Incantation ne vaut pas action…

Orage

L’orage menace la Cité de l’océan, mais entre les opposants qui ne s’opposent pas et les élus de la majorité qui font assaut d’esprit courtisan pour louer le grand sorcier Veunac, capable de faire tomber la pluie, les Biarrots ont vraiment de quoi se faire du souci.

C’était le dixième conseil municipal présidé par Michel Veunac, jeudi 23 juillet,  depuis son élection en 2014. Et sans conteste le plus nul de tous! Entre les opposants prudents, façon Domège ou Darrigade qui s’opposent sans trop vouloir fâcher le maire, les opposants toujours d’accord avec le maire, au moins jusqu’aux élections régionales, façon Brisson, les repentis, style Claverie ou Destizon, qui font assaut de flagornerie  pour faire oublier leur hostilité passée à la Cité de l’océan (une indemnité d’adjoint, c’est précieux!), et les révoltés d’une seule séance, comme François Amigorena, sagement rentré dans le rang cette fois-ci (encore une indemnité d’adjoint!), on a envie d’inventer un décret municipal interdisant à Jean-Benoît Saint-Cricq de prendre des vacances, pour qu’il y en ait au moins un dans cette assemblée qui offre aux Biarrots une parole de bon sens, libre et dénuée de calculs à court terme.

Encore un million à payer pour les Biarrots à la rentrée

Car disons-le tout net, on vient d’assister à un double enfumage, cette semaine à l’Agglo et à la Ville. La députée Colette Capdevielle a raconté les conditions de vote surréalistes, mercredi soir, qui ont amené les élus de l’Agglo à entrer à hauteur de 400.000 € dans le capital de la Cité de l’océan : pas un document, un chiffre, un élément de réflexion à disposition des élus, priés de voter sans barguigner! Jeudi soir, à Biarritz, dans la salle du conseil municipal, mêmes esquives des questions qui fâchent. Après le 1,5 million d’euros accordés au BO, voilà encore 800.000 euros qui s’échappent de la trésorerie municipale entre l’entrée au capital à hauteur de 400.000€ et la baisse de la redevance pour la même somme. Mais ce n’est qu’un début et la ponction va se faire encore plus amère dans les semaines à venir!

En privé, tous les élus ne parlent que de la décision de Michel Veunac, de se tourner à nouveau vers la Région, L’Agglo, le conseil départemental et… la ville de Biarritz pour trouver à la rentrée 6 millions d’euros afin d’investir dans de nouvelles attractions après avoir recapitalisé la Cité naufragée. Et tous les élus sont à peu près d’accord pour dire que la douloureuse devrait s’élever pour les Biarrots à un million d’euros. Alors comment se fait-il qu’il ne se soit pas trouvé un seul élu pour poser la question publiquement au lieu d’encenser pendant toute la séance le maire pour la façon dont il a conduit ce dossier?

Je te tiens, tu me tiens par la barbichette…

Quel lien entre le ludo-scientifique et l’économie de la mer?

De la même façon, le grand sorcier Veunac, roi de l’incantation qui remplace l’action, (« Je vais vous faire aimer la Cité de l’océan!« ) a longuement expliqué qu’il fallait désormais résolument se tourner vers l’économie de la mer. Excellente idée, mais comment? On aurait aimé qu’un conseiller municipal insiste un peu et demande quelques éléments de réponse à notre brillant sorcier, qui comme ceux qui font la danse de la pluie, se disent qu’un jour ou l’autre elle finira bien par tomber! Allez savoir, peut-être qu’un jour un visiteur va rentrer spontanément à la Cité de l’océan!

Quel lien entre la quincaillerie obsolète et ringarde qui peuple l’actuel bâtiment de la Cité de l’océan, et l’économie de la mer? Nul ne le sait, et Veunac s’est bien gardé de l’expliquer, mais aucun des élus n’a eu la curiosité de poser la moindre question. Veunac s’apprête une nouvelle fois à lever des fonds publics, alors que ce n’est pas le rôle de l’Agglo ou de la Région, pour « investir ». Comme un alchimiste un peu ridicule, persuadé d’avoir trouvé la recette pour transformer le plomb en or, il nous annonce une nouvelle attraction sur le surf. Ce qui semble confirmer qu’il veut continuer avec la même société marseillaise qui lui a vendu ce ludo-scientifique des années 50. Et personne ne lui pose de questions? Et tout le monde trouve cela normal? Eh, les conseillers municipaux, vous vous souvenez que vous êtes censés être les porte-paroles des Biarrots et non les cireurs de pompes du porteur d’écharpe tricolore?

