La libération de Biarritz n’est pas encore pour demain

cite-ocean

La Cité de l’Océan, une petite plaisanterie toujours désespérément vide, qui nous coûte environ 2 millions d’euros par an…

De la démocratie comme cela, des débats de ce niveau, des élus manifestant pleinement leur sens des responsabilités, on en redemande ! La maison « Bisque, bisque, basque ! » ne s’est guère spécialisée jusqu’à maintenant dans l’envoi de fleurs et n’a pas l’intention de changer, même les lendemains de Noël, mais force est de reconnaître que Michel Veunac, en bon professionnel de la communication, n’a pas son pareil pour créer le dialogue et laisser son opposition s’exprimer comme elle le souhaite, ce qui la change heureusement de l’ère du dictateur Borotra.

Oublions donc cette date désastreuse du 22 décembre, en plein rush des cadeaux de Noël, pour ce dernier conseil municipal de l’année qui proposait, en plat de résistance, le devenir de la Cité de l’Océan. Si vous ne vous contentez pas des rumeurs, si vous voulez pleinement comprendre l’évolution possible de la dernière folie mégalomaniaque de Didier Borotra, connectez-vous tranquillement chez vous et, après les questions courantes, vous allez assister (de 1h28 à 2h31) à ce que la politique peut vous proposer de mieux en matière de débat citoyen.

http://www.biarritz.fr/portail/conseil.html

Résumons-nous : il n’y a plus un élu pour contester l’échec actuel de la Cité de l’Océan qui imaginait accueillir 450 000 visiteurs par an, « des prévisions d’un optimisme extraordinaire » comme l’avoue Michel Veunac. La dégringolade financière s’accentue : 300 000 euros de pertes en 2012, 680 000 euros en 2013. Et surtout un coût annuel pour la Ville, avec les aides diverses et variées et l’achat d’expositions, qui se situe, selon Jean-Benoît Saint-Cricq, «  aux environs de 2 millions d’euros », un chiffre que personne ne semble vraiment contester dans la salle. Seule petite éclaircie « la fragilité juridique liée à la décision du Conseil d’État » a amené la Ville à demander la résiliation du Partenariat Public Privé (PPP) avec Vinci et à renégocier la dette. Mais Vinci comme Dexia n’ont pas la réputation d’être des tendres, prêts à se laisser dépouiller sans réagir. Pour le moment le duo Veunac-Lafite, ne peut annoncer à combien va s’élever la douloureuse car, selon le maire, « nous travaillons avec nos avocats sur les conditions de rupture. Ce protocole d’accord sera prêt pour la séance du 6 février ».

Veunac, Brisson, Saint-Cricq jouent la trêve des confiseurs

Difficile donc de sortir le champagne et de fêter par avance la libération de Biarritz, même si chaque ténor de l’opposition a tenu à afficher ce jour-là son sens des responsabilités. Et en particulier Max Brisson, très favorable à l’époque au projet et qui le reconnait sans la moindre ambiguïté : « Ensemble, nous avons trouvé intéressante la formule du PPP. Sur ce dernier point, au moins, nous avons eu tort (…) Il y a eu aveuglement quant aux chiffres projetés. À l’exception du bâtiment, tout a été conçu a minima. Cet échec, Monsieur le maire, vous n’en êtes pas plus et pas moins responsable que moi (…) Je reste inquiet pour le prix qu’il faudra payer pour en sortir ».

Jean-Benoît Saint-Cricq aurait pu profiter de la soirée pour se féliciter, lui qui avait dénoncé le PPP signé entre Vinci et la Ville et mené une procédure devant le tribunal administratif. Mais, maintenant que le bâtiment existe, il veut trouver une solution. Tout juste se permettra-t-il une petite allusion moqueuse en se proclamant « Père Noël des Biarrots » puisque son intervention va permettre à la Ville d’économiser quelques millions d’euros. L’avocat va ensuite, en bon habitué des prétoires, marteler ses convictions : « Pour qu’un parc d’attractions soit viable, il faut au minimum 25 attractions. Des attractions fondées sur la vidéo sont un peu datées, voire ringardes. »  Le peintre amateur et passionné ne cache pas qu’à son avis, il faut envoyer à la casse tout ce ludo-scientifique d’un autre âge et faire à la place un musée de peinture.

