Quand Veunac fait l’autruche

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Notre maire, ce grand visionnaire…

Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes biarrots et personne ne s’en rend compte ! Michel Veunac démontre chaque jour une facilité déconcertante dans l’exercice de son mandat par rapport à  son laborieux prédécesseur, Didier Borotra. Créatif, omniprésent et d’un dynamisme époustouflant, il est en train de donner sa pleine mesure depuis son élection, comme peuvent le constater chaque jour les citoyens biarrots, de plus en plus ébahis.

Début octobre, notre grand communicant avait inventé le SMID, le Service Minimum Démocratique, en estimant qu’un conseil municipal tous les trois mois – le minimum prévu par la loi -, c’était bien suffisant pour les branquignols de l’opposition. Fin novembre, il continue dans les trouvailles démocratiques en refusant désormais de répondre aux questions des journalistes qui l’embêtent.

Depuis le 13 novembre, « Bisque, bisque, Basque ! » voudrait savoir combien ont coûté à la Ville les fêtes d’Halloween et ce qui est prévu pour Noël. Relancé à deux reprises, le service communication, promet une réponse. Mais que voulez-vous, le pauvre homme qui nous dirige est  ABSO-LU-MENT-DÉ-BOR-DÉ, et puis d’abord qui ça intéresse la façon dont l’argent public est dépensé ?

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La réponse de la mairie devrait pourtant être scrutée par pas mal de monde. Il se murmure en effet, que les fêtes d’Halloween, organisées par Robert Rabagny, n’auraient coûté aux contribuables que 5 000€, tout le reste étant financé par des sponsors. Sous prétexte de chasse aux sorcières, non seulement le projet sur lequel le plus célèbre animateur de Biarritz travaillait depuis trois ans a été repris sans vergogne par son successeur, mais en plus la mairie aurait claqué du fric sans compter. Le coût de cette fête s’élèverait pour la Ville entre 15 000 et 60 000 euros, suivant des sources, qui, convenons-en, ne sont pas d’accord entre elles et ont sans doute tendance à ne prêter qu’aux riches. L’addition doit être particulièrement difficile à faire pour que Michel Veunac ou son grand argentier Guy Lafite, ne puissent en venir à bout et jouer les vierges effarouchées quand les journalistes font leur métier.

On espère donc que l’opposition, même si Veunac s’efforce de la chloroformer, obtiendra cette réponse et la communiquera aux Biarrots.

 

 Massacre à la tronçonneuse

 Autruche 03Comme si les commerçants des Halles n’avaient pas assez subi entre le camping pendant plus d’un an, avenue Kennedy, et le fort judicieux réaménagement de l’esplanade, juste avant les fêtes de Noël ! Michel Veunac avait promis de ne pas toucher aux arbres, mais des ouvriers, en creusant une tranchée, ont gravement endommagé les racines de deux platanes qui risquaient de tomber en cas de tempête. Les habitants, en ce vendredi 28 novembre, ont donc eu la peine de voir ces deux beaux arbres à terre. Encore une promesse non-tenue par le nouveau maire !

En revanche, en ce qui concerne l’élagage d’un conseiller municipal de la majorité, qui tague les parties communes de son immeuble, et jette des sacs d’ordures à la tête de la syndic bénévole et n’est, de ce fait, pas digne de représenter la Ville, (https://jeanyvesviollier.com/2014/10/17/letonnante-urbanite-du-conseiller-bonnamy/), toujours pas la moindre demande de démission. Veunac reste aux bûcherons absents.

Les revoilà !

C'est de la bombe couvertureLe ministère de l’Intérieur est formel : malgré l’antipathie qu’ils éprouvent l’un pour l’autre, Patxaran, le rugueux inspecteur de police bayonnais et Manzana, le Biarrot réservé, doivent à nouveau faire enquête commune, car les belles villas, à Bayonne comme à Biarritz, commencent à sauter à la vitesse à laquelle un festayre confirmé engloutit les verres de vin. Et comme d’habitude avec nos deux lascars, ça déménage ! Des recoins cachés de la Rhune au château d’Ilbarritz, de Saint-Jean-de-Luz aux arènes de Bayonne, les policiers vont traquer les petits malins qui aimeraient tellement bétonner le Pays basque…

En vente dans toutes les librairies à partir du mardi 25 novembre 2014.- 52 pages, 15 €

Et comme dans le premier tome des « Aventures de Manzana et Patxaran« , Pierre George s’est régalé à dessiner Bayonne, Biarritz et le Pays basque!