Si Veunac avait un tout petit peu de respect pour les administrés qui l’ont fait roi, il organiserait un référendum, qui coûterait à la Ville beaucoup moins cher que tous les donneurs de leçons (Nausicaa, L’aquarium de la Rochelle, Le Futuroscope…) qu’il a fait venir au chevet de la Cité naufragée., Et l’on saurait enfin si les Biarrots voient un quelconque avenir ludo-scientifique à la Cité de l’océan ou souhaitent que l’on en finisse définitivement avec cette quincaillerie informatique d’un autre âge, qui n’intéresse personne. La population qui décide, au lieu du maire tout seul, voilà qui aurait de l’allure…

Mais quand on a fait ses classes sous Borotra…

 

Les doutes de Maïder Arosteguy

Maïder Arosteguy n’a pas apprécié que le conseil municipal soit  déplacé à fin juillet, l’empêchant d’y participer. Fort gentiment, elle a adressé, la semaine dernière, un texte à « Bisque, bisque, Basque! » :

« Je ne serais pas à ce conseil municipal. Une fois de plus les dates ont été changées! Mais, en accord avec le président du conseil départemental, je voterai pour la recapitalisation de la SEM.

Je suis, en revanche, formellement opposée à toute nouvelle subvention d’investissement et je l’ai dit à Jean-Jacques Lasserre. Je transige donc sur le capital et souhaite qu’une fois remise en état, la machine puisse repartir sur des bases saines et nouvelles. Enfin, nouvelles, j’en doute.

C’est le dernier geste destiné à remettre l’outil sur les rails. Mais c’est le cœur lourd que je me prête à ce marché de dupes ».

Cité de l’océan : l’indignation de Capdevielle et Etcheto

colette-capdevielle--henri-etcheto« Du jamais vu!« . La députée socialiste Colette Capdevielle ne s’est toujours pas remise du vote sur l’entrée de l’Agglo au capital de la Cité de l’océan qui a eu lieu, mercredi soir. Avec Henri Etcheto et la communiste boucalaise Marie-Josée Espiaube,  le trio s’est donc opposé à cette dépense de 400.000€, qui n’a pas semblé poser problème aux autres conseillers.

«  De toute ma carrière politique, je n’ai jamais vu cela. On ne nous a pas fourni un seul document pour nous aider à réfléchir. Et la délibération tient en une page et quart ». Colette Capdevielle n’en revient pas que l’on puisse utiliser l’argent public à des fins aussi discutables et esquisse un avenir qui va faire frémir les contribuables de l’Agglomération : « L’Agglo vient de participer à une recapitalisation de 1,6 million d’euros, mais on parle déjà pour octobre prochain d’une rallonge pour investissements de 6 millions d’euros. Ce dossier m’inquiète. Comme conseillère intercommunautaire, je vais le suivre particulièrement. »

« Ce dossier aussi grave mérite la transparence »

« C’est extraordinaire! On découvre soudain un côté communautaire à cet espace jusque-là spécifiquement biarrot » s’indigne la députée. C’est gentil de penser aux copains quand les déficits surgissent! « Un dossier aussi grave doit être conduit dans la transparence et non en passant des délibérations le 22 ou 23 juillet quand tout le monde a la tête aux vacances« .

Au passage, l’élue socialiste fustige le fonctionnement fort peu démocratique de l’Agglomération : « On aura une véritable intercommunalité et non une politique de guichet quand il y aura des élections démocratiques pour désigner les membres de l’Agglomération. Cinq communes importantes du pays basque gèrent des millions d’euros, alors que les décideurs de cette Agglo n’ont comme légitimité qu’une élection municipale ».

Et Colette Capdevielle d’enfoncer le clou avec Michel Veunac : « Bien sûr que Michel Veunac aurait dû consulter la population et organiser un référendum! »

 Exactement ce que Bisque, bisque Basque! demande.

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Le texte de Colette Capdevielle

Plan de restructuration et de relance économique de la SEM Biarritz Océan

 

Cette délibération pose 4 questions majeures :

 

  1. Une question éthique: désormais, les habitants de Bayonne,  d’Anglet, de Bidart et de Boucau vont payer pour un équipement « hybride », pseudo ludico-culturel spécifiquement biarrot, que souhaitait à l’époque, seul contre tous, l’ancien maire de Biarritz. Que s’est-il passé pour que soudain l’ensemble des élus de l’Agglo considèrent que cet équipement a une vocation communautaire ?  

 

  1. Une question d’information et de transparence: Où sont les documents annexes ? Peut-on voter une telle somme sur la base d’une simple page recto/verso ?