Frédéric Domège n’est pas loin de partager ce point de vue, « Je pense, comme Jean-Benoît, que c’est tout l’intérieur qu’il faut changer. On a l’impression de regarder King Kong, au Grand Rex, en 1966 », tandis que Maïder Arosteguy, en bonne centriste, s’efforce de réconcilier tout le monde : « Dans cette ville, on fait beaucoup de choses et on se donne parfois des objectifs qui sont très ambitieux »…

Le seul qui n’a visiblement pas été visité par l’esprit de Noël, reste Guy Lafite. En 2008, il expliquait à tout le monde, avec sa morgue d’énarque, combien le PPP était formidable, tandis que les opposants Jean-Benoît Saint-Cricq, Peio Claverie, Régine Daguerre, ou Françoise Viollier criaient au fou et lui faisaient passer des coupures de presse expliquant que ce mode de financement constituait une grenade dégoupillée pour les villes, ou, au mieux, une manière de planquer les dettes sous le tapis. Certains raseraient les murs après une telle erreur d’appréciation, mais notre Mozart de la finance ne se sent visiblement nullement responsable et a trouvé un coupable : « Nous avons été pris en otage dans un débat qui traverse la haute fonction publique ».  Avec un tel sens de l’autocritique, nous voilà rassurés lorsqu’il faudra défendre les intérêts de la Ville face à Dexia ou Vinci !

Veunac continue à croire à l’emplâtre sur la jambe de bois

Cité Océan 02

Entre le véritable océan et l’océan sur console, vous choisissez quoi?

La seule petite tension, lors de ces 3 h47 de conseil, est arrivée au moment où l’on s’y attendait le moins, après une intervention plutôt anodine de Jean-Benoît Saint-Cricq plaidant pour un musée de peinture. « Moi, j’ai proposé la relance de Biarritz Océan et les Biarrots m’ont suivi, s’emporte soudain le très policé Michel Veunac. Vous, vous avez proposé autre chose et les Biarrots ne vous ont pas suivi » Derrière cet incident, explicable par les heures de tension accumulées par les participants à ce conseil marathon, se dessinent clairement deux visions complètement antagonistes de l’avenir de la Cité naufragée.

Certes, la reconversion de ce parc d’attractions, inapte à dérider un enfant de cinq ans, et sa transformation en musée classique, représenterait une perte de 4 millions d’euros d’actifs (les attractions existantes) à envoyer à la casse. Mais est-ce bien raisonnable de relancer une formule qui, visiblement ne séduit pas ? Michel Veunac en est persuadé : « Je crois fondamentalement que ce projet est un beau projet ». Il va donc proposer un nouveau contenu et un nouveau management et, par conséquent remettre de l’argent au pot. Très visionnaire jusqu’à maintenant, Jean-Benoît Saint-Cricq est persuadé que c’est la mauvaise stratégie et a alerté ses troupes dès le lendemain du conseil : « Je crains que les économies que j’ai fait réaliser ne soient englouties de nouveau et très rapidement. La mauvaise nouvelle c’est que la Cité de l’Océan poursuit son activité et même va être relancée. En effet, le maire vient de découvrir ce que j’avais indiqué, à savoir que le parc d’attraction était manifestement insuffisant et se propose de recapitaliser la SEM BIARRITZ OCEAN, c’est-à-dire à engloutir encore 5 millions d’euros de plus dans cette affaire. Je crains que même avec une promotion commerciale supplémentaire ce concept suranné ne porte pas davantage de fruits.

Nous verrons bien ce qu’ils ont envisagé puisque le plan de relance nous est annoncé pour le 6 février prochain. »

Soucieux qu’il est de sa Ville, Jean-Benoît souhaite sincèrement se tromper. « Bisque, bisque, Basque » partage malheureusement ses craintes et a le sentiment qu’il n’y a rien à sauver dans cet héritage maudit de Didier Borotra.