C'est de la bombe BiarritzC'est de la bombe Bayonne

Les bien embauchés et les mal embouchés

En france« Mon père, c’est un embauché » résume David. Pour lui, un  titulaire d’un contrat à durée indéterminé, c’est un peu comme un gagnant du gros lot de la Loterie nationale. Ce que confirme un salarié de Pôle emploi : « Le contrat est devenu l’unité de valeur et le CDI, la valeur suprême. Les deux tiers des salariés qui entrent à Pôle emploi ne demandent plus un métier mais  » un CDI « . Pour les employeurs, c’est l’inverse : 49% des offres proposent de l’intérim, 30% des CDD ». Loin, si loin des comptes secrets en Suisse et des élus qui n’ont jamais vécu autre chose que le confort des cabinets ministériels, Florence Aubenas nous entraîne dans cette France qui lutte de toutes ses forces contre la crise.

Avec, en deux générations à peine, un incroyable renversement des valeurs. Un  «  embauché  » a du mal à suivre : «  En 1975, quand j’ai été recruté, le terme ouvrier à la chaîne était synonyme d’esclave moderne. Aujourd’hui, on nous appelle privilégiés « . Et le même de conclure, totalement dérouté : «  Ce qui était une fatalité pour nous, est devenu le rêve de nos enfants « .

Florence Aubenas

Florence Aubenas, formidable porte-parole de la France d’en bas.

Après avoir raconté les humbles et les sans grades dans « Le Quai de Ouistreham « , Florence Aubenas poursuit dans le même chemin en s’attardant sur les histoires qui n’intéressent pas habituellement les journalistes. La famille qui n’utilise plus la voiture, la dernière semaine du mois, car elle n’a plus d’argent pour mettre de l’essence dans le réservoir,  mais aussi les filles de la biscuiterie Jeannette qui s’apprêtent à perdre leur emploi, ou encore ce mariage lesbien à Thines, village ardéchois de neuf habitants, qui a bien cru perdre Joe, son épicière et qui est soulagé de la savoir désormais heureuse en amour, même si une des invitées de la noce récrimine : « Il faudra que tu m’expliques, Joe : tu vis dans un patelin de neuf habitants et tu te maries, alors que nous, à Lyon, on ne trouve rien à draguer ».

On découvre aussi comment Hénin-Beaumont s’est donné aux mal embouchés du Front national, comment les libertaires de Piémanson, cette petite bande côtière en Camargue, s’attendent à ce que l’État raie de la carte leur paradis ou l’histoire d’Ada, la Cubaine, qui s’apprête à devenir médecin à Aubusson.

C’est sobre, formidable, d’une vérité criante et d’une écriture limpide. Y compris quand des imbéciles racistes de Saint-Yrieix, en Haute-Vienne s’en prennent aux Roms qui mangent le pain de nos arabes (… Non, ce n’est pas du Coluche!) : «  Avant, c’était les Arabes ( à qui on en voulait), mais franchement, ici, ils bossent bien! »

« En France », Florence Aubenas, éditions de l’Olivier, – 240 pages, 18 €.

 

Pour compléter le propos de Florence Aubenas, lire aussi ce reportage sur les vendanges en Bordelais, vécues par un jeune couple de Bretons. 

https://jeanyvesviollier.com/2014/11/21/un-salaud-ordinaire/

Un salaud ordinaire

vendangesCette génération est décidément en acier trempé. Malgré la crise, malgré le chômage, malgré les patrons voyous, il ne lui viendrait jamais à l’idée de se plaindre ! Elle fait face et mérite l’admiration. Gaëlle et Erwan approchent tous les deux de la trentaine et sont originaires de Bretagne. Issus de classes moyennes pauvres, Gaëlle est licenciée es lettres et son compagnon es histoire. Les deux auraient rêvé de faire une école de journalisme, mais les frais de scolarité étaient inaccessibles pour leurs parents. Et évidemment, pas de travail pour eux à la sortie de la faculté. Ils sont donc devenus saisonniers, récoltant le raisin ou les kiwis et travaillant l’été dans la restauration.

