Le livre de chevet du contestataire créatif

Créer, c’est résister, résister, c’est créer…

Joyeux bordel 02Vous avez peut-être en mémoire la réflexion de l’humoriste Alphonse Allais, « La forme même des pyramides nous apprend que, dès la plus haute antiquité, les ouvriers avaient déjà tendance à en faire de moins en moins », mais saviez-vous que le premier conflit social connu date de la construction de ces mêmes pyramides, il y a plus de trois mille ans? Lassés de ne jamais voir arriver pour leurs ouvriers des provisions suffisantes, promises par Ramsès III, les contremaîtres incitent leurs équipes à occuper les temples. paralysent la vie religieuse et obtiennent très vite satisfaction.

« Le salut des hommes repose entre les mains de ceux qui font preuve de créativité dans leur non-conformisme » se plaisait à répéter Martin Luther King. Avec « Joyeux bordel, tactiques, principes et théories pour faire la révolution », publié aux éditions LLL (Les liens qui libèrent), l’amoureux du désordre créatif n’aura désormais plus aucune excuse pour défiler tristement dans la rue, au lieu d’inventer des actions adaptées aux causes qu’il défend. Les deux auteurs, très connus dans le monde des activistes américains, ont eu l’excellente idée de recenser toutes les actions revendicatives les plus insolites dans le monde. Canulars, perturbation créative, non-violence stratégique ou théâtre invisible, la liste est longue des coups d’éclats qui permettent de sensibiliser la population à un problème, à l’image de ce que vient de réussir Bizi! en piquant quelques chaises à la banque HSBC.

Parfois, les idées les plus simples sont les plus efficaces. Les pique-nique dans les supermarchés, organisés par l’association française L’appel et la pioche toutes les « faim » de mois pour protester contre le gaspillage des denrées et la pauvreté dont souffrent nombre de Français, ont le mérite de mettre les vigiles des grands magasins dans une situation impossible. Des médias amis ont été prévenus pour filmer, les badauds s’attroupent et parfois même participent aux agapes autour de la grande table dressée par les militants au rayon fruits et légumes et le plus souvent les organisateurs de ce rassemblement protestataire repartent sous les applaudissements des consommateurs tandis que la direction, impuissante, ronge son frein.

En 1996, en Angleterre, trois femmes, scandalisées par les bombardements infligés par l’aviation anglaise au Timor-Oriental, pénètrent dans une usine de la British Aérospace, démantèlent un avion Hawk ZH955, lui infligeant deux millions d’euros de dégâts, tout en laissant en évidence dans le cockpit des documents et des vidéos revendiquant leur acte. Six mois après leur arrestation, elles seront acquittées, ayant convaincu le jury que leur crime avait permis d’en éviter un autre bien plus grand.

« Le rôle des militants ressemble souvent à celui de l’enfant dans le conte d’Andersen : même si tout le monde sait que l’Empereur est nu, le déclarer publiquement peut avoir des conséquences révolutionnaires. Exposer des problèmes cachés jusque-là peut être le premier pas, voire le plus important, afin de les résoudre. »

Donner aux médias ce qu’ils attendent

eau en feu 02Parfois, une simple image spectaculaire à fournir aux médias, va totalement modifier la donne. Les Américains étaient assez indifférents à l’exploitation des gaz de schiste par fracturation hydraulique dans leur pays. Jusqu’au jour où des militants, épaulés par des scientifiques garantissant l’honnêteté de l’expérience, ont mis le feu devant les caméras des journalistes. à l’eau du robinet d’une zone concernée. Une démonstration limpide, si l’on peut dire, qui a considérablement bouleversé la donne. (l’expérience est visible sur youtube https://www.youtube.com/watch?v=9qQVBFgNEyY).

L’humour doit être omniprésent dans l’esprit du manifestant. Mettre les rieurs de son côté, c’est déjà faire la moitié du chemin. Le 5 juin 2013, à Paris, alors que se prépare l’assemblée générale des actionnaires de Bolloré, des Camerounais et des Ivoiriens, munis de pelles, de bêches et de râteaux, commencent à biner la pelouse de la multinationale qui accapare les terres de leurs pays avec des plantations gigantesques d’hévéas et de palmiers à huile : «  On n’a plus de terres disponibles dans notre pays, alors on vient planter le manioc dans votre pelouse! » Allez-vous défendre après une action aussi spectaculaire!

