Un peu de clarté espérée

Clarté01Qui n’a jamais été assesseur dans un bureau de vote, un dimanche d’élections départementales, ne peut avoir une idée précise de la définition du mot ennui. Pour s’occuper, on regarde de travers les représentants du camp d’en face, on compte les mouches, fort rares à cette saison, et on se sent soudain rempli d’amour pour chaque Biarrot qui s’est décidé à faire prendre l’air à sa carte d’électeur. On peut aussi se laisser aller au mauvais esprit, la plus délicieuse des gymnastiques du cerveau. Ainsi, sans se concerter, deux assesseurs qui sévissaient dans des bureaux fort éloignés l’un de l’autre, ont eu dimanche le réflexe de m’envoyer un texto pour me raconter qu’ils observaient avec attention les signatures du deuxième tour, et qu’ils les trouvaient étonnamment semblables à celles du premier tour, contrairement au scrutin d’il y a un an.

Les journalistes ne s’intéressent guère aux trains qui arrivent à l’heure. Dans une ville profondément à droite comme Biarritz, la victoire du ticket UMP-MoDem, Brisson-Arostéguy, face au binôme PRG-PS Haye-Lafite, ne constitue pas vraiment une surprise. En revanche, le score 55% contre 45% permet de tirer quelques enseignements, alors que cette calamiteuse campagne des élections départementales, si néfaste à Biarritz, est enfin terminée.

Un ticket qui a plu

Tout d’abord, même si sa personnalité prête parfois à controverse, il n’y a pas de rejet massif de Max Brisson par les électeurs biarrots, contrairement à ce qu’affirmaient tous ses bons amis, il y a un an. Le ticket avec Maïder Arostéguy a visiblement plu et a convaincu les Biarrots. L’histoire ne repasse pas les plats, mais je reste convaincu, fort des nombreux témoignages que j’ai pu recueillir depuis un an, que Max Brisson s’est fait voler comme au coin d’un bois aux élections municipales, et que, dans deux bureaux au moins, il y a eu des accommodements certains avec les urnes.

Malicieusement, la Marquise de Vérité a annoncé dans La Semaine du pays basque que Lasserre et Brisson s’étaient partagé les rôles pour le département. La présidence et le contrôle de l’argent pour le premier, la vice-présidence et la voiture de fonction avec chauffeur pour le second. C’est drôle mais un peu réducteur. Le problème de Max Brisson, maintenant qu’il est légitimé au niveau du département, est de savoir ce qu’il va faire de son mandat de premier opposant à Biarritz, un poste pour lequel il a montré fort peu d’appétit jusque-là. Ragaillardi par cette victoire, va-t-il enfin s’y intéresser ou, conscient qu’un ticket MoDem-UMP est probable aux prochaines régionales, va-t-il laisser sa place à quelqu’un de sa liste? Les Biarrots sont las des petits jeux politiques et un minimum de clarté et de cohérence sont désormais indispensables.

Les arapèdes et les girouettes

Ils vont sans doute s’accrocher à leurs fauteuils comme des arapèdes à leurs rochers, mais, question clarté, on n’aimerait pas non plus être à la place de Bénédicte Darrigade ou de François Amigorena. L’éphémère opposante ralliée à la majorité affirme partout qu’on doit la prendre en compte désormais puisqu’elle pèse 10% des suffrages biarrots, ce qui est une pure vue de l’esprit. Quel est la part de Louis Vial, de Bénédicte Darrigade et de votes anti-Brisson dans ce résultat? Ce qui est sûr, c’est que chaque fois que la dissidente UMP prendra la parole au conseil municipal, personne ne pourra y voir autre chose qu’une manœuvre politique.

Quant à François Amigorena, l’ancien directeur de campagne de Guy Lafite, parti avec le compte Twitter de son rival, en proclamant qu’il était sans étiquette, avant de se raviser et d’appeler à voter Lafite au second tour, il a démontré qu’on pouvait le nommer toutes affaires cessantes adjoint en charge des girouettes de la Ville.

En fait, et c’est malheureux pour les Biarrots, cette élection départementale a surtout permis de comprendre que la majorité municipale n’était qu’une entité virtuelle sans aucune consistance réelle. Michel Veunac, comme à son habitude, n’a pensé qu’à sa gueule en s’affichant au meeting de Max Brisson et a démontré qu’il était incapable de se comporter en leader d’une équipe. Et son premier adjoint, qui fait le boulot pendant que le maire empoche les indemnités doit particulièrement l’avoir mauvaise. Allez gouverner une ville, dans ces conditions, quand l’équipe en place se déteste cordialement!

Pour toutes ces raisons, même si on est entre gens de bonne compagnie qui s’efforceront de ne rien laisser paraître, le conseil municipal du 2 avril prochain va être particulièrement intéressant à observer.

Biarritz, ton univers impitoyable!

Celui-là, au moins, vous pouvez le voir en peinture

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Attention, Alain d’Aries vous a à l’oeil.

Photographe passionné, mais aussi choriste du groupe Kostalde, journaliste pour La Semaine du Pays basque, et ce qui ne gâte rien fin pêcheur en mer, Alain d’Aries est d’un éclectisme absolu et personne ne serait surpris de découvrir qu’il tresse, à ses moments perdus, des scoubidous en poil de pottok ou confectionne des portefeuilles en peau de daurade séchée… L’homme est délicieux et ce sympathique mélange des genres, ce goût des autres et cette inépuisable curiosité pour la vie se retrouvent dans ses toiles, de peintre autodidacte et passionné, où il mêle allègrement, le carton, la toile de jute, la peinture, bien sûr, mais aussi l’enduit, la terre de son jardin ou les cendres de sa cheminée.

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Alain d’Aries, de face, avec un de ses nombreux amis.

Alors, si vous êtes allés voter à reculons, ce dimanche, tellement vous ne pouvez plus voir en peinture nos hommes politiques, changez de registre et offrez-vous une grande récréation en venant lui rendre visite à la galerie des corsaires (…un nom qui lui va à merveille!) à Bayonne. Une galerie  qu’il partage pour une semaine avec le peintre Jean Larre, aux intéressantes abstractions colorées.

