Conseil départemental : inutile et dispendieux

Conseil départemantal

Le Conseil départemental, une assemblée utile? La question se pose vraiment. (Photo Sud ouest)

Comme j’imagine que vous êtes peu nombreux à lire Sud ouest (30/4) avec une calculette à portée de main, Bisque, bisque, Basque!  s’est dévoué pour vous aider à mieux comprendre combien vous coûte le conseil départemental pour lequel vous avez voté récemment. Ils sont 54 élus, à répartir en 3 catégories. Le président et ses quatre vice-présidents, qui émargent à 3041 euros brut par mois (Jean-Jacques Lasserre annonce triomphalement qu’il baisse ses indemnités de 40%, mais, si vous lisez la rubrique l’impertinent déchaîné, vous verrez qu’il n’avait guère le choix), 14 conseillers départementaux délégués à 2718 euros et 35 simples conseillers départementaux à 2508 euros mensuels. Ce qui nous donne un « coût politique » de fonctionnement de 141.071 euros par mois (92 briques, pour les amateurs d’anciens francs)  et un coût annuel de 1.692.852 euros (1 milliard 110 millions d’anciens francs!) Et si l’on multiplie la plaisanterie par 98 (le nombre actuel de conseils départementaux en France), on découvre que la petite cajolerie faite aux élus départementaux pour leur permettre d’exister, donne envie de se tirer une balle dans la tête. Avec ces sommes là, on en ferait quelques kilomètres d’enrobé et on en rénoverait des collèges!

Ce premier chiffre n’est pourtant que la partie visible de l’iceberg. Rajoutez les chauffeurs, les repas (ça mange un conseiller départemental!) et autres indemnités diverses, l’entretien des bâtiments et vous aurez une idée plus précise de la réalité. Dans son numéro daté du 1er mai, La Semaine du Pays basque note que le premier vice-président Max Brisson semble « plus cool » et « plus apaisé » . Ne cherchez pas plus loin : le fait d’être véhiculé et dorloté du matin au soir aux frais du contribuable est sans doute pour beaucoup dans cette actuelle bonne humeur de l’inspecteur général de l’Éducation nationale, qui se morfondait visiblement en tant que premier opposant bénévole de la ville de Biarritz.

Le doublon entre politique et haut-fonctionnaire

Quant à vous, modeste automobiliste, qui empruntez les départementales du pays basque, vous êtes-vous déjà demandé si vous circulez sur une route de gauche ou de droite? Quand le matin vous conduisez votre enfant au collège, avez-vous le sentiment qu’il entre dans un établissement PS, UMP, UDI ou MoDem? Bien sûr que non! La zone de compétence voulue par le législateur pour le conseil départemental est plutôt mince : le social, les routes et les collèges. Et c’est là qu’on commence à prendre conscience que notre pays marche sur la tête.

Pyrénées-Atlantiques_(64)_logo_2015Jusqu’à la loi de décentralisation de 1982, dite loi Deferre, le préfet décidait seul avec son équipe de haut-fonctionnaires de ce qui était bien pour le département, tandis que l’ancien conseil général, devenu depuis conseil départemental, se contentait d’un avis consultatif. Mais François Mitterrand avait trop de petits potentats locaux à récompenser et c’est ainsi que des décisions qui relèvent de l’intérêt général sont devenues des décisions prises par des politiques. Le hic, c’est que les politiques ne sont pas là pour mettre les mains dans le cambouis et que le même nombre de fonctionnaires qu’avant est nécessaire  pour la mise en place des décisions. Le coût politique du conseil départemental laisse rêveur, mais il ne représente rien par rapport au coût de la « machine départementale ». Entre l’antenne de Pau et celle de Bayonne, ce sont 2500 salariés qui font tourner la machine. Ces salariés ne sont pas en cause, mais, à force d’empiler les structures, on commence à mieux comprendre le déficit abyssal de notre pays, plus de 2000 milliards d’euros, alors que l’impôt rapporte « seulement » 2200 milliards chaque année.