« Joyeux bordel » interpelle aussi les artistes, en leur demandant de ne pas se contenter de dessiner des affiches ou des flyers, mais de mettre leur vision décalée du monde au service des causes qu’ils défendent. Pendant la Commune de Paris, tandis que les Manet, Cézanne ou Monet avaient fui la capitale pour continuer à peindre des natures mortes, Gustave Courbet mettait sur pied la fête destinée à faire tomber la colonne Vendôme, symbole de l’oppression napoléonienne.

Pour Milan Kundera, le contestataire est celui qui sait « unir l’extrême gravité de la question et l’extrême légèreté de la forme ». Avec ce « Joyeux bordel », créatif et jubilatoire en diable, vous n’avez vraiment plus aucune excuse pour continuer à marcher au pas!

  « Joyeux bordel, tactiques, principes et théories pour faire la révolution», Andrew Boyd et Dave Oswald Mitchell, éditions LLL, les liens qui libèrent – 250 pages, 16 €.

Et si Saint-André se montrait lui aussi professionnel?

Saint-André 4Professionnel! Philippe Saint-André n’a que ce mot à la bouche pour les rugbymen du XV de France qu’il dirige. Avec lui, c’est clair, c’est rigueur, rigueur et rigueur à chaque minute de la journée. Une pinte de bière à se partager entre les vingt-trois joueurs les soirs de victoires, heureusement fort rares, interdiction de toucher aux consoles vidéos passé vingt heures et tonton Lagisquet et papy Bru qui bordent les gamins tricolores dans leurs petits lits blancs de Marcoussis dès vingt-deux heures.

Et quand ça tourne mal, c’est à dire à presque tous les matches, Philippe Ouin-Ouin, ainsi que se plaisent à le surnommer les réseaux sociaux, a toujours une bonne excuse à faire valoir. Le ballon était carré, l’arbitre autiste ou les joueurs des starlettes!

Poursuivi par une poisse tenace, ce grand malchanceux peut donc s’enorgueillir du pire bilan qu’ait jamais connu un sélectionneur français, depuis que le rugby est professionnel. Avec 44% de victoires, on est loin, très loin derrière les résultats obtenus par le très décrié Marc Lièvremont, 60% de victoires tout de même.

Saint-André  Calimero

Si vous passez par la SPA, n’hésitez pas à adopter le PSA. Il pleure beaucoup mais est attachant.

Et plus les spécialistes s’étonnent de ses choix hasardeux, de ses incessantes permutations de joueurs, alors que toutes les équipes devenues championnes du monde se sont appuyées sur un axe 2-8-9-10-15, quasi immuable, plus notre Calimero national semble faire sienne la devise de l’humoriste Rémi Gaillard, « C’est en faisant n’importe quoi, que l’on devient n’importe qui ».

Les explications concernant l’équipe qui va être alignée contre l’Italie dimanche, auraient enchanté les surréalistes. Ainsi la charnière Tillous-Borde-Lopez va être la seizième essayée en vingt-cinq matches. Brice Dullin, revenant en équipe de France après une grave blessure se retrouve sur le banc au profit de Spedding, tandis que Camille Lopez, magnifique demi de fermeture au coup de pied de rouge-gorge, auteur d’une seule passe à ses coéquipiers lors de la première mi-temps d’Irlande-France et tout aussi transparent contre Galles, est reconduit dans ses fonctions. Bonjour la cohérence! Comment s’étonner dès lors que des joueurs étincelants avec leurs clubs, se retrouvent totalement tétanisés sous le maillot tricolore, tellement ils n’ont plus confiance ni en eux, ni en leurs partenaires, ni en leur système de jeu?

