Brisson-Veunac, les désœuvrés magnifiques

Remus et Romulus

Romulus-Veunac et Remus-Brisson ont tout compris : la politique, ça doit nourrir son homme…

Sommes-nous bêtes tout de même de nous faire ainsi du souci pour cette prospère et florissante bourgade, à l’avenir radieux, nommée Biarritz! Heureusement le grand leader à écharpe tricolore qui nous dirige vient de nous envoyer un message particulièrement rassurant qui va nous permettre de nous rendormir sur nos deux oreilles.

La gestion de la Ville prend tellement peu de temps à Michel Veunac, lui occupe si peu les neurones, que ce surdoué intellectuel qui maîtrise désormais totalement la situation pour les cinquante ans à venir, est bien obligé de chercher de l’emploi ailleurs. Et ce n’est pas avec la vice-présidence de l’Agglo, la présidence de la SEM de la Cité de l’océan ou celle de l’Hôtel du palais, que notre presque septuagénaire de maire peut remplir ses journées et trouver à rassasier son altruisme, sa générosité et son envie de servir. Fort logiquement, notre grand désœuvré est donc en train de prendre la roue de son meilleur ami politique Max Brisson pour se retrouver en position éligible aux prochaines élections régionales, afin de pouvoir porter haut et fort les couleurs de Biarritz dans l’instance régionale.

Glouton frénétique et glouton pathétique dans le même bateau

Et il n’y aura que des esprits chagrins pour pointer du doigt les 2661,03 euros brut par mois d’indemnité (2927,13 euros, s’il est membre de la commission permanente) comme seule explication à cette ambition régionale. Il est vrai qu’avec 8 000 euros par mois, notre maire est souvent obligé de se serrer la ceinture. Mais, comme il l’a toujours expliqué, il fait de la politique pour servir et non pour se servir, ce dont personne d’ailleurs n’avait jamais douté.

Il est d’ailleurs dommage que ce pauvre Max Brisson, parfois surnommé par ses ennemis le glouton pathétique, tant son appétit de mandat peut-être grand, soit entraîné dans la même polémique. Comment voulez-vous arriver à survivre de nos jours avec un modeste salaire d’inspecteur général? Comme nombre de nos ouvriers actuels, Max est donc amené à multiplier les petits boulots pour subsister, un poste de vice-président du conseil départemental par ci, un mandat de conseiller régional par là. Et l’on ne peut que pardonner à ce pauvre homme, qui trime si durement, ce cri du cœur lorsqu’un ami lui a demandé, il y a quelques mois au moment des élections départementales, pourquoi il se présentait : « Tu comprends, j’ai besoin de pognon!« .

Face à ces deux talents en difficulté, face à cette façon si noble, généreuse et désintéressée de faire de la politique, nous nous devons d’agir en tant que citoyens en votant en décembre pour ces deux brillants porte-drapeaux de notre cité.

Vous imaginez sinon, en cas d’échec électoral, le remords que l’on éprouverait, l’hiver prochain, en retrouvant nos deux compères assis place Clémenceau, devant une sébile, avec deux petits panonceaux : « Une chips pour manger » « Un euro pour rester propre« ?

Alors vite, un petit bulletin dans l’urne pour nos deux nécessiteux!

Qui fait le jeu du Front national?

Brisson-Bisque, bisque, Basque! Histoire d’un désamour.

FN 02

Qui incite les électeurs à voter Front national? Le journaliste qui raconte ce qu’il voit ou le politique qui ne respecte pas son mandat?

Bisque, bisque, Basque!  n’a pas pour habitude de mettre son drapeau dans sa poche. En 2014, aux moments des élections municipales, face aux emprunts de Michel Veunac à un fournisseur de la mairie, face à son coup de main en douce donné à la liste du Front national et à son mélange des genres professionnels, avec des études sociologiques grassement payées, effectuées pour le compte de villes où il était politiquement impliqué, ce blog a très clairement pris parti pour Max Brisson. Sans faire offense au maire actuel, l’ancien premier adjoint de Didier Borotra nous paraissait d’une probité et d’une dimension intellectuelle et politique bien supérieures  à celle de son challenger. Mais il n’est finalement rien de pire qu’une intelligence dévoyée, celle que l’on met au service de médiocres ambitions personnelles au lieu de l’offrir à la collectivité. Récit d’une dégringolade.

