Les génies définitifs de la Cité de l’océan

Autobus Cité de l'Océan

(Photo Mathieu SUDRES)

Voilà qui va consoler les habitants d’Anglet, Boucau, Bidart ou Bayonne, qui renaudent un peu à l’idée de mettre la main à la poche, encore et encore pour cette Cité de l’Océan où les visiteurs sont à peu près aussi fréquents que les poils sur la poitrine d’un enfant de trois ans. Qu’ils se rassurent, l’argent public est bien utilisé, comme en témoignent l’étude à 48 000 euros confiée à Sophie Borotra sur les économies à réaliser (… avec le succès que l’on sait!) ou cette affiche, à l’arrière des bus, pour inciter les gens à se munir de leur bouée et oser enfin entrer dans la Cité maudite…

Nul doute n’est possible : il a fallu un séminaire de réflexion d’au moins six semaines, regroupant la fine fleur de la créativité publicitaire, alliée à l’élite de l’aristocratie municipale et à une direction hautement qualifiée, avant de concocter ce slogan qui va amener des cohortes de visiteurs aux portes de la Cité naufragée : « L’océan, pourquoi, comment?« 

Et pour 2016, la prochaine campagne sera « L’océan, où et quand « ?

Les facéties de Vinci

Vinci 01

Un abonnement annuel, pour Vinci, c’est l’autorisation de se garer l’hiver, sans problème et l’autorisation de poireauter l’été, au moment où plus une place n’est disponible.

Comme tous les grands créatifs, l’ami Léonard était sûrement un peu taquin avec ses petits camarades, mais il ne s’est trouvé nul historien pour colporter jusqu’à nous ses facéties. Malheureusement pour l’auteur de La Joconde (et pour les lecteurs !), quand à Biarritz on parle de Vinci, on pense beaucoup plus au bétonneur attitré de l’époustouflante Cité de l’Océan qu’au génie de la Renaissance. L’entreprise, cotée au CAC 40, affiche des profits insolents (2486 millions d’euros de bénéfice net en 2014!), et fait preuve d’une créativité impressionnante en matière de stationnement biarrot. Revue de détail de pratiques qui relèvent de la farce absolue.

L’abonnement qui n’en est pas un

Et tout d’abord une question à dix euros. Quand vous vous abonnez annuellement à un parking public, que pensez-vous avoir en échange ? Un endroit pour stationner ? Désolé, cette règle est valable partout… sauf chez Vinci. Explication pleine de toupet d’un responsable de l’entreprise, qui se sent obligé d’adopter le ton de l’instituteur s’adressant à une classe d’arriérés mentaux : « Vous n’êtes pas sans savoir que la population à Biarritz est beaucoup plus importante l’été que l’hiver. (A ton avis, Ducon, pourquoi est-ce que j’ai pris une place de parking ?) Vous avez mal lu votre contrat. Vinci s’engage à vous ouvrir la barrière, mais pas à vous garantir une place en période de forte pression automobile ».

Autrement dit, en plein été, vous avez le droit de rentrer avec votre carte d’abonné, contrairement aux touristes parisiens présomptueux bloqués devant le panneau « COMPLET », mais vous risquez de parcourir fort longtemps les cinq étages du parking de La Gare du Midi, avant que quelqu’un ne daigne bouger. Suite de la discussion surréaliste avec Monsieur Je-sais-Tout.

« Il n’est pas possible d’acheter une place attitrée avec une barrière amovible ? »

– Si, mais c’est plus cher ! »

– Comment fait-on ?

– Ce sont d’anciens contrats que nous avons prolongés. Ce n’est plus possible actuellement. »

Le surbooking éhonté auquel se livre le bétonneur est tellement plus profitable qu’il serait dommage de s’en priver !

Docteur Vinci-la-science fait semblant de ne pas comprendre mon étonnement. « Vous avez un ordinateur à l’entrée du parking qui compte les voitures et affiche complet quand les abonnés ne sont plus sûrs de trouver une place. L’attente n’est donc jamais très longue. »

C’est bien connu, quand c’est les autres qui attendent, on ne trouve jamais le temps très long ! La réalité est toute autre. Pour faire des économies, l’impécunieuse petite entreprise Vinci ne laisse aucun employé à plein temps dans le parking de la gare du Midi. Qu’un problème de barrière de stationnement ou de machine à tickets survienne et ce sont de longues palabres par interphone avec un employé du parking Clemenceau qui vous annonce qu’il vient vous dépanner… à pied !