Comme nous, vous avez croisé au cours de votre existence, une de ces femmes qui vous confie combien elle est malheureuse avec son mari, combien elle souhaite le divorce, avant d’avouer, les larmes dans les yeux qu’elle reste «  pour les enfants ». Avez-vous vu une seule fois un couple de ce type se sauver, en voulant différer le désastre annoncé ? Il faut parfois savoir rompre. Lundi soir, les élus de tous bords ont effectué un remarquable travail d’autocritique et de recherche de solutions constructives. Mais maintenant, il est grand temps de baisser le rideau et, comme le propose Jean-Benoît Saint-Cricq, de tenter tout autre chose.

Vous qui avez l’océan sous les yeux tous les jours, qui vous enivrez comme moi de sa beauté et de sa force, croyez-vous vraiment que l’achat de quelques vérins pour décupler les sensations des spectateurs, la modernisation de quelques vidéos, ou l’engagement d’un commercial de talent peuvent sauver ce projet imbécile que Didier Borotra – visionnaire première année ! – a imposé à une population qui n’en voulait pas ?

Jean-Yves Viollier

En fin de conseil, Michel Veunac, décidément excellent en meneur de jeu, a eu un mot très chaleureux pour Robert Rabagny : « C’est un ami. Il y a eu une situation qui l’a éloigné de ce qu’il aime faire, mais je pense que ce n’est que partie remise ». Espérons donc que, pour la Cité de l’Océan comme pour le plus célèbre animateur de la Ville, le bon sens va enfin prévaloir.

Le Père Noël est devenu socialiste

Père Noël 01

AVANT. Un Père Noël sur-vitaminé qui enchantait tout le monde.

Saviez-vous qu’une convention collective très stricte régit désormais la corporation des Pères Noël ? On ne sait pas encore si un « pacte de responsabilité » vient d’être signé entre le syndicat des hommes en rouge et le gouvernement socialiste, si des « comptes pénibilité » sont prévus pour eux, mais il est clair que l’heureux temps où ces escaladeurs de cheminée pouvaient se dépenser sans compter, est derrière nous. C’est Sud Ouest, dans sa page Biarritz du 20 décembre, qui nous informe de cette révolution qui va laisser plus d’un grand et d’un petit pantois.

Père Noël 03

MAINTENANT. Un Père Noël pressé qui se hâte de rentrer chez lui…

Alors qu’il ne travaille que deux semaines par an, le vieux bonhomme à barbe blanche attaque désormais à 18 heures et rentre se coucher … à 21 heures. Circulez, y’a rien à voir ! Des horaires à faire rêver n’importe quel salarié soumis aux trente-cinq heures hebdomadaires. Non, ce n’est pas cette année que le Père Noël biarrot sera menacé par les engelures pour cause d’horaires tardifs ou demandera le relèvement de sa prime pour surmenage.

Et visiblement, si les illuminations de Biarritz sont particulièrement réussies, l’aménagement de la calèche, minable avec ses quelques loupiotes à ne pas faire rêver un gamin de trois ans et son Père Noël pressé qui semble toujours en proie à une urgente envie de pisser, a dû être supervisé par Michel Veunac en personne, tant elle affiche un manque consternant d’idées.

Une calèche qui semble illustrer à merveille, après les fêtes d’Halloween, la devise favorite de notre maire : « Toujours plus d’argent dépensé pour toujours moins de résultat »…

Vite, qu’on nous rende le Père Noël sur-vitaminé qui sévissait depuis plus de deux décennies, celui qui n’avait pas peur d’être à minuit quartier Pétricot, de balancer des bonbons par poignée aux enfants ou d’aller rendre visite à un camp de manouches. Un Père Noël gai, festif, heureux de rendre heureux, capable de propager le bonheur dans tous les recoins de la Ville.

