Le Bo et l’Aviron, comme l’Europe

BO-Aviron bagarre

Au vu de l’entente cordiale qui règne entre les deux clubs, la fusion s’impose…

Ce qui est bien avec cette fusion sans cesse remise au goût du jour, c’est que, petit à petit, on apprend enfin ce qu’on voulait savoir. Les déficits que l’Aviron et le BO cachaient, il y a peu, comme une maladie honteuse, sont soudainement mis en avant, pour convaincre les réticents. Et dans Sud Ouest du 26 juin, Serge Blanco mange enfin le morceau : depuis 2011, l’Aviron a perdu 7,1 million d’euros et le BO 7,6 millions.

Ce qui est moins bien avec cette fusion, c’est que l’on continue à prendre le cochon de payant de spectateur pour un imbécile n’ayant aucun droit, et à lui affirmer que certaines postulats de départ ne méritent même pas d’être discutés. Ainsi, à en croire Blanco et Mérin, et au mépris de toutes les lois sur la génétique, il est évident que de l’union de deux éclopés va naître un super champion basque, apte à soulever le bouclier de Brennus…

… Mais ce coup-là, on nous l’a déjà fait en France! Nous sommes le 1er janvier 2002 et nous devons abandonner notre bon vieux franc au profit de l’euro. Les économies ne sont pas les mêmes d’un pays à l’autre, les dispositifs fiscaux non plus, le mode de gouvernance de l’Europe un peu opaque pour le profane, mais, parole de politiques, l’euro va tout régler. On connait la suite, l’envolée des prix, l’Allemagne qui donne des leçons de morale à ses partenaires et les Grecs qui se retrouvent dans la situation de mendiants de l’union européenne, n’ayant plus aucune souveraineté sur leur propre pays.

Dans leur façon de vouloir fusionner à tout prix et on verra après pour régler les problèmes, Mérin et Blanco ressemblent beaucoup à ces politiques qui n’hésitent pas à traiter d’obscurantistes les eurosceptiques qui demandent des garanties. Une fusion entre l’Aviron et le BO, pourquoi pas, mais qui sera le président de cette nouvelle entité, où sera le siège social, où se joueront les matches? Au lieu d’imposer et de tenter de passer en force, il fallait expliquer et déminer. Après toutes ces maladresses sans commune mesure, la réaction des membres de l’omnisport du BO, refusant de signer un chèque en blanc, s’explique totalement.

Insupportables bricolages démocratiques

Mais Serge Blanco, décidément, tout comme Nicolas Sarkozy, ne respecte la démocratie que quand elle l’arrange. Après le vote surprise de l’omnisports contre la fusion, il a démissionné, ce qui était la moindre des choses. Mais – miracle ! – des « vices de forme » viennent d’être détectés, lors de ce scrutin et tout le monde devra repasser aux urnes, mardi. Quels vices de forme? Le futur ex-président se garde bien de dire quoi que ce soit sur le sujet, mais on est priés de le croire sur parole, lui qui, il y a peu, jurait qu’il n’y avait aucun projet de fusion en cours avec l’Aviron.

Là aussi, ça ne vous rappelle rien? Le 29 mai 2005, sous la présidence de Jacques Chirac, un cataclysme secoue l’Europe : les Français, à 55% viennent de refuser le projet de constitution européenne. Ce qui ne gênera nullement Nicolas Sarkozy, en 2008. Au mépris du suffrage universel, il rebaptisera la constitution européenne Traité de Lisbonne et le fera approuver par les parlementaires, en se souciant comme d’une guigne de ce que pensent les Français. (Pour mémoire, selon un sondage IFOP-Le Figaro du 28 mai dernier, 62% des Français voteraient non à l’Europe, si un nouveau referendum était organisé). Et l’on vous épargnera les injures récurrentes des politiques à l’égard des Français, estimant que seuls des obscurantistes ou des rétrogrades peuvent être contre l’Europe et refusant de prendre en compte ceux qui veulent bien voter pour l’Europe… à condition qu’elle soit démocratique.

Même schématisme primaire dans les discours tenus par Blanco et Mérin. À les en croire, tous les sceptiques sont pour la mort du rugby basque. On peut pourtant rêver de rugby de haut niveau au Pays basque, mais pas à n’importe quel prix et exiger, avant toute décision, des réponses claires aux questions qui se posent. Pour toutes ces raisons, cette fusion si elle doit se faire, ne peut être envisageable avant la saison 2016-2017.

En 1992, peu avant le vote du traité de Maastricht, l’inénarrable Bernard Kouchner, dans une de ses envolées dont il a le secret, affirmait à la télévision : « Avec Maastricht, on rira beaucoup plus! ». Si l’on en croit Blanco et Mérin : « Avec la fusion, ce sera la profusion!« . Les comiques sont de sortie.

Alors que les esprits s’échauffent et que la bagarre générale couve, tout le monde ferait bien de se remémorer la devise favorite de Mitterrand : « Il faut donner du temps au temps« .

