C’est vraiment la con…fusion!

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Gérottoka ou Pottonimo, le nom de la future mascotte?

En définitive, c’est toujours la même histoire. Un jour, un homme se retrouve élu, nommé président d’entreprise ou dirigeant de club, et il se gonfle tellement de son importance, il devient si vite convaincu de sa supériorité sur tous ses semblables, qu’il se persuade qu’il doit agir en secret au lieu d’exposer ses difficultés à ceux qui l’ont fait roi.

C’est l’histoire de Max Brisson qui se retrouve par le jeu des alliances politiques en train de dealer avec Michel Veunac tout en faisant croire qu’il reste opposant, une posture qui ne trompe personne. C’est l’histoire de Manu Mérin et Serge Blanco qui se sont retrouvés « par hasard » à Paris avec Serge Kampf et qui ont démenti véhémentement tout projet de fusion entre leurs clubs, avant de confirmer piteusement.

Et il n’y a guère besoin d’être un assidu des pages jaunes de Midi Olympique pour comprendre ce qui se passe actuellement entre l’Aviron et le BO. Comme le raconte le rugbynistère.fr (http://www.lerugbynistere.fr/news/top-14-pro-d2-l-ancien-president-bayonne-philippe-neys-devoile-dessous-fusion-annoncee-1305151216.php), les deux clubs sont financièrement aux abois: « Ce qui pousserait tout ce beau monde à agir, ce sont bien des comptes dans le rouge et la perspective d’une sanction de la part la DNACG. Afflelou parti, et avec lui sa lettre de garantie qui lui permettait d’échapper à d’éventuelles sanctions, Bayonne serre les fesses. Selon l’ancien Président de l’Aviron Philippe Neys, Manuel Mérin se serait donc tourné vers le mécène de Biarritz Serge Kampf après avoir tout fait pour « sauver sa tête à la présidence » en rachetant les actions d’Alain Afflelou et de Philippe Ruggieri, ancien président du directoire de l’Aviron Bayonnais. Sauf que le mécène ne semble plus décidé à éponger les dettes de son club, plus mal embarqué que son voisin. « Je pense que c’est encore plus grave pour le BO car l’avenir était plus près de la Fédérale que de la Pro D2. » Quand on sait que l’Aviron présente « un déficit de 2,2 millions d’euros au terme de la saison 2013-2014 », on comprend que les deux clubs souhaitent unir leur force après avoir repoussé la fusion pendant des années.« 

Le non respect des joueurs

Dans un rugby qui  nécessite des investissements de plus en plus importants, il n’est pas surprenant, pour des « petites » villes comme Bayonne ou Biarritz, de se retrouver en déficit ou d’envisager de se rapprocher. En revanche, ce qui est imbécile, c’est de ne rien dire, de manœuvrer en douce, en pensant que les salariés et joueurs du club, comme les cocus de la chanson, seront les derniers à comprendre. Visiblement, Blanco et Mérin étaient persuadés que leur petit complot n’allait pas être éventé avant le dernier match de l’Aviron face à la Rochelle. Résultat, les joueurs bayonnais partent pour un match décisif face à l’Union Bègles-Bordeaux dans les pires conditions possibles et ceux du BO ont bien raison de faire grève en refusant de se soumettre à des tests physiques de fin de saison, au vu du peu de considération que leur manifeste leur employeur. Et comme c’est bizarre, Serge Blanco, fidèle à une tactique qu’il avait déjà utilisée l’an passé au moment de la mise en cause de Géronimo, est aux abonnés absents et ne répond plus aux appels téléphoniques.

Le mépris des spectateurs

Les supporters, eux aussi, ont toutes les raisons d’être mécontents. On se souvient de leur existence, lorsqu’il faut soutenir leurs couleurs, mais on ne daigne pas leur donner les informations essentielles sur leur club favori. À combien s’élève le déficit actuel des deux clubs? Y a-t-il des arriérés d’URSSAF impayés? Le BO court-il un vrai risque de se retrouver en fédérale après une sanction financière? On voit clairement que pour  Blanco et Mérin, la rétention d’information est une façon d’asseoir leur autorité. Il semble pourtant évident que les supporters préfèreraient dans leur majorité que les deux clubs restent des entités séparées, quitte à s’affronter dans le cadre d’un derby de Pro D2. La connaissance de la situation financière réelle des deux clubs aiderait chacun à se faire son opinion sur une éventuelle fusion. Cette transparence a un nom : cela s’appelle la démocratie, mais c’est visiblement le cadet des soucis des deux présidents actuellement.

L’intérêt des clubs ou l’intérêt des présidents?

Et comme en politique, on est bien obligé de se poser la question de savoir à qui profite la manœuvre actuelle? Même s’il dément encore, avec à peu près autant de conviction qu’il niait un rapprochement possible avec l’Aviron, il est évident que Serge Blanco rêve de la présidence de la FFR. Alors que l’aura de son principal rival, Bernard Laporte, ne cesse de croître, Serge Blanco doit faire des cauchemars en se demandant comment il peut être élu, si son club de cœur est relégué en fédérale. Manu Mérin, de son côté, a démontré son envie de demeurer président, en rachetant les actions d’Alain Afflelou et en trouvant 21 actionnaires représentant 1,7 million d’euros pour garder la majorité. Il a réussi ainsi à sauver, au moins provisoirement, son poste. mais est-ce qu’un tel « émiettage » financier sert véritablement le club? On peut en douter. Ces deux ambitions humaines sont parfaitement respectables, mais méritent-elles d’entraîner les deux clubs dans une fusion que peu de gens souhaitent?

Croire qu’un déficit rajouté à un autre déficit peuvent faire la richesse, c’est de l’optimisme indéfectible ou de la con…fusion mentale?

8 réflexions sur “C’est vraiment la con…fusion!

  1. La fusion est inévitable, sauf si on ne veut plus jouer en élite et en Europe. Dans ce cas, on peut rester à un rugby de clochers qui ne coûtera pas grand-chose mais dont on ne sortira plus et dont chacun mesurera l’intérêt. Sauf Qatari dans la manche…
    Ce qui n’est pas normal, c’est la façon de faire effectivement.

  2. Ces façons de faire des deux présidents sont détestables.
    En fin d’article vous indiquez qu’il s’agit là d’une fusion que peu de gens souhaitent. Cependant sur le site Rugbyrama.fr à la question « Êtes-vous favorable à une fusion entre Bayonne et Biarritz ? » 49% de oui et 51% de non sur plus de 40 000 votes. Certes, ça n’a pas valeur de sondage mais cela met en question votre propos non argumenté.

    • Vous avez raison. Je mets en avant les petites cachotteries des présidents, mais derrière, il y a un vrai débat, où moi-même je suis bien incapable de répondre, entre l’envie de voir du rugby de haut niveau et l’envie de voir ces deux clubs poursuivre leur parcours séparément.

  3. Au Pays Basque
    Il existait deux malheureux
    L’un perclus, l’autre aveugle, et pauvres tous les deux
    Ils demandaient au Ciel d’éviter la Pro D2

    Aidons-nous mutuellement,
    La charge des malheurs en sera plus légère
    Le bien que l’on fait à son frère
    Pour le mal que l’on souffre est un soulagement.

    d’après Florian, L’aveugle et le paralytique

  4. Dans le Sud-Ouest d’aujourd’hui un article à Bayonne sur la fusion. Ca n’a pas l’air d’attirer les foules. On dirait qu’à part un noyau dur de quelques centaines de supporters, les locaux ont d’autres chats à fouetter…

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