veunac 148

Les conférences de presse chez Michel, c’est relaxe…

En revanche, quand « Bisque,bisque, Basque ! » souhaite l’interroger sur le fonctionnement parfois surprenant de l’équipe municipale (Samedi prochain sur ce blog, un nouvel épisode, avec les turbulences du conseiller municipal à la mobilité urbaine Éric Bonnamy), ou sur le curieux signal envoyé aux contribuables en s’octroyant une indemnité maximale, alors que les Finances de la Ville sont exsangues, le « gendre idéal », au lieu de répondre, disjoncte : « Je travaille, moi. Je ne vous lis pas ! »  et de poursuivre sur sa lancée : « La majorité des choses que vous dites révèle votre ignorance… Vous êtes un journaliste d’un naturel soupçonneux »… On le serait à moins, Monsieur le maire, après tout ce qui s’est passé à Biarritz lors du dernier mandat de Didier Borotra!

Michel Veunac a tout à fait raison : si on commence à considérer comme un travail, la publication d’un roman, d’une bande dessinée et d’une biographie dans les douze mois à venir, plus quelques cours à l’école de journalisme de Toulouse, la rédaction d’un blog et un très beau projet sur Anglet dont je vous parlerai prochainement, on va finir par prendre pour des condamnés aux travaux forcés les sociologues qui publient sur Bayonne. Mais l’avantage de ce boulot de dilettante que je revendique, c’est qu’il me laisse le temps de lire avec attention la prose de notre maire préféré. Et c’est tellement creux, tellement désespérément vide, que l’évidence d’un contre-emploi absolu s’impose…

… Si Michel Veunac est fait pour diriger la Ville, alors j’autorise tous les lecteurs de Bisque, bisque, Basque !  à m’appeler Monseigneur Aillet !

L’ami discret récompensé

ModianoCapricieuse par nature, l’actualité, parfois, vous donne envie de rire et chanter. Je n’ai jamais croisé Patrick Modiano, mais en apprenant que le Prix Nobel de littérature venait de lui être décerné, j’ai eu le sentiment qu’on venait d’honorer un vieil ami de la famille.

1968,  La place de l’Étoile. Modiano, auteur de ce premier roman, a vingt-trois ans et j’en ai quinze. Il est très rare, à cette époque, que je puisse m’offrir un livre neuf et pour nourrir ma faim, j’écume toutes les bibliothèques à ma portée. Mais je vais emporter partout avec moi, cet ouvrage à couverture blanche racontant l’histoire de Raphaël Schlemilovitch, un jeune juif français à qui un soldat allemand, errant dans le Paris occupé, demande où se trouve la place de l’Étoile. Et le jeune homme de montrer l’emplacement de son cœur, celui de la fameuse étoile jaune. Modiano, avec sa façon de raconter sans jamais appuyer, avec ses phrases courtes, avec cet art du clair obscur qui n’appartient qu’à lui, sera pour beaucoup dans ma décision de faire des études de lettres.

1980. J’occupe mes rares loisirs, en enregistrant des livres pour la bibliothèque pour aveugles de Montreuil. Le contrat passé avec cette association dynamique est clair. J’enregistre autant de livres que je peux, mais uniquement des livres que j’aime. Pour le journaliste que je suis désormais, l’exercice est formateur, car lire un livre à voix haute, le passer à l’épreuve du « gueuloir » comme disait Flaubert, permet d’apprécier la musique des mots et de comprendre la construction minutieuse mise en place par l’auteur. Bien entendu, j’enregistre La Place de l’Étoile, mais aussi Rue des boutiques obscures, Prix Goncourt 1978.

La même semaine, je reçois deux messages de félicitations de lecteurs aveugles, me demandant si j’accepterais de leur enregistrer d’autres ouvrages du même auteur, tellement ils ont apprécié cette découverte. Suivront donc, La ronde de nuit, Les boulevards de ceinture, Villa triste, et Livret de famille.

En 1985, lors d’un Apostrophes mémorable, je découvrirais ce grand échalas de Modiano, dévoré de tics et de timidité, face à un Bernard Pivot, subjugué par le talent de l’écrivain. Phrases interrompues, digressions, chemins de traverse, Modiano, avec ses maladresses, démontre que la littérature n’a pas besoin des caméras pour s’imposer. Difficile, en effet, de trouver moins vendeur que cet homme. Mais difficile, en revanche, de trouver plus opiniâtre que celui qui ne peut pas imaginer suivre un autre chemin que le sien. « Modiano écrit toujours la même chose » radotent les critiques littéraires en survolant ses pages. Né en 1945, d’un père juif, Modiano est fasciné par l’occupation et ne souhaite pas en sortir. C’est ainsi que l’on bâtit une œuvre, même si l’auteur s’est permis quelques rares incursions dans le cinéma (« Lacombe Lucien« ) ou dans la chanson (« Étonne-moi, Benoît« ). Cet homme excessivement humble qui affirmait dans Libération, en 2007 : « Si on fait de la prose, c’est parce qu’on est mauvais poète ».

Bernard Pivot, orfèvre en matière de lecture, a salué comme il se doit le quinzième romancier français, après Sartre, Camus ou Le Clézio, détenteur du  Prix Nobel : « C’est la littérature qui est récompensée ». Si ce n’est déjà fait, procurez-vous donc en édition de poche son premier roman, lisez dix pages et, tout comme Proust, vous allez être conquis ou détester immédiatement cet écrivain qui voue une passion absolue à la littérature.

Oui, décidément, il est des jours où l’actualité a du talent…