Le concours du plus désinvolte

Veunac applaudit Brisson2

Il y a un an, Brisson, à juste titre, voulait contester devant le conseil d’État le résultat des élections municipales. Mardi soir, l’ancien deuxième adjoint Veunac, devenu maire, était venu applaudir l’ancien premier adjoint Brisson, prétendument premier opposant. Une reconstitution de ligue dissoute? (Photo Corine Martineau)

Ils sont comme ces enfants qui arrachent les ailes des mouches sans se douter que les intéressées trouvent l’expérience très moyennement ludique. Tout à leurs petits jeux politiques, les élus biarrots en oublient les mandats pour lesquels ils ont été élus, méprisent leurs électeurs à qui ils ont fait de belles promesses, et se soucient comme d’une guigne de la ville de Biarritz, uniquement préoccupés par la prochaine gamelle qui les attend.

C’est ainsi que mardi soir, au Colisée, les militants UMP qui étaient venus écouter Fillon, ont eu la surprise de voir leur maire Michel Veunac, au premier rang,  applaudir à tout rompre le discours de… Max Brisson! Notre gentil Michel ne faisant jamais rien pour rien et détestant cordialement son ancien rival, avait clairement en tête les prochaines élections régionales et les 2660 euros brut d’argent de poche que rapportent le mandat, attendant de Max-la-menace-pour-personne un gentil renvoi d’ascenseur dans les mois à venir.

La désinvolture du maire de Biarritz, même si le MoDem a passé un pacte pour ces élections départementales avec l’UMP, est totalement sidérante. La moindre des élégances, compte-tenu de la candidature de son premier adjoint, aurait été d’éviter de s’afficher en public et de prendre parti dans le duel entre Brisson et Lafite, mais si Veunac était élégant dans la vie publique on s’en serait aperçu depuis le temps.  Applaudir son premier opposant et bouder son adjoint, il faut tout de même oser!

Et les cocus sont… les Biarrots!

Ces élections départementales auront permis aux électeurs de prendre conscience à quel point les politiciens locaux affichent désinvolture et mépris pour ceux qui les ont fait rois. Car, les grands cocus de ces élections, outre ceux qui ont essuyé un sévère revers dès le premier tour, seront incontestablement les Biarrots. La Ville est en difficulté et il est nécessaire d’agir vite. Mais comment faire après toutes ces trahisons, ces alliances improbables, ces coups de gueule permanents? Vous imaginez l’ambiance sereine dans laquelle vont se passer les prochaines réunions de travail entre le maire et son premier adjoint? Vous imaginez les tensions lorsque des décisions tripartites devront être prises entre Veunac, Lafite et Amigorena? Et vous allez prendre au sérieux les votes de tel ou tel sur les grands projets municipaux? Si Bénédicte Darrigade approuve une orientation de la majorité municipale, qui croira à sa sincérité? Si Max Brisson estime, comme Veunac, qu’il faut réinjecter de l’argent dans la Cité de l’Océan, qui y verra autre chose qu’un remerciement pour son soutien discret pendant la campagne des départementales?

Oui, vraiment, au concours du plus lamentable, les postulants se bousculent au portillon. Si Lafite était cohérent, après le camouflet public que vient de lui infliger Veunac, il démissionnerait immédiatement de son poste de premier adjoint. Si Brisson  avait  du cran, il annoncerait d’ores et déjà son départ du conseil municipal où il s’ennuie tant, sans attendre le résultat de dimanche. Si Bénédicte Darrigade tirait les leçons de son score de premier tour, elle dirait immédiatement adieu à la vie publique, faute d’avoir désormais la moindre crédibilité… Mais tous vont vous expliquer qu’ils sont absolument indispensables à leurs postes et définitivement irremplaçables.

Et l’on se prend à rêver du temps où les politiques avaient un peu de dignité! En 1967, Gaston Deferre, pour avoir traité d’abruti le député gaulliste René Ribière, s’était retrouvé à se battre en duel contre lui à l’épée et lui avait infligé deux belles estafilades. On ne demande pas autant de panache à notre très musclé Guy Lafite, mais à sa place, compte tenu de l’affront que vient de lui faire subir Michel Veunac, on lui conseillerait d’aller à la mairie avec sa planche de surf pour l’aplatir sur la tête du maire félon, ce qui aurait tout de même une autre gueule que de tenter de monter une coalition pour ne pas voter le budget et destituer le maire en place, suivant une tradition très biarrote!

5 réflexions sur “Le concours du plus désinvolte

      • Lu sur Facebook, après l’annonce du soutien de Motsch à Brisson
        Verbatim de Nathalie Motsch à l’occasion de son discours au dernier meeting de campagne de Michel Veunac en 2014
        « Le deuxième message que j’aimerais vous faire passer concerne ceux d’en face, nos adversaires. Je vous demande, madame, mademoiselle, monsieur, de vous soulever contre un clan, qui veut nous enfermer, nous asphyxier, par leurs méthodes d’un autre temps. N’oubliez pas que ces gens-là excluent, sanctionnent, ceux qui ne pensent pas comme eux. Oui chez eux, chez ceux d’en face, on récuse la controverse quand d’autres en font un principe de gouvernance. Que d’exemples n’ai-je pas en tête, d’Hendaye, en passant par mon ami Maria François, évincée d’un groupe de femmes UMP qu’elle avait elle-même créé, ou les déboires de Sylvie Durruty. Je vous demande, madame, mademoiselle, monsieur, de vous soulever contre leur alliance improbable, de circonstance, où la trahison et le mensonge sont une insulte à la démocratie. Je vous demande de vous soulever contre ceux d’en face qui ont engagé des procédures contre la Mairie, et qui aujourd’hui voudraient y siéger au mépris de toute règle élémentaire de déontologie. Je vous demande, madame, mademoiselle, monsieur, de vous soulever contre ces gens-là qui renient leur programme et l’abandonnent aux portes de leurs ambitions personnelles. Je vous demande de nous aider. Biarritz ne doit pas tomber sous la tutelle d’un appareil politique. Biarritz ne doit pas tomber dans les mains d’un clan dont le sectarisme nuira à l’unité biarrote. Biarritz est libre ! Notre seul parti c’est Biarritz, c’est vous ! »

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s