Conseil départemental : inutile et dispendieux

Conseil départemantal

Le Conseil départemental, une assemblée utile? La question se pose vraiment. (Photo Sud ouest)

Comme j’imagine que vous êtes peu nombreux à lire Sud ouest (30/4) avec une calculette à portée de main, Bisque, bisque, Basque!  s’est dévoué pour vous aider à mieux comprendre combien vous coûte le conseil départemental pour lequel vous avez voté récemment. Ils sont 54 élus, à répartir en 3 catégories. Le président et ses quatre vice-présidents, qui émargent à 3041 euros brut par mois (Jean-Jacques Lasserre annonce triomphalement qu’il baisse ses indemnités de 40%, mais, si vous lisez la rubrique l’impertinent déchaîné, vous verrez qu’il n’avait guère le choix), 14 conseillers départementaux délégués à 2718 euros et 35 simples conseillers départementaux à 2508 euros mensuels. Ce qui nous donne un « coût politique » de fonctionnement de 141.071 euros par mois (92 briques, pour les amateurs d’anciens francs)  et un coût annuel de 1.692.852 euros (1 milliard 110 millions d’anciens francs!) Et si l’on multiplie la plaisanterie par 98 (le nombre actuel de conseils départementaux en France), on découvre que la petite cajolerie faite aux élus départementaux pour leur permettre d’exister, donne envie de se tirer une balle dans la tête. Avec ces sommes là, on en ferait quelques kilomètres d’enrobé et on en rénoverait des collèges!

Ce premier chiffre n’est pourtant que la partie visible de l’iceberg. Rajoutez les chauffeurs, les repas (ça mange un conseiller départemental!) et autres indemnités diverses, l’entretien des bâtiments et vous aurez une idée plus précise de la réalité. Dans son numéro daté du 1er mai, La Semaine du Pays basque note que le premier vice-président Max Brisson semble « plus cool » et « plus apaisé » . Ne cherchez pas plus loin : le fait d’être véhiculé et dorloté du matin au soir aux frais du contribuable est sans doute pour beaucoup dans cette actuelle bonne humeur de l’inspecteur général de l’Éducation nationale, qui se morfondait visiblement en tant que premier opposant bénévole de la ville de Biarritz.

Le doublon entre politique et haut-fonctionnaire

Quant à vous, modeste automobiliste, qui empruntez les départementales du pays basque, vous êtes-vous déjà demandé si vous circulez sur une route de gauche ou de droite? Quand le matin vous conduisez votre enfant au collège, avez-vous le sentiment qu’il entre dans un établissement PS, UMP, UDI ou MoDem? Bien sûr que non! La zone de compétence voulue par le législateur pour le conseil départemental est plutôt mince : le social, les routes et les collèges. Et c’est là qu’on commence à prendre conscience que notre pays marche sur la tête.

Pyrénées-Atlantiques_(64)_logo_2015Jusqu’à la loi de décentralisation de 1982, dite loi Deferre, le préfet décidait seul avec son équipe de haut-fonctionnaires de ce qui était bien pour le département, tandis que l’ancien conseil général, devenu depuis conseil départemental, se contentait d’un avis consultatif. Mais François Mitterrand avait trop de petits potentats locaux à récompenser et c’est ainsi que des décisions qui relèvent de l’intérêt général sont devenues des décisions prises par des politiques. Le hic, c’est que les politiques ne sont pas là pour mettre les mains dans le cambouis et que le même nombre de fonctionnaires qu’avant est nécessaire  pour la mise en place des décisions. Le coût politique du conseil départemental laisse rêveur, mais il ne représente rien par rapport au coût de la « machine départementale ». Entre l’antenne de Pau et celle de Bayonne, ce sont 2500 salariés qui font tourner la machine. Ces salariés ne sont pas en cause, mais, à force d’empiler les structures, on commence à mieux comprendre le déficit abyssal de notre pays, plus de 2000 milliards d’euros, alors que l’impôt rapporte « seulement » 2200 milliards chaque année.