C’est gratuit et vous allez retrouver cette grâce et cette fraîcheur qui manquent tant à nos politiques.

Galerie des corsaires, 16 rue Pontrique à Bayonne. Jusqu’au 3 avril.

Le concours du plus désinvolte

Veunac applaudit Brisson2

Il y a un an, Brisson, à juste titre, voulait contester devant le conseil d’État le résultat des élections municipales. Mardi soir, l’ancien deuxième adjoint Veunac, devenu maire, était venu applaudir l’ancien premier adjoint Brisson, prétendument premier opposant. Une reconstitution de ligue dissoute? (Photo Corine Martineau)

Ils sont comme ces enfants qui arrachent les ailes des mouches sans se douter que les intéressées trouvent l’expérience très moyennement ludique. Tout à leurs petits jeux politiques, les élus biarrots en oublient les mandats pour lesquels ils ont été élus, méprisent leurs électeurs à qui ils ont fait de belles promesses, et se soucient comme d’une guigne de la ville de Biarritz, uniquement préoccupés par la prochaine gamelle qui les attend.

C’est ainsi que mardi soir, au Colisée, les militants UMP qui étaient venus écouter Fillon, ont eu la surprise de voir leur maire Michel Veunac, au premier rang,  applaudir à tout rompre le discours de… Max Brisson! Notre gentil Michel ne faisant jamais rien pour rien et détestant cordialement son ancien rival, avait clairement en tête les prochaines élections régionales et les 2660 euros brut d’argent de poche que rapportent le mandat, attendant de Max-la-menace-pour-personne un gentil renvoi d’ascenseur dans les mois à venir.

La désinvolture du maire de Biarritz, même si le MoDem a passé un pacte pour ces élections départementales avec l’UMP, est totalement sidérante. La moindre des élégances, compte-tenu de la candidature de son premier adjoint, aurait été d’éviter de s’afficher en public et de prendre parti dans le duel entre Brisson et Lafite, mais si Veunac était élégant dans la vie publique on s’en serait aperçu depuis le temps.  Applaudir son premier opposant et bouder son adjoint, il faut tout de même oser!

Et les cocus sont… les Biarrots!

Ces élections départementales auront permis aux électeurs de prendre conscience à quel point les politiciens locaux affichent désinvolture et mépris pour ceux qui les ont fait rois. Car, les grands cocus de ces élections, outre ceux qui ont essuyé un sévère revers dès le premier tour, seront incontestablement les Biarrots. La Ville est en difficulté et il est nécessaire d’agir vite. Mais comment faire après toutes ces trahisons, ces alliances improbables, ces coups de gueule permanents? Vous imaginez l’ambiance sereine dans laquelle vont se passer les prochaines réunions de travail entre le maire et son premier adjoint? Vous imaginez les tensions lorsque des décisions tripartites devront être prises entre Veunac, Lafite et Amigorena? Et vous allez prendre au sérieux les votes de tel ou tel sur les grands projets municipaux? Si Bénédicte Darrigade approuve une orientation de la majorité municipale, qui croira à sa sincérité? Si Max Brisson estime, comme Veunac, qu’il faut réinjecter de l’argent dans la Cité de l’Océan, qui y verra autre chose qu’un remerciement pour son soutien discret pendant la campagne des départementales?

Oui, vraiment, au concours du plus lamentable, les postulants se bousculent au portillon. Si Lafite était cohérent, après le camouflet public que vient de lui infliger Veunac, il démissionnerait immédiatement de son poste de premier adjoint. Si Brisson  avait  du cran, il annoncerait d’ores et déjà son départ du conseil municipal où il s’ennuie tant, sans attendre le résultat de dimanche. Si Bénédicte Darrigade tirait les leçons de son score de premier tour, elle dirait immédiatement adieu à la vie publique, faute d’avoir désormais la moindre crédibilité… Mais tous vont vous expliquer qu’ils sont absolument indispensables à leurs postes et définitivement irremplaçables.

Et l’on se prend à rêver du temps où les politiques avaient un peu de dignité! En 1967, Gaston Deferre, pour avoir traité d’abruti le député gaulliste René Ribière, s’était retrouvé à se battre en duel contre lui à l’épée et lui avait infligé deux belles estafilades. On ne demande pas autant de panache à notre très musclé Guy Lafite, mais à sa place, compte tenu de l’affront que vient de lui faire subir Michel Veunac, on lui conseillerait d’aller à la mairie avec sa planche de surf pour l’aplatir sur la tête du maire félon, ce qui aurait tout de même une autre gueule que de tenter de monter une coalition pour ne pas voter le budget et destituer le maire en place, suivant une tradition très biarrote!

L’étrange dérobade de Max Brisson

Brisson Aroisteguy mairie

Dimanche soir à la mairie, le binôme Maïder Arosteguy, Max Brisson n’affichait pas une sérénité absolue après les résultats du premier tour… (Photo Philippe Morel)

Vous en connaissez beaucoup de candidats qui souhaitent que les télévisions locales ne s’intéressent pas à eux entre les deux tours des élections et qui dédaignent les rendez-vous qu’on leur propose? Il y a quelques jours, alors que le directeur de la rédaction de La Semaine du Pays basque, Jean-Philippe Ségot, faisait prendre l’air à son scooter, au lieu de circuler comme d’habitude dans sa limousine mauve, il croise Max Brisson,  Maïder Arosteguy et quelques acolytes en train de distribuer des tracts dans Biarritz. Le très urbain directeur, qui anime aussi les débats politiques sur TVPI, s’arrête et demande à Max et à Maïder s’ils sont prêts à venir défendre leurs idées sur les plateaux de la télévision locale face à leurs adversaires de second tour. Max a une réaction plutôt sympathique, en précisant qu’il est d’accord sur le principe… à condition de figurer au second tour.

