Rire de tout… et même du rugby !

La-Con-fusion-CouvertureLe rugby est une religion, ainsi que l’affirme une enseigne bien connue à Toulouse et Bayonne. Mais, même si ce sport compte quelques extrémistes, les éclats de rire demeurent la meilleure façon de le vivre et l’intégrisme n’y est pas de mise. Dans une joyeuse troisième mi-temps, où textes, images et mise en scène fraternisent, le dessinateur d’Arcangues Dominique Mutio, la directrice artistique Aïtana design et le journaliste biarrot Jean-Yves Viollier, convaincus qu’on peut rire de tout mais pas avec n’importe qui, ont revisité la tentative de fusion ratée et pittoresque qui a mis en effervescence le Pays basque pendant plusieurs mois. Le remède idéal contre une actualité nationale parfois anxiogène!

« LA CON-FUSION, Aviron-BO histoire d’une fusion ratée« , éditions Atlantica, 84 pages, 18 €. En vente à partir du 4 décembre.

LA CON-FUSION GéronimoLA CON-FUSION Pottoka

Les dédicaces prévues

Mardi 8 décembre, 17h à 19h : Carrefour Anglet, avec la participation de Géronimo

Samedi 12 décembre, 10h à 12h : maison de la presse de Saint-Palais.

Samedi 12 décembre, 15h à 17h : Leclerc Bayonne.

Samedi 19 décembre, 10h30 à 12h30 : Carrefour Anglet.

Samedi 19 décembre, 17h30 à 19h30 : librairie Louis XIV, Saint-Jean-de-Luz.

Lundi 21 décembre, 17h à 19h : librairie Darrigade Biarritz.

Mardi 22 décembre, 17h à 19h : Carrefour Tarnos.

La-Con-fusion_40-41La-Con-fusion_48-49La-Con-fusion_60-61

Ganesh Pedurand, le champion qui n’a pas peur des vagues

Ganesch 01Avec la plus totale courtoisie, il a fait boire la tasse à Nadine Morano, après ses propos sur la France de race blanche. Les réseaux sociaux se sont enflammés pour la lettre ouverte publiée sur son blog (http://journaldunageur.blogspot.fr/), avant que Libération 1 puis Le petit Journal de Canal+2 ne prennent le relais.

(http://www.liberation.fr/sports/2015/11/22/nager-apres-les-attentats-c-est-presque-etre-hors-du-temps_1415310?xtor=rss-450)

http://www.canalplus.fr/c-emissions/c-le-petit-journal/pid6515-le-petit-journal.html?vid=1324388

Mais Ganesh Pedurand est bien plus que cela : trois fois champion de France de natation, il vient aussi de terminer ses études à l’École de Journalisme de Toulouse et incarne tout ce qui fait la richesse et la noblesse de ce pays. Rencontre avec un ancien élève, côtoyé en 2012, lors de sa première année d’étudiant.

Ganesh, tu as choisi comme mémoire de fin d’étude  » Le système médiatique occidental favorise-t-il la communication de Daesch« . Tu n’as pas hésité avant de t’attaquer à un sujet aussi difficile?

– Non, c’était une évidence. Avec le raid meurtrier de Mohamed Merah, perpétré à Toulouse en mars 2012, on a énormément évoqué le sujet. Début 2015, les attentats de Charlie Hebdo m’ont ancré dans ma décision. Charb était venu l’année avant mon arrivée pour parler du dessin de presse et un de ses dessins était affiché à l’entrée de l’école. Avant les attentats de Charlie, je savais déjà que le journalisme n’est pas une activité anodine, mais voir des journalistes mourir au nom de la liberté d’expression m’a scandalisé. Paradoxalement, ça m’a encore plus ancré dans ma conviction de faire ce métier et donné encore plus envie, d’analyser, de comprendre et d’expliquer aux autres…

Qu’as-tu appris sur Daesch avec ce mémoire?

– J’ai découvert que ce ne sont pas des idéologues coupés du monde ou des arriérés, mais des gens qui ont su recruter des experts hyper-pointus pour profiter de notre système d’information continue et donner un retentissement mondial à des événements hyper-ciblés.

– Vois-tu une différence entre les attentats de janvier et ceux de novembre?

– Très nette. En janvier, les Français, ont cru qu’ils n’étaient pas directement concernés,  et se sont persuadés qu’on s’attaquait à l’autorité de l’État ou à des gens qui s’en étaient pris à l’Islam. En novembre, ils ont compris que toutes les strates de notre société sont visées. Avec ces gens morts aux terrasses des cafés, les terroristes sont arrivés à créer une sorte d’unité nationale. J’ai encore besoin d’étoffer mon bagage historique sur ce conflit, mais je sais qu’on ne règle pas ses divergences de vues à coups de kalachnikov…

 Sur les mots, en revanche, tu n’hésites pas. Voici ce que tu as écrit dans ton blog :  » Vous ne nous diviserez pas par vos actes infâmes. Vous n’empêcherez pas nos femmes d’être nos égales. Vous ne nous empêcherez pas de danser, de chanter, de nous exprimer. Vous ne nous enchaînerez pas à votre discours fataliste et réducteur

Envoyer au suicide des jeunes en manque de repères ne vous honore d’aucune gloire.

