On t’a sifflé, le giflé ?

Viaud page uneComme une mouche tombée dans le potage ! Même si je n’ai plus la moindre illusion sur les aptitudes de l’homme qui nous gouverne, je suis devant ma télé, jeudi soir, pour voir comment François Hollande va s’en tirer, face à quatre Français triés sur le volet, au moment d’expliquer, à mi-mandat, son impopularité record et sa rare constance à rater tout ce qu’il a entrepris. J’ai aussi branché l’ordinateur pour suivre en direct les réactions sur Twitter, car j’adore l’esprit gaulois et irrévérencieux qui y prédomine. Et je ne suis pas déçu. Pendant qu’Hollande pérore, Mélenchon se déchaîne, et le fils de Valérie Trierweiler – il est taquin, ce gamin !- se laisse même aller à un tweet parodique de soutien à Hollande, en reprenant mot pour mot le texte que sa mère avait adressé à Olivier Falorni.

Sans surprise, je trouve Hollande pathétique, totalement dépassé par la fonction et bien incapable de savoir où il va (on dirait… un certain maire de Biarritz !), mais en même temps, je ne peux m’empêcher d’éprouver de l’admiration pour la bête blessée qui fait front avec vaillance et s’efforce de faire croire qu’il maîtrise tout, des escapades à scooter aux échecs économiques à répétition. Décidément, les politiques ne sont pas des hommes comme les autres et ils ont le cuir sacrément épais.

Je guette le moment où l’inspecteur gadget corrézien va sortir de son haut de forme une mesurette magique destinée à amuser la galerie et je ne peux m’empêcher de sourire quand il propose l’école de la deuxième chance pour les jeunes. Il est évident que cet homme, qui a débuté comme conseiller de François Mitterrand, croit encore en lui et à son avenir présidentiel, même s’il est le seul. Je ne résiste pas au plaisir d’un tweet moqueur :

Hollande : « Tout jeune doit avoir une deuxième chance » Il pense à lui et vise 2017 ?

Et c’est alors que surgit la petite mouche bourdonnante. L’immense chroniqueur de France 2, Jean-Philippe Viaud, l’homme qui a présenté Bing parade aux côtés de Thierry Beccaro, ébloui par sa propre notoriété depuis qu’il a été à demi étranglé par William Leymergie, s’invite sans y être convié dans le débat :

Viaud vil et vivieux

Surpris de l’intrusion, je lui réponds « On t’a sifflé, le giflé ? »

Mais l’agité du fenestron n’a pas fini de marteler le clavier de ses petits poings rageurs. A Brisson qui affirme qu’ils sont légion à gauche à avoir pris leurs distances avec Hollande, l’excité cathodique réplique « J’adore le Légion. C’est du vrai Morano », avant de revenir à celui qui ose faire de la peine à son idole, Michel Veunac : « C’est un métier le journalisme… Pas un hobby de pervers scribouilleux, revanchard, en retraite forcée »

Viaud Du Morano

Viaud Retraite forcée

Les fautes d’orthographe sont en prime (« Info erroné»). Fort heureusement, à la télé, on n’a pas besoin d’écrire.

Merci Jean-Philippe pour ce compliment, car j’aurais été très ennuyé que nous partagions la même conception du journalisme. Mon métier n’a jamais consisté à me faire photographier avec les vedettes du show-bizz et à relayer les plans communication des attachés de presse. Il me suffit de regarder ta page Facebook trente secondes pour avoir envie de fuir en courant. Et quand tu conclus un autre de tes tweets rageurs par « Bisque, bisque, naze ! », je rigole franchement, car je sais que l’invective est l’arme des faibles et la preuve que Bisque, bisque, Basque ! emmerde visiblement beaucoup de monde. Et pour ma part, je n’ai jamais été décoré par Sarkozy, début 2012 et j’en suis fier.

Viaud Retraite forcée

Et ça continue (« retraité déchus »). Fort heureusement, à la télé, on n’a pas besoin d’écrire.

Au lieu de formules à l’emporte-pièce, tu ne préfères pas qu’on discute de la feuille de route de Veunac, toujours aux abonnés absents, de son incapacité à décider, ou de cette curieuse décision démocratique d’organiser un conseil municipal tous les trois mois… Pourquoi tu tousses et tu t’étrangles ? Je te promets, ce n’est ni moi, ni William Leymergie !

 Merci donc, pour la belle occasion que tu me donnes de mettre les points sur les i.