Mérin et Blanco, seuls responsables du fiasco

Blanco mérin

Les deux petits cachottiers, Manu Mérin et Serge Blanco à Brindos. (Photo Sud Ouest)

La colère, avec la perte momentanée de contrôle qu’elle implique, peut être très révélatrice. Vexé de voir son projet de fusion mis en échec par l’association des amateurs de Biarritz Omnisports, Serge Blanco a annoncé qu’il démissionnait de la présidence du BO et s’est laissé aller à quelques propos particulièrement mal venus (Sud Ouest, 24 juin), reprochant  «  un orgueil mal placé de la part de gens qui n’ont jamais mis la main à la poche « . Si l’on suit le raisonnement du patron du BO, ceux qui n’ont pas d’argent n’auraient donc que le droit de fermer leur gueule et devraient s’interdire de veiller aux valeurs du rugby local. Détestable raisonnement qui est bien à l’image de la détestable façon dont a été conduite cette opération de fusion!

Des dégâts humains irréversibles

L’ancien meilleur arrière du monde n’aurait jamais dû oublier que le rugby est un sport collectif et que ses relances somptueuses qui enchantaient tous les passionnés de rugby, il les devait aux bons ballons procurés par ses avants. Cette fusion, négociée en secret par Blanco et Mérin, a hérissé tout le monde et ne pouvait que capoter. Coup de bluff ou décision durable, on voit mal comment Blanco pourrait demeurer à la tête du BO, au vu de la façon dont il a traité les joueurs et les salariés qu’il dirigeait. Tandis que dans les autres équipes de Pro D2, les joueurs réenfilent le short, tout heureux de se retrouver après quelques semaines de récupération, ce sont des joueurs épuisés  psychologiquement qui vont reprendre lundi, au terme de vacances pourries, le chemin d’Aguilera. Erik Lund, l’emblématique capitaine des rouges et blancs qui n’a rien d’une mauviette, s’est amèrement plaint dans la presse de n’être tenu au courant de rien. Et comment demander à des joueurs comme De Luca, Waenga, Ikapote Fono, Noirot ou Marienval de mouiller le maillot, alors qu’on leur avait fait savoir qu’on ne les conserverait pas en cas de fusion? Et même bonne ambiance assurée chez les salariés, entre ceux qui auraient été du voyage en cas de fusion et ceux dont le club était prêt à se séparer.

Mérin doit lui aussi démissionner

Seule consolation pour les inconditionnels du BO, les dégâts sont encore plus importants du côté de l’Aviron. Lorsque le projet de fusion a fuité, le BO ne pouvait plus envisager un retour possible dans l’élite, mais l’Aviron avait encore toutes ses chances de rester en Top 14. Les joueurs ne sont pas des robots décérébrés  et il est probable que l’incertitude provoquée par cette possible fusion a créé quelque perturbation dans le jeu bleu et blanc. Mais le plus incroyable est de constater que l’Aviron n’avait pas le moindre plan B, en cas d’échec de la fusion. Rokococo, Monribot, Bustos Moyano, Ugalde ou Iguiniz avaient donné leur accord pour participer à cette nouvelle entité basque, alors qu’ils auraient pu sans peine retrouver un club de l’élite. Alors que les transferts sont terminés, ils doivent vraiment avoir le sentiment d’être les dindons de la fusion, dans une équipe singulièrement dépourvue de premières lignes ou de demis de mêlée. Homme de bonne volonté mais d’une maladresse insigne, Manu Mérin doit tirer de lui-même les conclusions qui s’imposent de sa catastrophique présidence et démissionner. Par cette décision, il démontrera qu’il n’était pas dans une aventure personnelle et facilitera l’avenir de l’Aviron.

Une vraie réflexion s’impose

Alors que se dessine pour la saison prochaine, la perspective de deux derbies entre le BO et l’Aviron, les leçons doivent être tirées de cette nouvelle tentative ratée de fusion. Nombre d’acteurs des deux clubs, en particulier du côté des amateurs et des supporters, ont eu le sentiment d’un coup de force. Ils ont rué dans les brancards et ils ont bien fait. D’autres sont malheureux de voir le rugby basque disparaître de l’élite. Il est clair qu’une fusion, discutée en secret et voulue à marche forcée n’a aucune chance de réussir.  La seule solution désormais consiste à créer un « comité des sages », composé équitablement de Biarrots et de Bayonnais, d’amateurs et de professionnels et de réfléchir en toute transparence à un possible rapprochement entre les deux clubs pour la saison 2016-2017. Avec l’obligation de régler certains problèmes cruciaux comme le choix du stade, du siège social et du devenir des équipes de jeunes.

Å ce prix, et à ce prix seulement, un rapprochement est envisageable, alors que toutes les tentatives jusqu’à présent ne ressemblaient qu’à un jeu de dupes.

Mérin imite Blanco

Se disant « épuisé« , Manu Mérin, quelques heures après la publication de cet article, a annoncé qu’il allait démissionner dans « quelques semaines« . On ne voit guère ce qu’il pouvait faire d’autre. 

Fusion, confusion ou fusion à la c…

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Même quand il expose ses sculptures, Bernard Ithurbide a toujours une pensée pour le BO.

Ancien conseiller municipal communiste, Bernard Ithurbide a grandi avec le maillot rouge et blanc. Quand il le peut, il tient la permanence du musée du BO. Pour autant, il est opposé à l’avance consentie par la mairie à son club et ne souhaite pas une quelconque fusion avec l’Aviron. Voici le texte qu’il nous a fait parvenir.

