L’absentéisme de Brisson

Brisson à Bayonne

Officiellement bloqué par la neige pour assister au conseil municipal de Biarritz, Max Brisson a su se faufiler dans un couloir d’avalanche pour rejoindre Bayonne et retrouver Jean-Jacques Lasserre, Jean-René Etchegaray et Claude Olive. Pas de chance pour lui, un militant, dans son enthousiasme, a gaffé et publié la photo sur Facebook.

Info ou intox? La plupart des membres de l’opposition annonçaient avant le conseil municipal du 6 février que Max Brisson ne serait pas présent. Il était en effet intéressant de savoir si la tête de file de l’UMP, compte tenu de sa stratégie d’alliances aux élections départementales, allait continuer sur Biarritz à être un « opposant féroce »  à Michel Veunac.

L’excuse à son absence semblait pourtant en béton. Max Brisson, bloqué par la neige du côté d’Albi, s’efforcerait d’arriver en cours de conseil et avait confié en attendant procuration à Maïder Arosteguy.

Et puis, samedi matin, la catastrophe! Un militant, trop content d’avoir assisté, la veille à Bayonne, à une réunion entre les ténors de la droite et du centre, publiait une photo sur son compte Facebook. Avant de réaliser sa gaffe et de la retirer prestement.

L’opposant à mi-temps Brisson (il a assisté à un conseil municipal sur deux depuis son élection, ce qu’il n’aurait sûrement pas supporté de ses élèves du temps où il exerçait comme professeur), confirme sa présence à Bayonne : « Je suis arrivé à 20h30 à Bayonne. J’ai quitté Albi à 16 heures et j’ai trouvé la neige à Tarbes »

C’est bien connu, en cas d’intempéries, la route entre Bayonne et Biarritz est particulièrement glissante!

Saint-Cricq étincelant, Domège plein d’allant

Orientations budgétaires

Des orientations budgétaires aussi grises et tristes que la façade de la mairie.

Bénédicte Darrigade a suffisamment été malmenée dans ce blog, ces derniers temps, pour être saluée. Elle n’a pas inventé une excuse bidon pour éviter ce conseil municipal, où elle se retrouvait sur les bancs de l’opposition, pendant que ses soupirants des élections départementales, Louis Vial et Édouard Chazouillères, lui faisaient face dans les rangs de la majorité, ce qui dénote un courage certain.

Une fois de plus, ce conseil municipal, parfois ardu et technique, puisqu’il évoquait les orientations budgétaires de la Ville,  a été passionnant et vous ne perdrez pas votre temps si vous êtes prêts à l’écouter pendant trois heures et vingt minutes.

http://www.biarritz.fr/portail/conseil.html

Guy Lafite, avec ses allures d’ordonnateur de pompes funèbres, a été parfait en débitant le programme d’austérité budgétaire qui attend les Biarrots. Le même retrouve toute sa morgue d’énarque et ne peut s’empêcher de hocher la tête avec mépris dès que l’opposition parle ou de lever les yeux au ciel, comme si elle ne proférait que des âneries. Ce qui a pourtant été loin d’être le cas, vendredi soir, comme vous pourrez le constater en vous calant sur 1h45.

Richard Tardits, s’est étonné, alors que les taux pour emprunter sont très bas actuellement, que l’équipe en place fasse preuve de si peu d’audace.

Frédéric Domège (1h55), visiblement beaucoup plus à l’aise, en l’absence de son habituel voisin, avait enfilé le costume taille patron avant de se laisser aller à persifler : «  Quel calvaire que la lecture de ces soixante-dix pages d’orientation budgétaire qui s’apparente à du Zola! Vous nous ressortez un programme municipal qui gère les affaires courantes mais qui manque d’imagination.(…) Je trouve les orientations budgétaires un peu ternes et sans réelles ambitions ».