Quant à l’ordinateur, avec son incommensurable stupidité commune à tous les appareils informatiques, il compte bêtement les entrées et sorties de voitures, mais est bien incapable d’analyser ce qui se passe réellement dans les parkings. Il suffit donc qu’un véhicule un peu plus volumineux que les autres empiète sur la place voisine, la rendant inaccessible, pour que le super calculateur estime qu’il reste des places, alors que dans la pratique vous allez tourner en vain pendant une heure.

L’abonnement qui n’en est pas un (Près de 800 euros l’année, tout de même !) et qui vous amène à ne surtout pas utiliser votre voiture au mois d’août, tellement vous êtes sûrs de connaître les pires misères si vous voulez retrouver une place, ça il fallait oser !

Mais que fait Ségolène Royal ? Ces gens sont des bienfaiteurs de l’humanité et devraient être décorés immédiatement par le ministère de l’Ecologie pour les économies d’énergie qu’ils font faire à la planète !

Au garde-à-vous devant l’horodateur

Vinci 02

Un des horodateurs où l’argent est collecté par Vinci. le moins que l’on puisse dire, est que le forfait semaine, beaucoup moins cher, n’est pas mis en valeur.

Et si, par malheur, l’idée vous vient d’inviter des amis  pendant les vacances, là aussi vous allez découvrir comment Vinci applique l’adage affirmant que la petite monnaie peut faire les grandes fortunes. Vos copains veulent à tout prix venir en voiture. Vous leur expliquez qu’il ne sera pas simple de stationner dans la ville, mais qu’ils pourront bénéficier d’un tarif forfaitaire à la semaine de 12 euros, ce qui est raisonnable. A vingt heures, les mêmes, devant le panneau Biarritz, vous téléphonent en vous demandant de sortir les glaçons pour l’apéritif. A vingt et une heures, ils ont enfin trouvé une place. Ils arrivent chez vous et vous affirment qu’ils n’ont pas pu prendre un ticket forfaitaire, car « aucun parcmètre ne marche ».

Vous les chambrez en leur disant qu’ils n’ont pas compris les instructions en basque et, pour les convaincre, vous repartez avec eux à la fin du dîner pour une nouvelle danse du parcmètre. Et là, vous découvrez que vous ne pouvez prendre un ticket forfaitaire qu’avant dix-neuf heures ou à partir de neuf heures du matin. Pour le tarif horaire plein pot, en revanche, pas de problème, la machine est toujours prête !  Interrogé sur le sujet, Vinci dément : « Vous êtes sûrs ? Première nouvelle !»

Je leur raconte les trois automobilistes qui se sont retrouvés comme moi au jardin public, ce matin-là, peu avant 9 heures, pour tenter d’obtenir le précieux sésame pour la semaine. 8h57 : refus catégorique de la machine. 8h59 : idem. 9 heures : le ticket forfaitaire est enfin délivré, tandis que, hasard, la police municipale à 9h02 est déjà là et s’offre un festival de contraventions.

En fait, tout cela est parfaitement moral : Vinci a tellement reçu de Biarritz sous Borotra pendant des années, qu’il est bien normal qu’elle aide les Finances municipales à se rétablir en donnant un coup de main à la police locale…

… On dit merci qui ?

Un XV de France sur son 31

Michalak crée le décalage et met sur orbite la fusée Huget pour un essai splendide.

On ne va surtout pas bouder son plaisir! Avoir l’occasion de remporter le « crunch » et de renvoyer les Anglais dans leur vestiaire avec une défaite de cinq points (25-20), est un plaisir qui ne se refuse pas dans le monde du rugby. Mais ne nous enflammons pas. Si la France a été très présente dans l’affrontement, elle ne doit pas oublier qu’elle a encore encaissé deux essais de Cipriani et Joseph, en n’en marquant qu’un seul, splendide certes, par Huget. Un excellent match de préparation, donc, qui va redonner un peu de confiance aux Bleus, mais qui ne doit pas masquer les défauts actuels du jeu français..