C’est une grosse gaffe, alors qu’ils buvaient un verre au Bar des Colonnes, à la table à côté de la mienne, qui nous a permis de faire connaissance. Alors que le jeune couple, bloqué à Biarritz par une panne du canonique combiné volkswagen qui leur sert de maison itinérante, évoquait les vendanges qu’il venait d’effectuer dans le Bordelais, les souvenirs d’enfance m’ont assailli. Mon grand-père, sur la fin de sa vie, ne possédait que six hectares de très modestes borderies, entre Cognac et Saintes, mais je revois cette grande fête annuelle, l’imposante table dressée dans la cour de la ferme et ma grand-mère qui aurait été morte de honte si un des vendangeurs s’était plaint d’avoir faim…

 Pardonnez-moi d’avoir entendu des bribes de votre conversation, mais je suppose que vous avez très bien mangé pendant ces vendanges?

Gaëlle et Erwan m’ont alors regardé comme des poilus revenant de Verdun, écoutant un planqué de l’arrière leur expliquant comment repousser les Boches, avant de franchement éclater de rire…

Ni eau, ni électricité pour les saisonniers

Ils sont arrivés dans ce très réputé vignoble du Bordelais, alors que les vendanges étaient commencées depuis deux semaines, un de leur copain les ayant informés que le propriétaire manquait de main d’œuvre. Pas vraiment le genre vignoble modeste : les bouteilles se vendent entre 20 et 50 euros pièce et le propriétaire de ce grand cru réputé survole son domaine et contrôle le travail de la centaine de saisonniers qu’il emploie aux manettes… de son hélicoptère personnel.

Gaëlle et Erwan sont expédiés par le contremaître sur une vaste prairie, assez loin du château, où dorment, dans des tentes ou des camions, les Tchèques, Espagnols ou Italiens, venus pour l’occasion. Presque aucun Français. Première surprise désagréable, il n’y a ni eau courante, ni électricité, ni sanitaires  et les occupants sont obligés d’aller remplir leurs bidons au robinet du cimetière communal.

La première journée se passe bien pour les deux coupeurs de raisin, qui ont déjà à leur actif plusieurs campagnes de vendanges en Champagne, où ils avaient été particulièrement bien reçus. Mais à midi et le soir, c’est la mauvaise surprise. Chacun doit se débrouiller pour les repas, le châtelain, contrairement à toutes les traditions campagnardes, ne prévoyant strictement rien pour ses vendangeurs.

C’est 9,53 € de l’heure, comme le veut la loi et, circulez, il n’y a rien à boire… ni à manger!

Léger embarras du syndicat des vins de Bordeaux, lorsque je les interroge le lendemain : « Le repas offert aux vendangeurs est une tradition qui n’a malheureusement presque plus jamais cours. Les choses ont beaucoup évolué. Et les viticulteurs n’ont aucune obligation légale de nourrir les saisonniers. »  Pas d’état d’âme, en revanche, de la part de ces richissimes propriétaires pour accepter les aides de l’État, estimées à 20 millions d’euros, qui prend en charge une exonération des cotisations sociales. C’est sympa le métier de patron…

Erwan se marre :  » Le plus drôle, c’est quand le contremaître s’est plaint de l’état de notre combiné « . En bon conteur, il marque un temps d’arrêt. «  Il paraît que ça agaçait le propriétaire, quand il faisait son jogging, de voir nos camions pourris au bout de ses vignes. Là j’ai eu une prise de bec musclée avec le contremaître. La propriété était très étendue et le terrain mis à notre disposition totalement excentré. Certaines pièces de vigne étaient à plus de cinq kilomètres. J’ai donc gentiment expliqué au contremaître que ça ne nous amusait pas du tout de devoir déplacer nos camions et manœuvrer au bout des rangs de vigne et qu’il n’y avait aucun problème s’il souhaitait venir nous chercher en voiture. »  Petit détail significatif, la convention collective des vendangeurs prévoit le remboursement des frais de déplacement, mais le propriétaire ne doit sans doute pas savoir lire et s’est bien gardé de débourser quoique ce soit. Manifestant une classe éblouissante jusqu’au dernier jour.