Votre folie n’a d’égale que votre étroitesse d’esprit. Et l’infime trou par lequel vous voyez notre monde ne vous autorise pas à assassiner des innocents dont le seul tort a été de vouloir profiter de la vie.

Sachez Messieurs que jamais, vous ne mettrez fin à notre culture, à nos mœurs, à notre conception de la vie. Vous pouvez toujours essayer de nous abattre, nos valeurs, elles, ne cesseront jamais d’exister. Nous ne tremblerons pas. Et nous continuerons de brandir notre amour et notre liberté pour mettre à mort votre ignoble combat. »

– (Rires) Quand je pense que mon intention sur ce blog était de parler de natation!

Quelles ont été les réactions à ce buzz médiatique soudain?

– Mon président (Les dauphins du TOEC) était super content. Mes potes, eux, m’ont bien charrié. Ma famille guadeloupéenne était ravie que j’affirme ainsi mon amour de mon pays. Le sport n’est pas raciste, mais, beaucoup de profanes ont du mal à imaginer qu’un sportif de haut niveau puisse aussi avoir une réflexion personnelle. L’écriture journalistique m’est pourtant indispensable. Quand je rentre après un entraînement, je suis content de retrouver ce plaisir d’écrire. Je fais des articles pour La Dépêche du Midi, je m’occupe de la communication audiovisuelle de mon club et, en fonction de ma qualification, en avril prochain,  aux Jeux Olympiques de Rio, j’aviserai.

Tu as une chance de te qualifier?

– Je ne suis pas un nageur de première catégorie internationale (D’une modestie totale, Ganesh Pedurand oublie de préciser qu’il a été trois fois champion de France en 200 mètres quatre nages en 2011,2014 et 2015) Pour le moment je fais une modeste carrière internationale, mais j’espère bien être à Rio.

– Terminons avec l’ânerie proférée par Nadine Morano.

– Je me suis efforcé d’écrire avec un peu de recul, de ne pas être dans la véhémence. Pourquoi diviser les gens? Je crois que c’est ce qui a plu, cette réponse réfléchie à des propos très clivants.

– Et tu as eu des réactions de politiques?

– Pas beaucoup. An niveau national, seuls Valérie Fourneyron et Benoït Hamon se sont manifestés.

Une nation sans couleur – Lettre ouverte à Nadine Morano

« La France est un pays judéo-chrétien de race blanche ».

Une phrase prétendument empruntée au Général de Gaulle pour justifier la perpétuation d’un racisme quotidien anodin. Une phrase qui entretient cette idée qu’un français qui n’est pas blanc et judéo-chrétien n’est pas tout à fait un français.

Entendre ceci de la bouche d’une ancienne Secrétaire d’État de la famille et de la solidarité me consterne profondément.

Je me permets Madame la députée européenne de vous conseiller d’allumer votre télévision ou simplement de vous rendre au bord d’un bassin, dans un stade ou le long d’un tatami.

Vous vous rendrez compte Madame, que la France n’a ni couleur ni religion.

Lorsqu’un sportif aborde une compétition internationale, il vient sublimer l’art qu’il pratique au quotidien. Il vient avec l’intention de gagner, de se dépasser, de livrer corps et âme dans une âpre bataille.

Mais il vient surtout représenter son pays, sa patrie, sa nation. Il est fier. Fier de porter haut les couleurs du drapeau tricolore.

Croyez vous Mme Morano que Teddy Riner s’est demandé s’il n’était pas trop noir pour être français lorsqu’il a conquis chacun de ses huit titres mondiaux en judo ? Croyez-vous Madame Morano que Zinedine Zidane s’est demandé s’il convenait au standard que vous définissez lorsqu’il a marqué deux buts en finale de la Coupe du Monde de football 1998 ?

Avez-vous souvenir d’un tel rassemblement populaire depuis cette victoire emblématique ?

Qu’en est-il de Brahim Asloum ? Laura Flessel ? Paul Pogba ? Karim Benzema ? Coralie Balmy ? Mehdy Metella ?

Pour ma part, le long de ma modeste carrière internationale, j’ai eu l’occasion de représenter la France lors de plusieurs compétitions à travers le monde. Et à chaque fois, l’exaltation était la même. Le plaisir démesuré. Certes, avoir une couleur de peau différente de celle de la plupart de mes adversaires m’a convaincu que j’avais peut-être plus de choses à prouver. Et cela m’a parfois permis de réaliser des performances dont je ne me pensais pas capable.