Des électeurs trahis

Ce n’est un secret pour personne que Max Brisson a très mal vécu le fait de ne pas être élu maire. C’est avec bienveillance que nombre de ceux qui avaient voté pour lui ont assisté à son arrivée différée au conseil municipal, dans un rôle qu’il n’avait visiblement pas envie d’occuper : celui de premier opposant. Mais la politique exige des choix clairs : si ce rôle était aussi pénible à vivre, pourquoi Max Brisson n’a-t-il pas tout de suite démissionné pour laisser sa place à quelqu’un de sa liste ayant envie de faire le job? Au lieu de cela, les Biarrots ont eu droit au spectacle affligeant d’un opposant qui ne s’oppose pas et qui, depuis dix-huit mois,  manœuvre sournoisement pour tenter de revenir dans le jeu. Au mépris des Biarrots.

Comme premier adjoint de Didier Borotra, Max Brisson, malgré ses très lourdes occupations professionnelles n’avait jamais manqué un conseil municipal. D’un seul coup, son dur labeur d’inspecteur général l’ empêche d’assister à un conseil municipal sur deux, surtout quand les décisions à prendre sont délicates. Et, comble de malchance, lorsque Max annonce sa présence, c’est la neige, cette ennemie sournoise qui a l’habitude de couper les routes entre Bayonne et Biarritz, qui lui interdit d’être présent à Biarritz, tout en lui permettant de se pavaner à Bayonne dans l’optique des élections départementales.

Quel est l’intérêt pour la Ville d’avoir un opposant qui est d’accord sur tout avec le maire, qui ne voit rien à redire au budget, qui multiplie les mamours à Veunac dans l’optique des départementales et lui fait la courte échelle pour les régionales? Au lieu de proposer, de discuter et de tenter d’infléchir la politique  -souvent désastreuse!- impulsée par le duo Veunac-Lafite, Brisson n’amène pas une idée, joue sa carte personnelle et se moque totalement de l’intérêt des Biarrots. Si le cumul des mandats l’incite enfin à démissionner du conseil municipal après les élections régionales, il n’y  aura qu’une chose à dire : bon débarras!

Un démocrate façon Ceaucescu

Les nombreuses tentatives de fronde au sein de l’UMP, devenue les Républicains, qu’elles soient 2.0 à la Nalpas, candidature dissidente façon Domège ou Darrigade, ou gros coup de gueule style Corine Martineau, montrent bien l’omniprésence du glouton absolu Brisson, candidat à tout, absolument pas décidé à laisser la moindre miette à quiconque. Fort logiquement, Bisque, bisque, Basque!, toujours prêt à admirer les surhommes, s’est donc demandé comment on pouvait être à la fois président départemental des Républicains, vice-président du Conseil départemental, membre de l’Agglo, membre du conseil des élus, tout en exerçant à plein temps une activité d’inspecteur général. Une question écrite a donc été posée, en juin dernier,  au ministère de l’Éducation nationale de l’enseignement supérieur et de la recherche, pour savoir quelles étaient les obligations de présence et de travail lorsqu’on occupe ce poste.

Non content d’être glouton, notre candidat-à-tout Brisson est aussi vantard. Fier de lui, il a donc raconté un peu partout dans Biarritz comment, il avait été immédiatement informé de ma demande par son supérieur hiérarchique (quoi de plus normal?) et comment il avait obtenu que le ministère ne me réponde pas (Je confirme, alors que je suis toujours titulaire d’une carte de presse!) sous prétexte que je n’exerce plus au Canard enchaîné. Belle vision de la démocratie qui donne vraiment envie de voter pour le futur candidat aux élections régionales! Une vision qu’à l’évidence Veunac et Brisson partagent, puisque le maire de Biarritz, depuis novembre 2014, refuse lui aussi de répondre à mes questions. Bisque, bisque, basque! repose donc officiellement la question : quand et comment le candidat Brisson, avec ses nombreuses casquettes politiques, trouve-t-il le temps de faire son métier convenablement et combien de jours par an lui consacre-t-il?

Le populiste n’est pas toujours celui que l’on croit

Et comme décidément c’est désormais le désamour complet entre Brisson et ce blog, notre avaleur de chips n’hésite pas à répéter à mes amis proches que « Bisque, bisque, Basque! est un blog populiste qui fait le jeu du Front national« . Intéressante remarque : Qui fait le jeu du Front national? Le journaliste, dépité par le spectacle affligeant qu’il voit et cette pathétique course à la gamelle qui s’organise à chaque élection, ou l’élu sans foi ni loi, qui ne respecte pas les mandats qu’il vient d’obtenir de ses électeurs et qui ne pense qu’au coup suivant et aux prébendes qui vont avec?