Au risque de redites, quelques remarques sur ce sujet qui préoccupe plus une partie de la population et les médias que la situation économique du pays. Bouleverser l’histoire sportive et notamment rugbystique de deux villes parce que les résultats sportifs n’ont pas été à la hauteur des espérances tant des supporters que de celles et ceux qui ont «mis au pot » me parait tout à fait déraisonnable.

Quand on place de l’argent et des espoirs dans une initiative quelconque on peut et on doit s’attendre à des désillusions. Le rugby étant devenu professionnel il fallait des bases financières solides qui n’existent pas dans  notre environnement. Je veux parler d’industriels s’engageant dans le mécénat ou le partenariat comme c’est le cas dans bon nombre de clubs. Certes Oyonnax fait exception (quoique !) mais ne dit-on pas qu’une hirondelle ne fait pas le printemps ?

On pourrait, en poussant un peu loin le bouchon de la provocation, suggérer la fusion Biarritz-Olympique, Aviron-Bayonnais, Section Paloise comme c’est le cas pour Clermont, Toulouse, Toulon, Agen, La Rochelle, Brive, Racing 92, Stade-Français, seuls clubs en Top 14 de leurs départements respectifs.

Comme bon nombre d’autres clubs historiques le font aujourd’hui, je pense qu’il faut assumer ses propres difficultés et non pas attendre de miracle (même Lourdes ne l’a pas fait avec Tarbes !) de la fusion. La fusion serait un emplâtre sur une jambe de bois – et chacun sait qu’au rugby les jambes de bois sont proscrites.

Pensons aussi à celles et ceux – sportifs ou administratifs – qui peuvent se retrouver sans emploi du jour au lendemain dans une période de chômage croissant. Être « sport » c’est aussi penser aux autres et « jouer collectif ».

Sachons garder les pieds sur terre. La raison doit l’emporter. Le BO en Pro D2 est à sa place au vu des dernières saisons. Aux dirigeants et aux joueurs de se mobiliser. Il y a au Pays Basque de jeunes joueurs de valeur. Pour se proclamer club du Pays Basque encore faut-il puiser dans les ressources locales. Faisons avec eux le nécessaire pour gagner sur les terrains le droit de remonter dans l’élite.

Mais peut-on se prétendre club du Pays Basque quand on sait que Bayonne était gasconne jusqu’à l’usurpation du « titre de capitale de la province du Labourd » à la commune d’Ustaritz et qu’à Biarritz, ville gasconne et basque, on ne parlait le basque qu’à partir d’Harrausta (quartier dont il est beaucoup question en ce moment pour des raisons autres que rugbystiques.)

Ne chantait-t-on pas autrefois, le BO est bâti sur pierre, l’Aviron sur du chocolat, et le BO oui, oui, oui et le BO non, non, non et le BO ne périra pas ! Reprenons au vol ce refrain et ne comptons  pas sur une fusion « miraculeuse » pour sortir notre club des difficultés.

L’argent des impôts des Biarrots a son utilité dans bien d’autres domaines que le sport professionnel et le prétexte de l’entretien des tribunes parait assez léger d’autant qu’il n’y aurait que quatre rencontres par saison.

Bernard Ithurbide

Désormais, le BO a de l’avance

Bo a de l'avance

Pau qui rit et le BO qui pleure. Mais le premier a Total comme sponsor et le deuxième presque totalement rien.

Les esprits chagrins diront que Michel Veunac ne tient pas ses troupes. Ne redoutant pas d’être taxé de Veunacophilie primaire, Bisque bisque Basque! saluera pour sa part la qualité de la discussion qu’a présidée le maire de Biarritz, lors du conseil municipal du 17 juin à propos de l’avance de 1,5 million d’euros, à consentir au Biarritz Olympique.

Pour avoir vécu en direct, en 2008, le débat sur la naissance de la Cité de l’Océan, avec un Borotra qui refusait toute note discordante dans sa majorité, on imagine sans peine ce qu’aurait donné le conseil d’hier avec Cher Didier aux commandes : dix élus de la majorité  chargés de relayer la pensée du magistrat suprême, afin de noyer l’assistance sous une logorrhée verbale et des opposants à qui on coupe le micro, dès qu’ils ont le malheur de déplaire au commandant suprême.

Bisque bisque Basque! n’est pas devenu soudain fan de Michel Veunac ( qui sur le dossier de la Cité de l’Océan met un entêtement qui frise le ridicule à poursuivre dans le ludo-scientifique ! ), mais le nouveau maire doit être salué comme il convient pour le respect de la démocratie qu’il manifeste et  pour son écoute de tous, y compris quand des membres de sa majorité s’opposent à lui.

Mercredi soir, le conseil municipal a été ce qu’il doit être : un lieu où des citoyens de sensibilité différente s’expriment, échangent et débattent avec passion et sincérité. Tous les conseillers municipaux, qu’ils aient voté pour ou contre cette avance de 1,5 million d’euros, doivent donc être félicités pour la belle image de la politique qu’ils ont donné aux Biarrots, ce qui nous change agréablement des élections départementales.