Des Bleus qui ne sont plus désormais que 31, puisque cinq d’entre eux, comme le prévoient les règlements, vont retrouver leurs clubs et les « joies » d’un Top 14 privé de toutes tuniques internationales.

Si les évictions de Chiocci, Vahaamahina et Goujon devant ne sont guère discutables, Saint-André, une fois de plus, a laissé tout le monde perplexe en désignant ses recalés de l’arrière. Rémi Lamerat, victime d’une expérience surprenante l’associant à Alexandre Dumoulin, ne semble pas avoir plus démérité qu’un Gael Fickou, passé deux fois en revue en deux matches par l’attaque anglaise.

Fortes têtes et têtes qui ne dépassent pas

Mais c’est surtout le cas François Trinh-Duc qui laisse pantois. Visiblement, pour PSA et son staff, c’est Michalak, auteur d’un match remarquable samedi au Stade de France, qui va être le patron de l’attaque tricolore. Frédéric Michalak est un garçon délicieux et talentueux et l’on ne peut que se réjouir de cet inespéré retour en grâce, lui qui avait joué sa première Coupe du Monde… en 2003! Mais la marque de fabrique du joueur toulonnais est d’alterner avec une régularité de métronome les matches où il est génial et ceux où il passe complètement à travers. Presque jamais titulaire, l’an passé à Toulon, c’est donc lui qui se retrouve avec les clés du camion tricolore. Et quand on connait toutes les blessures physiques qu’il a endurées, il est bien difficile, même si on ne lui souhaite aucun mal, d’imaginer qu’il puisse traverser une compétition de sept semaines sans encombre.

Conserver dans l’effectif Rémi Talès a aussi une logique, puisque l’ouvreur castrais, jamais étincelant mais jamais complètement nul en équipe de France, possède un coup de pied particulièrement long qui soulage les joueurs en fin de match. Mais pourquoi diable se passer d’un François Trinh-Duc, dont les fulgurances peuvent faire beaucoup de bien à l’équipe d’outsiders mondiaux que nous sommes devenus? Contrairement à Talès, Trinh-Duc ne se fondra jamais totalement dans un groupe et n’appliquera jamais à la ligne les plans de jeu offensif de Lagisquet, ce qui lui vaut sans doute la joie de goûter prématurément aux charmes de Montpellier, le staff tricolore préférant visiblement les têtes qui ne dépassent pas aux fortes têtes.

En effet, alors que les demis de mêlée, protégés par leurs avants ne sont que rarement blessés, les demis d’ouverture deviennent dans le rugby moderne des cibles privilégiées des défenses adverses. Tillous-Borde avec Michalak, c’est logique. Rory Kockott avec Rémi Talès, tout autant. Mais quel rôle va jouer Morgan Parra désormais, même s’il avait fini la dernière Coupe du monde, avec des bonheurs discutables, sous le numéro 10?

Trois ouvreurs et deux demis de mêlée paraissaient relever du bon sens pour cette équipe de France. Deux ouvreurs pour trois demis de mêlée et nous voilà manifestement dans un « délit de sale gueule » contre François Trinh-Duc, un joueur avec qui PSA n’a jamais caché qu’il avait fort peu d’atomes crochus. Certes, il faut des besogneux dans les équipes. mais doit-on se priver du talent ?

Un BO sans âme… et sans Géronimo!

BO Aurillac

Il reste encore vingt-neuf journées pour modifier la donne, mais ce premier match contre Aurillac n’est guère rassurant.

Des travées à demi vides, alors que la ville est saturée de touristes amateurs de rugby, voilà qui n’augure pas de très joyeux dimanches, au mois de janvier prochain, quand les « occasionnels » seront devenus rares. Après les épisodes peu glorieux qui ont occupé toute la fin de saison dernière avec la fusion ratée, on se frottait les mains à l’idée de retrouver enfin du rugby au stade Aguilera, face à une équipe d’Aurillac qui pratique un jeu appliqué mais sans grand génie, et on espérait une victoire tranquille de nos couleurs.