Oui, vraiment, un Noël sans Robert Rabagny, c’est triste comme Biarritz sans l’océan…

Le dîner anormal du président normal

Hollande à table

Au moment de la gamelle, il y en a un qui ne plaisante pas… (Photo Le Lab, Europe 1)

Vous vous en fichez sans doute éperdument, à l’heure des cadeaux de Noël, mais la cote de popularité de François Hollande a remonté de cinq points en décembre ! Logique, nous expliquent les médias, puisque le président de la République s’est enfin décidé à sortir de sa tour d’ivoire et à aller à la rencontre des « vrais » Français, comme le prouve ce dîner organisé, mercredi soir, à l’Élysée avec dix concitoyens ordinaires. Mais regardons d’un peu plus près ce dîner normal présidé par un président normal et ces « vrais » Français dont se gargarisent les médias.

Dix députés étaient invités, dont Luc Belot (Maine-et-Loire) Razzy Hammadi (Seine-Saint-Denis), Sébastien Denaja (Hérault), Florent Boudié (Gironde), Olivier Véran et Erwann Binet, tous deux députés de l’Isère. Tous des jeunes élus, hollandistes pur sucre, habitués à débattre chaque mois avec le président et à lui servir de boîte à idées. Il existe des contestataires au sein du parti socialiste, mais, comme c’est curieux, aucun n’était de sortie, ce soir-là.

Chaque bon élève député devait amener sur le porte-bagage de son vélo pour cette soirée élyséenne (… on est de gauche, oui ou non ?), un électeur de sa circonscription, ce qui a permis de composer une belle table avec un musicien, un retraité, un chef d’entreprise, un banquier, on en passe et des meilleures. Est-ce que vous pouvez imaginer une seconde un député capable d’introduire au saint des saints un trublion, susceptible de nuire à sa carrière d’élu, en posant des questions embarrassantes au président ?

Tentez ensuite de vous représenter ce que peut être un dîner « en toute simplicité » à l’Élysée… La fouille au corps des services de sécurité, les gardes-républicains, l’écartement entre les assiettes mesuré au millimètre par les services du protocole… Tout pour être parfaitement détendu !

Rajoutez à cela la propension de Hollande à parler interminablement et celle des élus, tous grands bavards, à ne pas rater l’occasion, devant leurs électeurs, de montrer leur proximité avec le grand chef, comptez le temps nécessaire pour servir aux vingt-et-un convives les gambas, le veau aux morilles et le dessert, et si chaque « Français ordinaire » a eu la possibilité de s’exprimer plus de deux minutes, vous êtes un optimiste né. « Nous avons balayé toutes sortes de sujets sans forcément aller au fond des choses par manque de temps », raconte une des invitées, Karen Letourneau (« Aujourd’hui », 19/12).

On se souvient des pitoyables tentatives, vite abandonnées d’ailleurs, de Valéry Giscard d’Estaing s’invitant à dîner chez les Français. François Hollande, pour cette médiocre opération de communication, a au moins le bon goût de ne pas laisser l’addition à la charge des Français ordinaires, invités ce jour-là. Tout cela révèle à quel point les chefs d’État de notre pays sont totalement déconnectés de la réalité, cernés qu’ils sont par des courtisans qui leur répètent qu’ils sont les plus beaux et les meilleurs. Étonnez-vous après cela que notre capitaine de pédalo soit persuadé avoir des chances d’être réélu en 2017 !

Franchement, si vous organisez un dîner avec des copains, où la conversation va rouler sur la politique nationale et la façon de conduire le pays, il vous viendrait à l’idée d’alerter les journalistes locaux pour qu’ils en fassent part à leurs lecteurs ? Oui, mais vous, vous êtes des Français normaux et l’Élysée n’a pas prévu de vous inviter.

L’abus de BD n’a jamais nui à la santé…

dédicace Carrefour 01

Pottoka, qui était le héros avec Géronimo de la première bande dessinée, a promis de venir poser un sabot au magasin Carrefour BAB2.

Manzana et Patxaran, depuis qu’ils ont empêché – momentanément au moins ! – le Pays basque d’être sauvagement bétonné par l’infâme Gaiztoa, sont très sollicités. Koudjarnac, le maire de Biarritz, et Etchepagaille, son homologue bayonnais, voulaient leur décerner la médaille de leurs villes, mais les deux policiers ont poliment refusé, lassés qu’ils sont de ces politiques prêts à tout pour être sur la photo (Voir l’épisode final de « C’est de la bombe !»). Le Biarrot et le Bayonnais ont décidé de se consacrer à leurs amis et à la douceur de vivre au Pays basque, même s’ils sont obligés de faire des heures supplémentaires pour voir tout le monde.