 Tandis que Maïder Arosteguy dénonçait « un manque de précision flagrant », Jean-Benoît Saint-Cricq, une fois de plus étincelant, a dénoncé la folie de la majorité à propos de la Cité de l’Océan : « Vous tenez vos promesses. Vous allez engloutir un million d’euros par an. C’est de l’entêtement. Je crains que ce soit le concept même qui pose problème » Après avoir déploré que le coût de sortie du partenariat public-privé (PPP) ne soit toujours pas connu, l’avocat s’est livré à une réflexion éblouissante sur l’Hôtel du palais (2h30) et le risque que le Conseil de la Concurrence s’agace des subventions déguisées de la Ville.

Et Michel Veunac, emphatique comme à son habitude, de conclure à propos de la Cité de l’Océan: « On peut parier sur une défaite. Je parie sur une conquête »

N’est pas Alexandre-le-Grand qui veut…  

L’appel de la gamelle

Appel de la gamelle 01

À Biarritz, l’appétit est grand et la concurrence s’annonce rude. (Images provenant du blog minette13)

Ils sont comme ces sales mômes qui mettent la main dans le pot de confiture, s’essuient les doigts sur leurs pulls et s’étonnent d’être soupçonnés par leurs parents. Ces petites manœuvres politiques, ce billard à trois bandes permanent, cette façon, à peine élu, de penser au mandat suivant sans se soucier du vote de ceux qui vous ont fait confiance, sont tout bonnement insupportables. Je ressens une grosse colère en voyant le spectacle lamentable offert par les élus biarrots en vue des départementales. Heureusement pour eux, mon stylo-kalachnikov ne balance que des mots…

LA POSTURE ET L’IMPOSTURE

Mais écoutez-les cinq minutes, compatissez à leur air de chien battu… Si les politiques se présentent aux élections, c’est uniquement parce qu’ils cèdent «  à la pression affectueuse de leurs amis »  et qu’on les supplie de concourir dans tous les quartiers de la ville. Et ne vous marrez pas, quand ils déclarent être des hommes ou des femmes libres et « vouloir servir comme avant les Biarrots« ! Professionnellement, je suis libre, puisque je ne suis plus salarié, que je rédige un blog gratuit et que je ne dépends pas des annonceurs publicitaires ou des édiles locaux. Mais un politique fait preuve d’une totale désinvolture quand il se déclare « libre » pour justifier un changement de camp. Un élu n’est pas libre, puisqu’il a accepté d’être le porte-parole de ceux qui ont voté pour lui et ne peut en aucun cas les trahir. L’attitude actuelle de Bénédicte Darrigade est injustifiable. Si au bout de dix mois de mandat, elle a l’impression de ne servir à rien, qu’elle démissionne du conseil municipal, comme l’a fait mon épouse, en 2010, au bout de deux ans de mandat. Libre ensuite à Bénédicte de se présenter aux départementales avec Louis Vial. Les politiques sont toujours prêts à faire la morale aux citoyens, mais demeurent décidément très désinvoltes sur leur propre éthique.

LE SYNDROME CHIRAC

Rappelez-vous Bernadette Chirac, qui maugréait en 1988, après sa défaite contre Mitterrand : « Décidément, les Français n’aiment pas mon mari! » .L'appel de la gamelle 03 Seul dans son bureau soudainement déserté, les journalistes décrivaient Jacques Chirac comme un homme loin des Français et incapable d’emporter une élection. On connait la suite. Les mêmes qui le conspuaient, sept ans plus tard, le trouvent génial en 1995. Et de là à imaginer qu’il allait devenir le président le plus populaire de la Ve République ? Au terme d’une élection biarrote, où l’on aurait dû passer les urnes à l’éthylotest tellement elles paraissaient bourrées, Max Brisson, a été battu. Les reproches qui lui sont faits ne semblent pas tous injustifiés, mais je suis toujours très gêné quand ils viennent de membres de sa liste, qui, il y a dix mois à peine, n’avaient aucun état d’âme, au moment où la victoire semblait à portée.