« Au moment du départ, poursuit Gaëlle, chaque vendangeur a reçu une bouteille de vin… sauf nous! Nous n’avions fait que cinq semaines de vendanges contre sept pour ceux qui étaient là dès le premier jour et le contremaître nous a expliqué que nous n’y avions pas droit. En fait, on nous a surtout fait payer le fait d’être Français et d’avoir défendu nos petits camarades quand il y avait trop d’abus ».

La population s’en mêle

Gaëlle et Erwan rigolent, se lancent des regards amoureux. Ce genre de petite saloperie n’a plus de prise sur eux. Ils ont tellement croisé de patrons exploiteurs, depuis qu’ils ont quitté la faculté, les sournois qui paient au noir, les adeptes du « forfait » qui passent à la trappe les heures supplémentaires, les inconscients qui se plaignent devant les salariés au SMIC de leur dur métier de chef d’entreprise, tandis que la Porsche est garée dans la cour!

« En fait, le pire, c’était la population du village, précise Gaëlle, mise en confiance.  Plusieurs fois, alors que nous étions en train de cuisiner, des promeneurs ont longé le champ où nous logions en admonestant leurs enfants : « Ne vous approchez pas, ce sont des gitans! » Ils ne se doutaient pas que nous comprenions parfaitement le français et qu’ils nous blessaient profondément avec leurs propos. » . Les souvenirs affluent :  » Sympathiques aussi, les fusillades que nous avons endurées, reprend Erwan. Un dimanche, nous tombons tous de notre lit, à six heures du matin, en entendant une pétarade toute proche de nous. Nous avons aperçu des chasseurs qui tiraient en l’air dans tous les sens et n’étions pas trop rassurés. Quelques jours plus tard, le maire du village, qui s’est montré plutôt sympa avec nous, nous aidant à nettoyer le terrain tandis que le propriétaire se désintéressait de la question, nous a avoué qu’il n’y avait pas le moindre gibier dans ce secteur et que les chasseurs voulaient juste « s’amuser » un peu »…  Mais qu’est-ce qu’on rigole dans le Bordelais!

Gaelle et Erwan me racontent aussi leurs galères administratives, Pôle-emploi qui les convoque, à l’autre bout de la France, alors qu’ils sont en plein travail, les indemnités qui mettent des mois à arriver, quand ils se retrouvent au chômage. Saisissant raccourci de cette France qui perd, si bien incarnée par François Hollande.

La gauche se fourvoie totalement

Étonnamment peu politisés, ils rêvent de mettre trois sous de côté pour partir en Australie ou au Canada, des terres qui leur semblent plus accueillantes, mais, en dehors d’une détestation viscérale du Front national, se montrent peu critiques pour l’actuel gouvernement.

Ils sont pourtant la démonstration que la gauche se fourvoie totalement quand elle fait des amabilités au patronat au lieu de chercher à améliorer le pouvoir d’achat des salariés. Manuel Valls, applaudi à tout rompre par le MEDEF, quel désastreux symbole de ces gouvernements de gauche dont le seul souci est de cajoler la droite! Et pour s’en convaincre,  il suffit de se souvenir, lors du gouvernement Fillon, de la baisse de la TVA sur la restauration qui devait permettre la création de 140 000 emplois. Sans vergogne, les patrons ont empoché la différence et, pour un saint qui a joué le jeu, baissant ses prix et engageant de la main d’œuvre, cent autres ont adressé un superbe bras d’honneur au gouvernement.

Emmanuel Macron peut bien vitupérer lors des questions d’actualité à l’Assemblée nationale contre les retraites chapeaux (… il a dix mille fois raison!), si des mesures rapides ne sont pas prises pour tous ces salariés exploités et méprisés par leurs patrons, c’est à l’évidence dans la rue que la partie va se poursuivre, avec une explosion sociale que plus personne ne pourra contrôler. Et là, bien malin celui qui pourra se hasarder à un pronostic sur ce qui se passera.