–          Le bilan moral et financier de la SEM ?

–          Les chiffres récents du Musée de la Mer et de la Cité de l’Océan ?

–          Les diagnostics évoqués dans le rapport ?

–          Que sait-on des investissements cités dans la délibération, ceux concernant les nouveaux contenus pédagogiques et les nouveaux programmes de marketing ?

–          Combien les partenaires privés vont-ils apporter ?

 

  1. Une question de cohérence des politiques publiques: je m’interroge sur le contenu du plan de relance économique. Croit-on sérieusement que ce sont quelques casques de réalité virtuelle qui permettront de faire venir 150 000 visiteurs supplémentaires pour atteindre la barre de rentabilité des 450 000 spectateurs ?

–          Soit la Cité de l’Océan à une vocation touristique et l’équipement doit être transformée en véritable musée du surf, musée de l’Océan

–          Soit l’équipement a une vocation plutôt technologique et scientifique, en lien avec le développement d’une nouvelle filière autour de la mer que nous venons de voter juste avant, et dans ce cas il serait souhaitable de repenser totalement le rôle de cet équipement,

 

  1. Une question de financements:

–          D’après les rares informations présentes dans le rapport, l’objectif de 1,8M€ n’est pas atteint par le plan de financement qui serait de 1,6M€

–          De plus, le rapport ne précise pas la répartition des montants entre la reconstitution du fonds de roulement et le financement des outils de marketing numérique.

–          Autre point : les financements affichés sont exclusivement publics : Région, Département, Commune + agglo. La mobilisation des acteurs privés doit aussi se poser. Quid de la participation de Suez ou de la Caisse des Dépôts envisagée un temps ?

–          Enfin, la pérennité budgétaire de l’équipement : il faut rappeler que le déficit s’élève à 682 000 € pour l’exercice 2013 et 597 000 € en 2014. Dans ces conditions, les 1,6M€ de recapitalisation seront consommés en deux ans, au rythme des pertes actuelles.

 

Au vu de ces 4 observations, je rejoins mon collègue Henri Etcheto et je ne prendrai pas part au vote. 

Colette CAPDEVIELLE,
Députée des Pyrénées-Atlantiques 

Le bal des cireurs de pompes

chaussure-glacage

Michel Veunac a pu repartir heureux du dernier conseil municipal. Ses chaussures brillent comme jamais.

Biarrots, vous pensiez vous en tirer avec une nouvelle rallonge de 400.000 €, avec la Cité de l’Océan, comme votre blog favori vous l’avait annoncé? En réalité, il vous en coûtera 800.000 €! En effet, non contente de participer à hauteur de 400.000 € à la recapitalisation de la Société d’Économie Mixte (votée à l’unanimité moins quatre abstentions), la ville de Biarritz vient de réduire  la redevance annuelle que versait la SEM de 1,2 million d’euros à 800.000 euros (Vote à l’unanimité). C’est donc 400.000 € de plus qui s’évaporent des recettes et qui feront défaut aux associations, aux écoles ou à l’entretien.

Croisé peu avant ce conseil municipal, Guillaume Barucq s’était permis un trait d’impertinence : « Heureusement qu’on a des débats contradictoires au sein de la majorité, parce que l’opposition ne nous malmène pas beaucoup ». Le propos était visiblement prémonitoire et le conseil d’hier s’est distingué par la pauvreté des points de vue exprimés et par le surprenant concours de flagorneries adressées à Michel Veunac qui va finir par se prendre pour un grand maire, si ce n’est déjà fait. Un conseil, d’une pauvreté affligeante, à ne regarder que si on n’a vraiment rien d’autre à faire.

http://ville.biarritz.fr/mairie-pratique/le-conseil-municipal/videos-deliberations/

 

19h11, Michel Veunac : « Ces nouveaux actionnaires (La région, l’Agglo, le Conseil départemental) ne sont pas venus pour le sauvetage d’un bateau qui va couler, ils sont venus parce qu’ils y croient« 

… C’est certain, personne ne pensait aux futures régionales!

 

19h15, Michel Veunac : « La SEM a été écrasée par un loyer démesuré et déraisonnable…« 

… Mais qui sont les imbéciles qui ont voté ce loyer?

 

 19h24, Michel Veunac lit une lettre de Max Brisson qui, bien évidemment soutient le maire : « Il faut préserver un outil de gestion qui a dû supporter un certain nombre d’erreurs initiales d’investissement et un équilibre économique irréaliste…« 

… Espérons que les malvoyants qui ont fait couler la Cité de l’Océan, ne font plus de politique!