(Pour en savoir plus, voir http://www.planetoscope.com/comptes-publics/315-compteur-de-la-dette-publique-de-la-france.html)

Les lâchetés successives de Hollande

Lorsqu’il était candidat à la présidentielle, François Hollande s’était répandu en confidences auprès des journalistes. Il était alors parfaitement conscient que notre pays ne pouvait pas continuer à fonctionner avec 360.000 élus, ce qui constitue un record mondial, et qu’il fallait mettre fin au scandale du cumul des mandats. Mais le roi des petits pas de côté n’est pas l’incarnation même de la bravoure. Un simple froncement de sourcil des sénateurs a fait reculer le gouvernement Ayrault sur le cumul des mandats et le tollé suscité par une éventuelle disparition des départements a eu le même effet sur le capitaine de pédalo qui nous gouverne. Il était pourtant parfaitement logique, alors que la construction européenne semble difficilement pouvoir être remise en cause, d’abandonner le département et de conserver les 22 régions, plus adaptées. Au lieu de cela, on continue avec une assemblée départementale, très coûteuse et aux compétences particulièrement restreintes, et on fait au niveau de la région un « gros machin » qui marie allègrement le pays basque et la Corrèze. Bonjour, la cohérence!

Le plan de carrière des élus locaux

Cette lâcheté dans la modernisation de la France provoque de nombreux dommages collatéraux. Les Français sont parfaitement conscients de la gravité de la situation de notre pays qui s’enfonce inexorablement dans la récession et prêts à faire des efforts pour en sortir. Mais on ne peut pas pratiquer le matraquage fiscal des contribuables ordinaires pendant que les élus pètent dans la soie, bénéficient de mesures fiscales particulièrement clémentes sur leurs indemnités et de notes de frais sans le moindre contrôle. Comment ne pas penser, dans ce même registre, à la directrice de l’INA, Agnès Saal, qui annonçait au personnel une gestion « janséniste »  de l’établissement qu’elle dirigeait et qui se permettait dans le même temps de dépenser, en plus du chauffeur à plein temps qui veillait sur elle, 40.000 euros par an de frais de taxi pour elle et son fils? Elle vient d’être virée et c’est on ne peut plus logique. Pourquoi n’en est-il pas de même avec des élus systématiquement absents qui ne respectent pas leurs mandats?

La plus grosse faillite de Hollande est là, dans son incapacité à réformer le pays et à réconcilier par des règles simples les citoyens avec leurs élus. La récente campagne électorale pour les élections départementales à Biarritz -calamiteuse à souhait!- illustre à merveille ce paradoxe. Attirés par un salaire de cadre supérieur pour un travail loin d’être éreintant, nos candidats se sont trahis, déchirés, presque entre-tués, car tous avaient intégré dans leur plan de carrière cette manne providentielle. L’idéologie ne les a guère préoccupés.

Si les propositions du parti communiste étaient mises en pratique – indemnité alignées sur le SMIC et demi-indemnité pour les retraités ou les salariés qui ont d’autres revenus – nul doute que l’on reviendrait bien vite à un intéressant débat d’idées au lieu de ce spectacle lamentable de matous affamés décidés à se goinfrer seuls la gamelle. Malheureusement, Hollande étant toujours persuadé d’avoir une chance en 2017, il est bien évident que rien ne changera, et que l’on continuera le matraquage fiscal pour assurer, entre autres, le train de vie de nos élus.

Éloïse se déboutonne

confession-d-une-ex-femenParfois, c’est une question toute simple qui va décider de votre trajectoire personnelle. Pourquoi, dans notre société, le torse nu d’un homme ne pose aucun problème, tandis que celui d’une femme va susciter la réprobation? Journaliste de formation et féministe, passée par Osez le féminisme! et La Barbe, Éloïse Bouton va franchir le pas et rejoindre les Femen en 2012.  Comme l’écrit l’activiste américaine Sherry Glaser, « Les hommes acceptent de nous déshabiller, mais ne supportent pas que nous nous déshabillions nous-mêmes, où et quand nous voulons, pour des raisons de notre choix ».