L’UMP MARCHE SUR LA TËTE

À Biarritz, avec trois candidats dissidents de l’UMP, le chaos n’est pas sans rappeler les plus belles heures… du PS. Max Brisson hurle quand on lui suggère qu’il aurait peut-être dû ne pas se présenter à cette élection : « Je suis le candidat sortant. Si je ne me présente pas, c’est la fin de ma carrière politique!« . Mais Corinne Martineau, à qui on ne peut reprocher un manque d’engagement militant, semble avoir raison quand elle affirme que l’investiture au sortant n’existe pas dans les statuts de l’UMP. Et Frédéric Domège, fidèle parmi les fidèles de Max pendant vingt ans, parait crédible quand il affirme que Max lui avait promis de ne pas se présenter aux départementales et de lui laisser la place. Après sa défaite aux municipales, au lieu de laisser deux fers au feu en bon politique qui se respecte, Max aurait dû clairement annoncer la couleur, ce qui lui aurait sans doute évité cette actuelle bataille de chiffonniers. Soit affirmer clairement son désir de devenir maire de Biarritz en 2020, et au vu de l’inaptitude actuelle du maire, il avait ses chances, soit opter pour un poste d’apparatchik départemental, ce qui aurait, en l’éloignant, apaisé les esprits. Soutenir qu’on est contre le maire MoDem Veunac dans Biarritz, tout en étant allié avec le MoDem dans le département, et qu’il n’y a que les imbéciles que ça choque, relève d’une aptitude certaine aux belles envolées. En attendant, le spécialiste de la voltige aérienne Max a visiblement le feu aux moteurs et guère le temps de discuter avec sa tour de contrôle. Gare au crash!

L’OPPOSITION EST LÀ … POUR S’OPPOSER!

Celle-là, c’est la meilleure… Affirmer qu’on a changé de camp parce qu’il n’y a plus d’opposition, c’est comme si on clamait haut et fort… qu’on ne fait pas son travail! Regardez si un Jean-Benoît Saint-Cricq, désormais débarrassé des petits jeux politiciens, n’accomplit pas sa mission d’opposant tenace, calculez l’argent qu’il a fait gagner à la Ville en deux mandats, écoutez la qualité de ses propositions et vous aurez une idée de la noblesse de la fonction. Le rôle de l’opposition est d’être le garde-fou de la majorité, et sans opposition combattive, il ne saurait y avoir de véritable démocratie!

De la même façon, lever les bras au ciel, en disant qu’à Biarritz, depuis Guy Petit, il y a toujours eu des alliances improbables, est scandaleux. Franchement, vous avez-vu l’état dans lequel le système Borotra a laissé la Ville, avec ses majorités improbables, ses adjoints qui gobaient presque tout, ses délires mégalomaniaques, et ses appels d’offres toujours remportés par les mêmes bétonneurs? Et c’est ce système que vous voulez faire perdurer? Et vous croyez qu’on vous a élus pour ça? Que l’opposition fasse son boulot, qu’elle se batte contre ce projet insensé de réinvestir cinq millions d’euros de quincaillerie vidéo-informatique à la Cité de l’Océan, qu’elle surveille les conditions de sortie du PPP, et tout ira déjà beaucoup mieux à Biarritz.