 

19h32, Nathalie Mosch : « Ce n’est pas un sauvetage, mais un équipement qui a convaincu nos partenaires qu’il pouvait avoir une seconde vie…« 

… Nathalie vient de prononcer sans s’en rendre compte  l’oraison funèbre de la première vie de la Cité de l’océan!

 

19h40, Peio Claverie : « Nous avons dans la mandature précédente, beaucoup combattu ce projet. Nous avons critiqué le PPP, la communication, le contenu pas digne du projet (…) Je sais, Monsieur le maire que vous nous avez mis sur la bonne voie. Je suis persuadé que Biarritz-océan, tel que vous le dessinez, c’est l’avenir. Bien sûr que nous allons voter et, à titre personnel, je vous remercie de votre engagement »« 

Selon que vous serez dans l’opposition ou dans la majorité…

 

19h45, Guillaume Barucq : « Moi aussi, j’ai combattu la Cité de l’océan. Grâce à votre engagement, nous avons enfin des signes encourageants. Surtout, on a les gens qui s’approprient cette cité, qui prennent l’habitude d’y aller…« 

… Venir assister aux concerts gratuits ne signifie pas payer son ticket d’entrée!

 

19h15, Patrick Destizon, à son tour, joue les bourgeois de Calais : « Moi aussi, je me suis opposé à la Cité de l’océan depuis 2005. Mais il y a un certain nombre de levées d’hypothèques qui nous paraissent réalistes. Nous vous remercions..« 

… Un dernier coup de brosse à reluire, et les chaussures de Veunac seront parfaites!

 

19h50, Guy Lafite : « Un quart des recettes de Nausicaa, à Boulogne-sur-mer, viennent des boutiques et de la restauration…« 

… Avec zéro visiteur par jour, ce n’est peut-être pas la peine de faire de gros efforts dans ce domaine…

 Les tours de passe-passe de la majorité

 Grisé par son succès, Michel Veunac s’est même permis de plastronner en fin de conseil : « Quel dommage que Saint-Cricq ne soit pas là! » Effectivement, Jean-Benoît Saint-Cricq, comme Richard Tardits et Maïder Arostéguy s’étaient fait excuser pour cause de vacances. Peu avant, les interventions de Frédéric Domège et Bénédicte Darrigade, (19h26 et 19h28) se sont montrées pertinentes, en traduisant les inquiétudes des Biarrots, mais n’ont pas soulevé les problèmes de fond posés par cette recapitalisation et cette réduction de la redevance.

« Je me réjouis que l’Agglomération, le Conseil départemental et la Région volent au secours de la Cité de l’océan, affirme Frédéric Domège. Mais, comme beaucoup de Biarrots, j’ai l’impression d’avoir été un peu trompé sur la marchandise« . Bénédicte Darrigade, elle non plus, n’a pas beaucoup d’illusions sur cette « opération que l’on pourrait qualifier de hasardeuse, lors de la précédente mandature« . Elle affirme son souhait de « sortie de l’ornière pour ce complexe touristique« , mais est parfaitement consciente que « le besoin financier futur sera colossal »

Deux analyses respectables, suivies d’abstentions logiques, mais qui ne soulignent pas assez les deux tours de passe-passe auxquels se livrent l’actuelle majorité.

Veunac a très bien fait la manche auprès des collectivités. dans la perspective des futures élections régionales, mais est-ce le rôle de la Région, de l’Agglo ou du conseil départemental de dilapider ainsi de l’argent public et de stopper d’autres projets, autrement plus intéressants, et qui concernaient l’ensemble des contribuables?

Par ailleurs, tous les flagorneurs de service, ont salué le virage amorcé par Michel Veunac en direction de l’économie de la mer. C’est sûrement une bonne direction, mais que fait-on en attendant de nos attractions à deux balles « dignes des films de fiction des années cinquante », comme les avaient qualifiées François Amigorena, lors d’un précédent conseil. Le même, qui s’est distingué hier soir par sa discrétion. Comment relie-t-on ce grand bateau désespérément vide et sans le moindre intérêt à ce projet? Sur le sujet, Veunac a été étonnamment court et l’on regrette que son meilleur opposant, l’avocat Saint-Cricq,  n’ait pas pu en découdre avec lui.

En attendant, si vous croisez Michel Veunac demain, mettez surtout vos lunettes de soleil, car ses chaussures brillent tellement avec tous ceux qui se sont escrimés dessus, que vous risquez d’être éblouis.

