Brisson en grandes pompes

dessin marquiseElle est toujours aussi délicieusement impertinente, cette marquise de Vérité qui connait si bien les dessous secrets de la région et qui écrit toutes les vendredis dans La Semaine du pays basque. Malgré les pressions affectueuses de Bisque, bisque, basque!  et la menace de crever les pneus de sa limousine mauve, Jean-Philippe Ségot, le directeur de la rédaction de l’hebdomadaire favori de la marquise est formel : jamais, il ne livrera l’identité réelle de sa précieuse informatrice.

Ma Douce Amie,

 Heureusement que ce que je vous écris reste strictement enfermé dans le tiroir secret de votre adorable petit bonheur du jour en bois précieux. Car les dessous de la vie politique sont si misérables qu’il n’est pas souhaitable que notre bon peuple s’en saisisse… Cela pourrait faire bien des histoires !

Ah la victoire est donc là pour votre poupon postillonneur de Brisson, ce qui va lui faire du bien au moral et – j’ose vous le dire – au portefeuille. Il faut dire que sa première vice-présidence au Conseil départemental va lui rapporter une somme rondelette supplémentaire (par rapport à sa colistière la petite Arostéguy), plus une voiture à sa disposition avec des chauffeurs mobilisables à loisir. Et que voulez-vous, même pour un être profondément désintéressé comme lui, un peu plus de galette ça aide ! Moi, je sais qu’il en fera bon usage et je n’ai guère apprécié d’ailleurs, alors que je me trouvais dans la mairie dimanche soir, d’entendre deux gauchistes dire : « Eh bien au moins, il va pouvoir se payer une paire de pompes correcte ! »

Franchement, n’est-ce pas exagéré ? Oh ma Douce… J’ai bien observé ses chaussures noires et c’est vrai qu’elles font quelque peu cercueil d’enfant. Mais ces gauchistes avec leurs haillons « bobo » n’étaient guère mieux vêtus. Et puis une paire de souliers n’est pas suffisante. Il faudrait qu’il en achète au moins trois, plus une paire de tennis pour l’été (surtout s’il pratique du yachting) et enfin une paire de bottes solides pour rendre visite à son bienfaiteur de Jean-Jacques sur ses terres de Bidache : « Allez mon Maxou, vient donc m’aider à la tirer, la noiraude, par le cul de cette foutue mare, ostia ! »

Voilà donc l’avenir financier de votre poupon colérique (surnommé désormais Bashing-Poupon dans bien des rédactions) assuré. Mais comme il est très malin, il s’enrichira encore un peu plus en fin d’année, époque où il devrait conduire la liste départementale UMP (éventuellement alliée avec Force 64) à la région. Donc certain d’être élu !

Ainsi son poste de conseiller régional lui rapportera alors encore un peu plus de galette et si la droite l’emporte, il sera assurément nommé vice-président. Tout ça en plus dans la tirelire !

Vous me direz alors, Chère Thérèse-Marie : « Mais le Brisson ne pourra pas cumuler trois mandats, car c’est interdit par la loi. Et il est déjà conseiller municipal d’opposition à Biarritz ! »

Certes oui, mais rien ne lui interdira de démissionner de ce pauvre mandat, où il ne gagne rien, pour préférer cumuler ceux de conseiller général et régional, ce qui fera le grand désespoir de son suppléant le petit Nalpas, qui à force d’être un « jeune », même actif, UMP finira avec ce titre et ses espérances accrochées en bandoulière dans sa maison de retraite ! Il faut dire qu’au lendemain de la défaite des municipales, Philippe Nalpas, avait envoyé une lettre au Bashing-Poupon pour lui dire qu’il était prêt à reprendre le flambeau ! Et voilà que dans la préparation de ces élections, le poupon lui a fait plus ou moins promis qu’il démissionnerait du conseil départemental une fois élu à la région ! De quoi rire, Ma Douce, et vous rappeler ce vieux proverbe de l’ami Jacques : « Crois-te le ! »