Néanmoins, lorsque j’étais sur le plot de départ, dans l’eau en train de me battre ou sur un podium, le drapeau tricolore ondulait dans mon esprit autant que dans mon âme. Chaque fois que j’ai eu l’opportunité d’entendre une Marseillaise, elle a résonné jusqu’au fond de mes entrailles, me rappelant comment, à leur époque, d’autres hommes se sont battus pour bâtir la France.

Alors non Mme Morano, je me refuse à accepter ce genre de déclaration venant de personnalités politiques comme vous. Que le buzz vous fasse exister ou non, vous ne pouvez vous permettre ce genre d’égarement qui rend crédible le discours du Front National. La France d’aujourd’hui n’est plus un pays judéo-chrétien de race blanche mais un pays laïque d’origine multi-culturelle dont le sport est la meilleure preuve que les successions d’immigrés et d’anciens colonisés ne sont pas des envahisseurs, mais un apport bénéfique à notre société.

La France n’est pas que blanche. Elle est aussi bleue et rouge. Souvenez vous du perron de l’Elysée. Le drapeau tricolore figurait en bonne place.

Vous pouvez aussi retrouver l’interview de Ganesh Pedurand dans La Semaine du pays basque.

 

 

Avis de coup de vent sur les idées reçues

Avis de coup de vent

Guy Aubertin et Jean-Baptiste Dussaussois, brillants et pédagogues, ont donné des regrets aux littéraires de l’assistance d’avoir négligé les matières scientifiques pendant leurs études. (Photo extraite du facebook de Corine Martineau)

Avec les bourrasques de vent et de pluie qui soufflaient, mercredi soir sur Aguilera, les quarante participants à la conférence organisée par Les Ateliers de la République de Corine Martineau, sur les dérèglements climatiques, se sont tout de suite retrouvés dans l’ambiance. Convaincus et pédagogues, les deux intervenants Guy Aubertin, ingénieur en géologie appliquée, et Jean-Baptiste Dussaussois, ingénieur en écosystèmes aquatiques, nous ont offert une conférence de qualité et adressé à l’auditoire un grand souffle d’intelligence.

Car, il faut bien reconnaître qu’en matière de climat et de réchauffement planétaire, le profane a parfois du mal à s’y retrouver. En s’appuyant uniquement sur des données scientifiques et en présentant des diagrammes très explicites, les deux orateurs, qui ont eu le bon goût de laisser le débat se créer avec la salle, ont permis à tous les participants de mieux comprendre les enjeux de la future COP 21 qui va se tenir à Paris.

Depuis 1900, notre planète s’est réchauffée de 1,7°. Un chiffre qui semble anodin mais qui ne l’est pas, car la fonte des glaciers et la réduction de la forêt équatoriale, grande captatrice de gaz carbonique, sont lourds de conséquences pour notre écosystème. Sans qu’on puisse tout à fait expliquer pourquoi, Biarritz est la ville de France la plus impactée par le réchauffement climatique.

Alors que le monde compte 38 millions de réfugiés climatiques, obligés de fuir leurs terres à cause de la montée des eaux, on pense que l’élévation du niveau de la mer à l’horizon 2100, c’est à dire demain, se situera entre 0,5 mètre et 1,20 mètre. Poursuivant la chasse aux idées reçues, les deux complices qui intervenaient pour la première fois ensemble, tout en donnant l’impression d’avoir toujours fait conférence commune, ont permis à tous de comprendre pourquoi les nations ont du mal à faire cause commune.

Un Chinois ne pollue pas plus qu’un Français

Les anciens grands de ce monde comme les USA ou l’Europe ont consciencieusement cochonné la planète sans se soucier des conséquences futures et demandent maintenant aux pays émergents, avides de consommer, de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Et les chiffres peuvent être parfois très trompeurs. La France est responsable de 1% des émissions de gaz à effet de serre, alors que 22% incombent à la Chine. Mais, si l’on ramène ses émissions à chaque habitant, les Français émettent en moyenne 6,6 tonnes de CO2 par habitant, quand un Chinois est à peine au-dessus avec 7,9 tonnes. La France n’étant pratiquement plus industrialisée, tandis que la Chine produit nombre d’objets industriels, ensuite exportés en Europe, il n’est donc pas pertinent de montrer du doigt les Chinois plus que les Français.

En fait, la pollution doit être l’affaire de tous et les deux intervenants ne cachent pas qu’une course contre la montre est engagée entre les scientifiques qui recherchent de nouvelles solutions et le thermomètre qui ne cesse de grimper « A deux degrés de réchauffement climatique, on peut trouver des solutions techniques. À six degrés, c’est quasiment impossible ». Peu convaincus par les militants de la décroissance, ils croient surtout à une prise de conscience et à une recherche de solutions scientifiques.