C’est ainsi qu’ils vont dédicacer leurs aventures, samedi matin, au Carrefour du BAB2, et retrouver leur copain Pottoka, qui avait été pris en otage par Gaiztoa. L’après-midi, ils ont rendez-vous avec le meilleur chasseur de palombes de tout le sud-ouest, qui est aussi responsable du rayon BD de l’espace Leclerc. La semaine suivante verra les deux compères, qui affirment se détester même si personne n’en croit mot, du côté de Hendaye, de Saint-Jean-de-Luz et de Saint-Palais…

…Heureusement, l’abus de bandes dessinées n’a jamais nui gravement à la santé !

 

Le programme :

Samedi 13 décembre, de 10h à 12h : magasin Carrefour BAB2, Anglet.

Samedi 13 décembre, de 14h30 à 17h : Espace culturel du centre Leclerc, Anglet.

Samedi 20 décembre, de 10h à 12h : Libraire Les Hamacs, Hendaye.

Samedi 20 décembre, de 16h à 18h : Libraire Louis XIV, Saint-Jean-de-Luz.

Dimanche 21 décembre, de 16h à 18h : Librairie Darrigade, Biarritz.

Mardi 23 décembre, de 9h30 à 12h30 : Maison de la presse Saint-Palais.

Patxaran rugby 002

Un entraînement de l’Aviron bayonnais, vu par Pierre George. Qui pourrait lui expliquer que ça ne se passe pas tout à fait comme cela?

 

Côté privilèges, Giscard n’est pas tocard

VGEDans Le Canard enchaîné  du 10 décembre, un exemple de ce décalage, de plus en plus ahurissant, entre les citoyens ordinaires et les hommes politiques. Voilà maintenant 33 ans que Valéry Giscard d’Estaing n’est plus président de la République. Comme tous les autres, il dispose de bureaux et de personnel, payés par la République (Qui peut avoir l’idée saugrenue d’écrire à Giscard, de nos jours ?). Alors que dans les républiques scandinaves, les anciens présidents reprennent une vie ordinaire avec un simple officier de sécurité pour les accompagner, notre Giscard national dispose encore de 14 collaborateurs (chauffeurs, cuisiniers, agents de sécurité, secrétaires). Notre ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, s’est dit que l’on pouvait peut-être sortir deux fonctionnaires de cette armée mexicaine pour les réaffecter à des missions d’intérêt général. Hurlements de notre auvergnat, à la célèbre pingrerie ! « Alors, un ? »  hasarde Le Drian. « Une tentative de hold-up ! » s’égosille l’entourage qui n’a pas cédé.

C’était notre rubrique « C’est sympa de savoir où passent nos impôts » !

Les profiteurs de la République

bandit-manchot 02

Bandits peut-être, mais pas manchots, les politiques, lorsqu’il s’agit d’empocher…

Depuis la fin de ses études, en 1980, dans une modeste école appelée l’ENA, cet homme n’a rien fait de ses mains, rien produit, sauf à considérer que la rédaction de notes de synthèse soit une création. En 2017, à la fin probable de sa carrière, ce gros malin, qui affirma jadis  » détester les riches « , émargera pourtant à 36 000 € mensuels de retraite (« Marianne », 5/12). L’inventaire à la Prévert des petits ruisseaux qui font les grosses rentes, mérite d’être détaillé : 6.000 euros de retraite pour ses anciens mandats locaux, 6.800 euros comme ex-parlementaire, 6.000 euros comme ancien président de la République, 12.000 euros d’indemnités comme membre à vie du Conseil constitutionnel et 5.000 euros en tant qu’ancien haut fonctionnaire à la Cour des comptes. Ce dernier chiffre est de loin le plus sujet à controverse. Auditeur à la Cour des Comptes pendant quelques mois, François Hollande (… vous aviez deviné!) a, dès 1981, été recruté comme conseiller par François Mitterrand et n’a plus remis que très occasionnellement les pieds dans l’institution de la rue Cambon. Mais une fois élu, le  » président normal  » s’est bien gardé de se mettre en disponibilité et reste en  » détachement  » de son administration de tutelle. Pourtant, depuis le 1er octobre 2014, les fonctionnaires élus ou membres du gouvernement doivent obligatoirement être en détachement. Mais, c’est ballot !, le législateur n’a rien prévu pour le président de la République. Hollande a promis de régulariser sa situation, mais c’est tellement débordé un président de la République ! Et pendant ce temps, le compteur continue à tourner et notre distrait va empocher mensuellement, en plus de tout le reste,  5 000 € par mois pour un métier qu’il n’a jamais exercé. Les retraités dont les pensions sont gelées depuis des mois apprécieront.