Parlant couramment l’anglais, Éloïse Bouton va très vite se rapprocher de l’Ukrainienne Inna Shevchenko, tête de file du mouvement en France et se lancer pour la première fois, torse nu, dans la rue à l’occasion des jeux olympiques de Londres en 2012, avant de multiplier les actions en France pendant dix-huit mois, que ce soit à l’occasion des manifestations contre le mariage pour tous, au sein de Notre-Dame ou à La Madeleine.

Mais plus qu’un reportage sur dix-huit mois d’activisme, « Confession d’une ex-Femen » vaut surtout pour l’honnêteté intellectuelle présente à toutes les pages. Éloïse ne cache rien de sa peur avant chaque action, alors qu’elle sait qu’à chaque fois elle va être sérieusement molestée et finir en garde à vue. La journaliste de tempérament n’esquive pas non plus les affrontements qui ont pu avoir lieu au sein du groupe et les tentatives de récupération politique ou médiatique de Safia Lebdi et de Caroline Fourest.  Elle ne tait pas non plus les ambivalences de son copain, commentateur sportif, à la fois fier de son courage et gêné que tout son entourage ait pu la voir à moitié à poil. Pas plus qu’elle n’élude cette vilaine cabale montée par l’extrême-droite pour tenter de la faire passer pour une  escort-girl. Avant de détailler sa prise de distance avec le mouvement à partir de 2014 et son désir de suivre un chemin plus personnel.

Membre de la grande cohorte des journalistes précaires qui survivent à coups de piges occasionnelles, son engagement au sein des Femen l’a plutôt desservie, un rédacteur en chef la cataloguant même comme « casse-couille de service », alors que son livre démontre qu’elle est juste une excellente journaliste, courageuse, convaincue et capable d’autocritique. A-t-il seulement conscience, ce rédacteur en chef qui préfèrera engager quelque jeune homme bien lisse et frais émoulu de Sciences-Po, qu’être un casse-couille est le plus beau compliment qu’on peut faire à un journaliste?

Éloïse, RESPECT, RESPECT, RESPECT, pour votre parcours et votre livre tout à fait remarquables! Ce n’est pas tous les jours qu’un homme a l’occasion de devenir un peu moins bête en moins de trois cents pages.

  « Confession d’une ex-Femen», Éloïse Bouton, éditions du moment – 216 pages, 16,95 €.

Le gauche contrarié

001photo Le gauche contrarié

1954 : Une véritable enfance campagnarde et un sale môme   – déjà ! – qui s’efforce de piquer le galurin de sa grand-mère.

Les joies de l’école laïque et républicaine dans un petit village rural de Charente des années soixante ! Les oreilles décollées par les instituteurs n’affolaient personne, pas plus que les baguettes de châtaignier cassées sur la tête des cancres ou les mains gauches attachées à la chaise pour apprendre aux récalcitrants à écrire comme tout le monde.

Définitivement gauche – une table de nuit Ikea à monter suscite autant de perplexité chez moi qu’un couteau manié par une poule! -, je suis devenu durablement à gauche, après une adolescence compliquée où j’ai cumulé les petits boulots et pu vérifier la capacité sans limite des patrons à entuber leurs salariés tout en geignant sur leur dur métier. J’ai débouché le champagne le 10 mai 1981 et me suis abstenu le 6 mai 2012, convaincu que la gauche était devenue une coquille idéologiquement vide. Je m’affirme désormais républicain. Et je ne parle pas, bien évidemment, du parti de Nicolas Sarkozy.