Ayant eu un grand-père et un père qui ont exercé des mandats de maire, j’ai toujours pensé que la politique était une activité de la plus haute noblesse qui devait être pratiquée par les meilleurs. Quelle tristesse d’apprendre cette semaine, l’exclusion de l’UDI d’un Philippe Morel, qui a toujours eu une idée généreuse et humaniste de la politique, pendant que des forbans prospèrent, de coups fourrés en coups fourrés. Gentleman jusqu’au bout, Philippe Morel accepte la sanction et demande simplement à rester membre d’un parti qui a toujours correspondu à ses idées et qu’il a soutenu de ses propres deniers dans les périodes difficiles, comme vous pourrez le lire dans la lettre adressée aux plus hautes instances de l’UDI.

Vous pensez vraiment que Veunac et Brisson resteraient membres de leurs partis respectifs, s’il n’y avait plus ni mandats ni indemnités à la clé?

Alors, même si l’époque des châtiments corporels est révolue, face à cette façon obscène et méprisable de faire de la politique, on se prend à souhaiter que les électeurs du département flanquent, en décembre prochain lors des régionales, une bonne fessée aux deux compères.

Le pantalon baissé ne sera pas indispensable.

 

La très belle lettre de Philippe Morel à l’UDI

 

 

Monsieur le président de la CNAT

UDI

22 bis rue des volontaires

75015 PARIS

 Biarritz le 23 septembre 2015

 

Monsieur le Président,

En réponse à votre courrier des 16 septembre 2015 par lequel le secrétaire général  me notifie ma suspension de ma qualité de membre de notre parti,  je vous prie de trouver ci-dessous mon mémoire en défense de ma mise en cause.

« Je souhaite dans un premier temps vous  exposer mon  action en tant que du délégué départemental de l’UDI 64 depuis la création de l’UDI64 jusqu’à la mise en congé de cette fonction.

Avant d’être nommé, par Jean Louis BORLOO, délégué départemental, je fus chargé de mission pour procéder à la mise œuvre des élections fondatrices de l’UDI 64 (Président, Conseil national et conseil départemental).

J’ai sur mes deniers personnels entièrement pris en charge jusqu’à ce jour  tous les frais de fonctionnement de la fédération.

J’assume depuis 2013 la maintenance des comptes Facebook et twitter de l’UDI 64 que votre commission peut consulter pour vérification des informations diffusées. Ces comptes sont inactifs depuis la notification du retrait de ma délégation.

J’ai participé à presque toutes les réunions nationales et me suis rendu plusieurs fois au siège national pour y recueillir des « feuilles de route ».

La  création d’une  fédération d’un nouveau parti   n’a pas été chose simple. Il faut se souvenir des difficultés rencontrées lors de la mise en place de notre fédération, OPA tentée par le CNIP et son président local, affaire que j’ai  pu traiter en vous demandant de refuser le statut  de centriste à ces « coucous » dont la seule ambition était de tuer dans l’œuf  notre formation embryonnaire.

La CNAT à l’époque m’avait suivi.

Nous avons eu à subir l’entrisme,  à l’aide d’adhésions de complaisance d’un ancien élu de la ville d’ANGLET, qui à travers une  candidature camouflée  à la présidence de la fédération  souhaitait faire main basse sur notre fédération en voie de constitution,  et se donner une légitimé dans ses perspectives électorales sur ANGLET. On s’est ce qu’il en est devenu ?

J’avais demandé l’exclusion de cette personne, à l’époque la CNAT statué dans ce sens.

Depuis près de trois ans avec le président élu Charles PELANNE  nous  avons essayé de rassembler dans un esprit d’unité des militants qui venaient de partis sources différents.

C’était le grand objectif de Jean Louis BORLOO.

Ce fut le grand espoir de la réunification du centre avec la création avant les européennes de l’alliance de l’UDI avec le MoDem avec « L’alternative ».

En ce qui concerne notre propre fédération  des Pyrénées Atlantiques, ce que j’avais souhaité ne s’est malheureusement pas réalisé.