Sur le même sujet, lire aussi « Bien embauchés et mal embouchés » à propos du livre de Florence Aubenas « En France ».

https://jeanyvesviollier.com/2014/11/21/les-bien-embauches-et-les-mal-embouches/

Les résidents secondaires, ces pelés, ces galeux…

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Quand une fausse bonne idée est dans l’air, comme taxer les résidences secondaires, vous pouvez être certain que le docteur Barucq va se précipiter…

C’était l’époque où Alain Juppé s’affirmait « droit dans ses bottes« , tandis que Sylviane Alaux pouvait encore se targuer d’être quadragénaire. En 1996, le Premier ministre de Jacques Chirac, pour lutter contre le chômage  dans les quartiers défavorisés, lance une idée qui séduit aussi bien à droite qu’à gauche : la création de zones franches urbaines. Les entreprises qui s’installeront dans ces zones difficiles, bénéficieront d’importantes défiscalisations. Presque vingt ans plus tard, l’expérience a montré que des patrons sans scrupules ont profité de l’aubaine fiscale que leur offrait l’État, en délocalisant leur siège social. Mais qu’ils ont aussi fait venir leurs cols blancs du centre ville et n’ont pas créé un seul emploi dans ces secteurs défavorisés, provoquant la colère des laissés pour compte qui y vivent.

Des lois qui créent une France à plusieurs vitesses

L’enfer est souvent pavé de bonnes intentions, l’Assemblée nationale aussi. Sylviane Alaux est sans nul doute une bonne parlementaire, mais, comme tous ses collègues, elle devrait y réfléchir à deux fois avant de proposer des lois qui contribuent à créer une France à plusieurs vitesses et qui s’avèrent ingérables avec le temps. L’Alsace ne crierait pas si fort actuellement, dans le débat sur la régionalisation qui veut la rapprocher de la Champagne, si elle ne bénéficiait pas d’avantages spécifiques datant… de 1871 et n’avait peur de les perdre. Idem pour la Corse. Et l’exemple des zones franches urbaines n’est pas plus convaincant.

L’idée de laisser la possibilité aux communes du littoral de surtaxer de 20% les propriétaires de résidences secondaires, occupant leur logement moins de deux mois par an est séduisante, mais sera-t-elle efficace? Il est permis d’en douter.

Bon courage à l’administration fiscale

Tout d’abord, on souhaite bon courage à l’administration fiscale pour recenser ceux qui vivent plus ou moins de deux mois dans leur domicile secondaire. Une simple déclaration sur l’honneur du citoyen ? Un contrôle des factures téléphoniques ou d’électricité ? Une intervention d’agents spécialisés comme pour la redevance télé ? … De l’art de faire une usine à gaz pour pas grand chose !

Ensuite, on pronostique bien du plaisir aux villes qui voteront cette surtaxe de 20%, stigmatisant  ceux qui ne sont pas du cru. On oublie trop souvent que lorsque une personne d’âge mûr s’offre une résidence secondaire, elle arrive souvent au meilleur de son parcours financier, avec un pouvoir d’achat qui fera le bonheur des commerçants locaux et qu’elle coûte donc beaucoup moins cher qu’un habitant ordinaire de la commune. Pas de frais de scolarité pour ce nouvel arrivant, pas d’aides sociales, et, s’il n’est présent que deux mois par an, un coût moindre de ramassage des ordures ménagères, de travaux de voierie, alors que le nouveau-venu paiera une taxe d’habitation comme les autres.

Enfin, n’oublions pas que chaque commune restera libre de surtaxer ou non. Quel signal envoyé à ces citoyens de seconde zone que de leur infliger 20% d’impôt supplémentaire, par rapport aux autres habitants, et quelle façon de les inciter à aller s’installer dans une commune voisine plus psychologue et plus accueillante !

De surcroît, la mesure peut s’avérer totalement contre-productive pour les Finances de la Ville. La faible rentrée d’argent produite par cette taxe risque de représenter beaucoup moins que les pertes liées à une baisse du prix de l’immobilier, qui entraînera pour les communes une baisse conséquente des droits de mutation.

