Mérin et Blanco, seuls responsables du fiasco

Blanco mérin

Les deux petits cachottiers, Manu Mérin et Serge Blanco à Brindos. (Photo Sud Ouest)

La colère, avec la perte momentanée de contrôle qu’elle implique, peut être très révélatrice. Vexé de voir son projet de fusion mis en échec par l’association des amateurs de Biarritz Omnisports, Serge Blanco a annoncé qu’il démissionnait de la présidence du BO et s’est laissé aller à quelques propos particulièrement mal venus (Sud Ouest, 24 juin), reprochant  «  un orgueil mal placé de la part de gens qui n’ont jamais mis la main à la poche « . Si l’on suit le raisonnement du patron du BO, ceux qui n’ont pas d’argent n’auraient donc que le droit de fermer leur gueule et devraient s’interdire de veiller aux valeurs du rugby local. Détestable raisonnement qui est bien à l’image de la détestable façon dont a été conduite cette opération de fusion!

Des dégâts humains irréversibles

L’ancien meilleur arrière du monde n’aurait jamais dû oublier que le rugby est un sport collectif et que ses relances somptueuses qui enchantaient tous les passionnés de rugby, il les devait aux bons ballons procurés par ses avants. Cette fusion, négociée en secret par Blanco et Mérin, a hérissé tout le monde et ne pouvait que capoter. Coup de bluff ou décision durable, on voit mal comment Blanco pourrait demeurer à la tête du BO, au vu de la façon dont il a traité les joueurs et les salariés qu’il dirigeait. Tandis que dans les autres équipes de Pro D2, les joueurs réenfilent le short, tout heureux de se retrouver après quelques semaines de récupération, ce sont des joueurs épuisés  psychologiquement qui vont reprendre lundi, au terme de vacances pourries, le chemin d’Aguilera. Erik Lund, l’emblématique capitaine des rouges et blancs qui n’a rien d’une mauviette, s’est amèrement plaint dans la presse de n’être tenu au courant de rien. Et comment demander à des joueurs comme De Luca, Waenga, Ikapote Fono, Noirot ou Marienval de mouiller le maillot, alors qu’on leur avait fait savoir qu’on ne les conserverait pas en cas de fusion? Et même bonne ambiance assurée chez les salariés, entre ceux qui auraient été du voyage en cas de fusion et ceux dont le club était prêt à se séparer.

Mérin doit lui aussi démissionner

Seule consolation pour les inconditionnels du BO, les dégâts sont encore plus importants du côté de l’Aviron. Lorsque le projet de fusion a fuité, le BO ne pouvait plus envisager un retour possible dans l’élite, mais l’Aviron avait encore toutes ses chances de rester en Top 14. Les joueurs ne sont pas des robots décérébrés  et il est probable que l’incertitude provoquée par cette possible fusion a créé quelque perturbation dans le jeu bleu et blanc. Mais le plus incroyable est de constater que l’Aviron n’avait pas le moindre plan B, en cas d’échec de la fusion. Rokococo, Monribot, Bustos Moyano, Ugalde ou Iguiniz avaient donné leur accord pour participer à cette nouvelle entité basque, alors qu’ils auraient pu sans peine retrouver un club de l’élite. Alors que les transferts sont terminés, ils doivent vraiment avoir le sentiment d’être les dindons de la fusion, dans une équipe singulièrement dépourvue de premières lignes ou de demis de mêlée. Homme de bonne volonté mais d’une maladresse insigne, Manu Mérin doit tirer de lui-même les conclusions qui s’imposent de sa catastrophique présidence et démissionner. Par cette décision, il démontrera qu’il n’était pas dans une aventure personnelle et facilitera l’avenir de l’Aviron.

Une vraie réflexion s’impose

Alors que se dessine pour la saison prochaine, la perspective de deux derbies entre le BO et l’Aviron, les leçons doivent être tirées de cette nouvelle tentative ratée de fusion. Nombre d’acteurs des deux clubs, en particulier du côté des amateurs et des supporters, ont eu le sentiment d’un coup de force. Ils ont rué dans les brancards et ils ont bien fait. D’autres sont malheureux de voir le rugby basque disparaître de l’élite. Il est clair qu’une fusion, discutée en secret et voulue à marche forcée n’a aucune chance de réussir.  La seule solution désormais consiste à créer un « comité des sages », composé équitablement de Biarrots et de Bayonnais, d’amateurs et de professionnels et de réfléchir en toute transparence à un possible rapprochement entre les deux clubs pour la saison 2016-2017. Avec l’obligation de régler certains problèmes cruciaux comme le choix du stade, du siège social et du devenir des équipes de jeunes.

Å ce prix, et à ce prix seulement, un rapprochement est envisageable, alors que toutes les tentatives jusqu’à présent ne ressemblaient qu’à un jeu de dupes.

Mérin imite Blanco

Se disant « épuisé« , Manu Mérin, quelques heures après la publication de cet article, a annoncé qu’il allait démissionner dans « quelques semaines« . On ne voit guère ce qu’il pouvait faire d’autre. 

4 réflexions sur “Mérin et Blanco, seuls responsables du fiasco

  1. Bon le rugby c’est bien (et c’est un clermontois amoureux du pays basque qui écrit ces lignes) MAIS il y a aussi d’autres raisons de désespérer du « modernisme », du « dynamisme » de Biarritz quant à la création ET à la rétention d’events : Wheels and Waves se développe d’année en année. Alors que la qualité de cet event se répend au niveau national et international il risque en 2016 de partir à Donostia… http://www.eklektika.fr/wheels-and-waves-biarritz-2016/
    Un sujet pour vous à creuser Mr Viollier ?