Pour ma part, j’ai quitté la présidence de la fédération départementale du Parti radical pour bien montrer la fin d’un système et me consacrer entièrement à l’UDI.

Nous avons négocié au mieux des intérêts de l’UDI des investitures pour nos candidats,  quelle que soit leur origine partisane. A cette négociation,  à laquelle participaient notre président et le trésorier, nous avions obtenu un accord avec un nombre significatif de candidats UDI afin de porter nos couleurs au cotés des partenaires de l’UMP et du MoDem.

Les résultats ont été bons dans l’ensemble nous donnant 6 élus encartés et 2 apparentés.

Les défaites très courtes de certains d’entre nous auguraient bien de l’avenir.

Pour les élections régionales qui s’annoncent, le siège national nous a demandé de faire appel à candidature.

Cet effort louable de démocratie interne était à saluer et 17 d’entre nous se sont portés volontaires pour participer à une liste d’union pour reprendre la nouvelle région à la gauche.

L’enthousiasme à cet effort de transparence est vite retombé, car aucun candidat à la candidature n’a reçu le moindre accusé réception

Nous avons appris qu’un  binôme de candidats  aurait été nommé pour nous représenter.

Ni le président départemental ni son délégué départemental n’ont été avertis officiellement de cette nomination. Seule la presse  a publié dès le 2 juillet le nom d’un nominé, suite à une décision de la CNI du 1 er juillet.

En dehors d’une information par texto de ce nominé,  personnellement je n’ai rien reçu du siège et

 J’attends toujours une notification en bonne et dûe forme et une conduite à tenir.

Si l’un des postulant avait  reçu une notification officielle, il me l’aurait certainement fait connaître, or le délégué départemental  que j’étais n’a JAMAIS été informé de quoi que se soit.

Lors des négociations  pour les départementales, la délégation de l’UDI s’était engagée à soutenir notre ami Barthélemy AGUERRE comme candidat  sur la liste des régionales, car  dans un souci de discipline centriste il a  permis à Jean Jacques LASSERRE de remporter le nouveau canton, dont une partie était située  sur l’ancien territoire de Barthélemy AGUERRE, et de devenir notre président du Conseil départemental.

Les représentants UDI de l’époque, et j’étais l’un d’entre eux, se doivent de respecter leur parole et c’est le sens de mon soutien à Barthélemy AGUERRE  qui s’est exprimé par un courrier, qui comme par magie s’est retrouvé publié dans la presse locale…

J’ai toujours soutenu les candidats investis par le parti. J’ai simplement souhaité que notre demande de sièges éligibles ne se cantonne pas uniquement dans une perspective de perdants mais dans celle de « Winner » comme le demande à chaque intervention la tête de liste investie, Virginie CALMELS.

Je me suis placé dans l’optique de remporter cette nouvelle région et il ya  une juste place pour au minimum trois candidats potentiellement éligibles en cas de victoire.

Pourquoi vouloir rester dans une démarche de vaincus ?

Ce n’est pas mon combat, ce n’est pas ma vision, pour un nouveau parti qui souhaite s’implanter durablement dans le paysage politique français.

Dans la précipitation d’une demande « dite urgence »  j’ai en tant que secrétaire presque permanent de la fédération,  diffusé par courriel sous le timbre de la fédération UDI 64 la  lettre de soutien à Barthelemy AGUERRE. Ce fut un « clic » de trop.

Mon erreur,  et je la reconnais volontiers,  fut que cette lettre, qui aurait du être uniquement adressée au président LAGARDE, ait  été communiqué à nos partenaires.

C’est une faute et je l’admets.

Celle-ci vient d’être sanctionnée par le retrait de ma délégation départementale.

J’estime ne pas avoir démérité, cependant à votre demande, je quitterai  donc avec tristesse et regret cette tâche que m’avait confiée Jean Louis BORLOO et que j’ai assumée ensuite sous l’autorité  du président LAGARDE. Elle devait prendre fin en janvier prochain lors du renouvellement de nos instances. Son terme  arrive plus tôt que prévu.

Je demande à la CNAT de me conserver mon statut de membre de l’UDI compte tenu de  l’ ancienneté de mon engagement dans les partis centristes, membre du parti radical depuis 1977, adhérent de l’UDF, puis enfin de l’UDI. »

Je vous assure, Monsieur le Président de la CNAT, de l’assurance de ma fidélité centriste.