Barucq, une fois de plus à côté de sa planche

La réaction des élus locaux à l’annonce de cette mesure envisagée est très révélatrice (Sud Ouest des 14 et 15 novembre). Guillaume Barucq, dont la vision politique ne va décidément pas au-delà du bout de sa planche de surf, dit « trois fois oui » à la mesure. Michel Veunac et Guy Lafite font une réponse de normands en disant oui mais. (S’ils avaient été capables d’avoir une idée originale sur une question communale, on s’en serait aperçus depuis le mois d’avril!) et seul Max Brisson (… on va encore dire que je suis UMP et je vais encore démentir!) fait montre de sens politique en insistant sur les dangers de ce projet de loi : « Je ne crois pas en cette taxe pour inverser la courbe de la population biarrotte« . Chez nos voisins immédiats, les élus manifestent un peu plus de lucidité. Peyuco Duhart, à Saint-Jean-de-Luz, n’y voit qu’un « nouveau tour de vis fiscal, alors qu’un gel des impôts a été promis ». Odile de Coral, maire d’Urrugne, estime qu’on « vise les propriétaires des résidences secondaires, alors qu’ils participent grandement à l’économie locale ».  Enfin qu’on ne vienne pas me dire que je suis contre cette mesure, car elle me concerne. J’habite huit mois par an à Biarritz, donc je ne serai pas redevable, et, comme j’ai l’intention d’acheter un appartement plus grand dans les trois ans à venir, je ne peux que me réjouir d’une loi qui va inévitablement entraîner une baisse des prix.

À quoi servent les lois actuelles?

Dans cette affaire, on touche du doigt les limites du travail législatif. Est-ce le rôle d’un élu de proposer des lois qui contribuent à émietter la France, à en faire un incohérent mille-feuilles législatif ? Et surtout est-il logique de proposer une nouvelle loi, destinée à aider les habitants des cités touristiques à rester chez eux, uniquement parce qu’une excellente loi en vigueur n’est pas appliquée par les maires?

Prenez l’exemple de Biarritz, ville qui a perdu en dix ans près de 5 000 habitants et qui s’avère incapable de retenir ses jeunes couples. Le prix moyen actuel du mètre carré est de 5 000 € . Même s’il baisse, pensez-vous que les jeunes couples obligés de s’agrandir pour cause de nouveau-né pourront rester dans la Ville ? Il n’y a qu’une solution pour les retenir : le logement social! C’est avec des loyers bas proposés aux familles locales que Biarritz ne perdra plus ses enfants. La Loi impose 20% de logements sociaux dans une ville, mais Didier Borotra a toujours eu une conception très personnelle de la loi et, avec 8% seulement de logements attribués aux plus défavorisés, a toujours préféré payer la pénalité prévue par le législateur plutôt que de s’intéresser à cette question.

Au lieu de coûteux projets architecturaux comme la Cité de l’Océan, qui n’intéressent personne, l’avenir d’une cité balnéaire passe par des facilités de logement faites aux gens du cru pour les inciter à rester. » Biarritz est une ville qui, depuis dix ans, a raté tous ses tournants » me disait récemment un copain de randonnée, résidant à Anglet. Le propos ne semble pas dénué de pertinence.

Ce Rabagny de bonne compagnie

Quartiers 01Cet homme est décidément plein de ressource : vous lui donnez un bout de bois et il vous en fait un bouclier de Brennus, façon Biarritz, pour honorer le vainqueur du Trophée des Quartiers. Une ficelle et il vous organise une épreuve de tir à la corde. Un micro et il mettra dans sa poche les deux cents spectateurs venus Plaza Berri pour assister, le 11 novembre, aux trois dernières épreuves de cette première édition, opposant de façon bon enfant six quartiers historiques de la Ville.

Robert Rabagny, pourtant, pourrait se montrer amer après s’être fait déposséder deQuartiers 05 trois ans de travail au moment d’Halloween, et avoir subi, même si Michel Veunac jure le contraire, quelque chose qui ressemble beaucoup à une chasse aux sorcières. Mais il fait le job, amuse la galerie, encourage les plus faibles et n’hésite pas à aller chercher dans les tribunes l’emblématique ancien pilier du Biarritz Olympique, Soso Puleoto pour renforcer une des équipes de tir à la corde. Après l’épreuve où se sont affrontés les apprentis bûcherons, il s’empare du balai en lançant à la foule, qui saisit tout de suite l’allusion « Il faut que je m’entraîne, car je pourrai bien finir ainsi ».

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Rabagny a décidé, une fois pour toutes, de balayer les médisances et les jalousies qui émaillent sa carrière.