Alors, au lieu de vous fier à l’homme qui connait l’homme qui a assisté au conseil municipal, installez-vous devant votre ordinateur et jugez-par vous-même. Les interventions sont nombreuses et passionnantes. (début à 1h20 et fin à 2h50)

http://ville.biarritz.fr/mairie-pratique/le-conseil-municipal/videos-deliberations/

 

Arosteguy, Barucq, Amigorena, Tardits contre le reste du monde

Pour justifier le versement au BO d’1,5 million d’euros au lieu des 300 000 prévus, Michel Veunac explique qu’il « ne s’agit pas d’une subvention de fonctionnement mais d’un contrat dont nous avançons le solde« .

Guillaume Barucq s’étonne : « Ce sujet ne fait pas partie du pacte municipal présenté aux Biarrots en 2014. On peut se demander dans quelles conditions une municipalité peut verser par anticipation une subvention de cinq ans. Je n’ai trouvé aucun exemple. »  Et le médecin biarrots de conclure :  » Ces montants paraissent disproportionnés par rapport à nos moyens actuels « , déclenchant des applaudissements de la salle, ce que la loi interdit et que Michel Veunac a le bon goût de ne pas relever.

Tandis que Max Brisson, absent, fait savoir qu’il votera la subvention, Maïder Arosteguy, elle aussi retenue par ses obligations professionnelles, annonce dans une lettre lue par Pierrette Echevarria qu’elle vote « contre cette délibération qui ne prépare en rien l’avenir et obère le présent ». Elle se demande comment réagiraient les citoyens si le fisc les ponctionnait cinq ans à l’avance.

Très cinglant peu avant sur la Cité de l’Océan et «  ses animations sorties d’un film de science-fiction des années cinquante », François Amigorena estime que « l’argument de reconstitution de trésorerie du BO ne tient pas » et que l’avenir du club est « loin d’être clair et solidement ficelé« .

Quant à celui qui connait le mieux le monde du sport professionnel, Richard Tardits, il annonce qu’il ne votera pas cette avance de trésorerie et souhaite que le BO, donne quelque chose en contrepartie à la Ville en matière de disponibilité du stade pour les jeunes, si le vote lui est favorable.

Darrigade, Brisson, Domège, Poueyts sans surprise

Frédéric Domège, à qui Max Brisson a donné procuration, vole sans surprise au secours du BO :  » Cette histoire, c’est la nôtre, c’est notre bien commun. On peut reprocher aux dirigeants une communication déplorable, mais le vrai responsable, c’est l’évolution du rugby professionnel ».

Bénédicte Darrigade fait sobre : « Je choisis de soutenir le BO, je choisis de soutenir Serge Blanco ».  Alors que les Abertzale avançaient des préoccupations sociales aux élections départementales, Michel Poueyts n’a pas un mot sur les conséquences qu’aura ce vote sur les associations de la Ville et préfère évoquer LE match qu’il a joué en équipe première du BO pour justifier son vote : « Solder une dépense que la Ville doit au BO, c’est naturel, et, en sport, ça s’appelle renvoyer la balle« .

Saint-Cricq, roi du contrepied

Le débat semble très équilibré et bien malin celui qui pourrait pronostiquer le résultat du vote final. Tout le monde attend donc l’intervention de Jean-Benoît Saint-Cricq, persuadé que l’avocat biarrot va se lancer dans une de ces charges dévastatrices dont il a le secret. Et au lieu de cela, le meilleur opposant à Michel Veunac ose une de ces relances improbables, si chères jadis à Serge Blanco!  » C’est sans crainte que cette avance peut être consentie. (…) Le club n’a pas eu le soutien d’une Ville qui lui doit tant.(…) Ne pas faire cette avance, c’est mettre le BO dans une situation intenable « . Et l’homme qui passe à la loupe l’utilisation des deniers publics de poursuivre sa démonstration : il n’est pas normal, alors que l’ancienne tribune menaçait de s’écrouler, que ce soit le BO qui ait avancé l’argent pour la construction de la tribune Kampf, la Ville se contentant de rembourser 300 000 euros par an. « De toutes façons, cet argent on le doit, et si on le donne pas immédiatement au BO, c’est à un liquidateur qu’on va devoir le verser ».  Et l’avocat de conclure : « J’ai vérifié, il n’y a aucun risque de payer deux fois« 

Trente minutes après l’intervention de Guillaume Barucq, une nouvelle salve d’applaudissements résonne dans la salle du conseil municipal.

Michel Veunac se garde bien d’intervenir, car désormais il joue sur du velours avec Guy Lafite. Le grand argentier explique que ce vote va obliger à faire un emprunt pour allouer cette somme au BO, mais que les taux étant très bas, sur cinq ans, les intérêts ne devraient s’élever qu’à 40 000 euros, ce qui est beaucoup pour un particulier mais peu pour une ville moyenne comme Biarritz.

Guillaume Barucq, qui avait demandé un vote à bulletins secrets, avoue son trouble après les arguments échangés, et renonce à sa demande, tout en maintenant son opposition à l’avance. Au final, il n’y aura que sept opposants.

Interrogé un peu plus tard, Jean-Benoît Saint-Cricq, héros involontaire de la soirée, ne cachera pas qu’il a évolué dans sa réflexion : « Quand j’ai reçu l’ordre du jour et que j’ai vu cette avance à voter de 1,5 million d’euros, j’ai immédiatement été contre. Puis en analysant le dossier, en consultant les comptes du club, je me suis rendu compte que c’est la Ville qui était en tort vis à vis du BO et que la moindre des choses c’était de lui rendre justice » .