Qu’il peut être naïf le petit Nalpas s’il croit que le Bashing-poupon préférera rester un simple conseiller municipal d’opposition pas rétribué plutôt que de cumuler le pognon et de garder sa voiture et ses chauffeurs ! Ne m’en voulez-pas, mais j’en ris toute seule depuis des jours et des jours. Et comme l’on dit dans mes cuisines : « Celui qui se croit flambeau, risque de se retrouver Flamby ! »

Enfin du côté d’Arcangues, dans son élégante demeure (il faut dire qu’Annabelle à beaucoup de goût, et puis elle fait un cake au citron délectable) Jean Grenet ne boude pas son plaisir d’être revenu faire un petit tour dans la vie publique bayonnaise. Un petit tour qui pourrait d’ailleurs en annoncer d’autres, tant il a eu plaisir à cet exercice.  Et s’il vote désormais – avec Annabelle – à Arcangues, certains pensent qu’il sait encore faire voter comme il l’entend à Bayonne ! Il faut toujours se méfier du vieux lion qui dort…

 Je vous laisse, Ma toute Douce, et à la semaine prochaine. Comptez sur moi.

 Votre Marie, Marquise de Vérité.

On s’abstient par la barbichette

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Une opposition qui respire la joie de vivre…

Bisque, bisque, Basque! l’avait annoncé et les faits l’ont confirmé : suite à la pitoyable séquence des élections départementales, le plus important conseil municipal de l’année consacré au budget, vendredi 2 avril, a tourné à la mascarade. Biarrots, si vous êtes mécontents des décisions municipales, vous n’avez plus désormais que deux interlocuteurs possibles pour relayer  votre colère : le tonique Jean-Benoît Saint-Cricq, qui, de mandat d’opposant en mandat d’opposant, démontre une connaissance des dossiers, une pugnacité et un esprit incisif admirables et Frédéric Domège qui a le bon sens de considérer  qu’un opposant est destiné à … s’opposer! Tous les autres se sont dissous, soit dans un sentiment d’impuissance qui ne leur donne plus envie de combattre, soit dans des explications emberlificotées qui n’ont d’autres raisons d’être qu’un pitoyable renvoi d’ascenseur post élections départementales. Dans ce jeu de dupes dont les Biarrots vont inéluctablement faire les frais, il est clair qu’ils sont nombreux désormais à se tenir mutuellement par la barbichette.

Les incantations de Veunac

Avec le très falot capitaine du navire amiral biarrot, c’est du sans surprise. Pour Michel Veunac, qui nous a semblé vendredi soir dépassé comme d’habitude et  fatigué comme jamais (… C’est dur de se mettre à bosser à 69 ans!), l’incantation tient lieu de décision. À en croire le maire, son budget est donc « responsable et ambitieux » et vise « à ajuster les dépenses et à les maintenir strictement sous contrainte » . Il faut dire aussi que Michel Veunac pouvait pousser tranquille sa chansonnette, car avec une opposition comme celle qu’il affronte, il n’a même plus besoin du soutien de sa majorité.

Les conciliations de Brisson

Dans une allocution d’une vingtaine de minutes, Max Brisson s’est efforcé de convaincre l’auditoire, dans son style inimitable, qu’avec Maïder Arostéguy, il demeurait un opposant vigilant, « libre d’approuver ou de critiquer ».

Et c’est vrai que Michel Veunac peut se faire des cheveux blancs avec des critiques comme celles formulées par Max Brisson sur le budget : « Vous avez décidé de vous inscrire non pas dans une posture de rigueur stérile mais de dynamique (…) Aucun chapitre de ce budget ne nous amène à vous dire non »,  avant d’oser, histoire de montrer son indépendance » Ce budget ne marque pas suffisamment de rupture pour dégager des recettes ».

Max, ne tape pas si fort, Michel va finir par s’enrhumer avec les courants d’air que tu fais!

