Brissson, le glouton déraisonnable

Brisson 02

Vous êtes président de l’Association des amis du pottok ou de la confrérie du gâteau basque et vous envisagez d’organiser une élection pour désigner votre successeur? Pas de doute, Max Brisson va être candidat !

Allez savoir pourquoi, je ne peux croiser en ville Max Brisson ou lire quelque chose le concernant, sans me remémorer Marcel, mon voisin de Romainville, la banlieue ouvrière où je vivais, il y a quarante ans.  Derrière une enveloppe un peu rude, l’homme était fin, lettré, et doté d’un pessimisme noir qui faisait notre joie. Il ne sortait jamais sans afficher une ceinture et des bretelles à son pantalon et rétorquait placidement à nos moqueries : « On n’est jamais trop prudent!« . Il faut reconnaître aussi qu’il avait du monde à trimballer, comme on dit dans le Sud-Ouest, et qu’à table il était plutôt du genre une entrée, deux plats et trois desserts… « Si tu avais vécu la guerre, comme moi, tu ne raterais pas les bonnes tables qui passent » expliquait-il, agacé, quand nous l’incitions à un peu plus de modération…

Une boulimie qui agace

Au vu de la boulimie de mandats que manifeste le candidat-à-tout Max Brisson, c’est à se demander si le jeune Brisson, n’a pas, à l’image de mon voisin, subi un traumatisme originel qui expliquerait cette frénésie électoraliste : une élection ratée de délégué de classe ou une motion mise en minorité lors d’un comité d’action lycéen, justifiant cette quête frénétique du suffrage populaire.

Comme l’annonce Sud ouest (19/5), le récent vaincu de l’élection municipale de Biarritz et récent vainqueur de l’élection départementale, le décidément insatiable Max-roi-des-urnes, sera candidat pour conduire la liste UMP aux prochaines régionales. Une annonce qui semble  agacer prodigieusement les lecteurs du quotidien régional, si l’on se fie à la réaction d’Adrien : «  Ce n’est pas possible ! Il ne peut pas cumuler une place au Département et une autre à la Région ! Il y a conflit d’intérêts ! Et s’il n’y en a pas, à quoi servent ces deux institutions si elles ont les mêmes élus ? Uniquement à leur verser des indemnités cumulées ? Un peu de sérieux, Mesdames et Messieurs les élus ! Ça commence à se voir et se savoir ! Et nous, on en a marre ! » Et il est clair que si une élection législative venait à se profiler à l’horizon, on retrouverait le même.

Mandat électoral ou trampoline?

Notre propos ne consiste nullement à faire du Brisson-bashing, comme le déplore trop souvent Max, dès qu’un journaliste se permet la moindre remarque. Il suffit de plonger dans les profondeurs de ce blog pour vérifier que Bisque, bisque, basque! a toujours été convaincu que Brisson aurait fait un maire d’une toute autre trempe et d’une toute autre dimension que le discutable communicant qui a été élu. Et qu’il a été battu au deuxième tour dans des conditions plus que douteuses, qui auraient mérité des investigations policières.

Mais on ne peut approuver un élu qui, au mépris des électeurs qui ont voté pour lui, utilise chaque mandat électoral comme un trampoline, destiné à mieux rebondir en direction de l’objectif suivant. Quand Sud ouest lui demande quel mandat il abandonnera, du département ou de la Ville, s’il est élu aux élections régionales, le prudent Max Brisson, adepte du port de la ceinture et des bretelles en politique, botte en touche : « Chaque chose en son temps, il faudra tenir compte des équilibres. » Le louvoyant secrétaire départemental de l’UMP gagnerait pourtant des sympathies biarrotes à manifester un peu plus de courage et à laisser immédiatement sa place au conseil municipal, où il ne peut exercer correctement son rôle d’opposant, compte tenu des actuels enjeux politiques départementaux et nationaux.

L’opposant qui ne s’oppose pas

À quoi sert un opposant qui, après maintes phrases chantournées, histoire de faire croire qu’il s’oppose un minimum, finit par voter le budget de la majorité en affirmant « Vous avez décidé de vous inscrire non pas dans une posture de rigueur stérile mais de dynamique (…) Aucun chapitre de ce budget ne nous amène à vous dire non »? Max Brisson ne cache pas que des discussions sont en cours avec le MoDem pour  des listes communes dans les treize régions. Et il veut nous faire croire, lui qui rêve d’un grand destin régional voire national, qu’il va titiller l’élu MoDem Michel Veunac,?

Alors que des décisions majeures pour la Ville vont être prises, en particulier sur le devenir de la Cité de l’Océan  (Michel Veunac ne peut plus différer sans cesse son plan d’action!), les Biarrots ont besoin de savoir où se situent ceux qu’ils ont élus. Ils n’ont que faire de ces petites stratégies d’état-major qui ne dupent personne. Réécoutez sur Internet  les derniers conseils municipaux, les dernières interventions de Max Brisson, cette façon inhabituelle de faire des pas de côté en prenant bien garde à ne pas offenser le représentant du MoDem qui dirige la Ville, et demandez-vous si les propos tenus  servent la cause des Biarrots ou la cause de celui qui les tient.

Max est suffisamment intelligent pour conclure que sa position est intenable et qu’il ne doit pas attendre la fin de l’année pour prendre une décision. On peut tout à fait comprendre que celui qui s’est imaginé maire de Biarritz peine à se couler dans le modeste costume de premier opposant. Ses absences, ses retards, ses rendez-vous différés par la neige abondante entre Bayonne et Biarritz, résonnent comme autant de « Au secours!« . Mais, au lieu de multiplier les fers au feu, au lieu de louvoyer pour ne pas avoir à trancher, Max n’a qu’à faire la seule chose qui lui vaudrait le respect des Biarrots : abandonner son mandat municipal et laisser sa place à quelqu’un de la liste, qui, n’ayant pas d’autres ambitions politiques en tête, manifestera une véritable envie de combattre pour sa Ville et de dénoncer les pitoyables errances de l’actuelle majorité.

Et qui sait si en 2020…

Une réflexion sur “Brissson, le glouton déraisonnable

  1. Ceci démontre une pratique bien franchouillarde de la politique telle qu’elle se pratique ces dernières 50 années…. tout ceci éloigne les citoyens des urnes.

    Face à la complexité des tâches liées à chaque mandat, qui chacun requiert une disponibilité à 100%, plus personne en 2015 ne croit qu’il soit possible d’en exercer 2, 3 ou plus.

    Qu’ils ne se plaignent pas de l’abstention ou de la montée du FN qu’ils génèrent.

    A quand un podemos FR ??

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