Décidément, en sport comme en politique, les meilleurs sont toujours ceux qui sont là où on ne les attend pas!

BO : les pitoyables manigances de Veunac

Manigances 2

Le problème majeur du BO? Une assistance clairsemée qui s’est souvent fort ennuyé toute cette saison…

Notre irremplaçable Michel Veunac nous l’avait joué catégorique, il y a un an à peine, lors du Conseil municipal du 12 juin 2014. Cette subvention de 400 000 euros accordée au BO était « EX-CEP-TIO-NNE-LLE! » et allait permettre à la Ville de contrôler les comptes et de remettre de l’ordre dans la maison rouge et blanc. Et ne voilà-t-il pas, que Le-grand-menteur-qui-nous-dirige nous sort de son sac de sport, à cinq jours du prochain conseil municipal une subvention de 1,5 millions d’euros à octroyer toutes affaires cessantes au BO. Avec une explication qui vaut son pesant de Dolpic. Par le biais d’une convention de partenariat signée en 2005, la Ville s’est engagée à verser au club 300 000 euros jusqu’en 2020. Et notre Mozart des Finances, notre grand argentier Lafite, qui n’est jamais en retard quand un mauvais coup se prépare, d’affirmer, péremptoire comme à son habitude (Sud Ouest, 13/6) : la Ville « ne fait que solder la subvention qu’elle avait prévue de verser au BOPB jusqu’en 2020« . Les Finances, c’est simple comme du Lafite, comme on l’a déjà vérifié dans cette magnifique opération de la Cité de l’Océan!

Subvention à entité virtuelle

En réalité, Mimi et Guytou sont tellement débordés par leur dur labeur qu’ils ne doivent pas lire les journaux et savoir qu’une éventuelle fusion est dans l’air entre leur cher BO et l’Aviron bayonnais. Alors que les Finances de la Ville sont exsangues, qu’on mégote sur le nettoyage, sur le personnel municipal et sur les réparations indispensables, ce que demandent nos deux larrons à la majorité, c’est tout simplement de balancer toutes affaires cessantes 1 milliard d’anciens francs à une structure professionnelle, qui, dans quelques jours n’existera peut-être plus. Et de parier sur une entité virtuelle biarrobayonnaise, aux contours imprécis, dont on ne sait rien ou presque. Est-ce vraiment la gestion que l’on doit attendre d’un maire et de son adjoint aux Finances, qui ne savent pas de quoi sera fait l’avenir sportif et financier du BO, mais qui sortent le carnet de chèques sans barguigner?

Les bénévoles vont trinquer

Et qu’on ne vienne pas nous faire un procès comme quoi on serait anti-BO ! Nous sommes tous tristes de voir ce club magnifique tombé si bas et n’espérons qu’une chose : son retour à l’équilibre sportif et financier. Et il n’y a pas un élu dans cette Ville à qui on peut reprocher d’être indifférent au BO. Mais il faut bien avoir conscience que, lorsqu’on octroie un million cinq cents mille euros de subventions à un club professionnel, c’est autant que l’on prend aux associations et à tous ces bénévoles qui font la richesse de la Ville… Dimanche dernier, des enfants d’un club de gym de Biarritz disputaient les championnats de France, sans avoir reçu la moindre aide. Ce sont les parents qui se sont débrouillés pour assumer les frais. Est-ce logique? Une fois de plus, l’argent octroyé au BO, sera retiré aux sauveteurs en mer, aux associations à vocation sociale et à tous ces foyers de vie remarquables de Biarritz. Est-ce souhaitable?

L’heure de vérité pour les élus

Avec le vote de cette subvention et le plan de relance de la Cité de l’Océan, qui a consisté pour Michel Veunac à faire la manche auprès de la région et de l’Agglo, le prochain conseil municipal du 17 juin s’annonce passionnant. Va-t-on voir une majorité « godillot », qui ronchonne en douce mais vote comme un seul homme, ou va-t-on enfin voir des citoyens plein de bon sens oser défier leur maire? Avec beaucoup de courage, Guillaume Barucq, dont on ne peut mettre en cause la passion pour le BO et pour le rugby, a annoncé qu’il voterait contre cette subvention. On espère qu’il y en aura d’autres dans la majorité, et en particulier du côté des abertzale, qui ont toujours affiché une fibre sociale et qui trahiraient leurs électeurs avec ce vote. Et l’on guettera avec attention l’attitude de l’opposition. Le premier-opposant-candidat-à-tout Max Brisson, va avoir du mal cette fois à invoquer une tempête de neige pour justifier son absence. Son vote sera intéressant à suivre et les Biarrots pourront vérifier s’il est plus préoccupé par la défense de leurs intérêts ou par les cajoleries pré-régionales à Michel Veunac. Même occasion pour Frédéric Domège et Bénédicte Darrigade d’envoyer enfin un signal clair à leurs supporters après le désastre des départementales.