Lundi matin, Jean-Philippe Ségot téléphone donc à Guy Lafite et Ghislaine Haye pour leur proposer de débattre, mardi après-midi. Les deux représentants de la gauche acceptent immédiatement. Joint par téléphone, Max affirme alors contre toute attente qu’il est indisponible le mardi après-midi, car il doit piloter François Fillon avant son meeting au Colisée (entre candidats ayant perdu spectaculairement une élection, ils doivent avoir des choses à se raconter…). Maïder Arosteguy, de son côté, est retenue par des obligations professionnelles à Toulouse et ne pourra être présente. Conciliant, Jean-Philippe, propose alors un enregistrement  à 11 heures le matin, mais il sent son interlocuteur réticent… Il louvoie, hésite, doit parler à ses troupes avant de se décider. Comme la télévision est un média lourd, que chaque heure de tournage coûte très cher et qu’il faut prévenir à l’avance les techniciens,  l’heure limite pour la décision est fixée à 17 heures.

À 17h03, Jean-Philippe n’a toujours pas de nouvelles et décide donc, à regret, d’annuler. Il laisse un message téléphonique à Max et prévient Guy Lafite. À 18 heures, l’air de rien, Max Brisson vient aux nouvelles, affirme qu’il n’a pas entendu le message et fait semblant d’être navré de cette annulation, tout en précisant que le CSA interdit de recevoir seul Guy Lafite.

Vous avez dit étrange ou vous avez dit dérobade?

La lettre d’excuses de Jean-Philippe Ségot à Guy Lafite :

Courrier Ségot lafitte

Non, les journalistes ne pratiquent pas le « Brisson Bashing »!

Lors de ses entretiens téléphoniques avec Jean-Philippe Ségot, Max Brisson s’est beaucoup plaint de l’attitude des journalistes biarrots, estimant être victime d’un « Brisson bashing » (pour les francophones, le bashing se traduit par dénigrement). Une assertion gratuite qui ne correspond nullement à la réalité. Le travail des journalistes consiste à raconter ce qu’ils voient à leurs lecteurs. Quand Max Brisson prétendait qu’il allait être « un opposant féroce »  à Michel Veunac, alors qu’il négociait son soutien pour les départementales (… et qu’il lui rendra probablement la politesse aux régionales!), ou s’annonçait bloqué par la neige, il est logique de se montrer caustique. Ce ne sont pas les journalistes qui ont changé d’attitude, mais simplement le candidat, avec ses vérités d’un jour qui ne sont plus celles du lendemain.

Et les perdants sont…

biarritz score

(Photo Corine Martineau)

L’histoire remonte à presque deux mille trois cents ans, mais semble toujours d’actualité à Biarritz. En 280 avant Jésus-Christ, à Héraclée la bien nommée, Pyrrhus, le roi d’Epire, mit une sévère… raclée aux légions romaines. Mais, dans le combat, il perdit tellement d’hommes qu’il devint dans les semaines qui suivirent une proie facile pour les envahisseurs. À Biarritz, les politiques, à l’occasion de ces élections départementales nous ont offert un tel spectacle, que l’on peut sans risque pronostiquer une victoire… à la Pyrrhus pour celui qui décrochera la timbale, dimanche 29 mars. À l’exception des candidatures militantes qui ont réalisé des scores prévisibles et qui peuvent quitter l’enclos électoral la tête haute, les trahisons, les alliances improbables et les incessantes parties de billard à douze bandes, lors de cette campagne électorale, ont agacé les Biarrots au plus haut point et auront fatalement des conséquences à l’avenir sur la vie politique locale. Revue de détail d’un champ de ruines.

cinq de trèfle

5,52%, septième.

Il est du genre à affirmer « Même pas mal! »  et, à le lire sur Facebook, on pourrait presque croire qu’il triomphe : « Merci aux 537 Biarrot(e)s qui ont voté pour nous. ». La réalité est cruelle. malgré le soutien, sans nul doute décisif de Jean-Philippe Viaud, le repenti de gauche François Amigorena, qui avait décidé, après avoir piqué le compte Twitter de son ancien mentor,  de se présenter sans étiquette, va désormais se trimballer avec une magnifique… étiquette dans le dos. Celle d’un perdant, même pas magnifique, qui ne pèse rien dans la Ville, avec ses 5,52% de suffrages et sa septième place. On le disait discrètement soutenu par Didier Borotra. On mesure ainsi  l’influence de l’ancien maire. Quant à notre sémillant adjoint au tourisme, on lui souhaite bien du plaisir au sein de la majorité municipale quand il devra traiter avec Lafite ou Veunac. Il ne lui reste qu’une solution, s’il est cohérent : démissionner.

6-coeur

6,14%, sixième.

 Frédéric Domège avait promis qu’il se consacrerait à la pêche à la ligne en cas de défaite et fort de ses 6,14% et de sa sixième place, nul doute qu’il doit être en train de préparer ses plombs et ses hameçons. Pourtant, quand il aura digéré sa désillusion, un intéressant rôle politique l’attend. Celui d’opposant efficace à Michel Veunac, lui qui ne s’est pas compromis dans des négociations d’arrière-boutique ou des alliances improbables.

10-carreau

10,97%, quatrième.

 La trahison a ses limites. On imagine mal pour le second tour Louis Vial appeler à voter pour Max Brisson ou Bénédicte Darrigade pour Guy Lafite. Bénédicte Darrigade, comme Frédéric Domège, contestait l’omnipotence de Max Brisson sur Biarritz et sa boulimie de candidat à tout. Il est dommage qu’elle ait manqué de patience, car en se fourvoyant dans cette élection où elle n’avait rien à faire, elle a gâché la sympathie que les Biarrots éprouvaient pour sa personne et pour son nom. Elle était prédestinée à jouer un rôle important au sein de la Ville.  Il va être difficile pour elle de faire oublier désormais sa désinvolture d’élue, qui dix mois après son arrivée comme opposante au sein du conseil municipal, change de casaque et va pactiser avec la majorité. Avec 10,97% de suffrages, elle se retrouve très loin derrière Max. Ce sont ses électeurs qui vont détenir les clés du deuxième tour. Ont-ils voté pour le ticket Darrigade-Vial par détestation du leader de l’UMP, ou, après s’être offert un petit frisson de dissidence, vont-ils sagement regagner les rangs de l’UMP? On le saura dimanche.

valet de pique

13,85%, troisième.