Le public applaudit, s’amuse, ne prend pas la joute au sérieux, car le but est de créer du lien entre Biarrots. Le délicieux Jean-Louis Berho anime un quizz qui permet à chacun de réviser ses classiques, voire même d’apprendre quelque chose. Les plus jeunes découvrent ainsi qu’à la place de la mairie actuelle, trônait, jusqu’en 1954, un grand magasin appelé Le Bon Marché. Une devise que nos actuels élus pourraient méditer, car qui mieux que Rabagny a cette capacité à fédérer la Ville pour trois sous ?

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Pour l’anecdote, c’est finalement l’équipe Centre-Les Halles qui va emporter le précieux bouclier, remis par Peio Claverie.

On t’a sifflé, le giflé ?

Viaud page uneComme une mouche tombée dans le potage ! Même si je n’ai plus la moindre illusion sur les aptitudes de l’homme qui nous gouverne, je suis devant ma télé, jeudi soir, pour voir comment François Hollande va s’en tirer, face à quatre Français triés sur le volet, au moment d’expliquer, à mi-mandat, son impopularité record et sa rare constance à rater tout ce qu’il a entrepris. J’ai aussi branché l’ordinateur pour suivre en direct les réactions sur Twitter, car j’adore l’esprit gaulois et irrévérencieux qui y prédomine. Et je ne suis pas déçu. Pendant qu’Hollande pérore, Mélenchon se déchaîne, et le fils de Valérie Trierweiler – il est taquin, ce gamin !- se laisse même aller à un tweet parodique de soutien à Hollande, en reprenant mot pour mot le texte que sa mère avait adressé à Olivier Falorni.

Sans surprise, je trouve Hollande pathétique, totalement dépassé par la fonction et bien incapable de savoir où il va (on dirait… un certain maire de Biarritz !), mais en même temps, je ne peux m’empêcher d’éprouver de l’admiration pour la bête blessée qui fait front avec vaillance et s’efforce de faire croire qu’il maîtrise tout, des escapades à scooter aux échecs économiques à répétition. Décidément, les politiques ne sont pas des hommes comme les autres et ils ont le cuir sacrément épais.

Je guette le moment où l’inspecteur gadget corrézien va sortir de son haut de forme une mesurette magique destinée à amuser la galerie et je ne peux m’empêcher de sourire quand il propose l’école de la deuxième chance pour les jeunes. Il est évident que cet homme, qui a débuté comme conseiller de François Mitterrand, croit encore en lui et à son avenir présidentiel, même s’il est le seul. Je ne résiste pas au plaisir d’un tweet moqueur :

Hollande : « Tout jeune doit avoir une deuxième chance » Il pense à lui et vise 2017 ?

Et c’est alors que surgit la petite mouche bourdonnante. L’immense chroniqueur de France 2, Jean-Philippe Viaud, l’homme qui a présenté Bing parade aux côtés de Thierry Beccaro, ébloui par sa propre notoriété depuis qu’il a été à demi étranglé par William Leymergie, s’invite sans y être convié dans le débat :

Viaud vil et vivieux

Surpris de l’intrusion, je lui réponds « On t’a sifflé, le giflé ? »

Mais l’agité du fenestron n’a pas fini de marteler le clavier de ses petits poings rageurs. A Brisson qui affirme qu’ils sont légion à gauche à avoir pris leurs distances avec Hollande, l’excité cathodique réplique « J’adore le Légion. C’est du vrai Morano », avant de revenir à celui qui ose faire de la peine à son idole, Michel Veunac : « C’est un métier le journalisme… Pas un hobby de pervers scribouilleux, revanchard, en retraite forcée »

Viaud Du Morano

Viaud Retraite forcée

Les fautes d’orthographe sont en prime (« Info erroné»). Fort heureusement, à la télé, on n’a pas besoin d’écrire.

Merci Jean-Philippe pour ce compliment, car j’aurais été très ennuyé que nous partagions la même conception du journalisme. Mon métier n’a jamais consisté à me faire photographier avec les vedettes du show-bizz et à relayer les plans communication des attachés de presse. Il me suffit de regarder ta page Facebook trente secondes pour avoir envie de fuir en courant. Et quand tu conclus un autre de tes tweets rageurs par « Bisque, bisque, naze ! », je rigole franchement, car je sais que l’invective est l’arme des faibles et la preuve que Bisque, bisque, Basque ! emmerde visiblement beaucoup de monde. Et pour ma part, je n’ai jamais été décoré par Sarkozy, début 2012 et j’en suis fier.