DES INDEMNITÉS QUI EXCITENT LES APPÉTITS

Appel de la gamelle 02Toute honte bue, ils vous avouent entre la poire et le fromage « Mais tu comprends, j’ai absolument besoin de cette indemnité pour vivre!  » Un programme? Des idées pour le département? Tu n’as pas des questions plus intéressantes à poser? Au début de la Ve République, le législateur avait prévu un léger défraiement pour les élus qui se dévouaient pour les autres. Mais petit défraiement est devenu grand avec le temps. Un Michel Veunac, dont la rondeur et l’affabilité feraient merveille dans une maison de retraite, mais qui n’a pas la queue d’une idée comme maire de Biarritz, émarge tout de même à 8000 euros par mois avec l’Agglomération et le conseil régional. Et il ose se plaindre de ce que le fisc lui prend, alors qu’il paie, avec le prélèvement à la source, la moitié de ce que paie un citoyen ordinaire. Les députés n’ont pas encore ratifié les prérogatives exactes des futurs conseillers départementaux, dans le cadre de la réforme territoriale, mais il est sûr que la fonction est un peu moins écrasante que celle d’un ouvrier faisant les trois huit. Et savez-vous combien toucheront les jolis cœurs qui auront le bonheur d’avoir su vous convaincre de voter pour eux? 2280,88 euros bruts et à peine imposés par mois, pour un département de 654 000 habitants comme celui des Pyrénées-Atlantiques et 2508,97 bruts pour les membres de la commission permanente. Pas mal, quand on occupe en plus deux ou trois petits mandats dans une commune ou une agglo en parallèle!

TOUS PERDANTS, ET SURTOUT LES BIARROTS!

Il est évident qu’au vu du spectacle lamentable que nous offrent les élus, avec leurs incessantes chamailleries de cour d’école, il n’y aura que des perdants, au lendemain de l’élection départementale. Y compris celui qui sortira vainqueur des urnes, qui devra composer avec une image totalement dégradée. Deux mois de campagne électorale, marqués par une permanente partouze intellectuelle où l’on fricote avec l’autre camp, où l’on se trahit, où l’on se violente sans vergogne avant de se réconcilier entre les deux tours, ne vont pas s’effacer du jour au lendemain, même si peu de gens se rendront aux urnes le 22 mars prochain. Contrairement à ce qu’affirment avec désinvolture tous les candidats qui piaffent d’impatience à l’idée de la bonne gamelle qui les attend, ce sont les Biarrots qui vont être les grands perdants de cette mascarade. Alors que la situation financière de la Ville est particulièrement grave, alors que les décisions à prendre sont sans cesse repoussées aux lendemains qui déchantent, les électeurs ont besoin de savoir clairement dans quel camp chacun se situe, qui travaille pour  ses concitoyens, et qui se berce de rêves de grandeur départementale.

Quant aux candidats, ils feraient bien de ressortir leurs dictionnaires. Car la gamelle, en français, a deux sens. C’est l’assiette bien pleine avec laquelle on pense s’empiffrer, mais c’est aussi, lorsqu’on salive trop à l’avance, la marche qu’on rate et qui vous envoie au tapis lamentablement.

Je trahis, tu trahis, elle trahit

Traître ensemble

C’était le bon temps où tout paraissait possible, dans le sillage du probable maire de Biarritz. Depuis, Maïder Arosteguy et Max Brisson font ticket commun, Bénédicte Darrigade, élue de l’opposition, s’allie à la majorité municipale, tandis que Frédéric Domège se décide à voler de ses propres ailes. (Photo Sud Ouest)

Elle ne décolère pas, cette vieille Biarrote, après avoir lu Sud Ouest et découvert que la ville de Biarritz, une fois de plus, allait se ridiculiser aux prochaines élections départementales : « Décidément, ces politiques, ils sont comme mes chats. Il suffit que j’agite le sac à croquettes pour qu’ils rappliquent en courant! »  Trois candidatures dissidentes à l’UMP, en plus de celle du candidat officiellement investi Max Brisson, ça fait déjà désordre. Mais quand le numéro deux de la liste « Le temps des Biarrots », Bénédicte Darrigade, « pactise » avec Louis Vial et Édouard Chazouillères, tous deux membres de la majorité municipale, dix mois seulement après les élections municipales, il y a comme un léger parfum de traîtrise qui flotte dans l’air électoral.