 Frank Perrin a le sourire. Le candidat du Front national sait très bien que son parti est le grand vainqueur au niveau national de ces élections départementales, quoiqu’en disent les commentateurs qui comparent un parti qui s’est présenté seul avec des entités de gauche ou de droite, ce qui n’a aucun sens. Le très policé Frontiste biarrot la joue comme ces pères de famille qui choisissent les placements sans risques. Pas de bruit, pas de vague, mais d’élections en élections, son petit magot fructifie et avec 13,85% de suffrages obtenus, son parti progresse nettement par rapport aux cantonales de 2011. Plutôt clair dans ses choix, il affirme qu’il votera blanc au second tour et raconte que, lors d’un pot qui a réuni les militants dimanche soir, beaucoup affichaient la même intention. Frank Perrin juge que son parti est devenu républicain et que les quelques réflexions racistes de candidats relevées par les médias ne sont que des épiphénomènes. Un avis que semble partager l’opportuniste Sarkozy, avec son « ni-ni » qui met sur le même plan le PS ou le Front national. Un avis que ne cautionnent ni le patron de l’UDI Jean-Christophe Lagarde ni Emmanuel Valls, qui a eu le mérite d’être très clair sur le sujet, en appelant à voter pour la droite républicaine, en cas de duel UMP-FN.

roi de carreau

21,97%, deuxième.

 Avec 21% de voix obtenues, l’agglomérat de gauche, qui regroupait le PS, mais aussi dans certains départements le Front de gauche, le PC et les Verts, a pris une rouste monumentale. Parce qu’il est si peu de gauche, parce que son côté bobo plait, parce qu’il n’a jamais un mot plus haut que l’autre et qu’il enrobe à merveille ses contrevérités et ses approximations, Guy Lafite réussit une très belle performance avec 21,97% de votes en sa faveur dans une ville très à droite comme Biarritz. Et l’on se demande s’il n’est pas capable de créer la surprise, comme Michel Veunac l’avait fait au second tour des municipales. Quoiqu’il arrive, il est évident que cette élection laissera  des traces au sein de la majorité municipale, puisque Michel Veunac, ligoté par les engagements pris avec le MoDem, appelle à voter pour Brisson et non pour son Premier adjoint. Comment voulez-vous ensuite que les Veunac, Lafite, Amigorena, prennent des décisions sereines et favorables à la Ville, après un tel salmigondis?

roi de trèfle

27,21%, premier.

 L’échéance du 29 mars est capitale pour Max Brisson. Avec 27,21% de suffrages, Max et Maïder Arosteguy  se situent dans la moyenne nationale, ce qui n’est pas si mal quand on se retrouve confronté à deux listes dissidentes. Mais la grande inconnue reste la façon dont va s’opérer le report de voix. Déjà les patrons de l’UDI et de l’UMP ne sont absolument pas d’accord sur la façon de gérer l’épineuse question du Front national. Et force est de constater qu’au niveau local, Max Brisson, dont l’intelligence et les qualités ont souvent été soulignées dans ce blog, a multiplié les maladresses, ces derniers temps. En n’anticipant pas la fronde de ses lieutenants, Max s’est retrouvé à manger son chapeau publiquement pour tenter d’annihiler les dissidences et empêcher Corine Martineau de faire une liste. Mais surtout, comme Bénédicte Darrigade, Max n’a guère respecté le mandat pour lequel il a été élu. On peut très bien comprendre qu’un ancien premier adjoint, qui s’est imaginé maire, se complaise difficilement dans le rôle de premier opposant. Max a fait le job avec un manque d’allant total, multipliant les absences ou les excuses bidons. Et au final, au nom d’une alliance avec le MoDem, il s’est trouvé à négocier en douce avec Veunac, tout en jurant ses grands dieux du contraire. C’est Biarritz qui pâtit de ces petits jeux politiques! La moindre des dignités, quand on ne se sent plus l’âme d’un opposant et que l’on se retrouve coincé par des logiques d’appareil, c’est de démissionner de son poste de conseiller municipal pour laisser la place à quelqu’un qui a envie de faire le job. Ce que Max fera certainement s’il est élu dimanche, mais ce qui sera perçu comme une nouvelle manœuvre pas très respectable.

 Pour toutes ces raisons, parce que Guy Lafite est pour moi de gauche comme je suis bonne sœur, parce que Max Brisson a privilégié ses intérêts personnels avant ceux de la Ville, parce que presque tous les candidats de cette élection départementale se sont souciés comme d’une guigne des mandats que les électeurs leur avaient confiés et n’ont pas compris qu’en se ridiculisant, ils ridiculisaient aussi les Biarrots, pour la première fois de ma vie, dimanche, je vais voter blanc. À la réflexion, c’est une belle couleur le blanc.

Des livres et des vivres pour Patxaran et Manzana

Patxaran à Paris 001Ah ça, quand ils partent en villégiature trois jours à Paris, Patxaran et Manzana n’ont pas tout à fait la même façon de faire leurs bagages! Dans la valise du policier biarrot Manzana, tout a été soigneusement plié par maman. Qui a rajouté sur le dessus un gros paquet d’écharpes et de mitaines tricotées par ses soins pour les petites sœurs de Notre-Dame de la Visitation, qui vont loger et surveiller le fiston pendant son séjour, pour éviter les tentations diaboliques de la capitale. Manzana a pourtant bien prévu de s’échapper du côté de Saint-Germain-des Prés, pour regarder de près comment s’habillent les Parisiens, dont l’élégance le fascine.

Dans le fourre-tout du bayonnais Patxaran, un polo informe et surtout du jambon, du saucisson, du fromage de brebis et quelques bouteilles d’Irouléguy, qui vont tintinnabuler délicieusement pendant tout le trajet en TGV. Les « collègues », en pénitence à Paris pour quelques longues années ont déjà prévu d’héberger Patxi et savent qu’il n’est pas homme à faire le voyage à vide. « On ne sait jamais avec ces Parisiens. Il est plus prudent d’amener son manger » a bougonné le policier bayonnais.