L’incroyable blanc-seing de Camou

L’ancien talonneur anglais, Brian Moore, s’étonnait publiquement dans Midi Olympique de la perte d’identité du jeu français qui se fourvoie en voulant imiter les Sud Africains et percuter au lieu de chercher des intervalles. Et à propos de la ligne d’attaque tricolore, il avait ce mot cruel : « Mais que fait Mathieu Bastareaud au milieu des trois-quarts avec son physique de talonneur? » Bonne question. Mathieu, contre l’Italie, sera simple remplaçant, mais il est certain que Philippe Saint-André ne résistera guère à la tentation de l’envoyer « camionner » les adversaires si la partie tourne mal.

Et l’on en revient à cet espèce de blanc-seing un peu incroyable que le président de la fédération de rugby, Pierre Camou, accorde au plus mauvais sélectionneur français de tous les temps. Oui, quoiqu’il arrive et quels que soient les résultats, Philippe Saint-André sera à la tête de l’équipe de France pendant la Coupe du Monde et ira au bout de son contrat.  Curieuse affirmation pour un rugby qui se veut professionnel. Quelle est l’entreprise qui est prête à garder des mois et des mois un commercial catastrophique qui multiplie les boulettes ou un patron qui met les comptes de sa boîte dans le rouge?

En cas de rouste contre l’Italie, ce qui est loin  d’être impossible tellement nous sommes tombés bas, si Philippe Saint-André avait un tant soit peu de dignité, lui qui ne jure que par le professionnalisme, il démissionnerait immédiatement. Un patron digne de ce nom, sait tirer les conséquences de ses échecs à répétition en cédant sa place. Mais PSA, qui aime tant l’argent, si l’on en croit le président du RC Toulon, est-il capable de ce geste de panache, alors que les gros pardessus de la fédération ont décidé… de ne surtout rien décider?

Nous sommes devenus tellement timorés et prévisibles dans notre jeu stéréotypé, que la seule chance qui nous reste de briller  lors de la très prochaine Coupe du Monde, c’est de trouver un duo de maîtres tacticiens, capables d’inventer des schémas de jeu inédits et de fédérer un groupe, pour surprendre les grandes nations au jeu minutieusement orchestré depuis des mois.

Et quelle est l’équipe de top 14 qui incarne actuellement le plus le rugby à la française? L’Union Bègles-Bordeaux avec ses franchissements incessants et ses relances audacieuses. Franchement, Saint-André sur son canapé pendant la Coupe du Monde et un duo Ibanez-Etcheto pour amener un bienfaisant vent de folie au XV de France, ça ne vous ferait pas rêver?

Ils pensent tous à 2020!

dessin marquiseUne fois de plus, le munificent directeur de la rédaction de La Semaine du Pays basque, Jean-Philippe Ségot, offre aux lecteurs de Bisque, bisque, basque! une copie de la lettre de la marquise de Vérité. La frénésie des politiques biarrots, qui pensent tous les matins en se rasant à 2020, l’amuse au plus haut point. Ce courrier, publié tous les vendredis par l’hebdomadaire, devient incontournable pour les adeptes de l’impertinence.

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Ma Douce Amie,

 Il me faut en revenir à Biarritz, cette semaine encore !

Car décidément dans cette cité si chère au cœur de l’Impératrice, rien ne se passe comme ailleurs… Biarritz a donc sa campagne (électorale) et son autre campagne (celle plus champêtre) où règne, au milieu de son troupeau, notre bien bon Paul Baudry qui mène la fronde gaulliste contre notre joli poupon de Max à grand coup de Facebook ! Et comme le « Paupaul de l’UMP » est très dissipé, le colérique poupon lui a fait adresser missive sur missive, pour le ramener au calme. Mais le maire de Bassussary n’en a rien à cirer et peste désormais contre le fait que, quand il écrit au poupon et à ses amis en recommandé pour dire tout son courroux, personne ne va chercher ses lettres à la Poste ! Oh l’affront…

Mais Paul Baudry manque toutefois de psychologie dans cette affaire, Ma Chère, car il semble ne pas se souvenir que Max-la-Menace Max-la-Terrasse-des-Colonnes ne supporte plus de recevoir de lettre en recommandé depuis 2001, année où il est justement allé chercher une lettre provenant de dame Alliot-Marie qui l’excluait pour toujours du RPR pour cause de ralliement de haute traîtrise à Borotra !