(Pour en savoir plus, voir http://www.planetoscope.com/comptes-publics/315-compteur-de-la-dette-publique-de-la-france.html)

Les lâchetés successives de Hollande

Lorsqu’il était candidat à la présidentielle, François Hollande s’était répandu en confidences auprès des journalistes. Il était alors parfaitement conscient que notre pays ne pouvait pas continuer à fonctionner avec 360.000 élus, ce qui constitue un record mondial, et qu’il fallait mettre fin au scandale du cumul des mandats. Mais le roi des petits pas de côté n’est pas l’incarnation même de la bravoure. Un simple froncement de sourcil des sénateurs a fait reculer le gouvernement Ayrault sur le cumul des mandats et le tollé suscité par une éventuelle disparition des départements a eu le même effet sur le capitaine de pédalo qui nous gouverne. Il était pourtant parfaitement logique, alors que la construction européenne semble difficilement pouvoir être remise en cause, d’abandonner le département et de conserver les 22 régions, plus adaptées. Au lieu de cela, on continue avec une assemblée départementale, très coûteuse et aux compétences particulièrement restreintes, et on fait au niveau de la région un « gros machin » qui marie allègrement le pays basque et la Corrèze. Bonjour, la cohérence!

Le plan de carrière des élus locaux

Cette lâcheté dans la modernisation de la France provoque de nombreux dommages collatéraux. Les Français sont parfaitement conscients de la gravité de la situation de notre pays qui s’enfonce inexorablement dans la récession et prêts à faire des efforts pour en sortir. Mais on ne peut pas pratiquer le matraquage fiscal des contribuables ordinaires pendant que les élus pètent dans la soie, bénéficient de mesures fiscales particulièrement clémentes sur leurs indemnités et de notes de frais sans le moindre contrôle. Comment ne pas penser, dans ce même registre, à la directrice de l’INA, Agnès Saal, qui annonçait au personnel une gestion « janséniste »  de l’établissement qu’elle dirigeait et qui se permettait dans le même temps de dépenser, en plus du chauffeur à plein temps qui veillait sur elle, 40.000 euros par an de frais de taxi pour elle et son fils? Elle vient d’être virée et c’est on ne peut plus logique. Pourquoi n’en est-il pas de même avec des élus systématiquement absents qui ne respectent pas leurs mandats?

La plus grosse faillite de Hollande est là, dans son incapacité à réformer le pays et à réconcilier par des règles simples les citoyens avec leurs élus. La récente campagne électorale pour les élections départementales à Biarritz -calamiteuse à souhait!- illustre à merveille ce paradoxe. Attirés par un salaire de cadre supérieur pour un travail loin d’être éreintant, nos candidats se sont trahis, déchirés, presque entre-tués, car tous avaient intégré dans leur plan de carrière cette manne providentielle. L’idéologie ne les a guère préoccupés.

Si les propositions du parti communiste étaient mises en pratique – indemnité alignées sur le SMIC et demi-indemnité pour les retraités ou les salariés qui ont d’autres revenus – nul doute que l’on reviendrait bien vite à un intéressant débat d’idées au lieu de ce spectacle lamentable de matous affamés décidés à se goinfrer seuls la gamelle. Malheureusement, Hollande étant toujours persuadé d’avoir une chance en 2017, il est bien évident que rien ne changera, et que l’on continuera le matraquage fiscal pour assurer, entre autres, le train de vie de nos élus.

3 réflexions sur “Conseil départemental : inutile et dispendieux

  1. Bonjour(?),
    Avant 52 cantons,52 élus(es)maintenant 27 cantons mais par la grâce de la parité 54 élus(es)comme si les électeurs ne sont pas capables de voter sans sexisme ni misogynie,pour une femme de qualité,d’autant que les candidatures sont libres et les électrices sont plus nombreuses d’ailleurs que les mâles dominateurs.

    Concernant les indemnités,il est certain qu’avec plus de 8000€ et autres avantages les fins de mois sont moins difficiles pour les planqués et profiteurs du système(y compris pour ceux ou celles pour qui je vote…pas de parti pris svp)que pour les sans dents.Et comme le mille-feuilles est encore très épais ils sont nombreux à cumuler à la gamelle et à manger à tous les râteliers….Pourvu que cela dure….

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