Issu d’une famille très militante, antigaulliste et anticolonialiste, j’ai vu tourner en permanence la ronéo paternelle qui servait à distribuer les tracts et décrété à douze ans que je serai journaliste. Mon rêve m’a rattrapé à dix-neuf ans, après une licence de lettres classiques et l’admission au Centre de Formation des Journalistes. Après un court passage à  » La Charente Libre  » et à  » Ouest-France « , j’ai sévi vingt ans à  » L’Équipe  » et seize ans au  » Canard enchaîné « , où je me suis bien amusé, même si de nombreux heurts m’ont régulièrement opposé aux directions de ces deux journaux. En 1996 et en 2012, j’ai quitté de mon plein gré ces deux titres, après des négociations que n’auraient pas reniées les maquignons de mon enfance.

J’ai croisé Biarritz pour la première fois en 1968. à l’occasion d’un match de rugby où les Basques nous avaient sérieusement étrillé. Comme j’adore souffrir, j’y suis régulièrement revenu depuis, avant de m’installer dans le centre ville, il y a dix ans. Depuis, je partage ma vie entre Paris et la Côte basque.

Un journaliste, pour moi, doit être un emmerdeur chronique. Ce blog a été intitulé  » Bisque, bisque, basque ! « , en référence aux gamins qui se narguent dans la cour d’école et parce que j’aime les frondeurs et les impertinents. Dans ce domaine au moins, j’espère ne pas vous décevoir. En effet, il n’entre pas du tout dans mon plan de carrière, la soixantaine venue, de déchirer ma carte de membre du club des incorrigibles garnements!

Ce cosaque de Guytounet

dessin marquiseMais comment fait-elle, cette marquise de Vérité, pour être au courant du moindre potin qui agite le microcosme biarrot? C’est dans La Semaine du Pays basque  et c’est délicieux.

Ma Douce Amie,

Et voilà nos nouveaux élus installés dans leurs nouvelles fonctions de conseillers départementaux ! Oh, je devrais dires nos élus et nos éluEs, car il semble que cette arrivée massive de « femmes de  notre sexe » (comme dirait cette suffragette bolchévique de Colette Capdevielle) semble semer comme un certain trouble du côté des amis plus âgés de Napoléon Lasserre, à en croire notre délicieuse Maïder Arostéguy, aussi vive que jolie : « Le problème avec tous ces mecs, c’est qu’ils n’ont pas réellement compris ce qu’était qu’un binôme ! Pour eux, nous n’étions qu’une sorte de suppléante pendant toute cette campagne. Et puis, d’un coup ils réalisent. C’est un peu comme dans un mariage suivi d’une séparation de biens où nous dirions « Désolé mais la moitié de tout est à MOI ! Refile moi ma part et vite pépé ! » »

Elle est croustillante la petite Maïder qui, vous le verrez, aura un bel avenir à Biarritz. Il faut dire qu’elle avait affaire à forte partie avec votre poupon hurleur, boudeur et postillonneur qui, de plus, doit désormais se balader avec un plombier, tant il y a chez les encartés de l’UMP (depuis la succession de trahisons, clashs et autres psychodrames) de fuites !  Enfin notre petite Maïder a plutôt un regard tendre sur votre gros poupon : « Max, c’est un poids lourd dans tous les sens du terme ! Vous imaginez, secrétaire départemental de l’UMP, premier vice-président du Conseil départemental et moi là, toute petite à ses côtés. Mais je dois dire que notre belle victoire l’a complètement métamorphosé. Il est zen et même joyeux depuis ! Il a plus de niaque qu’il n’en a jamais eu. »

Espérons que notre petite protégée ne se laissera pas écraser par ce 38 tonnes de Max et saura également obtenir quelques responsabilités de la part du Napoléon de Bidache, dont Soleil-C(r)oulant disait que rien n’était plus dur que de négocier avec un pareil maquignon : « Ostia Mon Didier ! Comment veux-tu que je t’allonge de l’oseille pour ta cité du surfeu, alors que j’ai la noiraude qui va me faire le veau ! Rappelle-moi après les semailles. » Mais la petite Maïder n’est guère impressionnée par la réputation du Gigi : « certes, Jean-Jacques est peut être un maquignon, mais moi je suis petite-fille et arrière-petite-fille, d’épicier ! Alors l’art de la négociation et l’obstination ça me connait ! »