La conférence aurait donc été parfaite, si le Cibourien Guy Aubertin ne s’était laissé emporter par sa volonté d’illustrer son propos au moment d’évoquer la montée des eaux : «  Si le niveau de la mer augmente comme prévu fin 2100, on peut imaginer que les habitants du Petit-Bayonne seront obligés de venir se réfugier sur les hauts de Biarritz « .

De quoi donner envie de polluer à quelques Biarrots,  quand on connaît la rivalité légendaire entre les deux villes!

Sans démocratie, l’EPCI n’a pas de sens

EPCI 02

Un vote à bulletin secret qui a été suivi attentivement par tout le conseil municipal…

 « Je veux bien me faire traiter d’énarque, de comptable, Je m’en fiche. On n’a pas été élus pour faire des paris, mais pour défendre les Biarrots! » Jeudi soir, à l’image d’un Lionel Jospin du temps où il était Premier ministre, le Premier adjoint Guy Lafite a fendu l’armure et a parlé avec ses tripes. Et comme nombre de conseillers municipaux en ont fait autant, qu’ils soient favorables ou non à l’EPCI (Établissement Public de Coopération Intercommunale, qui regrouperait les 158 communes du Pays basque), le public a pu assister à un conseil municipal de très haute volée. Pour tous ceux qui ont encore du mal à saisir ce que sera l’EPCI, il suffit d’écouter les 207 minutes du débat, marqué par 19 interventions aussi riches que différentes, pour comprendre l’enjeu qui anime tout le Pays basque.

http://ville.biarritz.fr/mairie-pratique/le-conseil-municipal/videos-deliberations/

Un fossé plus large que l’Adour entre les pour et les contre

Il est évident dans ce débat qu’aucun procès d’intention ne peut être fait à quiconque, car tous les conseillers présents souhaitent une mise en valeur du Pays basque. Mais entre ceux qui voient une opportunité à saisir quels que soient les risques, et ceux qui pensent que la copie préparée par le préfet est plutôt médiocre, le fossé est actuellement bien plus large que l’Adour. C’est ainsi que dans la même coalition des pour, on retrouve les oui convaincus de Max Brisson, Peio Claverie et Édouard Chazouillères, épaulés par Michel Poueyts, Régine Daguerre, Maialen Etcheverry ou Laurent Ortiz et les oui mais de Maïder Arostéguy ou Ghislaine Haye.

Max Brisson (minute 53 sur la vidéo) : « Il faut dire chiche au préfet car la situation de morcellement du Pays basque n’est plus tenable. Pour certains, le moment n’est pas venu. Le problème, c’est que pour le Pays basque, le moment n’est jamais venu ».

EPCI Chazouillères

Edouard Chazouillères en compagnie de Ghislaine Haye. Pour tous les deux.

Édouard Chazouillères (1h37′), excellent, laisse parler ses tripes, lui qui n’est pas né au Pays basque : « Est-ce qu’on la joue petit bras? Il faut saisir cette occasion unique de rassembler tout le territoire. »  Et l’adjoint chargé du commerce de rejeter l’argument de la précipitation : « Si on nous donnait trente ans pour  faire l’EPCI, nous commencerions la trentième année« .

Peio Claverie (2h16′), sans surprise, prévient son auditoire : « Le lyrisme dans le débat public, c’est le sel de la soupe. Mon avis sera favorable même si l’EPCI n’est pas un projet abertzale. L’heure est au réalisme afin de saisir ce que le destin et les hommes nous proposent au Pays basque. La future région aura la taille de l’Autriche, alors, si nous voulons peser, regroupons-nous! »

Maïder Artosteguy (2h32′), se montre plus nuancée et regrette « un timing très précipité« . Malgré cela, elle a envie de croire en cette EPCI, car « l’innovation comporte des risques, mais ils sont moindres que l’immobilisme« . Avant de conclure avec cette citation de Nelson Mandela : « Cela semble toujours impossible, jusqu’à ce qu’on le fasse! »

