« Chipsable ou pas… chipsable ! »

max brisson 001La Marquise revient dans La Semaine du Pays basque. Sa plume délicieusement acide nous a beaucoup manqué tout l’été et tous les impertinents du Pays basque ne peuvent que se réjouir de son grand retour.

Ma toute douce,

Me voici de retour dans notre cher pays. 

Après deux mois d’absence, je reprends avec bonheur la plume pour vous tenir au courant de la vie de ceux qui nous gouvernent et je ne saurais ne pas commencer cette nouvelle correspondance sans vous donner des nouvelles de notre joli poupon de Max Brisson.

Vous vous souvenez qu’avec notre rural ami le sénateur et président Lasserre, notre baigneur cracheur avait voulu vendre la résidence paloise privée de notre distingué et si élégant préfet, la villa Sainte-Hélène à Pau ! Vengeance quand tu nous tiens, Ostia de Ostia !

Mais le préfet qui est loin d’être un sot a profité du début de l’été pour inviter à déjeuner, justement en sa résidence, notre mignon poupon. Notre bien-nourri a accepté l’invitation, car s’il est colérique et devient vite rouge écarlate à la moindre contrariété, il ne faut pas nier qu’il a bon cœur et ne sait pas ce que c’est la rancune, comme il le confiait d’ailleurs l’autre jour : « Eh bien, Domège, mon ami, mon frère qui m’a trahi, je veux bien le reprendre prochainement aux Républicains. Car un homme comme lui avec sa langue de… me sera très utile pour coller les enveloppes ! »

Donc notre beau Max a honoré l’invitation préfectorale. Déjeuner raffiné et succulent et préfet brillant d’esprit séduisant le poupon qui confiait à son chauffeur en rentrant en son palais : « Ce préfet est un type finalement épatant et sa table est SUCCULENTE et COPIEUSE ! Même que je n’ai pas envie de ce paquet de chips que vous m’avez déposé sur le siège arrière. C’est pas de la vulgaire tambouille chez lui, pas comme quand la MAM me recevait comme un miséreux au Ministère. Ca tient son homme chez le préfet Durand ! »

Du coup, en retrouvant le Jean-Jacques en son palais, le moral était au beau fixe :

Alors Mon Max, Mon Républicain bask-tarrak à moi, tu lui as dit au Durand qu’on lui reprenait sa masure ?

– Oh Mon Jeannot, Mon Bide-au-chaud que Non ! Ma  Splendeur centriste et humaniste, Mon Bayrou-de-secours départemental, j’ai changé d’avis vois-tu !

– Quoi ? Ostia de Ostia ! Où sont mes pilules pour mon palpitant avant que je me fasse l’AVC!?

– Ne t’énerve pas ma splendeur-pyrénéenne-et-atlantique-réunie ! Ecoute-moi ! La table du préfet, c’est Versailles au temps de Vatel et pas avec la Vitel, crois-moi ! Pas du Château Décrasse-ça ! Que des grands crus, que du sublime quoi !

– Oh OSTIA ! Alors dis-moi tout ton repas en détail mon bouffeur de socialistes !

Et notre Max de lui raconter par le menu le menu. Et de conclure :

Alors voilà, on lui laisse sa baraque à la condition qu’il nous invite chacun une fois par mois à bouffer !

Mais un autre épisode gastronomique attendait notre poupon lors de la corrida des Fêtes à Bayonne. Car notre Yves Ugalde, le Saint-Simon Facebook du règne glorieux de l’élégant et frétillant Jean-René 1er, toujours très inspiré par l’esprit de Pampelune, avait décidé d’organiser un entracte après les trois premiers taureaux. Et dans la loge municipale, le distingué directeur de cabinet du maire de Bayonne, avait eu l’attention des plus délicates, d’offrir un panier de pique-nique garni aux invités de son hidalgo de maire. Du grand art !