D’ailleurs, Chère Thérèse-Marie, je dois vous confier sous le sceau (non pas de la noiraude du Napoléon, mais du secret) que notre charmante Maïder a institué le covoiturage avec votre poupon qui se montre, du coup, d’une galanterie des plus charmantes en la faisant ainsi bénéficier de sa limousine et de son chauffeur pour se rendre à Pau. Il faut dire qu’il avait déjà trimballé, par le passé, Juliette Séguéla, conseillère générale et couturière hors pair, ce qui faisait dire à la petite Candy : « Elle aurait pu en profiter pour lui repriser ses chaussettes ! »

Tout est donc au mieux entre votre poupon et la petite Maïder, Chère Thérèse-Marie, ce qui n’est pas le cas ces temps-ci entre votre si élégant Michel Veunac et l’un de ses adjoints – ce séducteur de François Amigorena – qui s’est présenté aux dernières départementales en bousculant quelque peu son « père » en politique, Guy Lafite. Au point que ce dernier est très, mais très, fâché par bien des choses qu’il juge d’une rare inélégance. Et quand Guytounet est fâché, c’est du sérieux, puisque lui si policé emploie cette expression des plus triviales qui me rappelle feu mon arrière-grand-père russe, Alexandre Zerda-Zovitch, qui disait : « Attention, il ne faut pas me chier dans mes bottes de cosaque ! »

Du coup, le Guytounet a demandé à l’empereur de Biarritz la tête de son ancien « fils » spirituel. Et Michel dans sa grande sagesse, après avoir convoqué le fâcheux dans son bureau et lui avoir fait la leçon d’une façon bien rude, envisage prochainement de lui retirer deux de ses trois délégations à savoir celle du tourisme et celle du développement économique, en ne lui laissant que celle aux ordinateurs !

On dit même que le maire lui aurait bien retiré ses trois délégations d’un coup, mais c’est aujourd’hui techniquement des plus compliqués…

Ah voilà donc bien des misères à venir pour le beau François qui a pourtant bien des ambitions municipales et pourrait accélérer sa soif de conquête. Mais va-t-il accepter cette punition ou démissionner de son mandat d’adjoint ? Le suspens reste entier, puisqu’il part huit jours en vacances pour y réfléchir et donnera sa réponse au retour !

Heureusement que pareil camouflet n’a pas été fait au joli Doudou-le-bien-cravaté (candidat avec une dissidente UMP) qui lui, a reçu un baiser affectueux de son maire sur sa tête d’ange ! L’Empereur de Biarritz a délicieusement le pardon sélectif…

Votre Marie, marquise de Vérité

Les bienfaiteurs de l’actualité à Bayonne

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Manuel Valls, vu par Man. « Le seul Premier ministre aux yeux bleus et au regard noir », selon la journaliste Catherine Nay.

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Mutio adore chambrer Sarkozy. Et pas uniquement le 1er avril.

Ils sont le sel de l’information et sans leur présence la presse parait au régime. Douze dessinateurs de presse font escale au théâtre municipal de Bayonne aujourd’hui et demain pour une exposition libre et gratuite. Des seigneurs du dessin de presse qui ont sévi dans les plus grands titres, à l’image de l’enfant d’Arcangues, Dominique Mutio. Douze magiciens du crayon qui n’hésitent pas à échanger avec le public et à partager leurs petits secrets de réalisation. Douze impertinents plus que jamais salutaires, à l’heure où les kalachnikov cherchent à faire taire ceux qui ne dessinent pas droit et ne pensent pas conformes. L’agence Polychrome events, organisatrice de ces journées du dessin de presse et de la caricature, a eu la bonne idée de rythmer ces deux jours d’exposition avec des batailles de crayons entre dessinateurs et, pour les débutants, des concours de dessin de presse à réaliser en une heure. Thème du concours du samedi 18 avril : la loi sur le renseignement. De quoi exciter l’impertinence! Alors que les malfaiteurs de l’actualité sont désormais légion – journalistes aux ordres,  plumitifs flagorneurs, et rédacteurs adeptes de l’école hôtelière! -, c’est un devoir de votre part de venir passer quelques heures, ce dimanche, en compagnie de cette joyeuse bande d’impertinents.