L’occasion était trop belle pour l’ancien sergent-chef devenu capitaine, Frédéric Domège, de rappeler quelques règles de vie municipale : « Si on s’abstient, on n’est plus véritablement dans l’opposition »

Les dénonciations de Saint-Cricq

Fort heureusement, Jean-Benoît Saint-Cricq est venu redonner un peu de dignité à cette soirée, en rappelant que, contrairement à ce qu’affirme Veunac et Lafite, « il y a évidemment augmentation de la fiscalité« . Et le même d’enfoncer le clou : « Je trouve pathétique de voir la cigale se plaindre lorsque la bise est venue. (…) Biarritz est en difficulté avec la crise, alors qu’elle n’aurait pas dû l’être si la Ville avait été correctement gérée. (…) La gestion calamiteuse amène à passer quelques priorités à la trappe et il n’y a pas de miracle possible dans ce budget de rigueur. Nous vivons dans la continuité de l’endettement et du gaspillage symbolisé par la Cité de l’Océan ».

Après cette incisive intervention qui a quelque peu réveillé l’auditoire, Bénédicte Darrigade, qui ne semble plus trop savoir si elle habite Mars ou Vénus après son flirt avec Louis Vial aux élections départementales, s’est bien gardée de prendre la parole, avant de s’abstenir sur le budget, tout comme Marie Hontas, rejoignant donc Maïder Arostéguy et Max Brisson dans cette ahurissante indécision.

Un politique peut parfois être amené à voter blanc, mais qu’il affiche ainsi une absence totale d’avis sur le budget, l’acte majeur de la vie municipale, révèle à quel point la vie politique locale est polluée par des petites considérations tactiques qui n’ont rien à voir avec la bonne marche de la Ville.

Lors de son intervention sur le budget, Max Brisson s’est plaint des quelques esprits chagrins qui ne voyaient en lui qu’un « opposant stérile ». Mais ne sommes-nous vraiment que quelques-uns ? Nul doute que ce curieux vote, pour un prétendu leader de l’opposition, va pour le moins relancer le débat.

Cité de l’Océan : les cachotteries de Veunac

Cité-de-lOcéan à l'envers

Pas de doute, la Cité de l’Océan marche sur la tête…

Comme diraient quelques accros des machines à sous du casino municipal, « Plus je perds, plus je rejoue! ». Mine de rien, avec son budget « responsable et ambitieux » Michel Veunac oblige les Biarrots, qui n’en peuvent plus, à « remettre des sous dans le bouzin » en faisant voter une subvention de 1,3 millions d’euros pour la Cité de l’Océan. Le coût annuel de cette magnifique réalisation qui devait déverser une pluie d’or sur la Ville, selon Didier Borotra en 2008, est donc pour les contribuables de deux millions d’euros par an. Michel Veunac a ensuite amusé la galerie avec des chiffres de fréquentation «  en hausse notable »! Excusez du peu mais l’aquarium et la Cité de l’Océan, pour le premier trimestre 2015, ont totalisé 6 439 visiteurs contre 4 545 en 2014. Vous pouvez faire toutes les multiplications que vous voulez, sachant qu’une année compte quatre trimestres et qu’il y a un peu plus de monde l’été, vous n’arriverez jamais au chiffre minimum de 450 000 visiteurs annuels que Cher Didier annonçait triomphalement.

Et comme Veunac adore le comique répétitif, il a remis ça en annonçant à Jean-Benoît Saint-Cricq qu’il lui ferait « aimer la Cité de l’ Océan », avant de se montrer inutilement blessant avec celui qui s’est montré visionnaire sur le sujet : « Vous faites une fixation négative… Je ne peux pas vous soigner ».

Mais ce petit cachottier de Michel Veunac s’est bien gardé de raconter la vérité au conseil municipal sur ses démarches pour le moins insolites. La situation financière de la Cité naufragée est tellement tendue que notre Michel, la semaine dernière, a cru avoir une idée de génie. Il s’est tourné vers l’agglomération en leur demandant d’entrer à hauteur de 600.000 euros dans le capital de ce désastre industriel et touristique… Michel ne doute décidément pas de son charme et de son pouvoir de conviction, car comme cadeau pourri, on peut difficilement trouver mieux. Cris d’horreur des autres maires qui estiment, à juste titre, que cette Cité naufragée est une affaire purement biarrote, et qu’ils ont des réalisations plus urgentes à faire entre le trait de côte et les écoulements d’eaux usées.