Des textes ciselés

On l’aura compris, chacun a soigneusement travaillé son intervention et le camp des opposants au projet actuel d’EPCI, a lui aussi des arguments à faire valoir. Les lecteurs assidus de ce blog ne vont pas manquer de sourire de ce compliment, mais Michel Veunac, Guy Lafite et François Amigorena, entre autres, vont avoir des interventions remarquables. Michel Veunac est décidément une énigme : ce maire a une capacité étonnante à conduire un débat apaisé et à accepter que ses colistiers ne soient pas d’accord avec lui. Quel dommage qu’il n’élargisse pas son sens de la démocratie jusqu’aux citoyens biarrots, lors de grandes décisions à prendre comme la relance de la Cité de l’océan! Jeudi soir, son intervention a été limpide (33′). Après avoir rappelé à quel point, il souhaite connaître un jour une entité basque, il a tenu à s’expliquer : « Le graal est à portée de la main, mais nous ne rendrons pas service au Pays basque avec une solution aussi précipitée et mal préparée« , avant d’annoncer qu’il allait proposer au préfet un scénario fédératif qui pourrait constituer une étape intermédiaire. Frédéric Domège s’est retrouvé sur la même position (1h08′) : « Il s’agit d’engager tout le Pays basque dans un nouveau mode de gouvernance. La méthode et l’agenda donnent l’impression d’un passage en force du gouvernement. Je ne vois pas où est l’intérêt des Biarrots dans cette proposition d’EPCI« .

Jean-Benoît Saint-Cricq, pour une fois, approuve totalement le maire (1h12′) : « Seule une consultation des citoyens aurait du sens. Il s’agit de saborder le navire ACBA. Ce machin sera ingouvernable et les villages de l’intérieur seront rattrapés par la fiscalité de la côte ».

EPCI Amigorena

François Amigorena. Contre.

François Amigorena, (1h18′) après avoir évoqué son père Jean et son militantisme basque à la fin des années 30, se fait lyrique : « Quel principe plus fondateur de la République que « Un homme, une voix ». Le projet d’intercommunalité proposé par le préfet bafoue sans vergogne ce principe puisque notre agglomération qui représente 42% de la population n’aura que 24% de conseillers dans la nouvelle assemblée »

Hervé Boissier (1h21′) est du même avis que son collègue et voit dans cette consultation « un piège, volontaire ou non, qui nous est tendu par monsieur le préfet »

Guillaume Barucq (2h48′) a constaté que les petites communes de l’intérieur étaient favorables à ce projet. Le surfeur convaincu s’est amusé de « cette grande vague qui, pour une fois, vient de l’intérieur. Biarritz ne peut pas être sourde à cette volonté. » Bien qu’il n’ait pas envie « de dire non à une communauté unique« , il décide de s’abstenir, car «  nous rêvions d’un pays et on nous propose un EPCI« .

Guy Lafite, enfin, en bon argentier (2h04′) estime que « l’intercommunalité n’a jamais été faite pour résoudre des problèmes d’identité. »  Il sourit quand on lui parle d’économies d’échelle. En effet, avec une EPCI organisant la vie de 195 000 habitants, «  le niveau d’indemnité des 232 conseillers sera beaucoup plus élevé et ça intéresse beaucoup certains »

À quoi tient l’enthousiasme en politique!

Après un vote à bulletin secret, 20 conseillers se prononceront contre le projet d’EPCI, 12 pour et 3 s’abstiendront.

Un déni de démocratie

EPCI Vial

Hervé Boissier, Louis Vial. Contre.

Mais c’est peut-être Louis Vial, opposé à ce projet, qui a eu la comparaison la plus heureuse de la soirée, même s’il affirme « ne pas être orateur » : « Nous avons l’Europe que nous avons. En sommes-nous vraiment fiers. Je ne suis pas sûr ».  L’ancien policier tape juste quand il compare la future EPCI à l’actuelle Europe : « On est dans un chantage et je ne l’accepte pas. J’ai un mandat et je n’ai pas été élu pour ça ». La nécessité de grandir, l’opportunité, tous ces arguments peuvent faire sens, s’il n’y avait ce curieux calendrier choisi. Rappelons que le vote de jeudi n’était que consultatif, et qu’un prochain vote aura lieu au printemps 2016, définitif celui-là, avant que le préfet ne prenne une décision début 2017. Et que se passe-t-il en 2017? Il y a une élection présidentielle avec un certain François Hollande qui rêve de se représenter et qui va utiliser comme argument de campagne sa simplification du mille-feuilles français. Voilà pourquoi on avance à marche forcée!

Lorsque nous avons voté en 2014 pour nos conseillers municipaux, il n’était nullement question d’intercommunalité. Pourquoi un Biarrot va-t-il valoir dans cet EPCI la moitié d’un habitant de Mauléon? Pourquoi une décision aussi importante n’est-elle pas prise au suffrage universel? Voilà où le bât blesse! L’EPCI, pourquoi pas, mais à condition qu’il n’y ait pas hold-up sur la démocratie, à condition qu’on ne nous refasse pas le coup de l’Europe, avec cette Constitution incompréhensible, rejetée par les Français et validée en douce par les politiques, au mépris du verdict des urnes.