N’est-il pas amusant de se dire que cette fois c’est sa suppléante, la joyeuse Candy Darrigade, que Max a fait exclure – par la plume de Laurent Wauquiez en personne – pour cause de ralliement à Loulou-le-Poulet et à Doudou-le-bien-cravaté, les amis de Soleil C(r)oulant !? Et Doudou entre parenthèses, Ma Douce, fait des ravages chez nos vieilles amies… Le gendre idéal que ce petit Chazoullière ! Toutes nos copines en sont folles, même s’il enlève la cravate ! Et surtout s’il l’enlève ! On en croquerait…

De plus Max-le-pouponable et ses amis passent pour des « brèles », comme le dit le petit agité de Neuilly, car ils ont exclu de l’UMP la petite Candy qui n’en est même pas membre !!! C’est vraiment tordant de se dire qu’ils ne sont même pas capables de contrôler leurs fichiers.

En tout cas, que notre ami Paul se rassure, ses propos sont examinés à la loupe par Max-la-Terrasse-du-Royalty qui dit d’ailleurs la chose suivante : « Baudry est au gaullisme, ce que l’OAS était au Général ! » Extraordinairement sympathique non, chère Thérèse-Marie ?

Enfin chez l’autre dissident de l’UMP, Frédéric Domège, qui fut autrefois le majordome de Max-la-Terrasse-du-café-de-la-gare, l’ambiance n’est guère meilleure depuis que le propre frère du Fredo, Philippe Domège, s’est prononcé en faveur du poupon, et donc contre son Fredo de frère, qu’il juge avoir un ego un peu trop démesuré d’une part, et de trop penser à ses intérêts personnels. C’est, en somme, Domège-et-Intérêts ! Il faut juste qu’il fasse attention à ce que ça ne devienne pas Dommage-et-sans-intérêt !

Ceci dit, pour rester sur le chapitre des lettres recommandées, voilà que Guy Lafite, en a envoyé une à son ancien copain François Amigorena, pour lui dire tout le mal qu’il pense de lui, non seulement pour s’être porté candidat aux départementales face à lui, mais pour lui avoir piqué son compte Twitter et ses followers ! Amigo, l’œil de velours aux nuances délicieusement gris-bleuté, s’en amuse et déclare à qui veut l’entendre : « En fait, tout cela est gentil, mais j’ai été le nègre de Guy depuis 2011 ! Il ne sait même pas brancher une fiche électrique dans une prise, alors Internet vous pensez. Donc c’est moi qui me suis tapé tout le boulot, qui ai tweeté, etc. Aujourd’hui, je reprends à mon compte mon boulot et mes droits d’auteur ! D’ailleurs Guitounet n’a même pas les identifiants de ce fameux compte pour la bonne raison qu’il ne les a jamais eus et qu’il ne sait pas ce qu’est un compte ou un identifiant ! Il est resté au temps de la machine à écrire et des copies au papier carbone… »

Arguments qui semblent peu convaincre le Guytounet qui a traité l’autre jour son ancien copain Amigo de tous les noms d’oiseaux dans le hall de la mairie. Il faut dire que le Guytounet avait prévu de présenter l’Amigo au nom de la gauche à ces élections et que ce dernier, flairant le piège, s’est tiré vite fait, décidé à ne pas paraître l’homme d’un clan. Car comme nous le disait cet ancien adjoint de Soleil C(r)oulant l’autre jour au Bon Coin : « Amigorena est loin d’être idiot ! Il sait que l’objectif, ce ne sont pas ces départementales, mais les municipales de 2020 ! Et Biarritz, si Veunac ne se représente pas, se jouera une fois encore au centre. Alors cet homme de réseaux aura toutes ses chances… »

Oui, Ma Douce, nous sommes deux vieilles femmes, mais nous avons quand même compris que la bataille des futures municipales a déjà commencé ! A la semaine prochaine. Comptez sur moi !