D’autant plus que le démenti du chef de l’État est peut-être encore plus pitoyable que sa désinvolture. Hollande réfute les chiffres de Marianne et assure qu’il va renoncer aux 12 000 € mensuels du Conseil constitutionnel, où il ne siègera pas. Pourquoi ne le fait-il pas dès maintenant et ne met-il pas aussi à exécution l’engagement qu’il avait pris d’être détaché de la Cour des comptes? Parce qu’il est le roi de l’enfumage et qu’il espère bien que tout le monde aura oublié ses promesses dilatoires, une fois qu’il ne sera plus président !

Le meilleur sponsor de Sarkozy ? L’État !

Même désinvolture totale du côté du nouveau président de l’UMP et ancien chef de l’État. Le législateur, pour protéger les ex présidents de la République de la disette, a décidé de leur allouer, quelles qu’aient été leurs activités antérieures, 6.000 € par mois. Nicolas Sarkozy aurait gagné depuis son départ en 2012, plus de 2 millions d’euros lors de ses conférences à l’étranger, une somme qui ne tient pas compte des dividendes que lui rapporte son cabinet d’avocats. Ce que n’avait pas prévu le législateur, c’est qu’un ancien président puisse reprendre du service actif. Admirable d’abnégation, Nicolas Sarkozy, comme Juppé avant lui, a fait savoir qu’il ne réclamerait pas de salaire en tant que président de l’UMP. Mais il fait totalement la sourde oreille quand des élus socialistes, qui, c’est vrai, regardent ce qui passe dans l’opposition mais deviennent d’une pudeur de rosière en ce qui concerne la majorité, lui demandent de renoncer à son salaire d’ex-président de la République. Rappelons par ailleurs que l’État finance les partis politiques en fonction de leurs résultats obtenus aux élections et a versé 30 millions d’euros à l’UMP en 2012. Ce sont donc les contribuables et non Nicolas Sarkozy qui se montrent, bon gré mal gré, très généreux avec l’UMP.

Lepaon fait la roue devant l’inspecteur du travail

Et allons voir maintenant ce qui se passe dans les petites classes. Thierry Lepaon, est un malheureux salarié que son employeur malmène, ce qui explique pourquoi il accorde tellement d’attention à l’aménagement de son appartement de fonction et à l’acquisition dans son bureau d’un siège en or massif, au cas où il s’avérerait éjectable. Ce paisible salarié coulait des jours heureux en Basse-Normandie, lorsque l’impitoyable maison mère a réclamé ses services à Paris. Quand un salarié doit regagner le siège social de l’entreprise, il réussit dans le meilleur des cas à négocier une légère augmentation de son salaire. Mais Thierry Lepaon est décidément un syndicaliste plein d’imagination. Contraint de quitter la CGT de Basse-Normandie, pour rejoindre le bureau national de… la CGT, qu’il préside désormais, ce syndicaliste modèle a négocié une rupture conventionnelle avec son premier employeur sans que le deuxième ne tousse. Cette rupture qui évite de passer devant les prudhommes doit obligatoirement être approuvée par l’inspecteur du travail local, qui s’assure que le salarié n’est pas malmené. Pensez donc, ce pauvre Thierry Lepaon, n’a touché pour son départ « que » 31 000  €, non imposables bien évidemment, et l’inspecteur du travail ne s’est pas étonné de cette curieuse transaction. À moins qu’en haut lieu, de fermes consignes de mansuétude n’aient été données. Et les camarades syndicalistes, qui parlent pour leur chef de « retraite casquette » par allusion aux « retraites chapeaux » pratiquées par les patrons du CAC 40, de demander la démission de cet humble salarié qui sait naviguer avec les lois! On se demande pourquoi…

Vivement la VIe République !