C’était sans compter sur la bonne volonté de tous les participants en rouge et blanc, joueurs ou dirigeants, qui se sont acharnés à faciliter les choses aux visiteurs.

Cafouillage d’entrée du préposé à l’écran géant, incapable de faire apparaître les têtes des joueurs en même temps que leurs numéros, puis Jean-Louis Berho qui s’égosille dans une sono hors d’âge et inaudible (…Apparemment, il n’y a plus d’argent au BO, malgré toutes les subventions municipales!), avant que les joueurs n’entrent sur la pelouse au milieu de quelques claquements de mains polis, à peine dignes d’un match de première série. Pas de chants,  pas de cris, et pas un spectateur qui ne ressent ce délicieux frisson qui précède les coups d’envoi.

Comme l’a avoué, cette semaine, le nouveau président Nicolas Brusque, « nous ne sommes pas très doués pour la communication et l’animation« . Alors, pourquoi diable, s’être privé de Géronimo, si attendu par les occupants des tribunes qui ne demandaient qu’à s’enflammer, et préférer un vide total, comme si le BO n’avait plus de véritable identité?

Concours d’erreurs individuelles

La tribune Blanco après un essai du BO

Clément vient de marquer le premier essai du BO, et c’est à peine si un ou deux drapeaux s’agitent dans la tribune Blanco.

Et puis, histoire de bien se compliquer les choses d’entrée côté jeu, deux erreurs défensives monumentales qui permettent aux Cantalous de mener 12 à 0 à la 17 e minute après un essai de Nouhaillaguet et un autre de Roussel, avant que Clément ne marque en force pour le BO à la 22e puis Davies à la 29 e. Et à peine trois drapeaux qui s’agitent dans la tribune Blanco et une apathie qui gagne tout le public, tellement ce rugby est triste et besogneux! 15-15 à la mi-temps et le sentiment, malgré les manques, que les couleurs locales vont l’emporter.

À la reprise, Cassan marque pour Aurillac à la 65 e et Burotu réplique à la 69 e : 25-25.

Il n’y a pas un écart énorme entre Aurillac et le BO, juste un peu plus d’application offensive et défensive chez les visiteurs. A la 71 e, Petitjean transforme une pénalité et donne trois point d’avance à Aurillac 28-25. Mais le BO semble décidé à perdre ce match. Le Bourhis manque une pénalité très facile face aux poteaux, avant que le BO ne se fasse voler un ballon en touche à dix mètres de la ligne adverse et qu’Erik Lund ne commette un magnifique en-avant sur le dernier ballon du match.

Bien sanglé dans un impeccable costume gris, le nouveau président du BO semble juste avoir oublié que le rugby doit être une fête, qu’une l’équipe ne vit pas que des subventions télé et qu’elle a besoin d’un public, transcendé, qui la porte dans les moments difficiles.

Avant de nous parler inévitablement, dès juin 2016, d’une nouvelle fusion avec l’Aviron bayonnais, aussi prévisible que le retour des crabes à la marée, on ne saurait donc trop conseiller à Nicolas Brusque, d’envoyer en stage à l’Aviron tout son entourage pour apprendre à mettre le feu au stade avant, pendant et après les matches. Il y avait quelqu’un qui faisait cela très bien. Il s’appelait Géronimo et nul ne peut le soupçonner de ne pas éprouver un amour infini pour ses couleurs. Qui nous expliquera pourquoi Nicolas Brusque lui a demandé d’arrêter?

Une vaillante PETITE équipe

Picamoles

Seul Louis Picamoles a réussi à franchir le rideau adverse…

Quand Philippe Saint-André, grand adepte du demain on rase gratis, voit, devant le micro de France 2  » de bonnes choses pour un match de reprise  » et estime avoir « une semaine pour faire un grand match au Stade de France « , Louis Picamoles, pour sa part, ne s’échappe pas et déplore d’avoir pris « trois essais de cadets ». Car il ne faut surtout pas s’arrêter au score, somme toute flatteur, de 19 à 14 pour l’Angleterre. Le XV de la Rose a infligé un camouflet suprême à une équipe qui s’imagine encore faire partie des grandes nations du rugby, alors qu’elle ne l’est plus, en ne daignant même pas tenter les pénalités sifflées en sa faveur par l’arbitre irlandais Lacey et ne s’est pas gêné pour marquer trois essais bien construits et pleins d’english flair, par les ailiers Watson et May, quand la France devait se contenter d’un ballon porté par Ouedraogo et l’ensemble du pack en terre adverse.