 Votre Marie, marquise de Vérité.

Arrêtez de charger la mule !

BallesterVoilà le livre dont le rugby avait besoin ! Après le maladroit « Rugby, où sont passées tes valeurs?  Un joueur brise l’omerta » de l’ancien  pilier de l’équipe de France, Laurent Bénézech, qui évoquait, en 2014, ses soupçons sur une pratique généralisée du dopage dans le rugby, sans apporter l’ombre du début d’une preuve, c’est un sacré client de l’investigation qui s’attaque au sujet avec ce « Rugby à charges ».

Ancien journaliste de « L’Équipe », Pierre Ballester, avait  mis en lumière, dans « L.A. confidentiel », tous les soupçons de dopage qui pesaient sur Lance Amstrong, dix ans avant que le champion cycliste américain ne confirme les dires du journaliste français.  Fidèle à sa méthode, Pierre Ballester, qui a travaillé des années à la fédération française de rugby, est allé fureter partout et a rencontré plus de quatre-vingts acteurs majeurs du monde du rugby : des internationaux, mais aussi des médecins, des préparateurs physiques, des membres de la fédération française de rugby. Pour un résultat édifiant.

« Les joueurs savent »

L’ancien arrière Julien Laharrague, douze fois international, raconte très sereinement la vie d’un joueur de Top 14 : «  En fait, les clubs se fichent un peu de savoir comment tu vas progresser (…) De toute façon, un mec qui se charge ne te le dira jamais de toute sa vie. Jamais, jamais (…) Tu tchatches avec  tes collègues, tu te renseignes sur Internet en fonction de ce que tu cherches à obtenir. C’est quand même ton métier, ton corps est ton outil de travail et tu cherches à le bonifier (…) En fait, les joueurs savent d’eux-mêmes qui se chargent ou pas au sein d’un même club. On avait de gros doutes quand on remarquait un type, avec, par exemple, d’énormes boutons placardés dans le dos. Plus largement, sur le terrain, tout se voit, se sent sur la durée ».

Ballester a aussi le mérite de nous rappeler que le dopage ne date pas d’hier. Avec sa désarmante franchise, Jacques Fouroux avait tout avoué à France Soir en 2001 : « Quand j’étais joueur, je me suis dopé (…) Si les joueurs de mon époque avaient connu les produits qui circulent aujourd’hui, je ne suis pas sûr que nous les aurions refusés. » Mais le Maxiton ou le Captagon, ostensiblement pris avant les matches internationaux, comme le raconte l’ancien médecin de l’équipe de France, le docteur Mombet, relèvent désormais de la pharmacopée de papa.

Ces incontrôlables préparateurs physiques

L’intensité et la répétition des matches nécessitent une préparation physique très pointue. C’est auprès des médecins payés par les clubs que l’on devine le plus grand malaise. Ceux qui ont prêté le serment d’Hippocrate dans leur jeunesse se retrouvent totalement écartelés entre le souci de préserver la santé des joueurs et la pression des entraîneurs, pour que les blessés reprennent le plus rapidement possible. D’autant plus qu’ils doivent intégrer dans leur staff des préparateurs physiques, autodidactes le plus souvent, qui « oublient » de leur parler des compléments alimentaires ou autres « préparations » qu’ils refilent en douce aux joueurs.

C’est ainsi qu’est longuement évoqué le cas du sulfureux préparateur physique Alain Camborde, qui a sévi à Pau et au Biarritz Olympique, avant d’être condamné à trois mois de prison avec sursis pour trafic de produits dopants. Et que penser de ces joueurs blessés qui réintègrent leur équipe plusieurs mois après, physiquement métamorphosés, ou de l’ancienne équipe d’Afrique du Sud, championne du monde en 1995, dont un membre est décédé à 39 ans et dont trois autres luttent contre la mort actuellement ?

Pierre Ballester n’évite aucun sujet et s’alarme de la multiplication des blessures graves. Dans les clubs français, un quart des effectifs professionnels est en permanence à l’infirmerie et des lésions de plus en plus sévères, semblables à celles que subissent les accidentés de la route, se multiplient, laissant des joueurs gravement invalides à la fin de leur carrière.