L’EPCI peut être une chance pour le Pays basque. L’excellent débat que nous ont proposé nos élus jeudi soir, montre à quel point la décision à prendre est complexe. Mais, c’est peut-être le moment de jouer groupé.  Alors que le préfet observe les réactions et les hostilités, avant de s’efforcer de rendre une copie présentable, tout en ne mécontentant pas le pouvoir en place, les élus biarrots doivent profiter de cette période et de leur poids dans la future EPCI pour obtenir beaucoup plus. Car comment peut-on demander à des électeurs dont on n’a pas sollicité l’avis d’accepter les réussites et les échecs de ce gros machin, qui ne sera qu’une baudruche dénuée de sens, si tout le monde ne se sent pas concerné?

 

 

 

Hier Londoniens, aujourd’hui Parisiens

Charlie hebdo« Rire. Boire. Manger. Danser. Chanter. Sourire. Écouter de la musique. Se promener. S’engueuler, S’aimer. Dormir. Baiser. Caresser. Protéger. Dire. Regarder. Débattre. Jouer. Respirer. Lire. Écrire. Apprendre. Sortir. Aller au cinéma. Choisir. Se cultiver. Râler. Embrasser. Toucher. Dessiner. Raconter. Partager. Critiquer. Fumer. Parler. Draguer. Divertir. Penser. Se gratter le cul (ou le nez). Déconner. Charrier. Vibrer. Rêver. S’émerveiller. Se distraire. Être en retard. Pardonner. Aimer… Vivre…

NE RIEN CÉDER SUR NOS LIBERTÉS »

S’il est un journal à même de nous faire réfléchir sur les attentats, c’est bien Charlie Hebdo, qui a réussi aujourd’hui un numéro tout à fait remarquable, à l’image de la couverture et du texte de la dessinatrice Coco, celle-là même qui avait été contrainte d’ouvrir aux terroristes venus tuer Charb et ses copains.

Et pas un mot non plus à changer dans l’éditorial du rédacteur en chef Riss, gravement blessé à l’épaule  le 7 janvier dernier : « Du sang et des larmes, prophétisait Churchill. Nous y sommes. Sans s’en apercevoir, les Parisiens de 2015 sont un peu devenus des Londoniens de 1940, déterminés à ne pas céder, ni à la peur ni à la résignation, quoiqu’il leur arrive sur le coin de la figure ».

Et  le même de conclure : « Les seuls qui ont intérêt à voir les Français s’entredéchirer, ce sont les terroristes. Ils n’attendent que ça, de voir la haine s’emparer des citoyens français, comme elle s’est emparée de leurs petites cervelles« .

Onze mois après les attentats de Charlie Hebdo, notre pays affiche des progrès très nets et c’est tant mieux. Nous avons tous conscience désormais que nous ne sommes qu’au début d’une longue série d’horreurs. Résister, c’est aller vers l’autre, chercher à le comprendre, éviter les mots qui blessent et qui divisent. Résister, c’est percevoir que notre société multiculturelle est une chance. Résister, c’est répéter sur tous les tons que la laïcité c’est la liberté de pratiquer librement sa religion sans imposer ses vues à l’autre. Alors que l’on est frappé d’entendre beaucoup moins de raccourcis, d’approximations et d’amalgames qu’en janvier dernier, il est réjouissant de voir qu’une vielle dame, interviewée par hasard lors d’un micro-trottoir de BFM va trouver les mots justes.

Danielle, militante des droits de l’homme de 77 ans, laisse parler son cœur et la toile s’enflamme : « C’est très important de voir, plusieurs fois, le livre d’Hemingway « Paris est une fête » parce que nous sommes une civilisation, très ancienne, et nous porterons au plus haut nos valeurs. Nous fraterniserons avec les 5 millions de musulmans qui exercent leur religion librement et gentiment, et nous nous battrons contre les 10 000 barbares qui tuent, soi-disant au nom d’Allah. »

Une belle façon de faire un pied de nez à Nadine Morano et ses grotesques élucubrations sur la race blanche!

Le BO dimanche de Géronimo

Géronimo 02

Drapeau bayonnais dans une main, drapeau biarrot dans l’autre, Géronimo fait l’unanimité partout où il passe, à l’exception de quelques grincheux du conseil d’administration du BO, dont le seul geste pour aider le club consiste à soulever et engloutir des petits fours.

Il faut être singulièrement déconnecté de la réalité pour ne pas se rendre compte que cet homme est un distributeur de bonheur, doté d’une arme fatale, le DSI, le Déclencheur de Sourires Irrésistibles… Comment un club, actuellement en pleine crise d’identité, et qui vient une fois de plus de perdre 32-25 contre Bayonne, histoire de conforter sa dernière place, peut-il se passer d’un Géronimo qui fédère tout le monde avec sa bonne humeur et son dynamisme contagieux? Un peu comme si le XV de France de Rives et Bastiat avait souhaité écarter Roger Couderc de son poste de commentateur pour cause de chauvinisme outrancier! En dehors de sombres règlements de compte politiques, comment trouver une explication rationnelle justifiant de se priver d’un tel ambassadeur, bénévole de surcroît?