Patxaran à Paris 003Contents ou pas, les deux policiers qui se supportent mal (obliger un policier bayonnais à enquêter avec un Biarrot ne devrait pas être permis par la constitution!) vont pourtant devoir faire séance de dédicaces communes au Salon du Livre de Paris, les samedi 21 et dimanche 22 mars de 14 à 18 heures et plus, si une clientèle enamourée souhaite découvrir leurs aventures. Patxaran est furieux à l’idée de ne pas voir en direct  le match du XV de France contre l’Angleterre, même s’il estime que les Bleus auraient bien besoin d’un coup de patxaran, voire de manzana dans les vestiaires,  pour retrouver un peu de témérité sur le terrain.

Présents au stand de la maison d’édition Atlantica (P155), ils vous raconteront avec plaisir comment ils ont réussi à déjouer le kidnapping des mascottes du BO et de l’Aviron, Pottoka et Géronimo, et évité au Pays basque des explosions en série. Vous êtes natifs du Pays basque, exilés à Paris, ou vous aimez venir en vacances dans la région, pas de doute, vous allez adorer découvrir les aventures de nos deux frères ennemis!

Domège, en premier de cordée

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Pour cette participante, il n’y a pas de doute : l’étoile montante, c’est Domège.

En ce moment, Frédéric Domège est heureux et ça se voit à la façon qu’il a de se couler dans son costume et de se mouvoir avec aisance dans l’espace, alors qu’il s’attaque à une sacrée montagne avec ces élections départementales, où neuf binômes s’opposeront à Biarritz : « Bien sûr, j’espère ne pas prendre une taule dimanche, mais tu ne peux pas savoir  le bien que cela fait de dire ce que l’on pense ». Dans la salle du casino qu’il a réservée, mercredi soir, il claque la bise aux arrivantes, a un mot gentil pour chacun, avant de démontrer à la centaine de participants venus pour l’occasion qu’il est tout de même beaucoup plus facile de faire de la politique quand on se sent en accord avec ses idées :

«  D’habitude, je parle en avant-dernier. Je suis un peu le chauffeur de salle, attaque avec humour Fredo-la-malice.  Je vous dois donc une explication. Qu’est-ce que je fais là? En mars dernier, les électeurs ont manifesté leur désir de changement. Nous ne pouvons pas faire comme s’il ne s’était rien passé… »

L’homme est calme et serein. Il a visiblement digéré les tempêtes essuyées les derniers mois et n’est jamais dans l’acrimonie. « La candidature de Max Brisson me paraît inopportune. Je n’ai pas apprécié que notre chef de file déserte les deux premiers conseils. Moi aussi, je n’étais pas bien après cette défaite, mais je tenais à assumer mon rôle d’opposant. »

L’épisode comique où Max Brisson, officiellement bloqué par la neige à Albi, s’est retrouvé pris en photo à Bayonne, est vite expédié : « Au cours du débat d’orientation budgétaire, j’ai eu le sentiment d’être le seul opposant… La liste de Brisson s’appelle « Fidèles à Biarritz » mais elle n’est certainement pas… fidèle aux Biarrots! »

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Dans la salle du casino municipal, une bonne centaine de participants.

Domège ne veut visiblement pas s’étendre sur les querelles internes et il est très clair sur ce que sera son attitude dimanche 22 mars au soir. « Ce premier tour constituera une primaire grandeur nature entre les candidats de droite. Bien entendu, pour le deuxième tour, il faudra faire barrage à la gauche. »

Alors que le domaine de compétence des futurs conseillers départementaux reste très flou, Frédéric Domège fustige les décisions prises à Biarritz par une majorité qui multiplie les études dilatoires : « Kléber va devenir un quartier comme on avait décidé de ne plus en faire depuis les années soixante. Les ouvertures sont tellement rapprochées que les gens vont pouvoir s’offrir un coup à boire d’une fenêtre à l’autre. Et pendant ce temps, la crèche qui était prévue dans ce quartier vient d’être abandonnée par la majorité municipale. »

Et le candidat, qui prend visiblement goût au micro, de marteler : « Biarritz est un équilibre! »

Un quatuor qui s’apprécie

Marie-Pierre Mayer, la pharmacienne de Saint-Charles, raconte alors son parcours, elle qui n’est pas Biarrote d’origine, mais qui se félicite tous les jours depuis vingt ans de vivre ici. Petite-fille de mineur, elle est « fascinée par ces gaullistes débordant d’énergie qui œuvrent pour la France. » et a « toujours été intéressée par la politique ».

Mira Schor, sa remplaçante, ne cache pas que le fait d’avoir été exclue de l’UMP reste une blessure à vif : « J’ai le coeur et l’âme UMP, même si nous ne pouvons pas le dire ouvertement. » Travaillant à L’Hôtel du Palais, elle se réjouit de «  vivre une aventure humaine extraordinaire » et se déclare très optimiste au vu de l’accueil réservé par les Biarrots lors des distributions de tracts.

Jean Dabadie, le remplaçant de Frédéric Domège, a fait de solides études à l’étranger avant de revenir à  Biarritz, «  ma ville », en 2009 et de prendre la gérance de L’Hôtel du Clair de lune. Non encarté, il veut incarner le bon sens des gens de terrain.

Le quatuor n’a pas besoin de dire qu’il s’apprécie. Les sourires, les fous-rires sont nombreux et comme le souligne Marie-Pierre Mayer, « Frédéric sait diriger, mais il sait aussi écouter ».

On est loin des ces mariages forcés, il y a un an, où Veunac, Barucq et Lafite d’un côté, Brisson, Saint-Cricq et Tardits de l’autre, semblaient aussi ravis de convoler ensemble que les lycéennes enlevées par Boko Haram, le jour où elles découvrent l’époux qu’on leur destine.

