La courte échelle de Veunac à Etchegaray

courte-echelle

Mon Jean-René adoré, moi, Michel, je t’aide à devenir président, et, en contrepartie, tu me subventionnes un peu ma minable Cité de l’Océan…

Aujourd’hui, au sein de l’Agglomération Côte basque (ACBA), va se tenir une réunion dont personne ne va parler,  dont vous ne trouverez pas la moindre trace dans votre quotidien régional. Pourtant elle va abriter un de ces charmants petits bricolages dont nos élus ont le secret et qu’ils vont bien se garder de divulguer en public. Initialement prévue la première semaine de juin, avec un ordre du jour à faire périr d’ennui  n’importe quel politique, elle vient d’être précipitamment avancée et elle pourrait s’avérer lourde de conséquences politiques à l’avenir.

Il faut dire que l’affaire est urgente, car le 1er juin prochain, le Conseil des Élus du Pays Basque (CEPB), une autre gigantesque usine à gaz de 79 membres englobant plus de 150 communes, doit élire son nouveau président, l’actuel président Jean-Jacques Lasserre se retirant pour mieux se consacrer au Conseil départemental.

Et figurez-vous que le maire de Bayonne, Jean-René Etchegaray, rêve de succéder à Jean-Jacques Lasserre. Seul problème, il ne peut pas être élu pour le moment, puisqu’il n’est pas membre du conseil d’administration. Mais ce n’est pas le genre de détail qui affole un politique. C’est donc pour cette raison que tous nos politiques locaux se retrouvent aujourd’hui au sein de l’Agglomération.

Et le scénario est écrit d’avance. Le bon camarade Michel Veunac, accessoirement maire de Biarritz, va démissionner du conseil d’administration du Conseil des Élus du Pays basque. Une place va donc se libérer, et, au hasard, le maire de Bayonne Jean-René Etchegaray va se dévouer pour occuper le poste.

Ensuite le maire de Bayonne, fort de ces cinq jours d’ancienneté au sein  du CEPB, va se sentir tout à fait légitime pour postuler à la présidence. Et, sauf manœuvre de dernière minute, se retrouver adoubé. C’est quand même tellement plus simple la politique, quand on prépare les cartes un peu à l’avance.

Un jeu de dupes ?

Cette histoire est impossible, allez-vous me dire, car Michel Veunac ne fait jamais rien pour rien. Vous avez raison, et c’est là où la manœuvre prend tout son sel. Notre bon Michel est prêt à tout pour que sa chère Cité de l’Océan puisse fonctionner, et même à  faire la manche, sans la moindre honte, auprès du Conseil régional et de l’Agglo, pour tenter de maintenir à flot la Cité naufragée. Vantard, il a déjà raconté partout qu’Alain Rousset, qui lui aussi cajole le MoDem en vue des élections régionales, allait lui accorder quelques subsides. L’avenir nous apprendra, côté Agglomération, à combien va être estimé le « sacrifice » de Michel Veunac en faveur de Jean-René Etchegaray, ou s’il s’est prêté à un jeu de dupes.

Si l’histoire va faire sourire les Biarrots, les Bayonnais et autres membres de l’Agglo vont être ravis d’apprendre que, pour faciliter l’ascension de Jean-René Etchegaray, leurs impôts vont venir subventionner les folies somptuaires de Didier Borotra.

En définitive, entre Biarritz et Bayonne, qu’il soit question de fusion ou de … confusion, les histoires se résument toujours à une affaire de gros sous.

5 réflexions sur “La courte échelle de Veunac à Etchegaray

  1. Heureusement que vous êtes là pour veiller à Bisque Bisque Basque.
    Et donc un scandale de plus qui va passer crème. C’est tellement beau cette politique altruiste, ce don de soi…

  2. Petit oubli mon cher Jean-Yves. Mais il est vrai qu’Anglet est en ce moment dans ton angle mort. ;)
    Si « la presse » n’est pas trop con (je l’aide un peu là), elle aura vu passer à l’ordre du jour que Claude Olive vient chercher les sous promis par l’agglo à Jean Espilondo pour le projet du Maharin. Sauf que d’un écoquartier avec une grosse proportion de logement social, on passe à un parc de luxe pour l’EHPAD et les quelques riverains « NIMBY » qui sont à la base du capotage du projet.
    Il sera donc intéressant de voir si le chèque est au rendez-vous, et si oui par quelle magique requalification (ou omission) sera-t-il justifié. Dans le cas contraire, « la presse » sera ravie de rapporter aux Angloys qu’Olive s’est foutu de leur gueule en leur faisant croire que son propre projet pour le Maharin coûterait moins cher que l’écoquartier, en oubliant que les généreuses subventions qui avaient permis de boucler le tour de table dépendaient du logement social. S’il rentre bredouille, le Maharin devient une grosse charge pour la municipalité…

    • Bonjour Alain,

      Merci pour ces précisions. Tu fais la démonstration avec ces commentaires pertinents que les médias ne sont pas concurrents mais complémentaires et qu’ils ont toujours intérêt à se reprendre et se compléter dans la chasse à l’info. Tous les lecteurs savent que BAB info, c’est du solide. Ils en ont, sur cet exemple, la confirmation.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s