     Philippe MOREL

Cogner enfin dans le vrai

LA_BRIGADE_DU_RIRE– Toi, qu’est-ce qu’il te manque?

– Je ne sais pas. Un affrontement.

Ouvrir un nouveau livre de Gérard Mordillat, c’est comme retrouver un vieux copain qui vit à l’autre bout de la France. Le trajet sera long, mais l’on s’émerveillera de le voir fidèle à ses idéaux de jeunesse et pas décidé, malgré l’âge, à faire la moindre concession au système.

L’auteur de « Vive la sociale ! » et du superbe « Les vivants et les morts », qui contait le démantèlement d’une usine dans l’est de la France, nous offre avec « La brigade du rire », un récit désopilant et iconoclaste qui nous change agréablement des niaiseries de Christine Angot ou Michel Houellebecq.

Ils sont sept copains, vaguement unis par un titre régional en handball, obtenu des années auparavant. Ils sont tous précaires et malmenés par l’existence et sentent, à l’approche de la quarantaine, qu’ils s’éloignent doucement des idéaux et des indignations de leur jeunesse. Heureusement Pierre Ramut, le chroniqueur de Valeurs françaises, qui milite sans relâche pour la suppression des 35 heures, la baisse du salaire minimum et une compétitivité accrue, va les fédérer, les décider à passer à l’action, « à cogner dans le vrai ». Ils décident de le kidnapper et de l’installer devant une perceuse à colonne, où il pourra mettre en pratique ses grandes idées sociales : semaine de 48 heures, réduction de 20% du SMIC, travail en trois huit. Pas de demande de rançon, pas de menace sur sa vie, et la promesse qu’ils se font à eux-mêmes de le libérer lorsqu’ils n’auront plus le sentiment de participer à une brigade du rire.

Au début, le chroniqueur qui n’a jamais rien fait de ses mains se révolte, mais comme il ne peut manger qu’avec l’argent gagné, il s’exécute puis se pique au jeu, réussissant à percer six cents ronds de duralumin par heure, tout en s’indignant qu’on lui reproche ses écrits : « Les idées? Mais quelles idées? Qu’est-ce que j’en ai à foutre des idées? Je défends les idées qui me permettent de vivre à la place qui est la mienne. Voilà ce que je défends. »

Cette place, bien évidemment, Ramut la perdra. Pendant qu’il s’escrime avec sa perceuse, un autre cloporte à Valeurs françaises, s’efforce de squatter le bureau directorial en surenchérissant à plaisir sur l’immigration et les Français qui ne veulent plus travailler.

Mais face à cette profusion de valets du pouvoir,  doit-on pour autant renoncer à combattre?

On l’aura compris, Gérard Mordillat qui a été journaliste à « Libération » jusqu’en 1981 et qui sait de quoi il parle, raille l’avidité sans limite du patronat, mais aussi tous ces journalistes qui écrivent sur des sujets qu’ils ne connaissent absolument pas. Une charge sévère, mais juste, heureusement contrebalancée par les histoires personnelles de ces attachants kidnappeurs amateurs qui ne ressortiront pas intacts de cette aventure. C’est Kol, le petit patron aux abois, qui lit en douce Marx et Bakounine sans oser le dire à son personnel, qui résume sans doute le mieux la vision de  l’humanité de l’auteur. « La vie des héros est toujours montrée comme une ligne droite tendue entre ombre et lumière. Mais ce sont des contes. Les vrais héros – ceux du quotidien comme toi et moi- ne connaissent que les chemins détournés, les routes semées d’embûches, les ponts détruits, les rivières en crue qu’il faut traverser…« 

Enfin, la vraie vie…

 

 

« La brigade du rire», Gérard Mordillat, éditions Albin Michel – 520 pages, 22,50 €.

Per il momento, va tutto bene

France Italie 02

Puisque les trois-quarts centre français jouent désormais comme des piliers, Slimani a décidé de jouer comme un trois-quarts, ramassant le ballon au sol, sur un superbe jeu au pied de Michalak, avant d’aller aplatir entre les poteaux.

La France a suffisamment gardé de souvenirs cuisants de ses matches d’ouverture de Coupe du monde, pour qu’on se réjouisse de sa victoire sans suspense contre l’Italie par 32 à 10. Et ce n’est pas l’Afrique du Sud, défaite contre toute attente 34 à 32 par le Japon, qui dira le contraire!