Et pour tenter de sourire malgré la morosité ambiante, on s’amusera de l’absence de sens politique de Veunac et de la ruse de son alter ego, Jean-René Etchegaray. Quand l’un sort du vestiaire, fait des moulinets et brasse de l’air, l’autre a bien compris, en fin politique, qu’il n’y avait que des coups à prendre dans cette affaire de fusion qui enflamme le Pays basque et cherche surtout à se faire oublier…

Mais si Veunac était doué en politique, depuis le temps, quelqu’un aurait bien fini par s’en apercevoir!

La réaction d’un ancien élu

Militant communiste, membre du conseil municipal de 2010 à 2014, Bernard Ithurbide a souhaité réagir à cette décision de subventionner le BO à hauteur de 1,5 million d’euros. En 2013, alors qu’il est un fou de rugby absolu, il n’avait pas hésité à refuser une subvention de 300 000 euros au club de son cœur. Voici son message du jour et son intervention de l’époque :

J’ai, malheureusement, l’impression que la population est plus préoccupée par la fusion que par la perfusion que le gouvernement est en train de lui administrer ! Pour ma part je n’aurai pas été choqué que le BO reste seul en Pro D2 et remonte à la force (basque) des poignets avec un maximum de joueurs du crû. D’autres clubs le font, ou essaient de le faire, et c’est tout à leur honneur, même si c’est long et difficile. Ne parle-t-on pas de la glorieuse incertitude du sport?

Sportivement et amicalement.

Bernard

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SUBVENTIONS  BIARRITZ-OLYMPIQUE  PAYS BASQUE, Conseil Municipal  du 30/09/2013

Proposition du Maire : 300 000€, faisant suite à celles de janvier et avril 2013 pour un total de 450000 €

Déclaration de Bernard ITHURBIDE

« Une fois de plus je vais refuser de voter une subvention à ce club qui m’est  si cher. Le choix ayant été fait de rentrer dans le professionnalisme il faut en assumer les conséquences. Le monde de l’argent est impitoyable et je suis étonné que beaucoup de personnes « tombent » – passez-moi l’expression – « de l’armoire ». Ce problème me touche pour trois raisons :

Abonné depuis mon retour au pays en 1995 (fin de l’amateurisme), le club où j’ai appris le B.A- BA du rugby (notamment grâce à Albert BELLOC, décédé il y a peu) me tient particulièrement à cœur et, comme bon nombre de Biarrotes et Biarrots, je vis très mal la situation actuelle.

Mais comme citoyen je souhaite que les impôts, dont je m’acquitte scrupuleusement, soient utilisés plutôt pour la solidarité envers la population la plus défavorisée au travers de services publics de qualité.

Et enfin, comme élu communiste, je pense que cet argent devrait être utilisé pour préparer BIARRITZ à la mise en place des nouveaux rythmes scolaires, puisque à ce jour, l’Etat se désengage et transfère la charge financière  sur les collectivités locales. Nous avons pratiquement une année pour le faire. Une année pour travailler avec les femmes et les hommes compétents dans les différents domaines impactés par cette réforme. Une année pour engager des dépenses permettant de réussir et non pas de critiquer sans faire de propositions. Une année pour préparer la jeunesse Biarrote à un avenir plus souriant , lui permettant de pouvoir vivre et travailler au pays dans des métiers autres que saisonniers ou emplois précaires et travail partiel imposé .

Voilà mon choix et, une fois de plus Monsieur le Maire, je l’assume pleinement.« 

Une fusion, des fadaises…

Fusion fadaises 01

Imanol Harinordoquy se déclare pour la fusion : à condition de ne pas avoir le dessous avec les Bayonnais?

Nous savons désormais, grâce à Sud ouest du 11 juin, que le Pays basque compte au minimum 318 possesseurs de boule de cristal. Pour le compte du quotidien régional, l’IFOP a demandé leur avis sur la fusion à 505 personnes et 63% se sont déclarées favorables à l’idée. Quel sera le nom de la nouvelle entité? Où se dérouleront les matches? Combien de joueurs du cru bénéficieront d’un contrat professionnel? Personne n’en a la moindre idée pour l’instant et il faut être culotté comme un marchand de sondages, capable d’annoncer en 1995 un triomphe de Balladur face à Chirac,  pour conclure, avec un aussi faible échantillon, que la population locale est favorable à la fusion.

N’ayant toujours pas acheté de boule de cristal, Bisque bisque basque!, malgré sa passion du rugby, restera prudent sur le thème de la fusion, même si un certain nombre de mensonges, de cachotteries, et pour tout dire de feintes de cadets, à propos de cet éventuel rapprochement, lui ont profondément échauffé les crampons.

Revue de détail des fadaises relevées ici ou là depuis quelques semaines.

L’élite n’est pas la panacée

Tous ceux qui vivent grassement du rugby, d’Imanol Harinordoquy à Jean-Pierre Ellisalde, nous affirment comme une évidence que le Pays basque ne peut pas être absent de l’élite du rugby français, compte tenu du rapport très passionnel qu’entretient la région avec le ballon ovale. Autrement dit, pas touche à notre gagne-pain! Si un jour, un championnat des provinces devait être organisé, ce qui entre parenthèses simplifierait grandement les problèmes de calendrier du rugby français, avec des joueurs issus du cru, il n’y a aucun doute que nous applaudirions des deux mains une fusion entre l’Aviron et le BO et la constitution d’une entité basque. Si la fusion, ça doit être, momentanément réunis sous un maillot aux couleurs basques, trois Sud-Africains, cinq Néozélandais, deux Argentins, quatre Anglais, quelques joueurs exotiques et deux joueurs du cru, où est l’intérêt, alors que les clubs de Bayonne et de Biarritz sont manifestement dimensionnés pour la ProD2, et peuvent toujours rêver d’une performance sportive exceptionnelle qui ramènerait l’un ou l’autre dans l’élite.

