La braderie, c’est aussi à la mairie

CM 17 avril 003

Veunac, Lafite, un grand numéro de bonimenteurs

Accorderiez-vous beaucoup de chance de réussite à un joueur de poker, qui, une fois ses cinq premières cartes reçues, lancerait à la cantonade : « J’ai une paire de rois. Qui veut lutter avec moi? ». Un bon politique doit parfois savoir se taire, préparer ses projets en silence et ne les soumettre au vote de son conseil municipal que lorsqu’ils sont ficelés. Mais si Michel Veunac était un bon politique, depuis le temps, on s’en serait aperçu. L’homme croit que la communication peut remplacer l’action. Les faits, cruels, viennent de montrer qu’une fois de plus il s’est trompé.

http://www.biarritz.fr/portail/conseil.html

De ce conseil municipal qui se tenait, vendredi soir, en pleine braderie de printemps, les Biarrots ne retiendront qu’une seule chose : pour se débarrasser de Vinci, partenaire de cette maudite Cité de l’Océan qu’ils exècrent, ils vont encore une fois devoir mettre la main à la poche à hauteur de 70 000 euros. Et ce n’est que la première d’une très probable longue liste de dépenses à venir.

Car comme un piètre joueur de poker qui ne semble pas savoir qu’on ne doit jamais montrer ses cartes, Michel Veunac, faute d’idées et de vision d’avenir à soumettre aux Biarrots,  n’a pas résisté à un effet d’annonce, il y a maintenant un an. La Ville allait renoncer au PPP, ce partenariat public-privé (les facétieux, par allusion à Borotra, l’appellent aussi Pitié PéPé!) et on allait voir ce qu’on allait voir. Sauf qu’il ne sert à rien de jouer les matamores tant qu’on n’a pas négocié avec ses partenaires et qu’au final, ce sont bien entendu les Biarrots qui sont cocus, car les mastodontes Vinci et Dexia se sont frotté les mains en voyant arriver ce petit maire qui voulait leur expliquer la vie. Vinci empoche 70 000 euros de dédommagement mais, surtout, n’a plus la contrainte de maintenir en état pour les vingt-cinq ans à venir, un bâtiment qui affiche déjà bon nombre de malfaçons. Une maintenance qui dépendra désormais directement de la Ville. Quant à Dexia, Michel Veunac le certifie, le gentil banquier va l’aider à guetter une opportunité à renégocier la dette pour qu’elle soit « plus supportable« . Quelle blague! Michel ne ris pas quand tu sors des énormités comme celles-là, on va finir par penser que tu crois au petit Jésus soviétique ou à la philanthropie des banques!

 Saint-Cricq : « décision  irréfléchie et prématurée! »

CM 17 avril 002

Saint-Cricq incisif, Brisson partagé, et les autres muets sur la Cité de l’Océan.

Une fois de plus, le seul à avoir amené un peu de bon sens et de réflexion à propos de cette Cité naufragée, a été Jean-Benoît Saint-Cricq (minute 26) : « La décision de retrait du PPP me parait irréfléchie et pour le moins prématurée« . Jean-Benoît a toujours pensé que le PPP élaboré entre Vinci et Didier Borotra n’avait aucune consistance légale, comme l’a affirmé le Conseil d’État, mais, et c’est le paradoxe de la Justice, maintenant que le bâtiment est construit, n’était-il pas plus sage de rester dans cette structure au lieu de se précipiter dans de nouvelles dépenses?

Car la mairie a pris pour argent comptant le coût annoncé par Vinci pour la Cité de l’Océan. En bon père de famille, qui ne veut pas gaspiller le patrimoine, l’avocat se demande s’il n’aurait pas fallu « solliciter un cabinet d’expert pour vérifier la valeur réelle des bâtiments. Nous savons ce que nous avons payé mais non ce que vaut le bâtiment ».

Recapitalisation ou recapitulation?

Michel Veunac récuse évidemment les attaques de son meilleur opposant qui lui demande de confirmer l’information donnée par Bisque, bisque, basque,  sur une demande de recapitalisation de la Cité naufragée, faite à l’agglomération, à hauteur de 600 000 euros. Roi de la formule toute faite il répète « Je vous ferai aimer la Cité de l’Océan »  et « Ce qui circule sur Internet, je ne lis pas« , avant d’avouer à demi-mot « un plan de relance de la Cité de l’Océan, qui sera annoncé au Conseil municipal de juin ». Et qui passerait par une main tendue à la Région et à l’Agglomération?

Mimi-les-effets-de-manche se détend ensuite visiblement quand Max Brisson prend la parole (minute 51). A peu près aussi rectiligne dans son opposition que le tracé de la Seine entre Paris et Rouen, le nouveau conseiller départemental Brisson alterne désormais les coups de pattes à griffes rentrées pour montrer qu’il existe et le final sans surprise où, au nom d’une stratégie englobant les élections passées et à venir, il vote avec la majorité. « Cette réalisation laisse un goût amer dans la bouche (…) Je pense à l’amertume des Biarrots qui vont apprendre que pour sortir du contrat, il va falloir qu’ils payent (…) la résiliation doit être la première marche du redressement (… suspense insoutenable!)  En ce qui me concerne, je voterai pour ce protocole »

Au final, vote à l’unanimité sauf deux abstentions de Jean-Benoît Saint-Cricq et Pierrette Echevarria et une question que ces grands pudiques de Michel Veunac et Guy Lafite ont soigneusement passée sous silence.

Toute la soirée, ils nous ont expliqué que la sortie du PPP était particulièrement complexe à réaliser et qu’ils avaient dû faire appel aux plus grands ténors du barreau pour y parvenir. Et, c’est ballot, ces deux grands distraits ont juste oublié de nous préciser à combien s’étaient élevées les honoraires des avocats…

Biarrots, si vous saviez!

3 réflexions sur “La braderie, c’est aussi à la mairie

  1. Je ne sais pas si ces gens réalisent qu’un jour avec leurs « erreurs » et leurs absences de clairvoyance ils pourraient avoir à rendre des comptes. Rarement vu autant d’incompétence à ce niveau.
    Encore un bel article.

  2. Cette affaire est un désastre d’incompétence juridique technique et financière les agitations communicationnelles sont la potion magique de nos pitoyables élus mais sans réel effet bénéfique le citoyen est piégé soit il ne fait rien ,soit il râle ,soit il adhère à des décisions publiques habillées de complexités voulues et présentation pompeuse ( rappelons nous l’événement de la présentation de la cité de l’océan à la gare du midi avec sylvain Augier et toute une brochette de chercheurs et autres personnalités qui nous vantaient l’élitisme du bâtiment ,l’aspect visionnaire du projet devant amener des activités universitaires et de recherches de grands talent et le concept génial des retombées économiques mondiales et ce bijou de conception et de finalité éducative extraordinaire et qui aujourd’hui sont de fait un naufrage de bateau vide………..) tout cela est de l’électoralisme de grand papa de l’orgueil déplacé et la manifestation flagrante d’une déconnection complète avec la réalité….et cette incompétence chronique des élus….le citoyen doit se ressaisir et agir ……

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