Grosse surprise, au moment des hymnes, dans un stade de Twickenham, totalement acquis à la cause française : contrairement à la tradition, les joueurs français ne s’alignent pas en fonction du numéro qu’ils portent dans le dos, mais trois-quarts et avants se mêlent joyeusement, Huget se retrouvant à donner l’accolade à Maestri. Est-ce pour affirmer une envie de rugby total à la néo-zélandaise? La suite se chargera de doucher nos illusions.

Dans ce match où le seul suspense a été provoqué par les deux pénalités de Michalak frappant le poteau, (9 à 3 seulement à la 34e minute, alors que les Français dominaient nettement), on a vu une équipe bien en place, avec un Ben Arous créant la surprise face à Castrogiovanni, un Picamoles, capable de fracasser n’importe qui, un Michalak plutôt dans un bon jour et une paire de centres décidée à découper tout ce qui passe à portée. Mais une fois de plus, la France a été incapable d’aller chercher le bonus offensif et a dû se contenter de deux essais, face à une bien faible équipe d’Italie, méconnaissable sans son leader Sergio Parisse.

Des gros qui se veulent gazelles

Et il est tout à fait révélateur que les deux essais inscrits aient été marqués par des piliers. Comme si les premières lignes, lassées de voir Saint-André sélectionner des déménageurs de pianos aux postes de centres, s’étaient soudain passé le mot pour marquer des essais de gazelle. Un grand merci donc, à Slimani et à Mas pour avoir mis un peu de couleur dans un match assez gris, où il était vraiment difficile d’imaginer que la future équipe championne du monde puisse être sur la pelouse.

La Coupe du monde étant une épreuve fort longue avec ses six semaines de joute et toutes les surprises qui peuvent en découler (… Ce n’est pas le malheureux Huget qui dira le contraire!), il va désormais falloir expédier les affaires courantes contre la Roumanie et le Canada, avant le match décisif du 11 octobre contre l’Irlande, qui ne s’est pas gênée pour étriller le Canada (50 à 7) et s’emparer du bonus offensif.

Et comment, face à la satisfaction un peu béate de Saint-André, ne pas penser à ce parachutiste italien, qui vient de sauter par mégarde de l’avion sans se rendre compte qu’il a oublié son parachute et qui, pour se rassurer, en voyant approcher le sol, répète sans arrêt « Per il momento, va tutto bene » (Pour le moment, tout va bien! »).

Le XV de France nous a tellement fait souffrir ces dernières années qu’il faut savoir se contenter des petits bonheurs qu’il nous offre… et regarder les Néo-zélandais pour voir du rugby complet.

Une championne qui a la pêche

Guichard 01Un coup de maître! Pour sa première participation aux championnats de France de pêche en mer, à Pornichet les 29 et 30 août, Catherine Guichard-Féron, du Yacht Club Adour Atlantique à Anglet (YCAA), a décroché le titre suprême dans la catégories dames. Si ses rivales n’avaient pas prévu de se faire ainsi harponner par une « néophyte », notre championne biarrote, même si elle est encore très jeune, n’a pas acheté sa première canne à pêche la veille de la compétition : « J’ai commencé à pêcher à six ans au port des pêcheurs avec mes frères qui m’accompagnaient. Ce sont eux qui m’ont monté mes premières lignes. Mon père était croupier au casino, ce qui lui laissait du temps dans la journée. Il avait un bateau et  partait toujours avec nous et ma mère, elle-même passionnée de pêche.« 

Petit à petit les poissons attrapés se font plus conséquents et Catherine devient de plus en plus mordue. Une fois adulte, Catherine va naturellement s’acheter à son tour un bateau, avant de rencontrer… un autre propriétaire de bateau et pêcheur acharné, André, « mon compagnon depuis quatorze ans et mon prof. C’est lui qui m’a tout appris ». Après quelques temps de cohabitation maritime, le couple décide de faire bateau commun et de s’installer au port du Brise-lames à Anglet. Malicieusement, le bateau s’appellera « Histoire d’eau » et tous les occupants du ponton G, habitués aux pêches miracles de  Catherine et André, vont surveiller les sorties du couple, sachant qu’il est inutile de partir en mer si ces deux spécialistes ne rentrent pas avec du poisson

 » Stressée comme jamais »

Guichard 03

Un pagre de 5,2 kilos, capturé par Catherine du côté de Capbreton.

