Un peu de clarté espérée

Clarté01Qui n’a jamais été assesseur dans un bureau de vote, un dimanche d’élections départementales, ne peut avoir une idée précise de la définition du mot ennui. Pour s’occuper, on regarde de travers les représentants du camp d’en face, on compte les mouches, fort rares à cette saison, et on se sent soudain rempli d’amour pour chaque Biarrot qui s’est décidé à faire prendre l’air à sa carte d’électeur. On peut aussi se laisser aller au mauvais esprit, la plus délicieuse des gymnastiques du cerveau. Ainsi, sans se concerter, deux assesseurs qui sévissaient dans des bureaux fort éloignés l’un de l’autre, ont eu dimanche le réflexe de m’envoyer un texto pour me raconter qu’ils observaient avec attention les signatures du deuxième tour, et qu’ils les trouvaient étonnamment semblables à celles du premier tour, contrairement au scrutin d’il y a un an.

Les journalistes ne s’intéressent guère aux trains qui arrivent à l’heure. Dans une ville profondément à droite comme Biarritz, la victoire du ticket UMP-MoDem, Brisson-Arostéguy, face au binôme PRG-PS Haye-Lafite, ne constitue pas vraiment une surprise. En revanche, le score 55% contre 45% permet de tirer quelques enseignements, alors que cette calamiteuse campagne des élections départementales, si néfaste à Biarritz, est enfin terminée.

Un ticket qui a plu

Tout d’abord, même si sa personnalité prête parfois à controverse, il n’y a pas de rejet massif de Max Brisson par les électeurs biarrots, contrairement à ce qu’affirmaient tous ses bons amis, il y a un an. Le ticket avec Maïder Arostéguy a visiblement plu et a convaincu les Biarrots. L’histoire ne repasse pas les plats, mais je reste convaincu, fort des nombreux témoignages que j’ai pu recueillir depuis un an, que Max Brisson s’est fait voler comme au coin d’un bois aux élections municipales, et que, dans deux bureaux au moins, il y a eu des accommodements certains avec les urnes.

Malicieusement, la Marquise de Vérité a annoncé dans La Semaine du pays basque que Lasserre et Brisson s’étaient partagé les rôles pour le département. La présidence et le contrôle de l’argent pour le premier, la vice-présidence et la voiture de fonction avec chauffeur pour le second. C’est drôle mais un peu réducteur. Le problème de Max Brisson, maintenant qu’il est légitimé au niveau du département, est de savoir ce qu’il va faire de son mandat de premier opposant à Biarritz, un poste pour lequel il a montré fort peu d’appétit jusque-là. Ragaillardi par cette victoire, va-t-il enfin s’y intéresser ou, conscient qu’un ticket MoDem-UMP est probable aux prochaines régionales, va-t-il laisser sa place à quelqu’un de sa liste? Les Biarrots sont las des petits jeux politiques et un minimum de clarté et de cohérence sont désormais indispensables.

Les arapèdes et les girouettes

Ils vont sans doute s’accrocher à leurs fauteuils comme des arapèdes à leurs rochers, mais, question clarté, on n’aimerait pas non plus être à la place de Bénédicte Darrigade ou de François Amigorena. L’éphémère opposante ralliée à la majorité affirme partout qu’on doit la prendre en compte désormais puisqu’elle pèse 10% des suffrages biarrots, ce qui est une pure vue de l’esprit. Quel est la part de Louis Vial, de Bénédicte Darrigade et de votes anti-Brisson dans ce résultat? Ce qui est sûr, c’est que chaque fois que la dissidente UMP prendra la parole au conseil municipal, personne ne pourra y voir autre chose qu’une manœuvre politique.

Quant à François Amigorena, l’ancien directeur de campagne de Guy Lafite, parti avec le compte Twitter de son rival, en proclamant qu’il était sans étiquette, avant de se raviser et d’appeler à voter Lafite au second tour, il a démontré qu’on pouvait le nommer toutes affaires cessantes adjoint en charge des girouettes de la Ville.

En fait, et c’est malheureux pour les Biarrots, cette élection départementale a surtout permis de comprendre que la majorité municipale n’était qu’une entité virtuelle sans aucune consistance réelle. Michel Veunac, comme à son habitude, n’a pensé qu’à sa gueule en s’affichant au meeting de Max Brisson et a démontré qu’il était incapable de se comporter en leader d’une équipe. Et son premier adjoint, qui fait le boulot pendant que le maire empoche les indemnités doit particulièrement l’avoir mauvaise. Allez gouverner une ville, dans ces conditions, quand l’équipe en place se déteste cordialement!

Pour toutes ces raisons, même si on est entre gens de bonne compagnie qui s’efforceront de ne rien laisser paraître, le conseil municipal du 2 avril prochain va être particulièrement intéressant à observer.

Biarritz, ton univers impitoyable!

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