Michel Veunac n’était déjà pas tenu en très haute estime au sein de l’agglomération. Il s’est, cette fois, totalement ridiculisé.

Le cadeau inattendu de Veunac à Lafite et de Brisson à Domège

Mairie Biarritz

On est passé à ras du drame, mardi soir, à la mairie de Biarritz.

Mardi soir, vers 21 heures, Michel Veunac travaillait tranquillement à la préparation du prochain conseil municipal, où il va expliquer aux foules ébahies qu’il est urgent de ne surtout rien décider, lorsqu’une envie pressante le saisit. Surprise, à son retour, la porte de son bureau, sécurisée depuis que des impertinents s’amusent à lancer des tartes à la crème sur les édiles municipaux, est fermée.

Le commandant suprême comprend immédiatement ce qui se passe :

Guy, ouvre-moi, s’il te plaît.

Michel a toujours su que Guy, son copilote, rêve depuis un an d’être calife à la place du calife, mais il ne le croyait pas capable d’un tel coup de force. Même si son psychologue vient de lui faire comprendre, avec tous les ménagements dus à son grand âge, qu’il ne sera sans doute jamais maire de Biarritz.

Paniqué, Michel commence à tambouriner de toutes ses forces pour obtenir une réponse :

Guy, ouvre cette foutue porte!

Redoutant un malaise de l’intéressé, qui serait bien capable de salir sa belle moquette, Michel s’empare alors d’un extincteur pour tenter de défoncer la porte. Voyant ses efforts inutiles, Michel se saisit alors d’une hache de pompier. Heureusement pour lui, Guy Lafite ne supporte pas le bruit. Penaud il ouvre de lui-même la porte, déjà fort abimée, et demande à son maire :

Michel, pourquoi tu ne m’aimes pas?

Michel est ému par la détresse de son adjoint. Les deux hommes tombent dans les bras l’un de l’autre. Ils se promettent de travailler désormais comme un vrai maire et un vrai premier adjoint, ce qu’ils n’ont jamais fait depuis un an. Dans un élan de générosité inconsidérée, Michel Veunac promet même à Guy Lafite de lui laisser deux mille euros sur ses indemnités mensuelles de maire pour que les revenus soient mieux répartis entre eux.

Enfin une bonne nouvelle pour les Biarrots qui vont désormais avoir un maire et un premier adjoint qui se respectent!

 Brisson chez Domège

Et figurez-vous que par un hasard étonnant, mardi soir à la même heure, Frédéric Domège sursaute en entendant frapper à sa porte. Il se frotte les yeux en reconnaissant par la fenêtre une silhouette particulièrement familière.

Max Brisson se tortille un peu dans l’entrée de la maison :

Frédéric, je voulais te dire… La politique ne mérite pas de perdre un ami comme toi… Candidat aux municipales, aux départementales, aux prochaines régionales, candidat à la présidence de  l’association des usagers des poils de pottok… J’en ai marre d’être candidat à tout.

Frédéric est ému; il pense à tous les bons moments passés à regarder le rugby avec son ancien bon copain. Il bafouille :

-Tu t’en aperçois peut-être un peu tard.

 Max paraît sincère :

J’arrête la politique. Finalement je n’aime plus cela du tout. Si tu veux, je demande ta réintégration à l’UMP et je soutiens ta candidature pour les prochaines régionales…

Voilà donc les deux événements majeurs qui vont modifier en profondeur la vie des Biarrots. Mais, avant de vous précipiter les raconter à vos amis et de faire, vilains petits cachottiers, comme si ce n’était pas Bisque, bisque, Basque!  qui vous avait informé, prenez tout de même le temps de regarder le calendrier..

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