Bisque, bisque, Basque, dans un article publié mercredi qui s’intitulera « L’appel de la gamelle », donnera son propre point de vue sur les événements qui agitent la vie politique locale. En attendant le plus simple était de rencontrer ou de joindre par  téléphone tous les ténors de l’opposition pour savoir ce qu’ils pensent de la situation et s’ils estiment qu’il existe encore une véritable opposition municipale à Biarritz. À vous désormais de faire le tri entre les vérités, les mensonges et les postures de chacun.

 Max Brisson : « Je n’ai rien dealé avec Veunac »

Traître BrissonMax Brisson s’étouffe d’indignation : « Je ne comprends même pas votre question. Bien sûr que je reste le premier opposant à Michel Veunac. Il faut revenir à des fondamentaux très simples. Veunac est au MoDem, je suis à l’UMP. Oui, il y a un accord départemental avec Force 64 qui regroupe les indépendants, les élus MoDem et l’UDI. Mais je me suis battu pendant des mois pour que mon binôme soit avec l’UDI. Je serais parti avec Marie-Claude Albanesi (candidate de la liste Veunac qui a aidé en douce le Front national à constituer une liste), je comprendrai que l’on s’interroge, mais là! « . Le candidat, qui a parfois du mal à cacher sa nervosité, enfonce le clou : « Je n’ai rien dealé avec Michel Veunac. Simplement, dans le cadre d’un accord départemental, je n’aurais pas de candidat MoDem contre moi. La droite peut reprendre à la gauche le département. En tant que patron de l’UMP 64, j’étais obligé de me représenter ».  Et la politesse sera rendue à Veunac aux élections régionales?  « Il y aura, aux élections régionales, un accord UMP-UDI, mais sans doute pas avec le MoDem » Avant d’avancer l’argument qui se veut décisif pour les incultes que nous sommes : « A chaque élection, sa cohérence! »

Une cohérence, c’est le moins qu’on puisse dire, qui risque de ne pas sauter aux yeux des électeurs biarrots.

 Entretiens téléphoniques, par répondeurs puis en direct, réalisés, le jeudi 29, vendredi 30 et samedi 31 janvier.

 Maïder Arsoteguy : « Ce sont des arrivistes! »

Traitre Arosteguy (1)La représentante de l’UDI, qui a fait son entrée au conseil municipal en 2008, partage évidemment le point de vue de Max Brisson. « Il y a une cohérence dans notre démarche entre les municipales où nous étions sur la même liste et les élections départementales. Nous sommes les plus aptes à représenter la ville que nous aimons au niveau départemental et nous continuerons comme nous l’avons toujours fait à défendre les intérêts des Biarrots ». Entre le premier et le deuxième échange téléphonique, la candidature de Bénédicte Darrigade fait perdre sa placidité à Maïder Arosteguy : « Vous avez-vu cette photo dans Sud Ouest? À l’époque, pas un ne trouvait à redire quoi que ce soit à la façon dont Max menait la campagne municipale. Il perd, et d’un seul coup, tout le monde le trahit. Ce sont des arrivistes! »

Pour avoir beaucoup vagabondé, lors de son premier mandat, quittant Saint-Cricq puis Destizon, avant de flirter avec Borotra, Maïder n’était peut-être pas la mieux placée pour le souligner.

 Entretiens téléphoniques, réalisés le jeudi 29 et le samedi 31 janvier.