Dans le dernier supplément magazine de Midi Olympique, Bernard Laporte avait cet aveu surprenant. Très souvent, quand son cher Rugby Club Toulonnais joue, il délaisse la tribune de presse où il a l’habitude de s’installer pour aller suivre le match… à la télévision, dans le bus du club. Il communique par textos avec Pierre Mignoni et Jacques Delmas, car il a l’impression de mieux capter le déroulement de la partie. Si un technicien hors pair comme notre Bernie-le-dingue, bénéficiant de surcroît d’une place privilégiée, avoue qu’il a parfois du mal à suivre les matches de Top 14 dans les tribunes, vous imaginez ce qu’il en est pour le spectateur modeste et mal placé! Le rugby est devenu un sport formaté pour la télévision où les franchissements de la ligne d’avantage sont devenus presque aussi rares que la sincérité dans le discours politique, et où les horaires sont édictés par Canal +, avec, comme seule préoccupation l’Audimat et non ce cochon de spectateur payant, qui ne sert qu’à faire de belles images. Et ce n’est pas un hasard, si avec beaucoup de mes copains anciens joueurs, nous allons souvent le dimanche voir des matches de fédérale où les rebondissements sont beaucoup plus nombreux.

Silence, on ment!

Fusion fadaises 02

Un projet qui fait fi de ses supporters, ne peut être un bon projet…

Ce mépris des spectateurs qui font les grands clubs, on le retrouve dans l’attitude de Serge Blanco et Manu Mérin qui ont juré qu’il n’y avait pas de projet de fusion… avant de se contredire lamentablement. Même désinvolture avec les salariés des deux clubs et les joueurs sous contrat, qui passent « d’excellentes vacances », comme le souligne Erik Lund, en se demandant ce qui les attend à la reprise.

Si le déficit du BO n’était « que » de 1,4 million d’euros, comme annoncé dans la presse, pour la saison 2014, tout irait bien. Mais ce chiffre biarrot, qui a été jeté en pâture à l’opinion publique, oublie les arriérés de salaires et l’argent dû à l’URSSAF. Et le déficit serait beaucoup plus vertigineux que cela, au point que le BO pourrait fort bien se retrouver en fédérale, sur sanction financière. Il faut dire aussi que, côté biarrot, on est habitués à promener tout le monde. Souvenez-vous, il y a un an, des déclarations tonitruantes à propos de l’arrivée de l’entraîneur Eddie O’Sullivan et du retour pronostiqué dans l’élite du BO. Résultat, un an plus tard, il est manifeste que le « grand » entraîneur a pâti de sa méconnaissance de la ProD2 française et que plus personne ne parle désormais de lui. Souvenez-vous aussi des magnifiques mouvements de menton de Michel Veunac annonçant que la subvention exceptionnelle de 400 000 euros, allouée au BO, était assortie de la promesse d’un droit de regard de la Ville sur les comptes. On connait la suite.

Parce que Manu Mérin, avec son malhabile projet de fusion, a plombé la fin de saison de son club, parce qu’on ne peut se satisfaire de la perpétuelle fuite en avant de Serge Blanco, il semble évident qu’une fusion ne peut se réaliser qu’avec la démission immédiate de ces deux présidents qui promènent tout le monde et la mise en place d’un « comité des sages », composé à égalité de Biarrots et de Bayonnais, qui  réfléchiraient calmement à une éventuelle fusion, qui ne pourrait de toute manière intervenir dans le meilleur des cas qu’à l’entame de la saison 2016-2017.

Où est l’intérêt de l’Aviron?

S’il est un seul élément significatif à retenir dans le sondage IFOP-Sud Ouest sur la fusion, c’est qu’elle n’est pas voulue de la même façon par les Biarrots et les Bayonnais, avec 71 % des fans du BO favorables à un rapprochement, contre seulement 59% d’inconditionnels de l’Aviron. Car tout le monde perçoit bien que l’ancienne miss France en rouge et blanc a multiplié les chèques en bois ces derniers temps et semble prête à épouser le premier venu pour se sauver. Sauf que l’époux en bleu et blanc est dans une situation un peu plus confortable et ferait bien de tourner ses regards vers un club, comme La Rochelle, très comparable à l’Aviron, en termes de budget et de passion.

Le vieux grognard David Roumieu qui vient de signer, la mort dans l’âme, pour le Stade Rochelais, l’a bien compris (Sud ouest, 6 juin) : « Le Stade Rochelais est un club familial, comme l’Aviron Bayonnais, qui m’a toujours plu (…) Je suis heureux d’intégrer ce club sain. (…) Si l’Aviron m’avait dit, deux jours après la relégation quel était le projet en ProD2, je serais resté. » Et le magnifique guerrier ne cache pas qu’il est agacé par « cette situation frustrante et difficile à vivre » pour ses copains de l’Aviron.