Comme me disait un vieux guide pyrénéen, « quand une cordée fonctionne, la montagne devient tellement plus simple! »

Pour moi, ce sera Ithurbide-Raffy

Quand un gouvernement de gauche vote des lois de droite, comme la loi Macron, il faut le rappeler à ses devoirs et voter à gauche de la gauche. Contrairement aux précédentes cantonales, ces nouvelles élections départementales ont été marquées par des débats beaucoup plus nationaux que locaux, avec une forte inquiétude sur le score du Front national. Voter communiste, un parti pour lequel j’ai toujours eu beaucoup de tendresse, ne me posera donc aucun problème, puisque j’ai toujours préféré les militants sincères aux énarques arrogants dont ce n’est jamais la faute (Suivez mon regard…). Je ne cache pas que si j’avais disposé d’un deuxième bulletin, je l’aurais certainement donné au ticket Daguerre-Istèque, tellement ils sont enthousiastes, chaleureux et rafraichissants dans leur volonté de défendre le Pays basque. Mais, n’habitant que depuis douze ans à Biarritz, j’avoue que je suis parfois déconcerté par les stratégies « ondoyantes » des Abertzale, même si on m’a expliqué que c’était normal, puisque c’était un mouvement et non un  parti.

Après avoir ruminé ma colère pendant des semaines, j’ai décidé en mai 2012 de ne pas passer une minute de plus au « Canard enchaîné » qui, à mes yeux, avait gravement triché avec ses lecteurs. C’est sans doute pour cette raison que la démarche de Frédéric Domège m’est sympathique. Parce qu’il y a une sincérité dans sa révolte que j’apprécie. Biarritz a besoin d’opposants qui s’opposent, Biarritz crève de ces petits jeux politiques où l’opposition saute dans les bras de la majorité ou deale en douce avec elle, loin des regards, comme un vendeur de cannabis dans un hall d’immeuble. Frédéric, pour peu qu’il soit élu, retombera peut-être un jour dans ces petits jeux politiques que les électeurs exècrent. Mais, pour le moment, sa démarche est celle d’un homme indigné qui a décidé d’être lui-même…

… Et, rien que pour ça, il mérite le plus total respect.

Le livre de chevet du contestataire créatif

Créer, c’est résister, résister, c’est créer…

Joyeux bordel 02Vous avez peut-être en mémoire la réflexion de l’humoriste Alphonse Allais, « La forme même des pyramides nous apprend que, dès la plus haute antiquité, les ouvriers avaient déjà tendance à en faire de moins en moins », mais saviez-vous que le premier conflit social connu date de la construction de ces mêmes pyramides, il y a plus de trois mille ans? Lassés de ne jamais voir arriver pour leurs ouvriers des provisions suffisantes, promises par Ramsès III, les contremaîtres incitent leurs équipes à occuper les temples. paralysent la vie religieuse et obtiennent très vite satisfaction.

« Le salut des hommes repose entre les mains de ceux qui font preuve de créativité dans leur non-conformisme » se plaisait à répéter Martin Luther King. Avec « Joyeux bordel, tactiques, principes et théories pour faire la révolution », publié aux éditions LLL (Les liens qui libèrent), l’amoureux du désordre créatif n’aura désormais plus aucune excuse pour défiler tristement dans la rue, au lieu d’inventer des actions adaptées aux causes qu’il défend. Les deux auteurs, très connus dans le monde des activistes américains, ont eu l’excellente idée de recenser toutes les actions revendicatives les plus insolites dans le monde. Canulars, perturbation créative, non-violence stratégique ou théâtre invisible, la liste est longue des coups d’éclats qui permettent de sensibiliser la population à un problème, à l’image de ce que vient de réussir Bizi! en piquant quelques chaises à la banque HSBC.

Parfois, les idées les plus simples sont les plus efficaces. Les pique-nique dans les supermarchés, organisés par l’association française L’appel et la pioche toutes les « faim » de mois pour protester contre le gaspillage des denrées et la pauvreté dont souffrent nombre de Français, ont le mérite de mettre les vigiles des grands magasins dans une situation impossible. Des médias amis ont été prévenus pour filmer, les badauds s’attroupent et parfois même participent aux agapes autour de la grande table dressée par les militants au rayon fruits et légumes et le plus souvent les organisateurs de ce rassemblement protestataire repartent sous les applaudissements des consommateurs tandis que la direction, impuissante, ronge son frein.

En 1996, en Angleterre, trois femmes, scandalisées par les bombardements infligés par l’aviation anglaise au Timor-Oriental, pénètrent dans une usine de la British Aérospace, démantèlent un avion Hawk ZH955, lui infligeant deux millions d’euros de dégâts, tout en laissant en évidence dans le cockpit des documents et des vidéos revendiquant leur acte. Six mois après leur arrestation, elles seront acquittées, ayant convaincu le jury que leur crime avait permis d’en éviter un autre bien plus grand.

« Le rôle des militants ressemble souvent à celui de l’enfant dans le conte d’Andersen : même si tout le monde sait que l’Empereur est nu, le déclarer publiquement peut avoir des conséquences révolutionnaires. Exposer des problèmes cachés jusque-là peut être le premier pas, voire le plus important, afin de les résoudre. »

Donner aux médias ce qu’ils attendent

eau en feu 02Parfois, une simple image spectaculaire à fournir aux médias, va totalement modifier la donne. Les Américains étaient assez indifférents à l’exploitation des gaz de schiste par fracturation hydraulique dans leur pays. Jusqu’au jour où des militants, épaulés par des scientifiques garantissant l’honnêteté de l’expérience, ont mis le feu devant les caméras des journalistes. à l’eau du robinet d’une zone concernée. Une démonstration limpide, si l’on peut dire, qui a considérablement bouleversé la donne. (l’expérience est visible sur youtube https://www.youtube.com/watch?v=9qQVBFgNEyY).

L’humour doit être omniprésent dans l’esprit du manifestant. Mettre les rieurs de son côté, c’est déjà faire la moitié du chemin. Le 5 juin 2013, à Paris, alors que se prépare l’assemblée générale des actionnaires de Bolloré, des Camerounais et des Ivoiriens, munis de pelles, de bêches et de râteaux, commencent à biner la pelouse de la multinationale qui accapare les terres de leurs pays avec des plantations gigantesques d’hévéas et de palmiers à huile : «  On n’a plus de terres disponibles dans notre pays, alors on vient planter le manioc dans votre pelouse! » Allez-vous défendre après une action aussi spectaculaire!