Charles de Gaulle, en 1958, avait lié son retour à la vie publique à l’adoption d’une nouvelle constitution. Il  ne voulait plus avoir à composer avec la IVe république, avec « le régime des partis« , avec des hommes politiques insubmersibles et corrompus, obnubilés par leurs petits intérêts. La constitution actuelle, écrite par Michel Debré était sans doute bonne, puisqu’elle a réussi à tenir presque soixante ans. Mais Olivier Besancenot a tout à fait raison quand il affirme que, sans un sursaut des politiques, l’actuelle constitution va s’écrouler sur elle-même, tellement elle est vermoulue. Pour sauver le pays, les citoyens peuvent accepter d’être pressés comme des citrons, à condition que leurs hommes politiques soient exemplaires et soient traités comme eux.

Vivement un grand coup de balai et l’adoption d’une VIe république, plus morale et plus équitable, avec une diminution notable du nombre des élus, une fiscalité pour les politiques semblable à celle des citoyens ordinaires et l’impossibilité de cumuler les mandats!

PS : Et pendant ce temps, au tout petit niveau de Biarritz, notre nouveau maire Michel Veunac, pour imiter les grands, ose gémir en conférence de presse, à propos de l’imposition qu’il subit. Prélevé à la source, il ne verse pourtant à l’État que la moitié de ce que verserait, à revenu égal, un citoyen lambda. Mais c’est si bon de se faire plaindre !

Les militants UMP auront ce qu’ils méritent

Sarko01

Cette détestable façon de passer la main dans le dos, si typiquement sarkozyenne…

Ainsi donc, voilà un homme qui a ruiné l’UMP, pendant sa campagne électorale de 2012, avec plus de 10 millions d’euros évaporés dans des officines douteuses comme Bygmalion. Un homme, qui, malgré ses conférences mondiales à 100 000 euros les deux heures, n’a pas hésité à faire appel à la générosité publique des militants pour rembourser la dette. Un homme qui, fraîchement élu à la tête de l’UMP, retrouve soudain après deux ans de recherche son chéquier au fond de son armoire, pour verser 363 000 euros à son parti, une aumône qui doit correspondre à l’argent de poche d’une semaine pour la famille Sarkozy-Bruni.

Ainsi donc, voilà un homme que l’on entend arriver à un kilomètre à la ronde, tellement il traîne de casseroles judiciaires : Bygmalion, déjà cité, mais aussi le financement libyen de sa campagne de 2007, le trafic d’influence avec le magistrat Gilbert Azibert, les sondages de l’Élysée, l’affaire Tapie, les dessous de table de Karachi. Pas de doute, avec cet homme, on va souvent parler de l’UMP à la rubrique judiciaire, mais est-ce une bonne nouvelle pour ce parti, au moment où les Français font si peu confiance à leurs hommes politiques?

Ainsi donc, voilà un homme qui s’affirme l’autre jour devant Claire Chazal « calme et apaisé »,  avant, contrarié par trois questions anodines, de crisper les mâchoires de colère et de multiplier les tics nerveux, tandis qu’il annonce viser la présidence de l’UMP (Imagine-t-on Charles de Gaulle, après son départ, postuler au ministère des Sports ?). Un homme qui roule des mécaniques, mais se dégonfle devant deux cents cinglés anti mariage pour tous, un homme qui devient fou de colère en découvrant son score minable, dimanche soir, et les presque 30% réussis par Bruno Le Maire. Et l’on croit volontiers « Le Canard enchaîné » (3/12), quand il rapporte ses insultes : « Dans un parti, quand il y a un grand favori, n’importe quel couillon peut faire 30%. (…) Bruno, c’est du pipeau. Il finira en slip kangourou. » Mais alors, pourquoi diable les sarko boy’s avaient annoncé un score à plus de 80% ?