Et le lecteur, captivé par cet ouvrage, de se demander si le rugby ne va pas de plus en plus ressembler au football américain, où la mortalité moyenne des anciens joueurs tourne autour de 53 ans, ce qui n’a jamais gêné un spectateur du super bowl. Pour avoir longuement enquêté sur le cyclisme, avant de s’attaquer au monde ovale, Pierre Ballester est convaincu qu’il y a beaucoup de similitudes entre les deux sports dans la façon de nier les évidences : « ça va péter, j’en suis convaincu, affirme un de ses interlocuteurs, mais par un biais inattendu, comme ce fut le cas avec l’arrestation du soigneur Willy Voet ». À force de charger la mule…

« Rugby à charges, l’enquête choc », Pierre Ballester, éditions de La Martinière, – 300 pages, 19 €.

Les incohérences du milieu rugby

Jean-Pierre Ellisalde est un homme d’une délicieuse honnêteté intellectuelle. Lors de l’émission « Les spécialistes » de Canal + sport du 6 mars, où Pierre Ballester était présent, alors que les « consultants » semblaient déterminés à faire sa fête au trublion, il a tenu, seul contre tous, à rappeler que le journaliste, lorsqu’il effectuait son enquête, n’avait jamais caché l’objet de son livre et qu’il travaillait avec un enregistreur qui peut prouver ses dires. Les contorsions d’un Pierre Berbizier ou d’un Thomas Lièvremont, estimant qu’il n’était pas utile de salir les anciens internationaux étaient nettement moins convaincantes. Aucun ne contestait les faits rapportés par Ballester, mais la « grande famille du rugby » semblait penser que rien n’aurait dû sortir publiquement. La prime de la désinvolture journalistique allant à Thomas Lombard, qui avouait ne pas avoir lu le livre, mais en penser beaucoup de mal…

C’est vraiment farce book !

Entre les gros malins de la communication, ceux qui ne maîtrisent rien et les inconscients, revue de détail du phénomène farce book à Biarritz.

Farcebook 004 Frank PerrinAvez-vous reconnu ce belliqueux chevalier, prêt à pourfendre le sarrasin ennemi, à verser de l’huile bouillante, du haut de son château-fort, sur le connétable Max Brisson ou à instruire un procès en sorcellerie pour conduire au bûcher Sainte Bénédicte Darrigade ? C’est notre candidat du Front national à Biarritz, Frank Perrin, loin, très loin sur sa page personnelle Facebook, de l’image de l’homme paisible qu’il s’efforce de donner pendant les campagnes électorales. Bien évidemment, il vous expliquera que c’est du second degré.

Farcebook 007 LafiteGuy Lafite, pour sa part, ne se remet visiblement pas du détournement de son compte Twitter par son ancien directeur de campagne. Sur sa page personnelle, il colle à l’actualité de façon presque compulsive. Sa dernière intervention remonte au… 17 octobre 2014, avec la publication d’une affiche sur les États Généraux du Surf à Biarritz. Aucun risque, comme cela, d’écrire quoi que ce soit qui déplaise à propos des futures élections départementales. Heureusement pour notre Mozart de la Finance, l’autre moitié de son binôme, la très socialiste Ghislaine Haye, est particulièrement présente sur les réseaux sociaux, puisqu’elle a à son actif deux comptes Facebook. Certes, le premier n’est pas de la plus extrême fraîcheur, puisqu’il vous explique comment voter… à la primaire socialiste.

Farcebook 009 Ghis Haye

farcebook 005 Ghis haye la dervicheAprès tout, cette élection ne date que de 2011 et il n’est jamais trop tard pour apprendre. D’autant plus que Ghislaine a plus d’un tour dans son sac à malices et qu’elle a compris, dans sa deuxième page Facebook, comment faire tourner la tête des électeurs. Pas question de saouler le malheureux décidé à voter à gauche avec un quelconque programme. Il lui suffira d’étudier de près l’art des danses sacrées des Derviches pour connaitre la griserie de voter socialiste.