« Joyeux bordel » interpelle aussi les artistes, en leur demandant de ne pas se contenter de dessiner des affiches ou des flyers, mais de mettre leur vision décalée du monde au service des causes qu’ils défendent. Pendant la Commune de Paris, tandis que les Manet, Cézanne ou Monet avaient fui la capitale pour continuer à peindre des natures mortes, Gustave Courbet mettait sur pied la fête destinée à faire tomber la colonne Vendôme, symbole de l’oppression napoléonienne.

Pour Milan Kundera, le contestataire est celui qui sait « unir l’extrême gravité de la question et l’extrême légèreté de la forme ». Avec ce « Joyeux bordel », créatif et jubilatoire en diable, vous n’avez vraiment plus aucune excuse pour continuer à marcher au pas!

  « Joyeux bordel, tactiques, principes et théories pour faire la révolution», Andrew Boyd et Dave Oswald Mitchell, éditions LLL, les liens qui libèrent – 250 pages, 16 €.

Et si Saint-André se montrait lui aussi professionnel?

Saint-André 4Professionnel! Philippe Saint-André n’a que ce mot à la bouche pour les rugbymen du XV de France qu’il dirige. Avec lui, c’est clair, c’est rigueur, rigueur et rigueur à chaque minute de la journée. Une pinte de bière à se partager entre les vingt-trois joueurs les soirs de victoires, heureusement fort rares, interdiction de toucher aux consoles vidéos passé vingt heures et tonton Lagisquet et papy Bru qui bordent les gamins tricolores dans leurs petits lits blancs de Marcoussis dès vingt-deux heures.

Et quand ça tourne mal, c’est à dire à presque tous les matches, Philippe Ouin-Ouin, ainsi que se plaisent à le surnommer les réseaux sociaux, a toujours une bonne excuse à faire valoir. Le ballon était carré, l’arbitre autiste ou les joueurs des starlettes!

Poursuivi par une poisse tenace, ce grand malchanceux peut donc s’enorgueillir du pire bilan qu’ait jamais connu un sélectionneur français, depuis que le rugby est professionnel. Avec 44% de victoires, on est loin, très loin derrière les résultats obtenus par le très décrié Marc Lièvremont, 60% de victoires tout de même.

Saint-André  Calimero

Si vous passez par la SPA, n’hésitez pas à adopter le PSA. Il pleure beaucoup mais est attachant.

Et plus les spécialistes s’étonnent de ses choix hasardeux, de ses incessantes permutations de joueurs, alors que toutes les équipes devenues championnes du monde se sont appuyées sur un axe 2-8-9-10-15, quasi immuable, plus notre Calimero national semble faire sienne la devise de l’humoriste Rémi Gaillard, « C’est en faisant n’importe quoi, que l’on devient n’importe qui ».

Les explications concernant l’équipe qui va être alignée contre l’Italie dimanche, auraient enchanté les surréalistes. Ainsi la charnière Tillous-Borde-Lopez va être la seizième essayée en vingt-cinq matches. Brice Dullin, revenant en équipe de France après une grave blessure se retrouve sur le banc au profit de Spedding, tandis que Camille Lopez, magnifique demi de fermeture au coup de pied de rouge-gorge, auteur d’une seule passe à ses coéquipiers lors de la première mi-temps d’Irlande-France et tout aussi transparent contre Galles, est reconduit dans ses fonctions. Bonjour la cohérence! Comment s’étonner dès lors que des joueurs étincelants avec leurs clubs, se retrouvent totalement tétanisés sous le maillot tricolore, tellement ils n’ont plus confiance ni en eux, ni en leurs partenaires, ni en leur système de jeu?

L’incroyable blanc-seing de Camou

L’ancien talonneur anglais, Brian Moore, s’étonnait publiquement dans Midi Olympique de la perte d’identité du jeu français qui se fourvoie en voulant imiter les Sud Africains et percuter au lieu de chercher des intervalles. Et à propos de la ligne d’attaque tricolore, il avait ce mot cruel : « Mais que fait Mathieu Bastareaud au milieu des trois-quarts avec son physique de talonneur? » Bonne question. Mathieu, contre l’Italie, sera simple remplaçant, mais il est certain que Philippe Saint-André ne résistera guère à la tentation de l’envoyer « camionner » les adversaires si la partie tourne mal.

Et l’on en revient à cet espèce de blanc-seing un peu incroyable que le président de la fédération de rugby, Pierre Camou, accorde au plus mauvais sélectionneur français de tous les temps. Oui, quoiqu’il arrive et quels que soient les résultats, Philippe Saint-André sera à la tête de l’équipe de France pendant la Coupe du Monde et ira au bout de son contrat.  Curieuse affirmation pour un rugby qui se veut professionnel. Quelle est l’entreprise qui est prête à garder des mois et des mois un commercial catastrophique qui multiplie les boulettes ou un patron qui met les comptes de sa boîte dans le rouge?

En cas de rouste contre l’Italie, ce qui est loin  d’être impossible tellement nous sommes tombés bas, si Philippe Saint-André avait un tant soit peu de dignité, lui qui ne jure que par le professionnalisme, il démissionnerait immédiatement. Un patron digne de ce nom, sait tirer les conséquences de ses échecs à répétition en cédant sa place. Mais PSA, qui aime tant l’argent, si l’on en croit le président du RC Toulon, est-il capable de ce geste de panache, alors que les gros pardessus de la fédération ont décidé… de ne surtout rien décider?

Nous sommes devenus tellement timorés et prévisibles dans notre jeu stéréotypé, que la seule chance qui nous reste de briller  lors de la très prochaine Coupe du Monde, c’est de trouver un duo de maîtres tacticiens, capables d’inventer des schémas de jeu inédits et de fédérer un groupe, pour surprendre les grandes nations au jeu minutieusement orchestré depuis des mois.