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Pour Lasserre, le FN est dans le pré.

La bande des douze

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Le concours de dessin de presse de samedi.

Duverdier, Galan, ÎoO, JM:o, Man, Lasserpe, Moine, Mutio, Olive, Placide, Patrice Rouleau, Tastet, Simon, Ysope exposent chacun une dizaine de dessins ou de caricatures.

Concours de dessin d’actualité pour les amateurs à 15 heures

Théâtre municipal de Bayonne. Entrée libre.

Et les préférés du public sont…

Moine pour sa caricature de Jack Nicholson et JM:o pour son Zlatan arrivent en tête des suffrages dans cette compétition souriante.

Dessin de presse 05

La braderie, c’est aussi à la mairie

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Veunac, Lafite, un grand numéro de bonimenteurs

Accorderiez-vous beaucoup de chance de réussite à un joueur de poker, qui, une fois ses cinq premières cartes reçues, lancerait à la cantonade : « J’ai une paire de rois. Qui veut lutter avec moi? ». Un bon politique doit parfois savoir se taire, préparer ses projets en silence et ne les soumettre au vote de son conseil municipal que lorsqu’ils sont ficelés. Mais si Michel Veunac était un bon politique, depuis le temps, on s’en serait aperçu. L’homme croit que la communication peut remplacer l’action. Les faits, cruels, viennent de montrer qu’une fois de plus il s’est trompé.

http://www.biarritz.fr/portail/conseil.html

De ce conseil municipal qui se tenait, vendredi soir, en pleine braderie de printemps, les Biarrots ne retiendront qu’une seule chose : pour se débarrasser de Vinci, partenaire de cette maudite Cité de l’Océan qu’ils exècrent, ils vont encore une fois devoir mettre la main à la poche à hauteur de 70 000 euros. Et ce n’est que la première d’une très probable longue liste de dépenses à venir.

Car comme un piètre joueur de poker qui ne semble pas savoir qu’on ne doit jamais montrer ses cartes, Michel Veunac, faute d’idées et de vision d’avenir à soumettre aux Biarrots,  n’a pas résisté à un effet d’annonce, il y a maintenant un an. La Ville allait renoncer au PPP, ce partenariat public-privé (les facétieux, par allusion à Borotra, l’appellent aussi Pitié PéPé!) et on allait voir ce qu’on allait voir. Sauf qu’il ne sert à rien de jouer les matamores tant qu’on n’a pas négocié avec ses partenaires et qu’au final, ce sont bien entendu les Biarrots qui sont cocus, car les mastodontes Vinci et Dexia se sont frotté les mains en voyant arriver ce petit maire qui voulait leur expliquer la vie. Vinci empoche 70 000 euros de dédommagement mais, surtout, n’a plus la contrainte de maintenir en état pour les vingt-cinq ans à venir, un bâtiment qui affiche déjà bon nombre de malfaçons. Une maintenance qui dépendra désormais directement de la Ville. Quant à Dexia, Michel Veunac le certifie, le gentil banquier va l’aider à guetter une opportunité à renégocier la dette pour qu’elle soit « plus supportable« . Quelle blague! Michel ne ris pas quand tu sors des énormités comme celles-là, on va finir par penser que tu crois au petit Jésus soviétique ou à la philanthropie des banques!

 Saint-Cricq : « décision  irréfléchie et prématurée! »

CM 17 avril 002

Saint-Cricq incisif, Brisson partagé, et les autres muets sur la Cité de l’Océan.