 

Le toupet de Vinci

 Dans le cadre du PPP, Vinci facturait à la Ville 400.000 € par an de frais de maintenance pour la Cité de l’Océan. Avec la sortie du PPP, la municipalité s’est logiquement lancée dans un appel d’offres pour effectuer la maintenance du bâtiment. Et là, surprise, Vinci a postulé et a proposé un contrat d’entretien pour… 145 000 € annuels. Quel aveu!

L’abominable vantard

Vantard 02

Pour un peu, à en croire « Aujourd’hui Magazine », Sarkozy serait capable de disputer le Tour de France.

Question flagornerie, la presse française n’est décidément pas dernière de la classe! Dans le supplément du 17 juillet d’Aujourd’hui, on croit presque, en contemplant la une du magazine à un nouveau sujet sur le Tour de France, avant de réaliser qu’il s’agit de notre ancien et adoré Président de la République, gagné par l’ivresse des cimes. Et les mots enamourés sont à la hauteur des images consacrées à ce sportif hors norme.  « En vacances au cap Nègre, il gravit à vélo deux ou trois cols et roule chaque jour »… « Sortie avec son fils Jean, le seul capable de le suivre« … Heureusement, que Nicolas Sarkozy ne s’intéresse pas au maillot jaune du Tour de France, car Chris Froome aurait pu trembler!

Des cols de… 100 mètres de haut

Et notre cycliste présidentiel, dont la modestie est connue de tous, de minauder en répondant aux questions de la journaliste Gaëtane Morin : « À vélo, je ne fais pas de sorties en plaine. Je m’ennuie sur le plat. Il faut que ça grimpe« … Et notre aigle des cimes de la jouer humble pédaleur : « Il y a même des gens qui me doublent en montagne. Je regarde toujours leurs jambes : quand je vois des jambes que je respecte, bien affûtées, je reste tranquille. Sinon, je vais les rattraper et même les dépasser! » Mais quel talent, quelle énergie, comment la France peut-elle encore se passer d’un homme aussi extraordinaire? Rien à voir, vraiment, avec l’humble capitaine de pédalo qui dirige actuellement la France!

Seul petit bémol, n’importe quel sportif ayant fait un peu de vélo est mort de rire en regardant le reportage de la journaliste Gaëtane Morin, qui devait avoir des petites roues à l’arrière, la dernière fois qu’elle a utilisé un vélo.

Ainsi plus personne n’utilise de cale-pieds depuis les années quatre-vingt. mais il faut croire que Nicolas Sarkozy a peur de tomber et d’endommager son beau profil, s’il se risque à l’utilisation de pédales automatiques.

Le toupet de hamster véloce

Vantard 01

Les cols du Var excèdent rarement 500 mètres au dessus de la mer et 5% de pente. Voilà ce que Nicolas Sarkozy, avec ses cale-pieds comme en portaient les cyclistes il y a trente ans, appelle de la montagne.

Quand aux photos de montagne, permettez-moi de rire. Non notre fanfaron, n’est pas en train d’escalader les pentes de l’Aubisque ou du Tourmalet, mais les modestes cols du Var. Quand il annonce deux ou trois cols dans la journée, entendez le Pas de la Griotte, 72 mètres d’altitude, le Pas de Courtin, 80 mètres au-dessus de la mer et le terrifiant col de Babaou (où, de mémoire, je crois que cette photo a été prise) qui culmine à 416 mètres, avec des pentes comprises entre 2 et 5%. Des dénivelés à faire hurler de rire n’importe quel cyclotouriste octogénaire habitué aux sorties en Pays basque. Ailleurs que dans le Var, on appelle ces petites montées des côtes.

Mais ces performances de cycliste de vingtième catégorie ne freinent pas les ardeurs du hamster véloce. Question de la journaliste :

Et vos gardes du corps parviennent à vous suivre?

– Les policiers qui me rejoignent en août s’entraînent en juillet. Sinon, même sportifs, ils auraient du mal à grimper. Et je ne les attendrais pas, ce n’est pas dans mon tempérament!

Comme un crapaud démantibulé…

 Un souvenir personnel se superpose aux affirmations pleines de toupet de Nicolas Sarkozy. Il date de l’époque où je sortais tous les dimanches avec le Cyclo Club de Versailles-Porchefontaine sur les routes de la vallée de Chevreuse. Effectivement, les cyclistes ont toujours l’habitude de regarder la silhouette de celui qui les précède pour jauger son niveau. Ce jour-là, notre peloton qui roule tranquillement se rapproche de deux superbes athlètes qui avancent à une allure d’escargot. Au moment de la jonction, nous réalisons, qu’un cycliste beaucoup plus petit s’escrime juste devant eux… Et, en les dépassant, nous avons la surprise de capter les yeux levés au ciel des deux gardes du corps, nous enviant visiblement de pouvoir rouler en liberté, et, suant, ahanant, soufflant, s’agitant sur sa machine comme un crapaud démantibulé, alors qu’il n’est même pas à vingt kilomètres heures sur une portion plate, notre Sarkozy qui cherche à se faire passer pour un cycliste confirmé dans les magazines mais qui est parfois moins flambard sur le terrain. Mais, à l’en croire, ses gardes du corps s’entraînent au minimum un mois avant de le rejoindre.