Le BO a perdu 40% de son public, lorsqu’il a quitté l’élite. En comparaison, lorsque le Stade Rochelais a connu la même mésaventure, il n’a vu son affluence baisser  que de 10%. Sans jouer les voyants, il est probable que l’Aviron sera plus près de La Rochelle que du BO, en matière d’affluence.

On voit donc mal quel est l’intérêt pour ces deux clubs, à l’histoire si prestigieuse, de se précipiter dans les bras l’un de l’autre, toutes affaires cessantes. Oui le BO risque de devoir se reconstruire en fédérale, le temps de retrouver rigueur financière et sportive. mais cette mésaventure est déjà arrivée au grand Béziers ou à Montauban, qui sont redevenus, après cette pénitence, des clubs solides. Oui l’Aviron, qui vient de se faire piller sans vergogne par les grands clubs, va avoir du mal à exister sportivement la prochaine saison et à attirer des joueurs avec sa réputation (justifiée) de club totalement instable. Mais est-ce que pour autant un mariage précipité peut être la solution?

Quand deux titulaires du RSA se disent oui devant Monsieur le maire, aucun des témoins du mariage n’imagine que le couple va devenir millionnaire dans les mois à venir. C’est pourtant ce que Blanco et Mérin s’efforcent de nous faire gober.

Remarquable Etcheto!

Dans La Semaine du Pays Basque datée du 12 juin, l’élu bayonnais Henri Etcheto publie une  chronique remarquablement bien écrite, intitulée « La grande illusion« . Le chef de l’opposition bayonnaise a non seulement du style mais des idées claires et il compare ce projet de fusion, qui a tout pour lui de la fausse bonne idée, au faux trou que les défenses laissent pour piéger l’attaquant adverse qui va s’isoler et se faire découper par le deuxième rideau. Avant de conclure, au terme d’une démonstration édifiante : «  Les élus bayonnais ont le devoir de prendre position clairement sur ce sujet. Nous préférons, nous, que l’Aviron cultive le jardin de ses valeurs et de son identité bayonnaise plutôt que de s’éloigner de son assise populaire.« 

Pour ceux qui sont instinctivement hostiles à la fusion, mais parfois à court d’arguments, voilà un article à ne surtout pas rater.

Tout-pour-ma-gueule a encore sévi !

Sarko toutpour magueule

Franchement, vous avez envie d’en reprendre pour cinq ans avec lui en 2017 ?

Ah ça, il n’y a pas une caméra de télé qui ne nous a épargné l’image des militants venant, samedi dernier à La Villette, avec un sandwich pour assister au congrès fondateur des Républicains, ce merveilleux mot de la langue française que l’ex UMP vient de s’approprier sans vergogne. Comme si la présence d’un simple jambon-beurre dans la besace du militant de base pouvait suffire à exorciser le bling-bling façon congrès du Bourget, avec le niaiseux « Merci mon papa » du petit Louis, ou à faire oublier la kyrielle de casseroles judiciaires que continue de se trimballer l’ex président de la République, qui voit ses anciens affidés partir un à un en garde à vue.

Et ce congrès qui se voulait d’un coût modeste – 500 000 € selon les organisateurs -,  l’a effectivement été… question assistance. 20 000 personnes attendues, et 7 000 en réalité. Pour le reste, Nicolas Sarkozy a été à la hauteur… si l’on peut dire, en plastronnant à tout va, en balançant des horreurs sur tous ses petits camarades et en se gardant bien d’esquisser le moindre geste quand sa garde rapprochée a sifflé les allocutions d’Alain Juppé ou de Bruno Le Maire. La modestie, c’est pour les autres et il est clair que, à l’image de l’ancienne UMP, la nouvelle machine de guerre dénommée Les Républicains doit désormais être au service exclusif de notre matamore de pacotille, qui veut nous jouer « Nicolas II, le retour« .

Alors que son parti doit encore aux banques 69 millions d’euros et cherche à renégocier sa dette, Nicolas Sarkozy continue à dépenser sans compter. Quatre jours avant le congrès, il s’était offert un meeting au Havre… en jet privé. La capitale se trouvant à moins de deux cents kilomètres, les militants apprécieront avec quel soin le président de leur mouvement utilise l’argent du parti avec cette plaisanterie à 3200 € la soirée. Sans compter la voiture qui a fait le trajet pour les menus déplacements en ville de Monsieur.

Et l’homme à la classe naturelle qui vient d’annoncer cette semaine, à propos du président du MoDem :  » De toute façon, le bègue, je vais le crever « , d’argumenter dans Le Canard enchaîné (3 juin) à  propos de son escapade en avion : « Je ne voulais pas aller me faire chier pendant deux heures en bagnole. je voulais pouvoir bouffer tranquillement dans l’avion de retour sans m’en foutre partout. De toute façon les militants n’en ont rien à faire. ce sera sans conséquence« .

Bel aveu! Si le nouveau président des Ripouxblicains, pardon des Républicains, n’est pas prêt à faire deux heures de bagnole pour aller rencontrer les militants, il ferait peut-être mieux d’oublier l’élection présidentielle de 2017 et de s’installer définitivement avec Carla au Cap-Nègre…

Et comme amuseur public, on le laissera bien volontiers aux gens du Var !