Une fois de plus, le seul à avoir amené un peu de bon sens et de réflexion à propos de cette Cité naufragée, a été Jean-Benoît Saint-Cricq (minute 26) : « La décision de retrait du PPP me parait irréfléchie et pour le moins prématurée« . Jean-Benoît a toujours pensé que le PPP élaboré entre Vinci et Didier Borotra n’avait aucune consistance légale, comme l’a affirmé le Conseil d’État, mais, et c’est le paradoxe de la Justice, maintenant que le bâtiment est construit, n’était-il pas plus sage de rester dans cette structure au lieu de se précipiter dans de nouvelles dépenses?

Car la mairie a pris pour argent comptant le coût annoncé par Vinci pour la Cité de l’Océan. En bon père de famille, qui ne veut pas gaspiller le patrimoine, l’avocat se demande s’il n’aurait pas fallu « solliciter un cabinet d’expert pour vérifier la valeur réelle des bâtiments. Nous savons ce que nous avons payé mais non ce que vaut le bâtiment ».

Recapitalisation ou recapitulation?

Michel Veunac récuse évidemment les attaques de son meilleur opposant qui lui demande de confirmer l’information donnée par Bisque, bisque, basque,  sur une demande de recapitalisation de la Cité naufragée, faite à l’agglomération, à hauteur de 600 000 euros. Roi de la formule toute faite il répète « Je vous ferai aimer la Cité de l’Océan »  et « Ce qui circule sur Internet, je ne lis pas« , avant d’avouer à demi-mot « un plan de relance de la Cité de l’Océan, qui sera annoncé au Conseil municipal de juin ». Et qui passerait par une main tendue à la Région et à l’Agglomération?

Mimi-les-effets-de-manche se détend ensuite visiblement quand Max Brisson prend la parole (minute 51). A peu près aussi rectiligne dans son opposition que le tracé de la Seine entre Paris et Rouen, le nouveau conseiller départemental Brisson alterne désormais les coups de pattes à griffes rentrées pour montrer qu’il existe et le final sans surprise où, au nom d’une stratégie englobant les élections passées et à venir, il vote avec la majorité. « Cette réalisation laisse un goût amer dans la bouche (…) Je pense à l’amertume des Biarrots qui vont apprendre que pour sortir du contrat, il va falloir qu’ils payent (…) la résiliation doit être la première marche du redressement (… suspense insoutenable!)  En ce qui me concerne, je voterai pour ce protocole »

Au final, vote à l’unanimité sauf deux abstentions de Jean-Benoît Saint-Cricq et Pierrette Echevarria et une question que ces grands pudiques de Michel Veunac et Guy Lafite ont soigneusement passée sous silence.

Toute la soirée, ils nous ont expliqué que la sortie du PPP était particulièrement complexe à réaliser et qu’ils avaient dû faire appel aux plus grands ténors du barreau pour y parvenir. Et, c’est ballot, ces deux grands distraits ont juste oublié de nous préciser à combien s’étaient élevées les honoraires des avocats…

Biarrots, si vous saviez!

Jean-Marie, Marine, Florian, Louis : l’aviez-vous lu comme cela?

???????????????????????????????Quel dommage que l’université française, pour aiguiser le sens critique des citoyens, ne propose pas des cours de journalisme comparé, comme il existe des cours de littérature comparée! Prenez par exemple la querelle très médiatique qui oppose le fondateur du Front national, Jean-Marie Le Pen à sa fille Marine, avec dans les seconds rôles, Florian Philippot, le conseiller, et Louis Aliot, le compagnon. Dans vos kiosques favoris, vous pouvez trouver deux excellents papiers sur le sujet. L’un dans Le Canard enchaîné intitulé « Le Front vire à l’extrême foire » et l’autre dans L’Express sous le titre  « Les dessous d’un meurtre ». Seul petit hiatus, sur le rôle de chacun des protagonistes, le récit fait par les deux hebdomadaires est… totalement contradictoire.