La géniale folie de l’Indien

Géronimo 01Ce qui est magnifique chez Géronimo, c’est qu’il va au bout de ses idées, au bout de sa géniale folie. Ulcéré d’être mis sous surveillance dans son propre stade d’Aguilera, désespéré de voir les travées désertes et la ville de Biarritz redevenir indifférente au rugby, l’indien Robert Rabagny s’est soudain souvenu qu’on est en République. Et qu’en République, si certains font les cons tous les jours, rien ne l’empêche lui de faire le con à son idée les jours de match et d’arriver déguisé en indien dans les tribunes.

Géronimo 03

Biarrots et Bayonnais fraternellement mêlés attendent Géronimo de pied ferme.

Pour avoir passé six heures en sa compagnie dans son camion, il faut voir la ferveur qu’il suscite. Partout les visages s’illuminent à son arrivée, et les badauds se pressent pour saluer ce Robin-des-Bois du ballon ovale, noble, désintéressé et si loin des tristes magouilles du rugby professionnel. S’il n’a pas accordé mille selfies en ce beau dimanche de derby, alors il n’en a pas accordé un! Avec son camion à boxon, les femmes se déhanchent, les enfants tendent les bras à l’indien, les pères rigolent et les commerçants lui courent après un verre de vin à la main. Elle n’est pas belle la vie, un jour de derby?

La foule scande « LI-BÉ-REZ RA-BA-GNY!« 

Géronimo 04

Même Jean-rené Etchegaray, ici aux côtés de Francis Salagoïty, y est allé de sa photo…

À Bayonne, l’accueil a été monumental, que ce soit chez les frères Brillant, chez Ramina ou aux halles, avec un bon millier de personnes l’applaudissant. Car tout le monde aime Robert qui n’hésite pas à entonner la Peña baiona après AUPA BO! Dans la bousculade de l’avant-match, même le maire de Bayonne, Jean-René Etchegaray a dégainé son portable pour immortaliser l’instant. Il faut dire aussi que Géronimo n’a pas son pareil pour mettre les rieurs de son côté. : « Je l’avoue. J’ai longtemps souffert que Pottoka soit beaucoup plus dynamique que moi… Surtout le jour où il a sauté en parachute. « 

Perplexité de la foule…

« … Mais cette fois, je suis motivé et, pour être plus fort que lui, je vais sauter sans parachute… D’autant plus que c’est le BO qui me paie le billet d’avion pour être certain que je saute! »

Un gros pardessus gâche la fête

Géronimo 07L’arrivée au stade est interminable. Tout le monde veut être photographié avec l’ex-mascotte : « Prenez vite une photo, car je suis une espèce en voie de disparition. Votre cliché, dans quelques années, il vaudra des sous ». Installé au milieu de Bayonnais, qui se gondolent à ses plaisanteries, il explique que « les Biarrots préfèrent faire la fête avant le match… Parce qu’ils n’ont pas souvent l’occasion de la faire après« .

Et lorsque la nouvelle mascotte Koxka apparait sur le terrain, dans le sillage de Pottoka, on entend nettement les tribunes scander  « LI-BÉ-REZ RA-BA-GNY!« , tandis que la tribune d’honneur entonne : « Non, le BO n’est pas mort, car Géronimo chante encore »

 Malgré l’authentique tristesse que peut ressentir Robert Rabagny lorsque ses couleurs sont défaites, tout aurait donc été pour le mieux dans le meilleur des mondes des derbys intelligents, si à la mi-temps Guy Canavy, administrateur du BO, n’était venu, sous couvert de paternalisme, rabrouer  notre indien en lui disant qu’il ferait mieux d’arrêter.  Quand ce n’est pas la sécurité collée aux basques, c’est la remontrance de quelqu’un qui ne paie pas son billet à quelqu’un qui l’a payé. Curieuse conception de la liberté d’expression! Mais dans ce club qui marche sur la tête actuellement, qu’attendre d’autre qu’un manque absolu de reconnaissance pour ce grand monsieur qu’est Géronimo?

Géronimo 09Koxka pour ça!

Il a la langueur de ces adolescents mal réveillés que les pères ont jeté bas du lit, le dimanche, pour qu’ils aillent au match. Si ce grand dadais qui agite faiblement la main est une mascotte, alors, pas de doute, Pottoka avec son tempérament de furieux est danseuse étoile au Bolchoï. Il fallait voir, la semaine dernière contre Béziers, le boutonneux Koxka traîner sa misère au milieu des BO Dolls (Oui, ça existe!), évoquant, avec son air coincé, le grand Duduche égaré au milieu des filles du proviseur.