 Frédéric Domège : « Même s’il m’en veut, Max reste mon ami »

Traître Domège (1)Il est relaxe, Frédéric, confortablement installé au Royalty, son quartier général, quand il a quelques minutes de loisir. « Je n’ai rien contre Max, mais voilà vingt ans qu’il est candidat à tout. Avant les municipales, il était convenu que je me présenterai aux élections départementales tandis que Max s’alignerait pour les régionales. Et puis Max a estimé que sa défaite aux élections municipales changeait la donne. » Frédéric n’oublie pas les nombreux bons moments passés avec son leader, mais il se souvient aussi du joueur de rugby qu’il a été :  » Max est victime de son poste départemental de responsable de l’UMP et obligé de s’allier avec des gens que les militants ne supportent pas.  Les Biarrots ont envoyé un message aux municipales et nous devons en tenir compte. Je veux proposer une autre tactique. Quand j’ai annoncé ma candidature (il se présente avec Marie-Pierre Mayer, pharmacienne à Saint-Charles et a choisi comme suppléants Jean Dabadie et Mira Schor), je n’ai personne à l’UMP qui m’a engueulé. Je suis maintenant parti dans le match. Je joue à l’extérieur, je sais que ça va être dur, mais je crois vraiment que j’ai une chance de l’emporter. »

L’infirmier libéral, qui connait les fesses du tout Biarritz grâce à son métier, est malheureux de son amitié malmenée avec son chef de file : « Max est toujours mon ami, même s’il m’en veut » Avant de rajouter, rigolard : « Si je fais moins de 5% des voix, c’est sûr, je m’achète une canne à pêche! »

 Entretien réalisé, le samedi 31 janvier au Royalty.

 Corinne Martineau : « Max va tout perdre »

?????????????????????????????????Avec son franc parler habituel, Corinne Martineau ne mâche pas ses mots à propos du ticket Bénédicte Darrigade – Louis Vial : « Le problème, c’est que Bénédicte est une élue et qu’elle ne respecte pas le mandat que lui ont confié les électeurs. Mais je n’ai pas très envie de me montrer sévère avec Bénédicte. La vraie question c’est qui est au point de départ de tout cela? »  Corinne ne prononce pas le nom qui commence par un B et finit comme le mot polisson, mais ce n’est pas très difficile à deviner.

La pasionaria de l’UMP poursuit son raisonnement :  » En tant que patron de l’UMP 64, Max a annoncé qu’il organiserait des primaires… dans certains cantons. Et curieusement, à Biarritz, on n’organise pas de primaire et on ne donne pas la parole aux militants. Quand j’ai annoncé mon intention d’être candidate, on m’a rétorqué que le parti pratiquait l’investiture au sortant. J’ai consulté les statuts : l’investiture au sortant n’y est mentionnée nulle part ».

Corinne Martineau refuse pour le moment d’annoncer  avec qui elle formera son binôme, mais semble totalement déterminée : « Ma démarche est citoyenne. J’ai un programme. J’essaie de faire avancer les choses. Je me bats à partir du travail militant que j’ai effectué. À Biarritz, il y a besoin de renouveau, ce qui a toujours été ma préoccupation » . L’avenir de l’UMP lui paraît très sombre : « À force de tout vouloir garder sous cloche, Max va tout perdre. C’est franchement n’importe quoi! »

 ◊ Entretien réalisé par téléphone, le lundi 2 février.

Jean-Benoît Saint-Cricq : « Une grande tradition municipale »

Traitre Darrigade (2)C’est notre Alain Juppé à nous, notre vieux sage, qui, à force d’avoir pris des coups et enduré des calomnies, garde le sourire en toutes circonstances,  » Contre vents et marées, j’essaie de rester un opposant ferme. » Le ticket Darrigade – Vial n’émeut pas plus que cela Jean-Benoît Saint-Cricq : « Bénédicte est mon amie. Cette alliance est purement circonstancielle et ne l’empêchera pas de rester une bonne opposante. Max Brisson nous a donné à tous des leçons de grand écart politique quand Borotra a soutenu Alain Rousset, aux cantonales de 2010 et qu’il n’a rien dit. La mairie est dans la grande tradition, depuis Bernard Marie, d’une alliance UMP-MoDem. Le clan Borotra nous a montré qu’il s’accommodait de toutes les alliances possibles. Pour moi, Max Brisson ne représente plus l’UMP sur Biarritz. Il a fait des choix qui ne correspondent pas à ceux des Biarrots. » Et l’avocat de se laisser aller à une gourmandise verbale sur sa colistière, qui l’avait trahi en 2008 : «  Quant à Maïder Arosteguy, en matière d’opposition, elle est orfèvre« .