Aliot, l’instigateur pour L’Express

Christophe Nobili, de loin la plus belle plume du Canard, nous raconte en compagnie d’Anne-Sophie Mercier, comment le mouvement qui se voulait « le premier parti de France », le 22 mars est devenu, trois semaines plus tard, « le premier merdier de France »  et détaille le bureau exécutif houleux qui s’est tenu après l’interview du patriarche, donné à Rivarol : « Les divisions éclatent au grand jour. Marine Le Pen écoute, Louis Aliot est opposé à l’exclusion du père« .

La musique est toute autre dans L’Express, sous la plume de Denis Tuqdal : Louis Aliot n’y va pas par quatre chemins : « L’entretien de Jean-Marie Le Pen dans ce torchon antisémite est parfaitement scandaleux et nos désaccords politiques désormais irréconciliables« . Et le journaliste de préciser : « Tonton Louis, comme certains le surnomment dans la famille, a toujours eu du mal avec celui qui ne l’a jamais officiellement considéré comme son gendre ».  (Anecdote amusante que les journalistes se sont bien gardés de raconter : Jean-Marie Le Pen avait retrouvé un de ses anciens gendres dans les bras… d’un garde-républicain).

Florian Philippot, en revanche, l’autre figure marquante du Front national, n’apparait quasiment pas dans le récit de Denis Tuqdal. Tout juste est-il cité pour un tweet écrit au moment de la plus forte tension entre le père et sa fille : « La rupture politique avec Jean-Marie Le Pen est désormais totale et définitive. Sous l’impulsion de Marine Le Pen, des décisions seront prises rapidement ».

Philippot le cerveau, pour Le Canard

Pour Le Canard, en revanche, le maître d’œuvre de toute cette comédie n’est autre que Florian Philippot, qui aurait malmené Marine lors du fameux bureau exécutif : « Si tu ne vires pas Le Pen, ta présidentielle est plantée aussi! Tu dois annoncer ce soir, au journal de TF1, qu’il est exclu! Et Anne-Sophie Mercier de préciser qu’un membre de la direction, sous couvert d’anonymat, lui a confié : « La virulence de Philippot en a mis plus d’un mal à l’aise » avant de conclure dans le portrait consacré au numéro deux du Front national : « Marine Le Pen a son Patrick Buisson. Cet autre marionnettiste politique s’appelle Florian Philippot. Il a été à la manœuvre toute la semaine pour faire virer le vieux. »

Non, ça ne coule pas toujours de source…

Surtout, ne tombez pas dans le mépris définitif des journalistes, après cet exemple de violons visiblement désaccordés entre les deux hebdomadaires, qui ont pourtant, l’un et l’autre, publié un excellent papier. Vous touchez là du doigt toute la difficulté du métier, et en particulier en matière de journalisme politique, avec des « sources » rompues à la communication et championnes du billard à trois bandes. Il est clair, au sein d’un Front national soucieux de dédiabolisation, que tout le monde souhaite que le patriarche prenne de la distance et garde pour lui ses éructations racistes. Comme personne ne veut prendre la responsabilité du « meurtre », il est évident que Le Canard a été informé par un membre du clan Aliot, qui s’est chargé de savonner la planche à Florian Philippot, tandis que l’entourage du numéro deux du Front donnait des tuyaux à L’Express, tout en chargeant le camp rival. Et si on se pose la question de savoir à qui profite le crime, on notera au passage que dans les deux papiers, Marion Maréchal Le Pen apparait fort peu, alors qu’elle est visiblement la grand gagnante de cette opération, avec l’adoubement de son grand-père pour aller conquérir la région PACA.

Finalement, la parole des journalistes, même si ils sont d’une totale honnêteté intellectuelle dans l’exercice de leur métier, c’est comme la parole d’évangile : elle peut être sujette à caution.