Défense de rire!

Chiche, Nicolas!

Le récit que je fais de la seule rencontre cycliste que j’ai eue avec toi, Nicolas, remonte à une dizaine d’années puisque je me souviens que des titis du peloton s’étaient amusés à scander « VI-LLE-PIN! VI-LLE-PIN! » en te dépassant et que tu avais la fumée qui sortait des oreilles en les entendant.

Je ne doute pas que tu as fait d’énormes progrès depuis en matière de cyclisme… comme dans tous les domaines d’ailleurs.

J’ai 62 ans, je pèse 90 kilos, ma silhouette n’a rien de respectable et je suis surentraîné aux tapas. Mais, pour t’avoir vu sur un vélo, je suis très tranquille dans mon défi. Puisque tu es aussi fort que tu le clames dans « Aujourd’hui Magazine« , je te propose une sortie de 60 kilomètres (la distance que tu affirmes affectionner!) sur le terrain de ton choix.

Et devine qui finira deuxième?

Cité de l’océan : les Biarrots vont encore payer

Cité de l'océan

400 000 € vont encore être engloutis par la Ville pour tenter d’attirer quelques visiteurs-fantôme, qui vont repartir en hurlant qu’on ne les y reprendra plus…

Veunac plus fort que Blanco! Alors que l’ancien meilleur arrière du monde n’a finalement pas convaincu les Bayonnais de venir mettre au pot pour son cher BO, le gendre idéal qui dirige Biarritz vient de réussir un fort joli fric-frac à l’Agglomération, après avoir cajolé ses collègues et permis à Jean-René Etchegaray de prendre pied au Conseil des élus du Pays basque, comme Bisque, bisque, Basque! l’a raconté le 27 mai dernier.

Les Bayonnais, mais aussi les habitants d’Anglet, de Bidart et de Boucau, vont donc être tout à fait ravis d’apprendre que leurs impôts vont servir à boucher le trou sans fin de la Cité de l’Océan, à hauteur de 400 000€. Ce symbole absolu des dépenses somptueusement bêtes de la ville de Biarritz, Didier Borotra l’avait voulu seul contre tous et on ne voit pas bien pourquoi les habitants de l’Agglomération doivent désormais payer pour les lubies du monarque déchu et un équipement pseudo-culturel spécifiquement biarrot… Mais les maires, très occupés par leurs petites stratégies personnelles, ont décidé, en contribuant partiellement à une recapitalisation d’un montant prévu de 1,6 million d’euros, de venir en aide à ce pauvre Michel Veunac qui sait si bien tendre la main et faire pleurer l’auditoire quand il évoque sa Cité naufragée.

Borotra décide, les Bayonnais (et les autres) paient

Bêtement, on s’imaginait que le rôle d’une agglomération consistait à mutualiser le ramassage des ordures ménagères ou à organiser le transport scolaire pour générer des économies bénéfiques à tous, mais visiblement nos élus ceints de tricolore en ont décidé autrement. Quant à la préfecture, interrogée par nos soins sur cette étrange utilisation de l’argent public, elle affirme ne rien trouver à redire à ce gaspillage, puisque « le développement économique fait partie des attributions de l’Agglomération« . Il n’est pas prêt de sortir du marasme, le Pays basque, avec de tels investissements!

Poursuivant sa quête désespérée de fonds, Michel Veunac s’est aussi tourné vers la Région. Et, voyez, comme ça tombe bien, Alain Rousset vient de se souvenir que des élections régionales allaient avoir lieu et que l’aide du MoDem pouvait lui permettre de conserver son trône. Il ira donc de sa consistante obole. Ajoutez un petit peu d’argent de poche du Conseil départemental, où sévit le terrifiant opposant à Veunac, Max Brisson, toujours présent sauf les jours de chutes de neige, et l’on approche de la recapitalisation de 1,6 million d’€ souhaitée par notre grand communicant. Pour faire chic, Michel Veunac avait aussi évoqué une participation de Suez et de la Caisse des Dépôts, mais elle ne semble plus d’actualité. C’est bien de l’argent public et uniquement de l’argent public qui va être jeté dans ce puits sans fond qu’est la Cité de l’Océan.