  2. C’est bien plus grave que ça, puisqu’ils ont réussi à monter les supporters les uns contre les autres et ce, dans chaque camp.

  3. Bonjour ,

    Je ne suis pas du tout d’accord avec vous…

    On pourrait dire effectivement que tout cela a été mal mené , mal préparé , mal imaginé .

    On peut certes reprocher beaucoup de chose à Serge Blanco , entre autre de n’avoir choisi le camp du oui que tardivement.

    On peut aussi reprocher à Manu Merin un problème de méthode et de n’avoir parlé de fusion qu’au dernier moment.

    La réalité n’est pas celle-là.

    On ne peut pas reprocher aux deux dirigeants d’avoir averti sur les difficultés qui allaient surgir. Du reste, il ne fallait pas être devin pour comprendre que quand on n’ arrive pas à trouver un sponsor maillot durant toute une saison , ou quand un sponsor principal quittait le bateau ou diminuait peu à peu ses subventions on arrivait au bout du chemin. Il n’y avait qu’à ouvrir les yeux pour voir que les budgets diminuaient d’année en année.

    Les supporters des deux bords n’avaient besoin que d’ouvrir leurs yeux pour comprendre que du côté du BO on était sur la pente descendante et que du côté de l’aviron on n’était pas beaucoup mieux.

    Il ne fallait pas être grand clerc, pour voir que cette région n’a plus l’équipe qu’elle mérite ni un stade à sa dimension.

    Alors que Manu Merin annonçait le Mardi soir qu’il avait 1M d’euros à trouver pour le 1°er Juillet, ne voyait t’on pas des gens réclamer sa tête sur les réseaux sociaux dès le lendemain matin ? Mais que ferait cette personne si Manu Merin lui laissait le soin de rechercher elle-même cette somme ?

    Alors que juste après le match contre La Rochelle, les supporters bayonnais s’emportaient sur l’absence « d’amour du maillot » des joueurs qui partaient , combien ont eu une pensée pour ceux qui étaient restés et qu’ils mettaient dans la panade en refusant la fusion ?

    Ne pouvait pas voir alors que les insultes pleuvait sur Blanco et Merin , le profit que l’on pouvait tirer des relations et du sens politique de l’un et de la chance d’avoir un homme à la tête d’une fortune providentielle ?

    Pourquoi n’ont-ils jamais compris qu’ils valait mieux aller voir des matchs dans des stades de 36000 places à 10 minutes de chez soi plutôt qu’à San Sebastian ou Bilbao ?

    Pourquoi n’ont t’ils jamais considéré que ces dirigeants qu’ils détestaient allaient de toute façon passer un jour ? Que ce qu’ils retiendraient à la fin de leur vie ce serait les émotions que leur aurait données leur équipe et non ceux qui présidaient aux destinées du club ? A-t-on jamais vu des dirigeants dans quelque sport que ce soit continuer à diriger un club qui perd ?

    Il n’y a jamais eu un moment ou les supporters des deux camps se sont posés la question du chemin à prendre. En réalité, ils n’ont jamais compris le sens du professionnalisme et toujours considéré les subventions tant publiques que privées comme naturelles .

    Faire fi des problèmes de personne, regarder le réel, se comprendre à la croisée des chemins et imaginer le futur, fût-il avec Blanco ou Merin.

    Le sursaut n’est jamais venu.

    Non, ce n’est ni Merin ou Blanco qui ont tué le rugby basque , c’est l’absence d’intelligence.

    • Merci pour ce commentaire nuancé et intelligent, comme en rêve tout blogueur. Charentais, amoureux du rugby au point d’avoir demandé à mes proches de m’enterrer avec un ballon ovale dans les bras, je suis très partagé sur ce dossier. D’un côté, l’idée de ne plus voir une équipe basque en top 14 m’est pénible. De l’autre, je ne peux que constater le gâchis humain provoqué par ce projet de fusion cachottier et mal ficelé.
      Contrairement à vous, je ne crois pas à l’absence d’intelligence pour expliquer cet échec.
      Je crois à une absence de communication qui s’est avérée désastreuse. Blanco et Mérin ont voulu jouer « perso » dans cette affaire, ce qui est contraire aux valeurs du rugby. Il fallait annoncer une réflexion en cours longtemps à l’avance, dire la vérité sur la situation financière réelle des deux clubs, ce qui aurait calmé quelques aigreurs de supporters n’ayant pas une idée exacte de la réalité et acclimater tout le monde à l’idée d’un rapprochement probablement inévitable. En niant tout projet de fusion, avant d’avouer piteusement, Blanco et Mérin ont causé de nombreux dégâts et se sont retrouvés acculés à la démission.
      Vous parlez de mort du rugby basque, ce qui me semble excessif. Tout n’est pas seulement affaire d’argent dans le sport et une prouesse sportive est toujours possible. Je pense sincèrement que l’Aviron comme le BO doivent se conformer au verdict sportif et s’efforcer de faire une bonne saison en Pro D2, même si elle s’annonce difficile après un tel cataclysme.
      Pendant ce temps, un comité de sages, composé de Bayonnais et de Biarrots, doit posément examiner le dossier pour voir si un rapprochement est concevable à l’orée de la saison 2016-2017. Mais, contrairement à l’euro, que l’on a imposé aux populations sans se soucier le moins du monde de cohérence économique, tout doit être public, décidé à l’avance et voté comme dans toute démocratie qui se respecte (Le Stade, Le Président, Le siège social) avant d’envisager l’étape suivante.

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