Et notre poupon de s’en réjouir :

Veunac lui ne nous donne rien à becqueter pendant ses séances épouvantables du conseil municipal où il nous raconte pendant des heures interminables ses histoires de Cité de l’Océan ! Et dormir le ventre vide, je n’aime pas ça ! Au moins à Bayonne, le Etché il sait vivre. Il connait les usages Mon Etché-tarrak. Et j’ai eu mon joli panier garni pour me régaler. Bon seule chose, j’ai trouvé un énorme paquet de chips dedans ! Je me demande toutefois si ce n’était pas un rien moqueur, une sorte d’allusions aux lettres de cette vieille chipie de Marquise, cette déplumée de la plume !

Il faut dire que cela a effectivement fait se marrer tous les invités présents, cette pochette de chips républicaines (je me suis laissé dire qu’elle aurait été offerte par l’excellent Michel Hoff, invité du maire). Mais ceux qui se marrèrent moins, ce sont les manants (dont les membres de l’opposition) qui étaient dans la partie haute de la tribune municipale, car rien ne fut prévu pour eux ! Commentaire d’un fin observateur :

Si tu comptes aux yeux de Jean-René 1er, tu es en bas de la loge avec lui et câliné. Si tu es dans la partie haute, tu n’es pas chipsable !

Eh oui, ma toute douce, la vie est parfois bien cruelle et notre joli Poupon n’est, de plus, pas prêteur pour une chips :

Je veux bien donner des investitures à tous ces miséreux, même à la Sylvie et avec bon cœur croyez-moi ! Mais personne, PERSONNE, vous m’entendez, n’aura mes chips ! Car dans la vie politique, on est chipsable ou on ne l’est pas !

Je vous laisse, Ma toute Douce, et à la semaine prochaine. Comptez sur moi.

Votre Marie, Marquise de vérité.

Les besogneux

Les besogneux

À tombe-ballon, nul doute que le XV de France fait partie de l’élite mondiale.

De la même façon que l’humoriste parisien Ferdinand Lop, dans l’entre deux guerres, préconisait de supprimer le wagon de queue des trains, source de tous les accidents, on devrait interdire le dernier match amical de préparation d’avant mondial, tellement il est évident que pour tous les joueurs, la hantise de se blesser et de ne pouvoir participer à la compétition l’emporte sur l’envie de jouer.

Alors que la Fédération française de rugby avait dû distribuer force billets gratuits pour remplir le Stade de France à l’occasion de ce match sans enjeu contre l’Écosse, la seule surprise de cette rencontre se produisait au moment de l’exécution des hymnes. C’est a cappella, que les spectateurs et les joueurs entonnaient le magnifique Flower of Scotland  et la très guerrière Marseillaise.

Étonnez-vous après cela que les joueurs aient livré ensuite une partition mezza voce où les maladresses, les ballons tombés et les intentions de jeu avortées remplissaient le match, finalement remporté de justesse 19 à 16 par le XV de France, après un essai de Seymour à la 61e et un essai de Nakaitaci à la 73e.

Pathétique Saint-André

Il n’est que notre clairon national, qui n’a jamais manifesté le moindre sens de la mesure, pour entonner le chant de la victoire. « On va partir plein de confiance » affirme sans rire Philippe Saint-André à L’Équipe. C’est oublier un peu vite, qu’avec le panache qui était encore, il y a peu, notre marque de fabrique, l’Écosse a refusé de tenter une pénalité face aux poteaux à quelques secondes de la fin, préférant une victoire possible à un nul. C’est oublier aussi ces six mêlées successives sous les poteaux écossais, sans que le pack français ne parvienne à faire la différence. Et l’on aura une pensée pour François Trinh-Duc et Rémy Lamerat, devant leurs téléviseurs, qui ont dû se demander, au vu des prestations de Frédérick Michalak et Alexandre Dumoulin, pourquoi ils n’étaient pas du voyage anglais.

Contrairement à l’entraîneur national, les petits facétieux de Boucherie ovale qui sévissent sur Twitter, ont au moins eu le mérite de nous faire rire pendant ce match d’un ennui mortel. À eux le mot de la fin :

« Point positif : on a gagné. Point négatif : le monde entier a vu que les Écossais sont meilleurs que nous ».