Malgré son expérience et des victoires dans des concours locaux, depuis qu’elle a intégré les rangs du yacht Club de l’Adour, Catherine reconnait qu’elle s’est présentée aux championnats de France, « stressée comme jamais Les conditions de pêche étaient très difficiles. il y avait beaucoup de courant et le poisson était chipoteur. Il fallait donc pêcher très fin pour avoir une chance d’accrocher le poisson et la difficulté était de ne pas casser en ramenant la prise au bateau »… Première de son bateau, la première journée, Catherine qui a capturé plus de 6 kilos de poisson dont deux belles roussettes, n’est que troisième au classement dames, devancée par deux Bretonnes habituées à pêcher à Pornichet. Heureusement, la redoutable Biarrote va se montrer tout aussi brillante la deuxième journée, en capturant un très beau pagre à peine une heure avant la clôture du concours.

Cette fois, les rivales sont bonnes pour démêler leurs lignes et ranger leurs boîtes à pêche, pendant que Catherine grimpe sur la plus haute marche du podium et écoute la Marseillaise.

Guichard 02

Avec Jean-Pierre Roitel, président du Yacht Club de l’Adour.

« Le soutien de tous les garçons du club m’a vraiment fait chaud au cœur. Depuis le président Jean-Pierre Roitel qui m’a convaincu de participer à cette compétition alors que j’étais hésitante, jusqu’aux copains pêcheurs qui me souriaient ou m’adressaient un clin d’œil en voyant mon panier à la pesée. Je me suis toujours senti encouragée et épaulée et ce titre je le dois à mon compagnon, mais aussi à toute l’équipe.« 

Et, même si cela a fait froncer les sourcils du préfet venu pour la remise de médaille, quelle fierté de voir le drapeau basque largement déployé par un petit malin, pendant qu’elle était félicitée par les officiels!

Toute à la joie de son titre, Catherine ne tient pas à évoquer les quelques réactions négatives que suscite parfois sa présence aux concours de pêche, les hochements de tête entendus quand elle prépare ses appâts, ou les bouderies si elle s’impose face aux hommes. Pour elles, ce sont des anecdotes peu significatives et la majorité des pêcheurs en mer sont fair-play et sympas, même si dans leur pratique sportive, ils sont plus habitués à croiser des hommes que des femmes. Avec ce titre, Catherine Guichard ouvre donc une nouvelle voie à toutes celles que l’océan attire. Le Yacht Club de l’Adour sera ravi de les accueillir.

Brisson fustigé par ses propres troupes

Nalpas

On avait connu Nalpas 1.0, alias la voix de son maître Max Brisson, voici Nalpas 2.0, qui prend son indépendance et rêve de 2020.

Mais quelle belle claque! Qui a osé dire récemment dans Sud Ouest que « les Biarrots ne se sentent pas représentés au conseil municipal » et que la nécessité se fait sentir « d’une opposition constructive à la majorité en place« ? Quelques grincheux de la gauche? Des membres de la majorité municipale, s’étonnant de la faiblesse de l’opposition? Bisque, bisque, Basque!  qui est scandalisé par la façon indigne de ne pas respecter son mandat de l’opposant qui ne s’oppose à rien Max Brisson? Encore mieux que ça! Les factieux se nomment Philippe Nalpas,  remplaçant de Max Brisson aux dernières élections départementales, François-Xavier Menou, qui était son directeur de campagne et Anne-Cécile Durand qui était la remplaçante de Maïder Arostéguy.

Et le moins que l’on puisse dire, est qu’ils ne font pas dans le détail lorsqu’il s’agit de fustiger leur ancien leader : « Nous rencontrons les Biarrots depuis dix-huit mois et, qu’ils aient ou non voté pour l’actuelle majorité, beaucoup restent sur leur faim et ont l’impression que rien ne se passe, font le constat d’un certain amateurisme, d’un manque de ligne directrice et de politique structurée », souligne Philippe Nalpas. Traiter de jeune perdreau de l’année, à l’amateurisme certain, Max Brisson, il fallait oser! « Nous voulons être une force de proposition, organiser des débats, des réflexions, des discussions » surenchérit Anne-Cécile Durand. Une façon de dire que l’actuel leader de l’opposition, trop souvent absent des conseils municipaux ou perdu dans la neige, n’a plus la tête à Biarritz?