Oui, décidément oui, question pardon des offenses, ces électeurs et électrices de l’UMP, tellement heureux de la victoire de leur favori, méritent vraiment une admiration sans borne pour avoir voté à 64,5% en faveur de Nicolas Sarkozy !

Le petit caporal passe ses troupes en revue

Il paraît, mais j’ai peine à le croire, que les caméras n’existaient pas en mars 1815. Lundi 1er décembre002 Sarko, le retour de l'île d'Elbe 2014, presque deux cents ans plus tard, j’avais pourtant vraiment l’impression de revivre, en direct du siège de l’UMP, le retour de l’île d’Elbe de Napoléon 1er. Même manteau lui battant les chevilles, même façon dès huit heures du matin (« Je travaille, moi, monsieur ! ») de brasser de l’air, de sur-jouer la cordialité, d’accueillir des visiteurs et de les adouber ostensiblement devant témoins, tandis que les intéressés gênés, avaient visiblement du mal à montrer leur joie avec ce cadavre fraîchement sorti du placard. Grand moment comique au moment du départ de l’UMP de Bruno Le Maire, car Dame nature lui a généreusement accordé les centimètres que Sarkozy n’a pas. Mais qu’à cela ne tienne : notre petit caporal, hissé sur ses talonnettes, a tout de même réussi devant les caméras, à poser sa main sur l’épaule de son rival, au lieu de vérifier s’il portait bien le slip kangourou qu’il lui avait promis la veille. Franchement, c’est à cet homme que vous voulez confier les rênes de la France ?

On se souvient comment s’est terminé l’aventure de cent jours de notre premier empereur et on peut se demander si le même destin n’attend pas notre nouveau Napoléon.

Tous cocus et contents

Pour le moment, tout le monde se frotte les mains après cette élection. François Hollande, qui est vraiment le seul à croire en ses chances, est persuadé qu’il l’emportera en 2017 s’il est opposé à Nicolas Sarkozy. On ne voit pas comment, mais c’est beau l’espoir ! L’ancien président de la république et époux de Carla Bruni sait de son côté que cette conquête de l’UMP va bien lui faciliter la vie. D’un tempérament tenace, et habitué à mordre aux mollets tous ceux qui oseraient s’approcher de son pré carré, il va rebaptiser le parti et s’organiser une petite primaire sur mesure. On souhaite bien du plaisir à Alain Juppé, à François Fillon, ou même au président du MoDem François Bayrou,  pour arriver à faire entendre leurs petites musiques face à la grosse caisse de Neuilly ! Quant à Marine Le Pen, confrontée à la gauche la plus nulle du monde et à la droite la plus bête de l’univers, elle peut en rajouter à plaisir sur l’UMPS, multiplier les déclarations poujadistes et réserver d’ores et déjà son ticket pour le second tour des élections présidentielles de 2017.

Au final, c’est la France, une fois de plus, qui va dérouiller, faute d’un rassembleur capable de mobiliser tout le monde au moment d’effectuer les réformes dont ce pays a désespérément besoin. En 2002, Chirac a raté une occasion historique de réconcilier tous les Français, de gauche comme de droite, après sa victoire contre Jean-Marie Le Pen. Quinze ans après, le scénario pourrait être fort semblable. En l’état actuel de déliquescence du gouvernement socialiste, il est fort à craindre qu’il n’y ait pas de candidat de gauche au deuxième tour et que le duel final oppose Marine Le Pen au ténor désigné par l’UMP. C’est donc à gauche et non à droite que se jouera cette élection, pour que le pays reste gouvernable. On traînera des pieds, mais les républicains de gauche, faute d’un Besancenot ou d’un Mélenchon en position éligible, voteront si un Bruno Le Maire ou un Alain Juppé se retrouve face à Marine Le Pen. Mais que cela soit clair : les mêmes iront à la pêche à la ligne en cas de duel Sarkozy-Marine. On ne choisit pas entre la peste et le choléra.