Et pan! 400 000 € à sortir pour les Biarrots

Mais les Biarrots auraient bien tort de sourire des malheurs de leurs voisins, car eux aussi vont mettre la main à la poche, et pas qu’un peu! Comme Tsipras face à ses créanciers européens, Michel Veunac a été prié de participer à l’effort collectif pour sauver la Cité de la noyade.

Si nos informations sont bonnes, lors du prochain conseil municipal du 23 juillet, le bon Michel va expliquer son plan de relance et demander à sa majorité et à ceux de son opposition qui ne trouvent rien à redire sur sa gestion, de voter une subvention de 400 000 €. Compte tenu de la situation financière actuelle, et de l’endettement de la Ville (lire l’analyse de Jean-Benoît Saint-Cricq dans l’impertinent déchaîné), c’est une vraie folie, mais ce n’est pas le genre de détails susceptible d’arrêter les deux rois de la planche à billets que sont Veunac et Lafite.

Veunac persiste dans les attractions des années cinquante

réalité virtuelle

Le problème de Veunac et Lafite, c’est qu’ils ne quittent jamais leurs casques de réalité virtuelle et refusent de voir que la Cité de l’océan, telle qu’elle est conçue, est vouée à l’échec.

Lors du dernier conseil municipal du 17 juin, le débat sur la Cité de l’Océan a complètement été occulté par la subvention d’1,5 million d’€ versée aux BO. Pourtant, François Amigorena, qui se lâche beaucoup plus depuis qu’il s’est fait retirer ses délégations d’adjoint, a tenu des propos fort intéressants sur le sujet, rappelant que le déficit s’élève à 682 000 € pour l’exercice 2013 et 597 000 € en 2014 : « Dans ces conditions, les 1,6 millions de recapitalisation seront consommés en deux ans, au rythme des pertes actuelles » François Amigorena enfonce ensuite le clou sur l’affligeant contenu proposé au public : « Nous sommes en 2015. Un Français sur trois possède une tablette numérique. Inutile donc, de compter les séduire avec des animations sorties d’un film de science-fiction des années cinquante » . Et il fustige par avance l’attraction sur laquelle compte Michel Veunac pour faire enfin entrer les visiteurs : « Les casques de réalité virtuelle, qui serviront à la dimension surf, seront disponibles auprès du grand public, début 2016, pour un prix compris entre 400 et 500 €, prix qui va baisser très vite ».  Avec un peu de chance, Biarritz va réussir à attirer trois visiteurs en deux jours avant que cette attraction ne soit périmée.

 Nous voilà loin des incantations de Michel Veunac « Je vais vous faire aimer la Cité de l’océan ». Une fois de plus, jeudi prochain, les Biarrots vont voir leur argent s’évaporer dans un projet voué à l’échec, tant qu’il ne sera pas totalement repensé… Mais si Veunac avait des idées originales, ou même des idées tout simplement, il y a bien quelqu’un dans cette ville qui s’en serait aperçu.

Quand Borotra soignait l’addition  à plaisir

Le monde des spécialistes des aquariums est étroit et tout finit par se savoir. Les entrepreneurs qui ont postulé au réaménagement du Musée de la Mer en 2008, ne sont toujours pas revenus des négociations qu’ils ont menées avec l’ancien maire de Biarritz et ils en parlent encore. Quand ils présentaient un devis, Didier leur répondait : « Ce n’est pas assez cher! ». Le grand bâtisseur visionnaire était bien décidé à laisser à ses successeurs l’addition à payer pour le Musée de la Mer et la Cité de l’Océan, en souscrivant un partenariat public-privé (PPP). Pour justifier la manœuvre, jugée par la suite illégale, il fallait bien que la somme dépensée soit rondelette. Et on s’étonne maintenant de l’état des Finances de la Ville!

C’est vraiment Klébeurkkk!

Kléber

Pour l’adjointe à l’urbanisme, Nathalie Mosch, Kléber est « l’idée d’une architecture non pastiche avec des formes innovantes ». On lui conseille de mettre ses actes en accord avec ses propos et d’acheter toutes affaires cessantes un appartement…

Comique involontaire ou flagornerie d’une élue de la majorité? Ne ratez sous aucun prétexte, dans Biarritz Magazine daté de juillet-août, le dithyrambe de Nathalie Mosch sur le nouveau quartier Kléber : « Biarritz est une ville jardin et Kléber devait s’inscrire dans cette continuité »… « Le projet défend l’idée d’une architecture non pastiche avec des formes innovantes »… « Kléber n’est pas un objet extra-terrestre, il s’intègre pleinement dans Biarritz, car il en reprend les codes »… « Les perspectives sont multiples, le regard n’est jamais arrêté »… Encore faut-il avoir envie de regarder au lieu de déguerpir au plus vite!

