Alors, ça casse ou ça audace ?

Voeux Hollande

Un bureau désespérément vide de tout dossier. Un beau signal envoyé à la France qui travaille…

Ce modèle là, on l’a tous rencontré à un moment ou l’autre de notre existence. L’homme qui annonce, que ce soit dans un vestiaire de rugby, dans une entreprise ou une municipalité, qu’il va tout renverser sur son passage, avant de se désister piteusement, au moment de l’assaut final, pour cause de foulure au petit doigt. Il y avait vraiment quelque chose de pitoyable, le mercredi 31 décembre, à voir ce président le plus impopulaire de la Ve République, s’efforcer de prendre l’air martial et, du haut de ses cheveux teints, annoncer que 2015 doit être «  l’année de l’audace ».

Quand on a raté depuis deux ans tout ce qu’on a annoncé avec tambours et trompettes comme la baisse du chômage ou le retour de la croissance, quand on n’a tenu aucune de ces promesses, quand, tout au long de sa carrière politique, on a été surnommé successivement Flamby, La Fraise des bois, ou Le capitaine de pédalo, il faut un certain culot ou une imagination débordante pour aller se parer des plumes de l’audacieux.

Au cas où notre cher François Hollande serait à court d’idées, ce qui lui arrive plus souvent qu’à son tour, Bisque, bisque, Basque a donc une proposition à formuler, susceptible de faire immédiatement tomber en syncope tous les énarques de la promotion Voltaire qui l’entourent : oublier les cajoleries incessantes faites à la droite la plus réactionnaire, laisser Gattaz maugréer dans son coin,  renvoyer Macron à la nurserie qu’il n’aurait jamais dû quitter et mener enfin une véritable politique de gauche, passant par une hausse immédiate des salaires modestes, une relance de la consommation et un bras d’honneur à l’amie Angela…

Convenez avec moi qu’une vraie politique de gauche, question audace, ça aurait tout de même pour notre ancien conseiller général de Corrèze, perdu dans son costume présidentiel trop grand pour lui, une autre allure qu’une virée nocturne en scooter… Même sans casque !

Et pour en revenir à notre cher Biarritz, oui décidément, il y a énormément de similitudes entre François Hollande et Michel Veunac. Mêmes hésitations perpétuelles chez les deux, même incapacité à tracer une feuille de route claire, même recherche pathétique d’une idée originale, derrière une rondeur apparente et une facilité certaine à communiquer. Si un Biarrot est capable de nous expliquer ce que veut faire Veunac pour la Ville en 2015, nous lui offrons tout de suite une boîte de macarons de chez Adam.

Alors, faute d’imagination, ne parlons pas d’audace, on se raccroche à ce qu’on connait déjà et on s’empresse de chausser les gros sabots de son prédécesseur Didier Borotra. Le 22 décembre dernier, notre grand communicant local a annoncé qu’il allait remettre cinq millions d’euros au pot pour moderniser la piteuse quincaillerie de la désertique Cité de l’Océan. Un peu comme ce père de famille qui est tombé sur une mauvaise série, avec sa berline familiale, et qui s’obstine à changer le moteur, les freins ou l’embrayage, persuadé que des jours meilleurs l’attendent.

Didier Borotra s’est fait berner par des vendeurs qui ont très vite perçu la suffisance du personnage. Le ludo-scientifique, et surtout quand il s’agit de l’océan, n’intéresse personne. Il présente en plus l’inconvénient d’être très vite dépassé et de nécessiter des investissements incessants pour rester dans l’air du temps. Pour limiter le désastre financier, une seule solution : virer ces attractions qui ne dérideraient pas un enfant de cinq ans, et, au lieu d’acheter à grand prix des expositions venues de Chine, faire un musée qui raconte des histoires basques, qui parle de Biarritz, du surf, et de l’océan, avec des objets exposés qui attireront les touristes demain comme dans cinq ans.

Et oui, Michel, l’audace parfois passe par la casse !

3 réflexions sur “Alors, ça casse ou ça audace ?

  1. Très bien vu la symbolique du « bureau vide »… Vide comme la politique d’Icelui, vide comme le projet, du moins la fadaise prospective, d’Icelui encore, vide comme cette désespérante course à l’échalote, pardon à la « croissance » à laquelle plus aucun universitaire sérieux ne croit, fort les néolibéraux qui sont sur une autre planète et la promotion Voltaire ! Cela dit qui sont les gus gus qui conseillent le Corrézien ?? Qui sont ces types qui ont imaginé de faire causer le président de la République derrière un bureau sans dossiers, sans stylos, sans téléphone, sans bibelots, sans même un bout d’écran ou quelque chose de personnel, en pensant que c’était une bonne image à renvoyer au populo ? Il est hors du monde le président ? Finalement ce manque d’accès au symbolique est tragique. On s’en doutait un peu, mais bon…

  2. Alors, future idée d’article, dans la veine « je-sers-à-rien-mais-la-soupe-est-bonne-et-je-vous-emmerde » le skate-park… Lancé à corps et à cris par des personnes qui savaient très bien qu’il manquait des finances… Ils sont sans limite…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s