Géronimo 11L’explication de cette erreur de casting absolue se trouve peut-être dans les boutiques du club rouge et blanc. Quelques génies méconnus du marketing se sont sans doute dit qu’il convenait de sacrifier Géronimo et sa grande gueule pour pouvoir faire trois sous de bénéfice dans le textile : des tee-shirts pour enfants avec l’effigie de Koxka viennent de faire leur apparition. Évidemment, personne n’en achète pour le moment. Les pères ont pourtant tort de dédaigner ce produit. Compte-tenu du classement du club, ils pourraient présenter ainsi leur rejeton affublé du tee-shirt de la mascotte : « Mon petit dernier ».

Géronimo 12

Et un grand bravo à Roman, car piloter Géronimo, c’est loin d’ être simple!

Géronimo 10

La vraie vie, selon Virginie…

Calmels 008

Qui va dire à Virginie Calmels qu’une élection régionale, ce n’est pas une émission de télé-réalité et que les téléspectateurs ne votent pas par SMS?

Partie à la conquête d’une région dont on ne sait pas encore précisément le nom, même si Sud-Ouest-Atlantique semble tenir la corde, Virginie Calmels, l’adjointe d’Alain Juppé, profite de chaque meeting, de chaque interview pour se gausser de ses rivaux politiques. À l’en croire, elle et elle seule peut se prévaloir d’une « expertise »  de « femme de terrain ancrée dans la réalité« , contrairement au technocrate Rousset ou au « petit prof » Dartigolles.

L’ancrage dans la réalité variant considérablement d’une personne à l’autre – Marie-Antoinette, quand elle soignait ses moutons au hameau de la Reine à Versailles, était persuadée d’être une véritable fermière et Liliane Bettencourt convaincue qu’Éric Woerth venait à Neuilly pour ses beaux yeux!- il convient donc de s’intéresser à ce brevet de réalisme que s’auto-décerne avec aplomb la blonde quadragénaire, et de regarder d’un peu plus près la vraie vie de Virginie.

La télé-irréalité mène à tout…

Grande modeste, la candidate politique vous avoue qu’avant quarante ans, elle avait déjà organisé trois plans de licenciement,  mais précise que « certains des licenciés lui ont offert des fleurs« , histoire de faire pleurer dans les chaumières. C’est sans doute un pur hasard, si elle oublie très souvent de citer le nom des entreprises qui ont jalonné son parcours. Effectivement Canal+ où elle a sévi comme directrice financière et Endemol comme directrice générale, ne sont peut-être pas tout à fait représentatives du terroir français. Pour mémoire, Endemol, c’est l’entreprise qui, pour faire du fric, filmait Loana, batifolant avec Jean-Édouard dans la piscine d’un loft truffé de caméras, histoire d’apprendre la vraie vie aux adolescents. Le parcours de Virginie Calmels, comme tous les parcours, mérite le respect, mais on ne peut pas vraiment dire que ce curriculum vitae d’une ex-mondaine parisienne l’autorise à se targuer d’une compétence qui saute aux yeux pour diriger une Région.

120 000 euros d’argent de poche

Mais ces approximations pour le moins amusantes, ne vont pas freiner les ardeurs de notre fonceuse, qui semble bien capable de ligoter Alain Juppé sur son fauteuil, s’il ose la contredire. Contrairement à d’autres qui se sont retrouvés en huitième position sur la liste des Pyrénées-Atlantiques, Virginie ne fait pas de politique par nécessité et affirme posséder « un certain détachement à l’égard du matériel« .

Le Canard enchaîné  de cette semaine, sous le titre « Jupette le feu« , a l’excellente idée de rendre très concret le détachement, limite apostolat absolu, de Virginie.

La pauvrette, en 2014, a dû se contenter de ses maigres indemnités d’adjointe d’Alain Juppé, cumulées à quelques modestes conseils d’administration. On est à la limite du conflit d’intérêt, mais il faut bien pouvoir mettre un peu de graisse sur la chaîne de son vélo :

– 45 735 euros de jetons de présence chez Eurodisney (Toujours la vraie vie!).

– 30 000 euros d’Iliad.

– 45 000 euros de Technicolor.

Comment ça, vous ne touchez pas annuellement, en dehors de votre salaire, pour 120 235 euros de jetons de présence ? Alors, c’est que vous n’êtes pas dans la vraie vie, et qu’il serait vraiment aberrant pour vous de voter pour quelqu’un qui est si loin de vos propres réalités quotidiennes et si peu à même de vous représenter…

Les ânes Brisson VeunacÉnorme!

Avec un comité de soutien comme « Le 64 avec Virginie Calmels », la candidate aux Régionales n’a plus besoin d’adversaires. Voilà une copie du tweet qui a circulé, provoquant l’hilarité et la consternation des militants Républicains, avant d’être promptement retiré. Il est vrai que les ânes ont l’air de se porter comme un charme et que l’éleveur ne semble pas avoir de problème pour nourrir ses bêtes…