Viaud Retraite forcée

Et ça continue (« retraité déchus »). Fort heureusement, à la télé, on n’a pas besoin d’écrire.

Au lieu de formules à l’emporte-pièce, tu ne préfères pas qu’on discute de la feuille de route de Veunac, toujours aux abonnés absents, de son incapacité à décider, ou de cette curieuse décision démocratique d’organiser un conseil municipal tous les trois mois… Pourquoi tu tousses et tu t’étrangles ? Je te promets, ce n’est ni moi, ni William Leymergie !

 Merci donc, pour la belle occasion que tu me donnes de mettre les points sur les i.

 Les invectives.- Tout d’abord, j’ai gardé de la boxe et du rugby l’habitude de rendre tous les coups que je reçois, et je me réjouis des invectives, car elles me permettent de donner libre cours à mon tempérament batailleur. Philippe Etcheverry, en son temps, l’a vérifié, tu l’apprends aujourd’hui, et le traitement sera le même pour tous ceux qui s’y frotteront.

 L’engagement politique.- J’ai bien noté ensuite la petite fourberie de l’homme habitué à attaquer par derrière, qui adresse ses tweets à Viollier et Brisson réunis, histoire de relayer la campagne de presse de l’équipe Veunac, affirmant que je roule pour le leader de l’UMP. Oui à l’évidence, Max Brisson me parait avoir plus d’envergure et de dimension intellectuelle que Michel Veunac (Ce n’est pas bien difficile, me direz-vous !), mais qu’on ne s’y trompe pas, je suis à gauche toute, et je me situe politiquement quelque part entre Mélenchon et Olivier Besancenot. J’ai le sentiment que les institutions de la Ve République sont en train de s’écrouler,  je pense que la relance économique passe par des augmentations de salaire plutôt que des cadeaux  aux patrons  et je suis persuadé que l’inconscience des politiques, la sclérose de l’UMP et du PS, vont obliger les Français à descendre dans la rue sous peu. Pas très UMP, tout cela.

Comme je viens de le répondre, dernièrement, à un lecteur du blog, qui s’étonnait que j’attaque systématiquement Veunac et non Brisson, peut-être lâché par une partie de ses troupes à quelques encablures des élections cantonales, «  je me fous un peu du bazar qui règne à l’UMP et je juge plus courageux, et plus intéressant journalistiquement, de m’attaquer au pouvoir en place ».

 La retraite.- Dernier point, enfin, du roman façon Viaud, ma prétendue retraite forcée et l’aigreur qui en découlerait. Il suffit d’appeler n’importe qui au Canard enchaîné, pour vérifier que je suis parti de mon plein gré, alors que je n’étais absolument pas menacé. Comment un grand journaliste comme Jean-Philippe Viaud n’a-t-il pas fait cette démarche élémentaire ? Comme tu le dis si bien, « C’est un métier, le journalisme ! ». Au Canard, je ressentais un malaise grandissant, lié à un coup de main pour le moins douteux donné à Sarkozy, en 2007, et à un système féodal de primes qui incitait plus à la flagornerie qu’à la créativité. Tout le monde peut lire ce que j’ai vécu dans mon roman « Un délicieux canard laquais » qui résume mon parcours dans la presse. Indépendant depuis 2012, je savoure chaque jour ma liberté de ne dépendre que moi et le bonheur d’écrire comme j’ai envie. Mais Jean-Philippe Viaud, qui travaille toujours avec son patron étrangleur et qui s’accroche comme une arapède à son rocher de France 2, peut sans doute donner des leçons au monde entier en matière d’épanouissement au travail et de prise de risques.

Finalement, quand je vois cette façon, chez Jean-Philippe Viaud, de balancer des anathèmes, de traduire son mal-être dans des invectives, et d’éructer au lieu d’argumenter, un pseudonyme me parait s’imposer  pour relancer une carrière bien essoufflée.

Louis-Ferdinand Viaud, c’est pas mal, non ?