Nathalie MotschEn tout cas, quand on écrit aussi bien avec une truelle que Nathalie Mosch, il serait vraiment dommage de s’arrêter à mi-construction : « Je souhaite rendre hommage à Didier Borotra qui a impulsé, porté et dirigé avec une grande exigence ce projet hors norme. » Oui, oui, on parle bien du bétonneur fou à qui on doit aussi ce lumineux et si rentable projet de la Cité de l’Océan.

Arrête de pousser mémé dans le béton, Nathalie, ton Kléber, c’est juste… moche!

Sardanapale et ses serviteurs

DSK 05Si vous ne comprenez pas toutes les subtilités et les nuances que peut apporter le dessin de presse par rapport à l’image, attardez-vous sur la couverture de l’album « Le procès Carlton » et essayez d’imaginer quelle photo pourrait être aussi percutante que ce dessin de vieux messieurs penauds, aux pantalons baissés. C’est un petit bijou que nous offrent le dessinateur de bande dessinée François Boucq et la chroniqueuse judiciaire Pascale Robert-Diard, en nous faisant revivre les treize jours d’audience qui se sont tenus du 2 au 20 février 2015, au tribunal correctionnel de Lille. Les dessins sont superbes et les textes gentiment enlevés.

DSK 01Et tout d’abord place à l’empereur déchu du FMI, « le Sardanapale des temps modernes avec sa cour de serviteurs dévoués« , comme le qualifiera l’avocat des parties civiles Maître Daoud. Hautain, distant, concédant simplement qu’il a une sexualité « plus rude que la moyenne« , DSK joue sur du velours dans ce procès, car, contrairement à ses pitoyables comparses, pleurant sur leurs vies familiales malmenées,  il est divorcé depuis deux ans et peut donc assumer son libertinage, même s’il remonte à l’époque où il était marié à Anne Sinclair.

DSK 03Que celui qui pense que la prostitution peut être une partie de plaisir écoute les témoignages de Jade et Mounia, le fameux « matériel » appelé parfois « colis » ou « dossiers« , envoyé à Washington par des courtisans soucieux de plaire au futur président de la République. Tandis que l’une évoque le frigo vide et la peur que les services sociaux lui prennent ses enfants, l’autre se souvient de la brutalité de celui qui affirme qu’il ignorait avoir affaire à des professionnelles. DSK est décidément un homme qui se pose bien peu de questions. Président du FMI, exerçant à Washington, il ne s’est jamais soucié de savoir qui payait les billets d’avion ou les chambres d’hôtel, sans doute persuadé que son charme justifiait une traversée de l’Atlantique. Nous ne sommes pas loin de la prise illégale d’intérêt.

Heureusement, dans ce procès regroupant de bien tristes sires, avec « des gens abîmés par la vie des deux côtés de la barre« , comme le reconnaîtra l’un des prévenus, l’avocat Emmanuel Riglaire, quelques éclats de lumière surgissent parfois. Le témoignage de Bernard Lemettre, diacre et délégué régional du Nid, va réveiller tout le monde. Un vieux monsieur digne qui, au milieu de cette lourde ambiance d’impudeur et de vulgarité, n’hésitera pas à revenir à l’essentiel : « Un corps de femme, ce n’est pas fait pour être pénétré cinq fois, dix fois par jour »… Et pendant ce temps-là, dans la salle d’audience, DSK tripote son smartphone, indifférent à tout, mais si bien croqué par Boucq.

DSK 04On connait la suite et la relaxe pour tous, à l’exception du médiocre René Kojfer, chargé des relations publiques du Carlton, et entremetteur-essayeur de filles pour le compte de ses copains. Même le truculent Dodo la Saumure, qui, au moins a du verbe et de la répartie, se félicitera du verdict du président Bernard Lemaire.

Et comme en politique, rien n’est jamais définitivement perdu, ne voilà-t-il pas que, selon un sondage Viavoice/Libération (2/7), DSK ferait un meilleur candidat que François Hollande pour la présidentielle de 2017. Les sondeurs ont juste oublié de se poser une question. Combien de temps de cerveau disponible pour les affaires de l’État, restera-t-il quotidiennement à notre obsédé national, si par malheur il se retrouvait élu?

  « Le procès Carlton», François Boucq et Pascale Robert-Diard, éditions Le Lombard – 138 pages, 14,99 €.