Flanby le flambard

Le-stage est finiIl fait partie de ces enfants qui ont été trop adulés par leur mère et qui sont persuadés, même au milieu des pires épreuves, que leur bonne étoile veille toujours sur eux. Alors que les livres médiocres en sport et en politique sont la règle, « Le stage est fini », de l’éditorialiste du Monde Françoise Fressoz, nous offre un portrait fouillé de celui que personne n’aurait imaginé président de la République, il y a seulement cinq ans…

Flanby, Le Culbuto, la fraise des bois, Monsieur petites phrases, Pépère,  les surnoms qui jalonnent le parcours de François Hollande, qu’ils soient donnés par la presse ou par ses « amis » du parti socialiste, ne traduisent pas un enthousiasme immodéré pour la fermeté de ses convictions. Hubert Védrine, qui se contente désormais d’observer le match du bord de touche, le décrit ainsi : « Il a une énorme confiance en lui. C’est un joueur, un tacticien qui veut rester libre et ne pas se lier les mains. » . Son plus récent gadget gouvernemental, le si droitier Emmanuel Macron, dit de lui à peu près la même chose : « Il déteste se sentir enfermé dans un lieu, dans un système de pensée, dans un système tout court« . Mais c’est peut-être son ami, Pascal Lamy, qui se montre le plus cruel : « Il a deux cerveaux : l’un qui comprend tout, l’autre qui fait de la politique. »

Et c’est bien là le drame du « stagiaire » de l’Élysée, qui s’est imaginé qu’il allait pouvoir diriger le pays, comme il dirigeait la rue de Solférino, à coups de synthèses molles, de promesses évaporées et de dérobades multiples.

François Bayrou, avec qui Hollande a passé beaucoup de temps entre 2007 et 2010, car les deux n’étaient guère occupés, a tenté de pousser le nouveau président à se montrer audacieux, en lui expliquant que c’était moins lui qui avait gagné que Nicolas Sarkozy qui avait perdu. Pour marquer le quinquennat, il lui propose « un referendum imperdable » avec « baisse du nombre de parlementaires de 577 à 400, interdiction du cumul des mandats, soumission de leur indemnité à l’impôt »  et « introduction d’une dose de proportionnelle ».  François Hollande opine mollement, avant de bien enfouir le dossier au dessous de la pile et de ne rien faire, un art où il excelle. « Tu es mort » lui dira le Béarnais, les yeux dans les yeux, en décembre 2013, alors qu’il atteint des records d’impopularité.

Mais François Hollande reste persuadé que quelques tours de bonneteau politique peuvent totalement le remettre dans la course pour 2017, surtout si « son meilleur ennemi » Nicolas Sarkozy remporte les primaires à droite.

Après avoir géré les escapades en scooter et la crise Valérie Trierweiler qui lui avait dit «  Tu sais bien que si tu prends Valls, tu lui donnes la voiture et les clés. et il va se tirer avec« , Pépère, comme le surnomme Le Canard enchaîné, est convaincu que son stage est fini et qu’il incarne désormais la fonction présidentielle. Surtout depuis le massacre de Charlie hebdo qu’il a plutôt bien géré aux dires de tous. Persuadé que la courbe du chômage va s’inverser, il veut croire qu’il va réussir à aligner un deuxième quinquennat.

Le récent cafouillage gouvernemental autour de la taxe d’habitation des retraités semble pourtant démontrer qu’une belle bande de stagiaires nous dirige, que ce soit à l’Élysée, à Matignon ou à Bercy. Si seulement, un jour dans sa vie, Hollande avait travaillé dans une véritable entreprise au lieu de se contenter des douillets cabinets ministériels, il serait sans doute beaucoup moins confiant sur l’avenir des stagiaires qui nous gouvernent : en général, on les pressure, on les exploite, puis on les jette la conscience tranquille.

  « Le stage est fini», Françoise Fressoz, éditions Albin Michel – 272 pages, 18 €.

Une réflexion sur “Flanby le flambard

  1. Quelle tristesse…. j’ai voté pour lui, en effet, pour ne pas avoir le nain mais le résultat est au final nul. Hollande et ses prédécesseurs sont responsables de la situation actuelle par leurs jeux de tactiques politiciennes qui ne bénéficient qu’à eux même et à l’oligarchie.

    Pendant ce temps notre pays s’enfonce, les problèmes empirent et la violence (physique et/ou sociale) s’installe…

    Très bonne interview de Daniel Cohn-Bendit ce matin sur France Inter qui donne envie de voter pour lui tant sa voix est claire et ses orientations raisonnables.

    http://www.franceinter.fr/emission-linvite-daniel-cohn-bendit-lidentite-cest-lexclusion-dautrui

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s