Les discutables « trouvailles » de Saint-André

Alors oui, le pack a plutôt bien joué, avec un Louis Picamoles et un Debaty, morts de faim, oui la charnière Parra-Trinh-Duc n’a pas mal fonctionné, mais où était le plan de jeu, l’idée directrice qui devait permettre de gagner ce crunch contre nos meilleurs ennemis? Lorsqu’il était joueur, Philippe Saint-André manifestait un opportunisme, une capacité à déceler un rebond imprévisible, qui lui ont valu un long séjour mérité en équipe de France. Mais il n’a toujours pas compris que ce qui valait pour le joueur n’est pas applicable pour l’entraîneur.

Comme un « accro » au jeu, persuadé qu’il va se refaire, Philippe Saint-André tente encore et encore des coups, à un mois de l’ouverture de la Coupe du Monde, qui ont pour seul résultat de faire douter les joueurs. Dumoulin, par sa capacité à faire jouer les autres comme Lamerat par son physique constituent incontestablement des options intéressantes pour le XV de France, mais fallait-il faire jouer ensemble une paire aussi inexpérimentée au lieu d’associer un novice à un centre expérimenté? La réponse a crevé l’écran et il y a probablement aujourd’hui deux joueurs qui ruminent leur peine, alors que l’entraîneur est le principal responsable de ce fiasco.

De la même façon, mettre Dulin à l’aile, poste qu’il n’avait plus occupé depuis les juniors, constituait une autre de ces « trouvailles » dont Saint-André a le secret. Sur son premier un contre un, Dulin s’est fait prendre comme un débutant par un cadrage-débordement d’école de Watson. Et l’on souhaite bon courage au « psy » qui va être chargé de redonner confiance à ce joueur pourtant si talentueux…

Comme la Roumanie ou l’Argentine…

Quatre ans que cela dure, que l’on a l’impression à chaque fois de voir un XV tricolore vaillant et courageux en diable, qui s’accroche, qui se bat, mais qui est incapable de prendre le jeu à son compte, de mettre l’équipe adverse à sa remorque. Une équipe qui semble ne pas savoir quoi faire sur le terrain, à part gratter des ballons et jouer dans un petit périmètre pour ne surtout pas gaspiller les munitions conquises. ça ne vous rappelle rien? C’est difficile à admettre pour les amoureux du rugby que nous sommes, mais la Roumanie dans les années soixante-dix, l’Argentine dans les années quatre-vingt-dix, l’Italie, depuis qu’elle fait partie des VI nations, ont joué ou  jouent ainsi, avec de temps en temps un exploit retentissant qui fait oublier aux supporters la disette endémique. Nous sommes devenus une vaillante petite nation du monde ovale qu’il est toujours plaisant de piler, eu égard à notre glorieux passé. Avez-vous vu une seule seconde de panique, hier soir, dans le regard des joueurs anglais? Ils ont tranquillement déroulé leurs gammes, en déplorant sans doute intérieurement la faiblesse du sparring-partner proposé.

J’espère vraiment me tromper, mais, entre le XV de France, l’Aviron et son recrutement de dernière minute, le BO avec ses douze blessés avant même que le championnat ne commence, on n’a sans doute pas fini de remâcher notre bile, cette année, et d’assister à de belles collections de défaites.

Et pour en revenir au XV de France, Mathieu Lartot, qui est toujours beaucoup plus à l’aise dans un rôle de représentant de commerce que dans celui de commentateur, a tenu à rappeler qu’il restait «  des places à vendre » pour la rencontre de samedi prochain au Stade de France.

Après le spectacle proposé, tu m’étonnes!