Se positionner pour 2020

Les ambitieux quadras ont donc monté une association nommée « Biarritz 2.0 » et invitent tous ceux qui le souhaitent à participer à un forum citoyen, le 7 octobre prochain. Alors que la majorité municipale navigue à vue, on ne peut que se réjouir de cette initiative, car la Ville a plus que jamais besoin de réflexion et d’imagination face à ses trois grandes plaies actuelles, la Cité de l’Océan, l’Hôtel du palais et le BO. Ensuite, il est permis de sourire quand cette association s’annonce apolitique.

Philippe Nalpas n’élude pas : « Si un citoyen biarrot avait pris cette initiative, je me serais immédiatement rangé à ses côtés. Il se trouve que nous sommes nombreux à être membres des Républicains, mais ça ne doit pas empêcher le débat entre citoyens à propos de l’avenir de Biarritz« . Et que pense Max Brisson de Biarritz 2.0? « Il a été tenu au courant et ne s’y est pas opposé« , rétorque l’ancien président des jeunes UMP. Qui va soudain faire preuve d’une sympathique franchise : « J’ai le virus de la politique et je crois que je n’en guérirai jamais. À 36 ans, j’ai éprouvé le besoin de me positionner dans la perspective des élections municipales de 2020« …

Encore un, qui va être très préoccupé tous les matins en se rasant!

Philippe Nalpas précise

Réponse fort courtoise de Philippe Nalpas, le jour même de la parution de l’article : « J’ai lu avec attention votre article. Vous n’avez pas perdu votre coup de griffe en tout cas. Je crois cependant qu’il y a eu une confusion sur le constat d’un certain amateurisme. C’est bien de l’actuelle majorité que nopus parlions. Vous avez attribué cette pique à Max Brisson et, du coup, cela contredit nos propos« .

Dont acte. Avec son mauvais esprit légendaire, Bisque, bisque, Basque! s’était imaginé que le qualificatif d’amateur visait à la fois Veunac et Brisson, ce qui n’avait rien de très surprenant puisque les deux sont toujours d’accord!

Flou total autour de Bisque, bisque, Basque!

Flou total 03Lors de mon installation, il y a une dizaine d’années, on m’avait prévenu que Biarritz était une ville éblouissante qui adorait la poudre aux yeux, mais de là à imaginer la suite… Difficile de savoir si la responsabilité incombe à l’étincelante Cité de l’Océan, aux brillantes fulgurances du maire qui nous gouverne, ou si c’est l’opposition véhémente et incessante de Max Brisson à Michel Veunac, totalement respectable car absolument dénuée de toute arrière pensée politique, qui m’a tapé dans l’œil?

Les deux ophtalmologistes consultés, l’un à Biarritz et l’autre à Paris, sont formels : L’informaticien François Amigorena, un temps soupçonné d’être l’auteur du virus qui s’attaque à mes yeux, doit être lavé de tout soupçon. Plus prosaïquement, dans une ville bling-bling, qui rejette ses merdes au large, en priant pour que la marée ne les ramène pas trop vite sur la plage, la baignade ou une simple poignée de main avec un porteur du virus constituent des pistes plus que probables.

Verdict, entre un à six mois avant la guérison, tellement la cornée est abimée. Aux oubliettes, pour le moment, les joies de l’océan, du vent qui souffle ou d’une promenade à bicyclette. L’ordinateur ne m’est pas interdit, mais la vue est floue et ma production pour le blog un peu incertaine. Bien sûr, dans ma tête, je garde un œil de lynx sur l’actualité, mais quand il faut aligner les mots, je n’ai plus que mes yeux pour pleurer…

En attendant, comme un clin d’œil, je peux réaliser un reportage vécu sur les difficultés de la chaussée pour les gens malades, handicapés ou âgés : le soleil qui éblouit, les ombres imprécises, les poussières de la rue qui semblent toutes vouloir se faufiler sous les lunettes, et la difficulté à lire le journal ou les étiquettes des prix au supermarché. Et, je vous l’affirme les yeux dans les yeux ce qui va vous demander un certain courage,  j’espère continuer à vous faire rire même avec des sujets aussi peu drôles…

Avec ce blog, je savais que la mairie m’avait à l’œil, mais personne ne m’avait prévenu que j’allais devoir subir un traitement qui allait me coûter les yeux de la tête, avant d’être à nouveau bon pied… bon œil!