 Farcebook 010 AmigorenaFrançois Amigorena, qui n’est pas dépourvu d’humour et maîtrise parfaitement les réseaux sociaux, n’a pas manqué de reprendre à son compte le message de Twitter sur les pirates du web. Aura-t-il le cran de se présenter aux électeurs avec  un anneau à l’oreille et un bandeau sur l’œil, lui qui estime dans Sud Ouest que les roueries qu’il vient de commettre à l’égard de son ancien mentor le qualifient tout à fait pour devenir le futur maire de Biarritz ?

 Max Brisson, prouve pour sa part qu’en matière d’habileté politique, il n’a décidément de leçons à recevoir de personne. Il ne manque pas de se targuer du soutien de Nathalie Kosciusco-Morizet, tout en affirmant officiellement, histoire de ne pas avoir à ajouter ce meeting à ses frais de campagne, que NKM n’est venue à Biarritz que pour parler de la refonte de l’UMP.

farcebook 001 Brisson incompris

Son remplaçant masculin, Philippe Nalpas, ne semble pas très concerné par cette future élection départementale qui, comme dirait Chirac, « lui en touche une sans faire bouger l’autre ». Visiblement Philippe mise sur sa belle gueule pour faire se pâmer ses électrices, comme le prouvent les changements à répétition de sa photo de profil. Dernièrement, il la jouait solide comme un roc, après s’être affiché avec la cravate dénouée et le regard extatique d’un joueur de poker au bout du bout de la nuit.

Farcebook 012 NalpasFarcebook 014 Nalpas 2

« Beau gosse » s’exclame Lydie, tandis que Caroline note « Quelle mine ! » Si avec ça, Max n’est pas élu, c’est à ne plus rien y comprendre !

Farcebook Domege 01Il aura fallu un écho de Sud Ouest sur son frère pour que Frédéric Domège sorte de sa réserve et évoque sur sa page Facebook la future élection. Jusque-là, l’électeur curieux, désireux de voir ce que nous mijotait l’ami Frédéric, en tandem avec Marie-Pierre Mayer, apparemment peu présente sur Facebook, devait se contenter de posts répétitifs sur le sport. C’est sympa le sport, mais est-ce que ça suffit à constituer un programme électoral ?

Même si elle n’est pas directement candidate, il faut absolument lire le Facebook de Corine Martineau. C’est toujours drôle, enlevé et original. En plus, en plongeant un peu dans les archives, on y retrouve de magnifiques couplets anti-Brisson, avant de passer au panégyrique, depuis que le président départemental de l’UMP se pâme pour la dame. Parfois Corine accueille aussi l’émission « Bonnes adresses du passé », en donnant de la visibilité à un post vengeur de Vincent Dubecq contre les candidatures dissidentes.

Farcebook 003 Martineau Dubecq

Farcebook 015 DarrigadeBénédicte Darrigade, pour sa part, est visiblement inquiète. Elle n’avait pas réalisé que les Biarrots pratiquent assez peu le front de mer lorsqu’il pleut à répétition. Heureuse d’avoir établi sa permanence, avenue du général de Gaulle, elle vient de publier en catastrophe un plan pour le cas où les vieux Biarrots se perdraient. Force est de constater que pour l’instant, il n’a nullement été besoin de faire appel à la police municipale pour canaliser la foule des visiteurs. Le remplaçant masculin de Louis Vial, Édouard Chazouillères avait démontré son humour, en publiant les Lettres de la Marquise de Vérité sur sa page personnelle. Malheureusement pour lui, un de ses suiveurs, qui essaie désespérément de retrouver à Biarritz un peu de la gloire qu’il avait connue en se faisant souffleter par William Leymergie, va une fois de plus lui compliquer la vie avec les journalistes. L’homme à la tête de Viaud, à qui le persil dans les oreilles irait si bien, est décidément à la subtilité ce que DSK est à la chasteté. Notre giflé a trouvé un endroit auquel nous n’aurions pas pensé, ni Jean-Philippe Ségot ni moi, pour ranger nos plumes.… Il ne doit pas connaître l’adage qui veut que c’est avec les vieilles plumes qu’on fait les meilleurs articles.

