Pauvre Virginie, sacré Bruno!

Calmels 01

Sympathique mais pas très charismatique, Virginie Calmels, cramponnée à son pupitre, a paru bien tendre en comparaison de Bruno Le Maire : taper à bras raccourcis sur les socialistes, ne suffit pas à faire un programme.

Si « L’exactitude est la politesse des rois« , Virginie Calmels et Bruno Le Maire, venus en meeting, le 20 octobre à Anglet, et arrivés avec 45 minutes de retard, montrent qu’ils ont encore des progrès à faire, avant d’être à la hauteur du titre suprême qu’ils convoitent chacun de leur côté. Dans la salle des fêtes, bondée comme jamais, et où une bonne partie de l’assistance a dû rester debout,  l’ex-ministre de l’Agriculture se met immédiatement le public dans la poche en expliquant son manque de ponctualité par un nouvel excès de vitesse, en racontant ses stages réguliers pour retrouver des points de permis ou en révélant les moqueries d’un moniteur lui disant « Avant, vous aviez les motards devant et maintenant, vous les avez derrière!« . Sans doute un peu grisé par les applaudissements, Bruno Le Maire ira même jusqu’à se contredire, quelques instants plus tard, en affirmant qu’il était installé avant le meeting, dans le bureau de Claude Olive, en vacances cette semaine, et que le lieu lui a paru tellement confortable qu’il allait briguer la mairie d’Anglet et renoncer à un mandat national, « ce qui fera sans doute plaisir à certains« .

Mais le public des ex-UMP, devenus républicains (… Je ne m’y ferai jamais à ce détournement d’un des plus beaux mots de la langue française au profit d’un parti!) est bon enfant et décidé à applaudir à tout rompre le moindre propos proféré par la candidate aux régionales ou par le candidat aux primaires de la droite.

Virginie Calmels ouvre le bal des discours. Si l’on se réjouit de voir arriver de nouvelles têtes en politique, si l’on ne veut surtout pas être taxé d’antiféminisme primaire, disons-le clairement, le discours de Virginie, sympathique, énergique, mais tellement primaire, relève pour le moment du cours élémentaire deuxième année et d’une mention « appliquée, mais peu douée. Peut mieux faire »… Ce qui ne veut pas dire qu’elle ne réussira pas un jour.

Petites roueries pour public conquis

Calmels Le Maire

Ce n’était pas très difficile, mais Bruno Le Maire, par son talent oratoire, par son sens de l’anecdorte, s’est mis toute la salle dans la poche.

Pas encore de programme officiel, puisque la liste n’est définitive que depuis le matin, mais quelques roueries pour récolter des applaudissements enthousiastes. Des remerciements interminables à toutes les personnalités locales présentes, des attaques en piqué sur le gouvernement socialiste « On en a marre de travailler dur et de subir le matraquage fiscal des classes moyennes« , une évocation systématique de son parcours dans l’entreprise -comme si la fréquentation d’Endémol ou de Canal + permettait d’affirmer qu’on est dans la vraie vie!- et une affirmation catégorique : « Il nous faut des élus neufs, volontaires, courageux » Suivez mon regard!

Virginie Calmels se moque ensuite d’Alain Rousset « Jamais invité sur les plateaux télé« , contrairement à elle, (voilà un critère probant quand on sait à quelle vitesse la télé brûle ce qu’elle a adoré!), avant de balancer des promesses tous azimuts en direction des chômeurs, des jeunes, des femmes, du patrimoine (« en commençant par la rénovation de nos églises »), des agriculteurs et des artisans. N’en jetez plus!

« Aliénor » en rosit de plaisir

Tandis que Virginie Calmels se rassoit, on se dit que les organisateurs n’ont peut-être pas eu une bonne idée de réunir dans le même meeting Virginie Calmels et Bruno Le Maire. Un peu comme une maman, trop aimante, qui, pour fêter la victoire de son fils, capitaine de l’équipe minime de rugby d’Ustarritz, demanderait à Sébastien Chabal de venir passer une tête dans les vestiaires. À qui va-ton s’intéresser?

Ce que l’on pressent, arrive. Tandis que Calmels est laborieusement restée scotchée derrière son pupitre, Le Maire s’empare du micro, déambule dans l’allée centrale, joue la complicité avec la foule, multiplie les anecdotes de proximité qui font chavirer de bonheur la salle. Et ça, du talent oratoire, il en a, l’ancien élève de Normal Sup! Et contrairement à Nicolas Sarkozy, qui aux dernières nouvelles n’est toujours pas venu à bout de « La Princesse de Clèves« , il n’écorche pas la langue française.

Se sachant en famille, Bruno Le Maire ne recule devant aucun effet de manche pour galvaniser la foule et l’inciter à distribuer des tracts pour « cette dernière bataille territoriale avant la grande bataille nationale ». Après un couplet sur le cumul des mandats qui déchaînera la foule, Le Maire assène « Voter pour le FN, c’est mettre un bulletin de vote pour le PS ». Avant d’oser comparer Virginie Calmels, qui en frétille de plaisir sur sa chaise, à Aliénor d’Aquitaine et de souhaiter que la candidate aux Régionales devienne « reine d’Aquitaine, reine de Poitou-Charentes et reine du Limousin ».

Une reine qui,  après avoir bien insisté sur le besoin d’élus neufs, aura tout de même un mot pour « ceux qui, comme Max Brisson, ont accepté le jeu du renouvellement et ce n’est pas toujours facile« . Debout contre un mur, même pas convié à s’asseoir avec le gratin politique régional, Max Brisson a péniblement opiné, mais pour le « volontaire écarté d’office » la pilule a visiblement du mal à passer.

Et pendant ce temps, j’ai même vu des républicains de Biarritz, venus pour la réunion, rire sous cape…

Non, n’insistez pas, je ne vous donnerai pas les noms!

Une réflexion sur “Pauvre Virginie, sacré Bruno!

  1. Nous n’insisterons pas, NON !
    Nous ne demanderons pas de noms, non plus !
    Tout ça n’est que du Bas-de-gamme qu’on soldera plutôt à la prochaine brocante ;-((
    Mais je voudrais revenir sur TREIZE mini-lignes écrites par le Piéton de Bayonne au sujet de CE BLOG et du DERBY à venir qui verrait Geronimo salué par Pottoka !
    Il faut croire que tout ce qui touche au manque de considération des Biarrots envers leur mascotte RALLUME plus que jamais l’enthousiasme des LECTEURS Bayonnais de ce BLOG :-)))
    Nota Bene —>> j’en appelle néanmoins au Piéton Bayonnais pour éviter, à l’avenir … d’utiliser l’expression « les bruits rapportés » : ça fait très mauvais effet ! …déclenchant même quelques éructations dont ON se passerait bien volontiers ;-(((

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