Le prochain conseil municipal préoccupe beaucoup plus notre avocat que ces petits jeux électoraux. « Le maire ne va encore pas nous annoncer combien va nous coûter la sortie du PPP et la renégociation avec Vinci et Dexia. Quand à cette idée de réinvestir cinq millions d’euros dans le ludo-scientifique… » Et il part dans un grand rire : «  Je fais gagner de l’argent à la Ville, et on le dépense aussitôt… Vraiment à quoi ça sert que Saint-Cricq se décarcasse! »

 Entretien réalisé par téléphone, le lundi 2 février.

 Bénédicte Darrigade : « En fait, il n’y a pas d’opposition »

Traitre Darrigade (1)Rayonnante samedi soir à Aguilera, lors du match du BO contre Pau, Bénédicte semble moins sereine et mieux mesurer, deux jours plus tard, les problèmes soulevés par son improbable alliance avec Louis Vial. Pour éviter tout contresens, elle a préféré rédiger un communiqué qu’elle me remet, lors de notre rencontre. Accompagnée de Louis Vial, elle répondra ensuite à mes questions. «  On ne peut pas me reprocher de quitter l’opposition, car en fait il n’y a pas d’opposition. Lors des dernières élections municipales, la liste constituée par Max Brisson entre le premier et le deuxième tour était une liste pour gouverner et non pas une liste d’opposition (…)  Cette alchimie n’a pas abouti, le rejet de son leader s’étant réellement fait jour, nous conduisant au résultat que vous connaissez. Après cet échec, Max Brisson n’a pas assuré son rôle de leader de rassemblement de notre groupe de huit, pour preuve, chaque liste de premier tour a reformé son propre groupe. (…) L’opposition du groupe le « Temps des Biarrots » est un leurre ».

Le texte dont vous venez de lire des extraits suscite ma totale perplexité. Quand on n’est pas d’accord avec la politique conduite par son camp, on démissionne, comme l’a fait mon épouse en 2010, plutôt que de trahir ses électeurs en ralliant le groupe adverse.

Bénédicte évidemment ne partage pas ce point de vue : « Je suis une femme libre. Dans ce conseil municipal, j’ai à cœur de travailler pour les Biarrots qui m’ont fait confiance, tout comme Louis Vial, mon colistier, poursuit le même objectif » Et notre pétroleuse de conclure : « Je m’inspirerai de l’action menée par Juliette Séguéla, une femme d’une grand intégrité jamais malmenée par ses pairs et dont le souci permanent était de défendre et servir sa ville. »

Beau mouvement de menton qui ne nous dit pas où se placera Bénédicte, vendredi, lors du conseil municipal : « Je ne vois pas d’antagonisme à œuvrer aux côtés de Louis, mais vendredi, je reste à ma place, dans l’opposition » On se demande bien pourquoi, puisque, selon ses dires, il n’y a plus d’opposition.

 Entretien réalisé au Maitena café, le lundi 2 février.

 ◊ Richard Tardits, n’a pu s’exprimer car il commentait la finale du Superbowl et ne rentre que mercredi.

 Si après avoir lu tout cela, vous faites partie des 30% à 40% qui vont se décider à aller voter aux élections départementales pour des conseillers dont les prérogatives n’ont même pas encore été ratifiées par l’Assemblée nationale (la classe!), vous êtes tout simplement  AD-MI-RA-BLES! Et dire que ce sont ces mêmes politiques qui vont se plaindre de ne pas être pris au sérieux par les citoyens ordinaires… On se demande pourquoi.

Demain : l’analyse de toutes ces grandes manœuvres un peu pitoyables dans « L’appel de la gamelle« .