Et quelle est l’équipe de top 14 qui incarne actuellement le plus le rugby à la française? L’Union Bègles-Bordeaux avec ses franchissements incessants et ses relances audacieuses. Franchement, Saint-André sur son canapé pendant la Coupe du Monde et un duo Ibanez-Etcheto pour amener un bienfaisant vent de folie au XV de France, ça ne vous ferait pas rêver?

Ils pensent tous à 2020!

dessin marquiseUne fois de plus, le munificent directeur de la rédaction de La Semaine du Pays basque, Jean-Philippe Ségot, offre aux lecteurs de Bisque, bisque, basque! une copie de la lettre de la marquise de Vérité. La frénésie des politiques biarrots, qui pensent tous les matins en se rasant à 2020, l’amuse au plus haut point. Ce courrier, publié tous les vendredis par l’hebdomadaire, devient incontournable pour les adeptes de l’impertinence.

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Ma Douce Amie,

 Il me faut en revenir à Biarritz, cette semaine encore !

Car décidément dans cette cité si chère au cœur de l’Impératrice, rien ne se passe comme ailleurs… Biarritz a donc sa campagne (électorale) et son autre campagne (celle plus champêtre) où règne, au milieu de son troupeau, notre bien bon Paul Baudry qui mène la fronde gaulliste contre notre joli poupon de Max à grand coup de Facebook ! Et comme le « Paupaul de l’UMP » est très dissipé, le colérique poupon lui a fait adresser missive sur missive, pour le ramener au calme. Mais le maire de Bassussary n’en a rien à cirer et peste désormais contre le fait que, quand il écrit au poupon et à ses amis en recommandé pour dire tout son courroux, personne ne va chercher ses lettres à la Poste ! Oh l’affront…

Mais Paul Baudry manque toutefois de psychologie dans cette affaire, Ma Chère, car il semble ne pas se souvenir que Max-la-Menace Max-la-Terrasse-des-Colonnes ne supporte plus de recevoir de lettre en recommandé depuis 2001, année où il est justement allé chercher une lettre provenant de dame Alliot-Marie qui l’excluait pour toujours du RPR pour cause de ralliement de haute traîtrise à Borotra !

N’est-il pas amusant de se dire que cette fois c’est sa suppléante, la joyeuse Candy Darrigade, que Max a fait exclure – par la plume de Laurent Wauquiez en personne – pour cause de ralliement à Loulou-le-Poulet et à Doudou-le-bien-cravaté, les amis de Soleil C(r)oulant !? Et Doudou entre parenthèses, Ma Douce, fait des ravages chez nos vieilles amies… Le gendre idéal que ce petit Chazoullière ! Toutes nos copines en sont folles, même s’il enlève la cravate ! Et surtout s’il l’enlève ! On en croquerait…

De plus Max-le-pouponable et ses amis passent pour des « brèles », comme le dit le petit agité de Neuilly, car ils ont exclu de l’UMP la petite Candy qui n’en est même pas membre !!! C’est vraiment tordant de se dire qu’ils ne sont même pas capables de contrôler leurs fichiers.

En tout cas, que notre ami Paul se rassure, ses propos sont examinés à la loupe par Max-la-Terrasse-du-Royalty qui dit d’ailleurs la chose suivante : « Baudry est au gaullisme, ce que l’OAS était au Général ! » Extraordinairement sympathique non, chère Thérèse-Marie ?

Enfin chez l’autre dissident de l’UMP, Frédéric Domège, qui fut autrefois le majordome de Max-la-Terrasse-du-café-de-la-gare, l’ambiance n’est guère meilleure depuis que le propre frère du Fredo, Philippe Domège, s’est prononcé en faveur du poupon, et donc contre son Fredo de frère, qu’il juge avoir un ego un peu trop démesuré d’une part, et de trop penser à ses intérêts personnels. C’est, en somme, Domège-et-Intérêts ! Il faut juste qu’il fasse attention à ce que ça ne devienne pas Dommage-et-sans-intérêt !

Ceci dit, pour rester sur le chapitre des lettres recommandées, voilà que Guy Lafite, en a envoyé une à son ancien copain François Amigorena, pour lui dire tout le mal qu’il pense de lui, non seulement pour s’être porté candidat aux départementales face à lui, mais pour lui avoir piqué son compte Twitter et ses followers ! Amigo, l’œil de velours aux nuances délicieusement gris-bleuté, s’en amuse et déclare à qui veut l’entendre : « En fait, tout cela est gentil, mais j’ai été le nègre de Guy depuis 2011 ! Il ne sait même pas brancher une fiche électrique dans une prise, alors Internet vous pensez. Donc c’est moi qui me suis tapé tout le boulot, qui ai tweeté, etc. Aujourd’hui, je reprends à mon compte mon boulot et mes droits d’auteur ! D’ailleurs Guitounet n’a même pas les identifiants de ce fameux compte pour la bonne raison qu’il ne les a jamais eus et qu’il ne sait pas ce qu’est un compte ou un identifiant ! Il est resté au temps de la machine à écrire et des copies au papier carbone… »

Arguments qui semblent peu convaincre le Guytounet qui a traité l’autre jour son ancien copain Amigo de tous les noms d’oiseaux dans le hall de la mairie. Il faut dire que le Guytounet avait prévu de présenter l’Amigo au nom de la gauche à ces élections et que ce dernier, flairant le piège, s’est tiré vite fait, décidé à ne pas paraître l’homme d’un clan. Car comme nous le disait cet ancien adjoint de Soleil C(r)oulant l’autre jour au Bon Coin : « Amigorena est loin d’être idiot ! Il sait que l’objectif, ce ne sont pas ces départementales, mais les municipales de 2020 ! Et Biarritz, si Veunac ne se représente pas, se jouera une fois encore au centre. Alors cet homme de réseaux aura toutes ses chances… »

Oui, Ma Douce, nous sommes deux vieilles femmes, mais nous avons quand même compris que la bataille des futures municipales a déjà commencé ! A la semaine prochaine. Comptez sur moi !

 Votre Marie, marquise de Vérité.