 Les invectives.- Tout d’abord, j’ai gardé de la boxe et du rugby l’habitude de rendre tous les coups que je reçois, et je me réjouis des invectives, car elles me permettent de donner libre cours à mon tempérament batailleur. Philippe Etcheverry, en son temps, l’a vérifié, tu l’apprends aujourd’hui, et le traitement sera le même pour tous ceux qui s’y frotteront.

 L’engagement politique.- J’ai bien noté ensuite la petite fourberie de l’homme habitué à attaquer par derrière, qui adresse ses tweets à Viollier et Brisson réunis, histoire de relayer la campagne de presse de l’équipe Veunac, affirmant que je roule pour le leader de l’UMP. Oui à l’évidence, Max Brisson me parait avoir plus d’envergure et de dimension intellectuelle que Michel Veunac (Ce n’est pas bien difficile, me direz-vous !), mais qu’on ne s’y trompe pas, je suis à gauche toute, et je me situe politiquement quelque part entre Mélenchon et Olivier Besancenot. J’ai le sentiment que les institutions de la Ve République sont en train de s’écrouler,  je pense que la relance économique passe par des augmentations de salaire plutôt que des cadeaux  aux patrons  et je suis persuadé que l’inconscience des politiques, la sclérose de l’UMP et du PS, vont obliger les Français à descendre dans la rue sous peu. Pas très UMP, tout cela.

Comme je viens de le répondre, dernièrement, à un lecteur du blog, qui s’étonnait que j’attaque systématiquement Veunac et non Brisson, peut-être lâché par une partie de ses troupes à quelques encablures des élections cantonales, «  je me fous un peu du bazar qui règne à l’UMP et je juge plus courageux, et plus intéressant journalistiquement, de m’attaquer au pouvoir en place ».

 La retraite.- Dernier point, enfin, du roman façon Viaud, ma prétendue retraite forcée et l’aigreur qui en découlerait. Il suffit d’appeler n’importe qui au Canard enchaîné, pour vérifier que je suis parti de mon plein gré, alors que je n’étais absolument pas menacé. Comment un grand journaliste comme Jean-Philippe Viaud n’a-t-il pas fait cette démarche élémentaire ? Comme tu le dis si bien, « C’est un métier, le journalisme ! ». Au Canard, je ressentais un malaise grandissant, lié à un coup de main pour le moins douteux donné à Sarkozy, en 2007, et à un système féodal de primes qui incitait plus à la flagornerie qu’à la créativité. Tout le monde peut lire ce que j’ai vécu dans mon roman « Un délicieux canard laquais » qui résume mon parcours dans la presse. Indépendant depuis 2012, je savoure chaque jour ma liberté de ne dépendre que moi et le bonheur d’écrire comme j’ai envie. Mais Jean-Philippe Viaud, qui travaille toujours avec son patron étrangleur et qui s’accroche comme une arapède à son rocher de France 2, peut sans doute donner des leçons au monde entier en matière d’épanouissement au travail et de prise de risques.

Finalement, quand je vois cette façon, chez Jean-Philippe Viaud, de balancer des anathèmes, de traduire son mal-être dans des invectives, et d’éructer au lieu d’argumenter, un pseudonyme me parait s’imposer  pour relancer une carrière bien essoufflée.

Louis-Ferdinand Viaud, c’est pas mal, non ?

 

5 réflexions sur “On t’a sifflé, le giflé ?

  1. Toujours désagréable ces journalistes partisans et surtout 1er degré, télécommandés, devenant caricatures d’eux-mêmes, se prenant parfois pour des ayatollahs de la pensée absolue. Éclairés de petits projecteurs qu’ils confondent trop avec des auréolés, mangeant dans de trop belles gamelles… Viaud, Zemmour, Salviac (bouffé par l’aigreur), d’autres, de plus en plus…
    Informez nous, d’une façon ou d’une autre et ne cherchez pas la popularité et le buzz comme des starlettes de télé réalité.

  2. Pardon mais de mon point de vue, votre dernière phrase vient tout gâcher… On ne saurait résumer Céline à une pelote d’invectives aigries… et comparer l’œuvre de M. Viaud à la moindre petite phrase du génial auteur de « Mort à crédit »… que je vous invite à relire, pour la claque stylistique.

    • voire « Mea Culpa » (1936), écrit à son retour d’URSS, et qui fait froid dans le dos de toute personne ayant cru au communisme… et ayant eu, contrairement à Céline, le privilège de connaître le fin mot de l’histoire…

    • Pas besoin de relire Céline, je suis conscient de la qualité de sa plume. Et quand je faisais allusion à Louis-Ferdinand Viaud, je ne me situais bien évidemment pas dans le domaine du talent…

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