Les profiteurs de la République

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Bandits peut-être, mais pas manchots, les politiques, lorsqu’il s’agit d’empocher…

Depuis la fin de ses études, en 1980, dans une modeste école appelée l’ENA, cet homme n’a rien fait de ses mains, rien produit, sauf à considérer que la rédaction de notes de synthèse soit une création. En 2017, à la fin probable de sa carrière, ce gros malin, qui affirma jadis  » détester les riches « , émargera pourtant à 36 000 € mensuels de retraite (« Marianne », 5/12). L’inventaire à la Prévert des petits ruisseaux qui font les grosses rentes, mérite d’être détaillé : 6.000 euros de retraite pour ses anciens mandats locaux, 6.800 euros comme ex-parlementaire, 6.000 euros comme ancien président de la République, 12.000 euros d’indemnités comme membre à vie du Conseil constitutionnel et 5.000 euros en tant qu’ancien haut fonctionnaire à la Cour des comptes. Ce dernier chiffre est de loin le plus sujet à controverse. Auditeur à la Cour des Comptes pendant quelques mois, François Hollande (… vous aviez deviné!) a, dès 1981, été recruté comme conseiller par François Mitterrand et n’a plus remis que très occasionnellement les pieds dans l’institution de la rue Cambon. Mais une fois élu, le  » président normal  » s’est bien gardé de se mettre en disponibilité et reste en  » détachement  » de son administration de tutelle. Pourtant, depuis le 1er octobre 2014, les fonctionnaires élus ou membres du gouvernement doivent obligatoirement être en détachement. Mais, c’est ballot !, le législateur n’a rien prévu pour le président de la République. Hollande a promis de régulariser sa situation, mais c’est tellement débordé un président de la République ! Et pendant ce temps, le compteur continue à tourner et notre distrait va empocher mensuellement, en plus de tout le reste,  5 000 € par mois pour un métier qu’il n’a jamais exercé. Les retraités dont les pensions sont gelées depuis des mois apprécieront.

D’autant plus que le démenti du chef de l’État est peut-être encore plus pitoyable que sa désinvolture. Hollande réfute les chiffres de Marianne et assure qu’il va renoncer aux 12 000 € mensuels du Conseil constitutionnel, où il ne siègera pas. Pourquoi ne le fait-il pas dès maintenant et ne met-il pas aussi à exécution l’engagement qu’il avait pris d’être détaché de la Cour des comptes? Parce qu’il est le roi de l’enfumage et qu’il espère bien que tout le monde aura oublié ses promesses dilatoires, une fois qu’il ne sera plus président !

Le meilleur sponsor de Sarkozy ? L’État !

Même désinvolture totale du côté du nouveau président de l’UMP et ancien chef de l’État. Le législateur, pour protéger les ex présidents de la République de la disette, a décidé de leur allouer, quelles qu’aient été leurs activités antérieures, 6.000 € par mois. Nicolas Sarkozy aurait gagné depuis son départ en 2012, plus de 2 millions d’euros lors de ses conférences à l’étranger, une somme qui ne tient pas compte des dividendes que lui rapporte son cabinet d’avocats. Ce que n’avait pas prévu le législateur, c’est qu’un ancien président puisse reprendre du service actif. Admirable d’abnégation, Nicolas Sarkozy, comme Juppé avant lui, a fait savoir qu’il ne réclamerait pas de salaire en tant que président de l’UMP. Mais il fait totalement la sourde oreille quand des élus socialistes, qui, c’est vrai, regardent ce qui passe dans l’opposition mais deviennent d’une pudeur de rosière en ce qui concerne la majorité, lui demandent de renoncer à son salaire d’ex-président de la République. Rappelons par ailleurs que l’État finance les partis politiques en fonction de leurs résultats obtenus aux élections et a versé 30 millions d’euros à l’UMP en 2012. Ce sont donc les contribuables et non Nicolas Sarkozy qui se montrent, bon gré mal gré, très généreux avec l’UMP.

Lepaon fait la roue devant l’inspecteur du travail

Et allons voir maintenant ce qui se passe dans les petites classes. Thierry Lepaon, est un malheureux salarié que son employeur malmène, ce qui explique pourquoi il accorde tellement d’attention à l’aménagement de son appartement de fonction et à l’acquisition dans son bureau d’un siège en or massif, au cas où il s’avérerait éjectable. Ce paisible salarié coulait des jours heureux en Basse-Normandie, lorsque l’impitoyable maison mère a réclamé ses services à Paris. Quand un salarié doit regagner le siège social de l’entreprise, il réussit dans le meilleur des cas à négocier une légère augmentation de son salaire. Mais Thierry Lepaon est décidément un syndicaliste plein d’imagination. Contraint de quitter la CGT de Basse-Normandie, pour rejoindre le bureau national de… la CGT, qu’il préside désormais, ce syndicaliste modèle a négocié une rupture conventionnelle avec son premier employeur sans que le deuxième ne tousse. Cette rupture qui évite de passer devant les prudhommes doit obligatoirement être approuvée par l’inspecteur du travail local, qui s’assure que le salarié n’est pas malmené. Pensez donc, ce pauvre Thierry Lepaon, n’a touché pour son départ « que » 31 000  €, non imposables bien évidemment, et l’inspecteur du travail ne s’est pas étonné de cette curieuse transaction. À moins qu’en haut lieu, de fermes consignes de mansuétude n’aient été données. Et les camarades syndicalistes, qui parlent pour leur chef de « retraite casquette » par allusion aux « retraites chapeaux » pratiquées par les patrons du CAC 40, de demander la démission de cet humble salarié qui sait naviguer avec les lois! On se demande pourquoi…

Vivement la VIe République !

Charles de Gaulle, en 1958, avait lié son retour à la vie publique à l’adoption d’une nouvelle constitution. Il  ne voulait plus avoir à composer avec la IVe république, avec « le régime des partis« , avec des hommes politiques insubmersibles et corrompus, obnubilés par leurs petits intérêts. La constitution actuelle, écrite par Michel Debré était sans doute bonne, puisqu’elle a réussi à tenir presque soixante ans. Mais Olivier Besancenot a tout à fait raison quand il affirme que, sans un sursaut des politiques, l’actuelle constitution va s’écrouler sur elle-même, tellement elle est vermoulue. Pour sauver le pays, les citoyens peuvent accepter d’être pressés comme des citrons, à condition que leurs hommes politiques soient exemplaires et soient traités comme eux.

Vivement un grand coup de balai et l’adoption d’une VIe république, plus morale et plus équitable, avec une diminution notable du nombre des élus, une fiscalité pour les politiques semblable à celle des citoyens ordinaires et l’impossibilité de cumuler les mandats!

PS : Et pendant ce temps, au tout petit niveau de Biarritz, notre nouveau maire Michel Veunac, pour imiter les grands, ose gémir en conférence de presse, à propos de l’imposition qu’il subit. Prélevé à la source, il ne verse pourtant à l’État que la moitié de ce que verserait, à revenu égal, un citoyen lambda. Mais c’est si bon de se faire plaindre !

Une réflexion sur “Les profiteurs de la République

  1. que ce soit 5è 6è 7è et même on peut continuer ce sera toujours les mêmes escroqueries malversations dans ces cas c’est chacun pour moi les autres attendront – les hommes sont comme ça et rien ne les fera changer mais ceci est mon opinion.

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