Farcebook 001 Viaud

Régine Daguerre, Serge Istèque : «Pour que le Pays basque existe »

Daguerre Isteque 001Drôles, pétillants et convaincus, ils vous réconcilient avec la politique, tellement leurs préoccupations sincères les conduisent très loin des petits jeux politiciens. Serge Istèque, le patron du Bo-bars de la rue Gambetta et le médecin Régine Daguerre, adjointe au maire de Biarritz en charge du social, tenaient à ce que la sensibilité abertzale soit représentée lors de ces prochaines élections départementales et leur programme, (que vous pouvez retrouver sur www.ehbai.eus) « Vivre, travailler et décider au Pays basque » a au moins le mérite de la clarté politique, en ces temps d’alliances improbables et de dissidences multiples.

« On n’est pas dans un parti, mais dans un mouvement politique, capable de se remettre en question tout le temps,  précise Serge Istèque, le théoricien du binôme. Nous espérons seulement que le Front national ne va pas décrocher la palme d’or à ces élections, car ça ne ressemble pas à Biarritz, une ville qui n’est pas extrémiste avec ses électeurs centristes de culture chrétienne ».

Décidés à faire une campagne jeune et dynamique, les deux candidats estiment que le département des Pyrénées Atlantiques est en sursis avec la réforme territoriale, « alors que la proposition d’une entité Pays basque faisait déjà partie du programme électoral de François Mitterrand en 1981 ». Une promesse, une de plus, qui n’avait pas été tenue une fois le candidat socialiste élu. « On se bat pour que le Pays basque existe et, plus on votera pour les candidats de notre liste, et plus on aura de poids à l’Assemblée départementale ».

Régine Daguerre, à qui personne ne contestera un gros volume de travail dans ses actuelles fonctions d’adjointe, tient à souligner ses convictions : « J’ai été élue à la Ville pour bosser et si nous sommes élus au département, ce sera pareil. Je ne me vois absolument pas sénatrice ou députée. En revanche, porter le dossier du Pays basque, ça oui ! » Serge Istèque déplore cette nouvelle région qui se profile, mêlant l’Aquitaine au Poitou-Charentes et au Limousin : « En France, les régions dynamiques sont les régions qui ont une forte identité ». Suivez son regard !

« Il faut juste un peu d’envie ! »

Les deux sont persuadés que le rôle des futurs conseillers départementaux consistera surtout à défendre les services de proximité. Quotidiennement confrontée à la précarité avec son travail de médecin, Régine Daguerre a une vision très claire de ce qu’il convient de faire : « Il faut d’abord veiller à la désertification médicale. Même dans une ville très attractive comme Biarritz, deux ou trois médecins généralistes n’ont pas trouvé de remplaçants. À Saint-Palais, plusieurs services de proximité de la clinique vont disparaître. Il faut aussi créer de petites structures de proximité, qui marchent beaucoup mieux que les grosses, pour accueillir les personnes âgées et les handicapés. » Le nombre grandissant de sans domicile fixe interpelle le binôme : « Un vrai travail sur la précarité doit aussi être réalisé au niveau départemental. On donne aux gens les plus démunis des contrats de six mois de travail, quatre fois renouvelables, et après pas grand chose ! Il faut repenser tout le dispositif et s’intéresser à ce qui marche  ailleurs. À Bordeaux, une association a inventé un dispositif intitulé TAPAJ (Travail Alternatif Payé A la Journée) qui permet petit à petit à des gens de se resocialiser. « 

 Et Régine Daguerre de conclure dans un sourire on ne peut plus convaincant : « En fait, ce n’est pas très compliqué à mettre en place. Il faut juste un peu d’envie ! »

Avant que Serge Istèque, ne lui vole le mot de la fin, dans un grand éclat de rire : « C’est en cela que nous sommes une liste vraiment très différente des autres. Par exemple, je suis le seul candidat marié à un homme. Et en plus, il est noir… »

Quand on vous disait que la difficulté ne leur fait pas peur !